Vie du campus

Le colloque « Diversité & représentation politique »

Le samedi 28 octobre, vous n’avez pas pu assister au colloque sur le thème « Diversité & représentation politique » qui s’est déroulé dans l’amphi Boutmy ?

Voici en quelques lignes, ce que vous avez manqué…

Colloque du samedi 28 octobre 2006, amphi Boutmy, Sciences Po

27 rue St Guillaume, samedi matin, 8h07

J’arrive à Sciences Po, en avance ! (j’ai tiré les leçons des cours bondés de DSK). Une dizaine de personnes est déjà sur le pied de guerre, certains ne cachent pas leur impatience. Seront là ou pas ? Grande question. Il est vrai que l’astérisque « sous réserve de confirmation » auprès du nom de MM. Sarkozy et Hollande laissait planer le doute.

8h30, c’est la cohue, on se précipite en Boutmy, direction les premiers rangs avant d’être gentiment invités à quitter les lieux : les places sont réservées et les élèves de Sciences Po (une petite centaine) sont donc « confinés » à l’étage. Beaucoup ne cachent pas leur déception d’être arrivés si tôt pour finalement se retrouver si loin.

9h à l’étage de Boutmy : ça y est ! Pour notre Richard Descoings, « la diversité ne va pas de soi » et le système éducatif délivre aujourd’hui un statut qui nous suit jusqu’à la tombe. Si pour certains il s’agit d’une chance, d’autres en pâtissent. Espérons qu’un élargissement du recrutement à Sciences Po permettra une meilleure diversité politique ! Blandine Kriegel (présidente du Haut conseil à l’intégration) fait remarquer que si 9,2% de la population française est issue de l’immigration, aucun n’est représenté au Sénat.

9h30 c’est l’heure du débat, du vrai, du sport que nous attendons tant, présidé par Yamina Benguigui et animé par Claudy Siar. Nos invités se succèdent et ne se ressemblent pas. Jeannette Bougrab (maître de conférence à Sciences Po, membre du HCI ainsi que secrétaire nationale chargée des nouvelles adhésions à l’UMP) ne laisse pas la salle indifférente quand elle explique que, « cumulant les handicaps » c´est-à-dire le statut de femme, fille d’ouvrier et issue de l’immigration, elle est pointée du doigt dans son propre parti mais défendue par le président de son parti, Nicolas Sarkozy. Puis Stéphane Pocrain prend la parole, pour dire que non, il n’est pas JUSTE le candidat des Noirs mais le candidat de TOUS les Français. Le vrai problème des partis aujourd’hui, c’est d’exclure et de soustraire tous ceux qui sont différents ou ne rentreraient pas dans le « moule ». Il faut que les moeurs changent et que l’on poursuive la lutte contre toutes les discriminations (y compris la discrimination positive). Bref, le débat commence à s’animer et la salle s’agite (du moins l’étage). S’ensuivent alors les interventions de plusieurs chercheurs émérites de la maison, faisant remarquer ici ou là que jamais depuis 1848 on n’a eu de représentativité totale en politique, que les partis ont toujours été extrêmement conservateurs. Puis viennent les chiffres – officiels ou officieux, on n’en sait rien – annonçant qu’avec une victoire de la droite aux législatives, il y aura 5 élus issus de l’immigration, 10 pour la gauche… (chiffres qui feront polémique plus tard entre Malek Boutih du PS et Yves Jego de l’UMP). Vincent Tiberj esquisse une brève sociologie de nos députés : âge moyen de 58 ans, 82% a le bac (contre 17,6% de la population française) et 42% sont issus de la profession libérale (soit 7% population française). Si en 1977, 53% des français s’estimaient représentés, aujourd’hui seuls 18% le sont. Pour dire l’essentiel, aujourd’hui, l’intégration à la française est en panne, et l’on a tendance à oublier que l’identité d’une personne est plurielle : on se définit par rapport à notre génération, notre milieu social, notre pays, nos origines, notre religion. Aucune de ces entités n’est contradictoire.

Il est plus de 11h, la salle est en haleine, on écoute à peine les interventions éclairs de Zair Kedadouche et de Stéphane Rozès.


11h30, heure du deuxième débat, « diversité : la représentation nationale en panne ». Il est temps de faire des propositions concrètes, d’apporter des solutions. Le charismatique Rachid Arhab anime le débat, mais seuls Marie Georges Buffet et Yann Wehrling ont effectivement fait le déplacement. On s’y attendait, ni Bayrou, ni Borloo, ni même Hollande ou Sarkozy ne sont présents, mais qu’importe. Plusieurs proposent un scrutin à la proportionnelle, promesse de plus de représentativité pour les uns, pour d’autres, tremplin pour les extrêmes. Beaucoup défendent la participation des résidents étrangers aux élections ou l’instauration d’un mandat unique pour renouveler le paysage politique Pour les Verts, la diversité doit « être plus qu’un slogan ». Le « monde politique autoreproducteur », dixit Malek Boutih, doit cesser. Yves Jego rappelle enfin que l’UMP est composé de 30% de femmes et que le parti de la majorité a nommé de nombreux représentants issus de l’immigration (Azouz Begag).

Peu avant 14h, beaucoup sont partis et il est temps de clôturer le débat, avec le président de la Fondation nationale de sciences politiques, l’académicien René Rémond. Si aujourd’hui les partis n’intègrent plus, les Français ne se désintéressent pas pour autant de la politique. Seulement, comme l’a fait remarquer un étudiant, beaucoup ont décidé de se passer des partis pour faire de la politique : soit en créant de nouveaux partis, soit en s’engageant autrement, dans des associations, dans son quartier, etc. Mais attention, s’il est vrai que la représentation politique des partis doit être améliorée, elle ne peut en aucun cas être une copie conforme de la composition de la société. Ne surestimons pas la politique, car justement c’est l’affaire de tous ! Si 800 personnes se sont réunies pendant plus de 5 heures, certains venant des quatre coins de la France, un samedi matin pour y réfléchir, on peut espérer que les choses ne restent pas lettre morte.

One Comment

  • mazga

    La gadgétisation de la diversité marche plutôt bien en France et cela selon les bonnes vieilles méthodes utilisées sous la colonisation. Le Parti Multiculturel Français regrette que l’engagement politique de nos amis français de noirade et de bougnoulie ne se résume qu’à SOS RACISME ou à quelques ministres et sous sous ministres gadget utilisés pour canaliser un électorat islamo-gauchiste représenté par personne.

    Les chasseurs amateurs de gibiers d’eau et de fusils ont leur candidat en ce qui concerne la diversité : rien ! Par contre, il y a toujours Le pen expert raciste reconnu de longue date, Villiers islamophobe confirmé qui a trouvé là un bon filon et Sarkozy amateur de karcher qui n’hésite pas à braconner sur les terres boueuses de l’extrême droite francaise.

    Bref 2007 ça sent pas bon ! tous cela pour vous dire qu’il est tant que la diversité se reveille et se mette à faire un peu moins de rap mais un peu plus de politique :

    http://www.parti-multiculturel-f...

    ciao a todos amigos amigas !

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