Vie du campus

Interview commune : S B.D, 5A (Nouvelle Donne) ; Yassir Hammoud, 4A (Confédération Etudiante) ; Hugo Momus, 2A (SUD Etudiant)

La reève syndicale arrive à Sciences Po : Nouvelle Donne, Confédération étudiante, SUD Etudiant comptent se présenter aux prochaines élections en janvier.

Qui sont-ils ? Quelles sont leurs aspirations ? Quelle critique font-ils du monde syndical ?

A deux mois d’un scrutin qui s’annonce riche de nouveautés, vous trouverez les réponses à ces questions et à bien d’autres dans l’interview que les responsables de ces trois syndicats ont bien voulu accorder en exclusivité à LaPeniche.net !

  • LaPeniche : Bonjour. Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots, chacun votre tour ?

S B.D (Nouvelle Donne) : Je m’appelle S B.D, je suis en 5A en Master Affaires Publiques, actuellement en stage au Conseil d’Etat, et je suis chargée de la communication dans Nouvelle Donne.

Yassir Hammoud (Confédération Etudiante) : Je m’appelle Yassir Hammoud, je suis en 4A en Master Stratégies Territoriales et Urbaines ; je suis entré cette année, par la procédure d’entrée directe en Master, et je suis responsable de la Confédération étudiante à Sciences-Po.

Hugo Momus (SUD) : Je m’appelle Hugo Momus, je suis en 2A et je n’ai aucune responsabilité dans notre syndicat, puisque nous avons décidé de mettre en place une organisation absolument horizontale.

  • Bien. Donc, trois nouveaux syndicats souhaitent s’implanter à Sciences Po : Nouvelle Donne, la Confédération étudiante et SUD étudiant (Solidaire, Unitaire, Démocratique). En quoi consiste l’originalité de ces syndicats ? Quelles valeurs souhaitent-ils défendre ?

Yassir Hammoud (Cé) : La Confédération étudiante est un jeune syndicat, créé il y a trois ans par de jeunes gens qui ne se reconnaissaient pas dans le syndicalisme étudiant . Nous avions envie d’une organisation regroupant des étudiants qui veulent bousculer les ordres établis pour lutter contre les inégalités, pour plus de justice sociale dans l’université, pour défendre la démocratie contre les extrêmes, défendre les valeurs européennes aussi, parce que nous croyons en un espace de paix, de solidarité et de prospérité pour près d’un demi milliard d’individus. C’est pourquoi, par exemple, nous avons fait campagne pour le OUI au référendum sur la ratification du Traité Constitutionnel Européen. Enfin, nous avons vocation à être un véritable contre-pouvoir, en toute indépendance des partis politiques. »

Hugo Momus (SUD) : La différence fondamentale entre SUD et les autres syndicats de Sciences Po, c’est que SUD est un syndicat de travailleurs regroupant toutes les fonctions professionnelles, ce qui permet d’établir un lien entre le monde étudiant et le monde professionnel. Notre défense des valeurs étudiantes et de la démocratisation de l’université s’accompagne donc toujours d’une défense des valeurs sociales. C’est pourquoi nous avons choisi une organisation horizontale, sans hiérarchie, sans ligne politique préétablie, et un fonctionnement par commissions. Nous avons donc vocation à aborder tous les sujets, de la politique extérieure (nous prenons position sur le conflit israélo-palestinien, sur le massacre qui a lieu en ce moment au Mexique) aux sujets spécifiques à Sciences Po, en passant par l’état de l’université en général ou le rôle du salariat.

S B.D (ND) : Nouvelle Donne a été créée par un groupe d’étudiants constitué au moment de la crise du CPE, afin de s’opposer au blocage de Sciences Po et à la grève, qui a décidé après la crise de se constituer en association, puis en syndicat. Durant la crise, nous avons obtenu de l’administration l’organisation d’un vote qui a abouti au rejet du blocage. Plus généralement, il faut savoir que Nouvelle Donne n’est affiliée à aucun parti, mais qu’il est possible de nous situer entre l’UNI et l’UNEF ; nous offrns ainsi une alternative crédible aux étudiants du centre et de la droite qui se reconnaissent dans des valeurs européennes et humanistes.

