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LE MAG – NehruvianDOOM, le contrat de génération de la rentrée rap

Avec le dernier album de Flying Lotus « You’re Dead », le dernier single de Kendrick Lamar « I » ou encore le premier Ep de Vinces Staples « Hell Can Wait », le mois d’octobre nous a offert de belles surprises du coté de la scène rap américiane. Mais c’est un duo de MC, au nom très énigmatique, qui a su retenir notre attention en cette rentrée musicale 2014 : les « NehruvianDOOM ».

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MF DOOM et Bishop Nehru, ou l’application la plus parfaite du contrat de génération d’Hollande

 

L’album « NehruvianDOOM » concrétise l’association de la légende vivante du rap MF DOOM, ambassadeur de la scène underground des années 90, avec le jeune Bishop Nehru, tout juste 18 ans et à l’avenir très prometteur.

Toujours caché derrière son masque de fer, en référence au Doctor Doom des bandes dessinées Marvel et non au Daft Punk pas encore musicalement nées, le rappeur britannique a marqué l’histoire du rap notamment avec son album « Madvillain », sorti en 2004 avec le producteur Madlib. Avec plus d’une vingtaine d’albums à son actif, Metal Face DOOM entame aujourd’hui une cure de rajeunissement à base de collaborations et de productions pour la jeune génération.

C’est en 2012 que Bishop Nehru pose ses premières rimes sur les instrus jazzy du producteur masqué. Il rend hommage au rap des années 90 et cultive une rythmique hip hop qui nous plonge dans les classiques du genre. Sa première mixtape, « Nehruvia », lui ouvre les portes de collaborations prestigieuses comme avec Madlib ou encore Disclosure deux ans plus tard.

En 2014, le gamin de New-York et le légendaire rappeur reviennent sur le devant de la scène avec un album collaboratif, aux sonorités résolument 90’s. Bishop tire le gros lot : quatre jours après la sortie de l’opus, Nas le contacte pour produire son prochain album solo. Y a pire comme producteur !

 

Et alors, il sonne comment cet album ?

« NehruvianDOOM » porte les stigmates de la collaboration entre Madlib et MF DOOM dix ans auparavant. Des extraits de films, ou des bruits ambiants favorisent l’enchainement des dix morceaux qui composent l’album. Ainsi l’album constitue une œuvre en elle même, plus qu’une succession de chansons différentes et indépendantes.

Le producteur britannique apporte à l’album ses influences jazz, à l’image des samples de Miles Davis et Charlie Parker utilisés dans « Caskets ». Les cuivres dynamisent les morceaux et les éclaircissent, effet amplifié par la vivacité du jeune rappeur new-yorkais, qui lâche ses vers dans un tempo rapide à l’image de « Mean The Most».

Si les deux artistes rappent tous les deux sur certains morceaux, MF DOOM est plus appliqué dans la recherche des samples et la construction des morceaux et laisse ainsi Bishop Nehru rapper seul sur plusieurs morceaux.

L’album constitue, en somme, un projet expérimental qui se donne pour objectif de faire revivre l’atmosphère du rap « old school », dans laquelle a grandit Bishop et pendant laquelle MF DOOM a débuté sa carrière. Cet opus constitue un tremplin pour le MC de 18 ans, que l’on retrouvera sans nul doute dans quelques années avec un nouvel EP.

https://www.youtube.com/watch?v=7bd7pLkwQn4

2 Comments

  • LoW

    Voir un article de LaPéniche sur un tel album, loin d’être mainstream, voilà qui est rafraîchissant !
    La collaboration est très intéressante pour ce qui est du concept, cependant le résultat n’est pas à la hauteur des espérances, l’alchimie entre les deux artistes n’a pas porté ses fruits selon moi: les morceaux sont gonflés de refrains basiques (ce qui est surprenant venant de MF DOOM), les instrus sont certes sophistiquées mais le mixing final parait baclé, et enfin Bishop Nehru a encore a faire ses preuves en tant que MC, son flow manque encore d’impact…

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