Vie du campus

Journée Handivalides: tous concernés!

Cette année, la campagne Handivalides fête ses 10 ans. Dix années de bénévolat motivées et dynamiques pour faire passer au premier plan la question du handicap, de l’insertion et de l’égalité des chances dans les établissements d’enseignement supérieur. Ce mardi 3 avril, c’était au tour de Sciences Po d’accueillir l’association Starting Block pour une table ronde et un forum.

table ronde

La première partie de la table ronde était consacrée à l’insertion des handicapés dans la vie professionnelle, notamment dans le milieu de l’économie sociale et solidaire, et, bien que fort instructive, elle était sûrement plus adaptée aux intérêts d’experts bien pensants dont je ne fais malheureusement pas partie. Le sujet n’a d’ailleurs pas semblé passionner les foules sciences pistes puisque, dans la quinzaine d’auditeurs présents, nous n’étions que deux étudiantes de l’institution. Si 98 étudiants dans l’école (soit 1% environ) sont en situation de handicap, la problématique que cela soulève concerne pourtant toute la population étudiante.

La deuxième partie de la table ronde était consacrée aux enjeux de l’accessibilité pour tous des études à Sciences Po. L’établissement est en effet un vrai casse-tête puisque composé d’un certain nombre de bâtiments différents, dont certains sont classés monument historique et donc difficilement modifiables pour les rendre accessibles. Vous avez d’ailleurs sûrement remarqué l’installation d’une plate-forme élévatrice dans le jardin du 27, qui est pour l’instant inaccessible aux personnes en fauteuil roulant. Mais la question se pose aussi au niveau de l’accessibilité pour tous aux ressources numériques de travail, puisqu’un certain nombre d’étudiants handicapés à Sciences Po sont malvoyants.

L’association Starting Block et les organisatrices de la campagne Handivalides à Sciences Po (Gaëlle Toledano et Morgane Estival, étudiantes de 4ème année) cherchent donc à mettre en place une charte à destination de la vie étudiante pour que tous les étudiants puissent profiter de la richesse de la vie associative à Sciences Po. Des représentants de l’AS, du BDE et du BDA devaient donc être présents à cette table ronde pour discuter des modalités d’accès des activités qu’ils proposent aux étudiants en situation de handicap. Seule Emilie Hericher, présidente du BDA, était effectivement présente, ce qui montre, une fois encore, que peu d’étudiants se sentent véritablement concernés par la question. Pourtant, la socialisation des étudiants en situation de handicap passe par la vie associative, surtout à Sciences Po, et les organisateurs de la journée ont beaucoup insisté sur l’importance de l’échange entre associations (de noms de salles accessibles aux fauteuil roulants par exemple) et du système D pour intégrer ces élèves à la population étudiante.

Sans_titre1.jpg L’après-midi était organisée un forum avec de multiples mises en situation, destinées à « démystifier le handicap ». J’ai donc tout d’abord testé un parcours en fauteuil des plus périlleux dans le hall du 13U sur des planches en bois qui reproduisaient trottoirs, tournants et pavés. L’organisatrice de la journée qui m’accompagnait dans cette épreuve n’a d’ailleurs pas manqué de me faire remarquer que, comme la plupart des gens qui n’ont pas beaucoup de force dans les bras, je m’en sortais très bien puisque j’utilisais tout mon buste pour passer les obstacles. Je me suis révélée moins habile en langage des signes. Il y avait également un atelier pour apprendre le braille et un autre pour reconnaître des objets au toucher. Ces ateliers étaient bien organisés et les gens qui s’en occupaient à la fois pédagogues et sympathiques : je ne pensais pas, en arrivant à cette journée, me retrouver à plaisanter en langage des signes, et pourtant !

La barrière du handicap tombe donc très vite, pour peu qu’on essaie de surmonter la possible gêne initiale. Et c’est là tout le but de cette campagne de sensibilisation : montrer que le handicap n’est pas gênant. Gaëlle et Morgane, qui se sont beaucoup investies dans ce projet, insistent sur le fait que Sciences Po doit en quelque sorte montrer l’exemple puisque l’école forme ses étudiants à devenir des personnalités politiques et économiques du pays.

Sciencespistes, c’est donc à nous de nous occuper de l’intégration des étudiants en situation de handicap. Il est grandement temps de prendre le relais d’associations extérieures comme Starting Block! A bon entendeur, à l’année prochaine pour la signature de la charte, les événements organisés par nos associations et une nouvelle campagne Handivalides !

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