  • La participation aux élections syndicales à Sciences Po tourne généralement autour des 5-6%. Pensez-vous que ce renouveau syndical est en mesure d’intéresser davantage les étudiants à cet événement, ou ne s’agit-il que de détourner les votes portant sur les syndicats traditionnels ?

Hugo Momus (SUD) : L’existence de syndicats dépassant les clivages  » traditionnels  » entre ces syndicats va à mon avis permettre une meilleure représentation des étudiants, en exposant de nouvelles sensibilités. Par exemple, SUD peut rassembler tous ceux qui se sentent à gauche, voire d’extrême-gauche, qui n’étaient jusqu’à présent absolument pas représentés, et les amener à voter.

S B.D (ND) : La présence d’un syndicat qui se situe entre l’UNI et l’UNEF peut attirer les étudiants de la droite ou du centre-droit qui ne votaient pas jusqu’à présent ; il est également probable que nous  » détournions  » des voix d’électeurs de l’UNI, puisque notre programme est bien plus modéré. Il est en revanche peu vraisemblable que nous allions pêcher les voix de l’UNEF ! Par ailleurs, il est probable que cette année la participation n’augmente pas de façon significative. Ce problème se résoudra lentement, on peut donner une impulsion cette année, mais pas espérer tout régler d’un coup.

Yassir Hammoud (Cé) : A la Cé, nous avons la conviction que la faiblesse de la participation provient du peu de représentativité des syndicats étudiants. Nous pensons en effet qu’il existe un clivage plus structurant que droite/gauche : c’est le clivage – qu’on a pu voir, encore une fois, lors du débat sur la Constitution Européenne – entre ceux qui veulent vraiment faire avancer les choses et ceux qui se contentent de surfer sur les malaises et l’amertume. La Cé est un syndicat national, présent dans près de cinquante universités ; et là où nous nous sommes présentés pour la première fois, la participation a augmenté de 30% ; des étudiants qui ne votaient pas sont alors allés voter.

  • Au sujet de vos lignes politiques, à présent : si je schématise, centre et droite libéraux pour Nouvelle Donne, gauche réformiste refusant l’extrémisme pour la Cé, gauche révolutionnaire pour SUD ?

Hugo Momus (SUD) : Il est trop facile de dire que SUD est révolutionnaire. Nous avons dans nos rangs des réformistes, des anarchistes, des libertaires, et des gens qui prônent la révolution, même si à Sciences Po, c’est peu crédible… . Nous voulons avant tout nous centrer sur des valeurs de gauche.

S B.D (ND) : Quant à nous, nous ne sommes pas des libéraux ! Nous avons plutôt des valeurs de centre et de droite modérée, entre l’UDF et l’UMP, disons, avec les radicaux, la mouvance gaulliste… .

  • Le libéralisme n’est pas forcément loin à droite…

S B.D (ND) : Il est loin à droite pour l’UDF, moins pour l’UMP.

  • Avant de poursuivre, je voudrais signaler que les termes que j’emploie, comme  » réformisme  » pour la Cé, je les ai trouvés dans votre documentation, vos sites, ou sur les blogs de vos militants… .

Yassir Hammoud (Cé) : Ce que je récuse, c’est le terme de gauche ! Nous menons notre action sans aucun parti pris, nous nous intéressons à la politique, à la vie de la société ; nous avons un projet global pour la vie étudiante et la société plus généralement, mais nous ne le situons pas dans ce clivage droite/gauche. Notre volonté, c’est de bousculer les ordres établis ; dans la perspective de l’élection présidentielle, par exemple, il est certain que la Cé ne prendra parti pour aucun candidat, mais luttera pour éviter que les étudiants aient à faire, comme en 2002, un choix par défaut, ce qui implique d’éliminer les extrêmes.

S B.D (ND) : Nouvelle Donne non plus ne soutiendra en aucun cas un candidat ou une candidate, étant donné notre diversité interne, mais fera en sorte d’animer le débat.

Hugo Momus (SUD) : En fait, nos trois syndicats ne sont pas dans une logique de partis, d’élections ou de clivages, mais dans l’action étudiante réelle.

  • Continuons sur les trois syndicats d’ores et déjà présents à Sciences Po : l’UNEF, l’UNI et Interzaide – Face Verte. Jusqu’à quel point êtes-vous critiques sur leur action ? Pouvez-vous imaginer une alliance ou une collaboration avec l’un d’entre eux ?

S B.D (ND) : A Nouvelle Donne, nous ne sommes pas dans une optique de critique systématique des autres syndicats, car chaque syndicat est représentatif d’un certain nombre d’étudiants. Depuis la constitution du syndicat, nous avons refusé d’entrer dans une logique de confrontation, que ce soit avec l’UNEF ou l’UNI ; le cas d’IZ-FV est particulier, puisqu’ils sont complètement non-affiliés politiquement. Nous n’avons aucune raison de nous allier objectivement avec l’UNEF, puisque nous ne sommes pas sur la même ligne politique, même si des actions communes pourraient être envisagées. En ce qui concerne l’UNI, notre ligne est stricte : il n’y aura aucune alliance avec l’UNI, dont nous jugeons les idées bien trop à droite et conservatrices.

Yassir Hammoud (Cé) : A la Cé, ça ne nous gêne pas de critiquer ! Si la Cé s’est créée, c’est pour représenter une nouvelle forme de syndicalisme. L’UNI et l’UNEF sont des structures qui ont leur raison d’être en dehors du monde étudiant, dans le monde politique, respectivement à droite et à gauche, voire à l’extrême-gauche. Quant à IZ-FV, nous considérons que par sa diversité, c’est un syndicat qui a tout à fait sa place à Sciences Po…il n’empêche que nous nous présenterons séparément lors des élections.

Hugo Momus (SUD) : La critique de SUD envers les trois syndicats déjà existant est une critique globale : il s’agit d’un syndicalisme co-gestionnaire, qui travaille main dans la main avec l’administration pour engager ou atténuer des réformes. Notre syndicalisme est un syndicalisme de lutte, qui rejette les politiques dommageables pour les étudiants – notamment les logiques de professionnalisation, que nous jugeons dangereuses – par le biais d’actions marquantes. Nous ne renions pas la possibilité d’une alliance avec l’UNEF, en tout cas d’un  » pacte de non-agression « , mais notre approche sera différente : à la distribution de tract, nous opposerons l’agit-prop et le militantisme festif.

  • Une question pour S et Yassir. Vos syndicats n’ont-ils pas de nombreux points communs : la modération, le rejet des extrêmes, et la critique d’une part des pratiques  » staliniennes  » de l’UNEF et de l’autre du passif  » conservateur  » de l’UNI – je cite… ?

S B.D (ND) : On peut partager certaines valeurs, et avoir aussi des points de divergence ! Principalement, alors que la Cé se situe dans une logique apolitique…

Yassir Hammoud (Cé) : Je préfère dire  » non partisane « .

S B.D (ND) : …dans une logique non partisane, nous nous affichons comme étant au centre et à droite. Il me semble d’ailleurs que les adhérents de la Cé sont plus à gauche qu’à droite… ?

Yassir Hammoud (Cé) : D’abord, je voudrais dire que nous n’aimons pas trop le terme  » modéré « . Nous sommes des radicaux, en ce que nous voulons changer les choses à la racine, sans pour autant tout mettre à bas. Nous croyons en la politique, en la possibilité de changer les choses ici et maintenant, mais au sein de la société civile et pas dans le milieu politique. Quant à la  » logique stalinienne « , que tu as évoquée, je suppose que tu l’as lue dans notre analyse  » UNEF, où sont tes victoires « … ?

  • Oui, ainsi que sur des blogs de militants.

Yassir Hammoud (Cé) : Nous ne contrôlons pas tout ce qu’écrivent nos militants sur leurs blogs, et heureusement, mais s’ils le disent, c’est qu’ils l’ont vécu. Il faut savoir qu’aujourd’hui, dans certaines universités, les militants de la Cé n’ont pas le droit de tracter ni de tenir des stands, parce que des militants d’autres syndicats, notamment l’UNEF, les en empêchent ; et on se retrouve ainsi, en 2006, à devoir encore défendre la liberté syndicale et la liberté d’expression. Pour ce qui est de savoir si nous avons plus de militants de gauche que de droite, nous ne demandons pas aux militants leur couleur politique au moment de l’adhésion, nous en discutons de manière informelle après. J’ai déjà pu rencontrer au sein de la Cé des militants de l’UMP, du PS…

  • Une question à Hugo, pour équilibrer. SUD est un syndicat historique, à Sciences Po, qui n’existe plus depuis seulement deux ans. D’après nos informations, votre première intention était de créer une antenne de la Fédération Syndicale Etudiante. Pourquoi avoir subitement choisi de reprendre le nom de SUD ? Pour le symbole uniquement ?

Hugo Momus (SUD) : C’est vrai que l’histoire des mouvements de SUD les années précédentes étaient assez intéressante et séduisante ; mais au-delà de cela, c’est le mode d’organisation de la FSE, très bureaucratique et rigide, imposant de grosses contraintes aux bases militantes, qui nous a poussés à nous tourner vers SUD, afin d’avoir une liberté d’action totale.

  • A présent, une question un peu plus polémique, individuelle.

S, Nouvelle Donne existe depuis l’année dernière, et se revendique à la fois syndicat et groupe de réflexion ; néanmoins, l’aspect  » think-tank du centre-droit et de la droite  » a semblé primer depuis votre naissance ; à quand une véritable action syndicale ?

S B.D (ND) : Au départ, Nouvelle Donne s’est mobilisée contre le blocage de Sciences Po, et avons choisi d’être d’abord une association, afin d’être reconnus. Notre organisation est bicéphale : l’association permet d’animer le débat, d’organiser des conférences à Sciences Po, c’est une part importante de notre activité. Nous développons cependant un pôle syndical, parce que nous voulons représenter les étudiants. Les moyens de l’association vont nous permettre de nous faire connaître, de créer des groupes de réflexions, de former des tables rondes afin de constituer pour janvier un programme syndical solide. Nous sommes une jeune structure, et la forme associative était la plus porteuse à Sciences Po.

Yassir, la Cé s’implante à Sciences Po, mais on ne vous voit guère agir, tracter, vous manifester. Où êtes-vous, et où sont vos sympathisants ?

Yassir Hammoud (Cé) : Ce n’est pas une question polémique, c’est une question…indiscrète ! Il s’agit d’une stratégie, notre implantation se fait de façon progressive, dans le respect du règlement des libertés syndicales qui est un bon cadre pour l’action syndicale, même s’il faudra peut-être lui apporter quelques modifications. Par exemple, à la rentrée, il y a un mois, nous avons diffusé pendant deux jours notre manifeste  » Fier et Libre « … . Ne vous inquiétez pas, nous arrivons !

Hugo, les membres de SUD étudiant – qui sont connus bien que non officiels – sont pour beaucoup proches d’associations clairement orientées à l’extrême-gauche, telles que le Comité d’Agitation Public ou le journal satyrique In Vodka Veritas, qui font la part belle au second degré. Alors, au fond, tout cela est-il bien sérieux ?

Hugo Momus (SUD) : Je tiens d’abord à préciser qu’à part quelques membres communs, il n’y a aucun lien entre SUD et In Vodka Veritas. Ensuite, lorsqu’on regarde les actions qui ont été auparavant menées par SUD-CNT à Sciences Po, par exemple le  » guide de l’étudiant  » parrainé par Charlie Hebdo, il s’agit souvent de grosses blagues, derrière lesquelles se cachent en fait des réflexions poussées sur la façon de changer le milieu étudiant, et des informations extrêmement pertinentes. Nous considérons qu’à Sciences Po, s’affirmer de gauche voire d’extrême-gauche, c’est se placer dans la minorité : nous sommes minoritaires, nous le savons. Nous actions sont exposées à la caricature ; donc, quitte à être caricaturés, autant être caricaturaux nous-mêmes, afin de sensibiliser les étudiants à notre réflexion de fond.

  • Je ne peux vous demander de détailler votre programme, mais je souhaiterais terminer par une question de fond qui est, en, plus d’actualité : quelle est votre position sur la récente réforme de la politique des langues, qui privilégie une maîtrise parfaite de l’anglais au détriment de toute autre langue (programme Asie excepté) ?

Hugo Momus (SUD) : Il y a quatre ou cinq ans, Richard Descoings a demandé au Conseil d’administration de la FNSP de transformer l’IEP Paris en un campus délocalisé pour un programme anglo-saxon. Il continue donc à vouloir cette réforme, de façon plus discrète. Alors, l’anglais c’est très bien, il faut savoir parler anglais, mais l’anglais seul ne sert à rien, et des deuxièmes, voire des troisièmes langues doivent être accessibles pour tous. Si un élève a besoin d’être en bi-classe, qu’il le soit, mais que cela ne le prive pas d’une deuxième langue – même si, dans ce cas, on peut comprendre l’interdiction de faire une troisième langue. De plus, il n’y a aucune raison de privilégier l’anglais s’il est accessible par le biais d’une deuxième langue : que la bi-classe soit donc disponible aussi pour la deuxième langue… .

S B.D (ND) : Cette réforme partait d’un bon sentiment, mais elle a rencontré un mauvais écho chez les étudiants; certains ont en effet été forcés de rester un, voire deux ans en bi-classe, ce qui a provoqué une forme de rejet. Nouvelle Donne n’a pas encore de position arrêtée sur la question, mais je considère qu’on devrait donner aux étudiants la possibilité de choisir une deuxième langue parmi les options disponibles en Premier cycle, tout en conservant les bi-classes.

Yassir Hammoud (Cé) : La maîtrise de l’anglais est indispensable aujourd’hui, et Sciences Po a également fait de l’internationalisation une de ses priorités : il faut concilier ces deux paramètres. Les bi-classes en anglais sont une bonne mesure, mais il doit être possible, par la négociation et la concertation, de permettre le choix d’une LV2, et de mettre en place l’enseignement de deux langues dans le Master Carrières Internationales ; en effet, les élèves de ce Master doivent passer des concours comportant des épreuves dans deux langues.

  • Le mot de la fin ?

Yassir Hammoud (Cé) : Ce qui me vient à l’esprit, c’est l’implication de la Cé dans le mouvement contre le Contrat Première Embauche. La Cé s’est prononcée contre l’instauration du CPE, puisque résoudre le problème du chômage en stigmatisant une partie de la population, à savoir les jeunes de moins de 26 ans, et en leur faisant passer une période de  » bizuthage  » en quelque sorte ne correspondait pas à sa vision des choses. Le vrai problème est celui des qualifications : il faut qu’aucun jeune ne sorte de l’enseignement supérieur sans véritable qualification. Dans les universités, nous n’avons pas eu de position dogmatique sur le blocage, mais nous avons plutôt fait en sorte que les étudiants se prononcent démocratiquement, afin de fédérer les étudiants plutôt que les diviser : là où la Cé a organisé le blocage, ç’a été par le biais d’urnes transparentes, de vraies Assemblées Générales tenues trois semaines auparavant, de concertations entre les partisans du blocage, les opposants, et l’administration… . A l’université de Limoges, avant de bloquer, nous avons organisé des conférences pour apporter une véritable information. Le CPE a révélé le grand problème de l’enseignement supérieur français : l’orientation et l’insertion professionnelles. La Cé a fait des propositions dans ce sens, en particulier la promotion de l’alternance pour lutter contre des stages qui sont des substituts d’emploi. Cette action permet aux étudiants de Sciences Po d’avoir une vue d’ensemble de la Cé : un syndicat à l’échelle nationale, qui veut réformer l’enseignement supérieur en France. S’ils veulent y participer, je les invite à rejoindre la Confédération étudiante et à participer au débat.

Hugo Momus (SUD) : S’il est important de s’intéresser à SUD, voire d’en faire partie, c’est d’abord parce que Sciences Po est en quelque sorte une avant-garde de l’université, dans le sens où des réformes sont souvent  » testées  » à Sciences Po avant d’être appliquées dans les universités. De plus, les étudiants de Sciences Po ont par rapport aux autres une importance médiatique non négligeable, voire exagérée ; en conséquence, monter des actions d’un certain éclat à Sciences Po peut fédérer d’autres antennes syndicales afin de traiter des problèmes de l’université d’aujourd’hui et de demain.

S B.D (ND) : Les étudiants doivent prendre conscience que des possibilités leur sont données de s’exprimer ; aussi, si un syndicat correspond à leurs valeurs, ils ne doivent pas hésiter à le rejoindre, afin d’élaborer des programmes syndicaux qui auront une application concrète. Qu’ils n’hésitent pas, qu’ils nous rejoignent, qu’ils fassent entendre leur voix !


Contacter ces syndicats :

Nouvelle Donne

nouvelle-donne@gmail.com
www.nouvelle-donne.tk

Confédération étudiante

sciences-po@confederation-etudiante.org
www.confederation-etudiante.org

SUD étudiant

capscpo@free.fr

24 Comments

  • hammoud

    je vous considere mais moi je suis hammoud adékounlé descolarisé je n ai as pu terminer … je cherche une portes de sortir pour ma vie ..je suis sans soutien ..tout seul ….

  • Rémi

    Myriam sur le ton du sarcasme a dit :

    //quel grand humaniste ce rémi…

    " ce qui compte vraiment c’est ce que l’on obtient à la fin pour améliorer Sciences Po et l’enseignement supérieur en général. ".//

    Euh… Tu n’es pas d’accord ?

  • myriam

    quel grand humaniste ce rémi…

    " ce qui compte vraiment c’est ce que l’on obtient à la fin pour améliorer Sciences Po et l’enseignement supérieur en général. "

    "Le problème, ce n’est pas vos méthodes, c’est votre programme". Merci David d’avoir clarifié la situation !

  • Rémi

    Sur les élus, comme un début d’année apporte de nombreux changements (les diplômés ou les étudiants à l’étranger ne peuvent plus siéger), la liste n’est pas à jour sur le site. Site qui devrait d’ailleurs être refondu très bientôt pour être plus lisible.
    Nath, si tu as une questions sur les conseils ou le travail des élus n’hésite pas à m’envoyer un mail : etarcos@gmail.com
    Concernant la lettre des élus, nous rendons compte de ce que nous avons défendus dans les différents conseils, si quelqu’un n’est pas d’accord avec les positions défendues, il suffit de venir en discuter en Péniche, nous serions ravi de voir ce qui gène.

    Après, je rejoins tout à fait David, je pense qu’il faut que les élections se fassent sur des programmes et sur le travail que font les organisations, les questions de militantisme sont importantes mais pas fondamentales dans le sens où ce qui compte vraiment c’est ce que l’on obtient à la fin pour améliorer Sciences Po et l’enseignement supérieur en général.

  • David

    "Le problème, ce n’est pas vos méthodes, c’est votre programme". La question est de savoir si les étudiants élisent leurs syndicats sur leur méthode ou sur leur programme. Jusqu’à quel point le militantisme festif de SUD, la violence sporadique du RED, l’administration chaotique de l’UNEF influent-ils sur le vote ?

  • Myriam

    mais…la lettre des élus, c’était franchement foireux… les textes n’étaient pas en entier, et de toute facon, ca ne change rien ! Car vous parlez de ce que vous faites, ok…mais on vouliez justement pas que vous faisiez cela !

    Le but est de changer là !! pas de perséverer dans l’UNEF !

  • Nath

    Justement, j’avais une question à propos de "La lettre des élus". Je l’ai parcouru, ainsi que votre site internet, et je n’ai pas trouvé le nom des élus?

    Sinon je te rejoins sur le vote électronique. En plus on verra des syndicalistes peu scrupuleux arpenter la péniche un ordi à la main pour faire voter en direct les étudiants…

  • Gwenolé

    Honnêtement, je suis opposé au vote électronique : souvenons-nous qu’il y a quatre ans, l’UMP avait piraté la procédure de reconnaissance des assos pour être reconnue avant tout le monde…
    En revanche, ce qui me semble essentiel, c’est de faciliter les procus pour ceux qui sont à l’étranger, de faire en sorte que les professions de foi soient envoyées suffisamment tôt et arrivent bien à destination, rendre les comptes-rendus de Conseils plus facilement disponibles et mieux lisibles (par exemple en précisant pour chaque personne qui s’exprime à quelle liste elle appartient), les mettre en ligne plus vite etc.
    De notre côté, au-delà de notre présence quotidienne, nous essayons de nous donner toujours plus de moyens pour que notre action, de militants comme d’élus, soit plus visible. Ainsi, nous avons récemment mis en place une "Lettre des Elus", pour rendre compte à nos électeurs, et qui a été distribuée à 1000 exemplaires dans tout Sciences Po. Nous comptons poursuivre dans cette voie.

  • CAP ou pas cap ?

    Gwénolé, même si un taux de 20% est supérieur à la moyenne nationale, il n’en reste pas moins que c’est ridiculement bas. Si l’on considère, avec une estimation basse, que seuls 60% des étudiants sont directement intéressés par les élections syndicales, cela nous laisse un taux d’abstention d’au moins 66% : le syndicalisme ne peut donc se baser sur aucune réelle légitimité électorale.
    C’est pourquoi je pense qu’il est important que les différents syndicats se regroupent pour demander à l’administration (chacun avec ses méthodes ^^) de changer les modalités des élections, et les mettre par exemple sur internet, comme la procédure de reconnaissance des assoc’, qui a beaucoup plus de retentissement que les élections syndicales…
    Mais je suppose qu’on se recroisera à l’Abbaye pour en parler plus précisément.

  • Diego

    Diego (en mode UNEF)

    SUD ah oui ! Ce syndicat qui a divisé le mouvement ouvrier dans les années 1980 en quittant la CFDT alors que les fédés pouvaient s’y exprimer démocratiquement. Bouh les vilains !

    J’espère chers camarades syndicalistes que vous comprenez le second degré et je dis à Alci comme à d’autres que le débat est en effet ouvert.

    Solidarité. Europe. Démocratie.

  • Gwenolé

    Je tiens à préciser une chose : le taux de participation aux élections syndicales à Sciences Po oscille entre 20 et 25%, et non entre 5 et 6 %, comme l´affirme l´interview.
    C´est un taux relativement faible dans l´asbolu, mais trois à quatre fois supérieur à la moyenne nationale, et encore plus impressionnant quand on considère le grand nombre d´étudiants à l´étranger, qui ne votent pas, et le nombre d´étudiants en échange, qui ne sont là que pour un an, et ont tendance à se désintéresser des évolutions de Sciences Po à plus long terme.
    Le tableau n´est donc pas aussi noir que certains semblent avoir intérêt à le montrer.
    Gwenolé

  • CAP ou pas cap ?

    Rémi, ta critique initiale sur le manque de pertinence et de précision des représentants des 3 syndicats sur des sujets plus concrets n’est pas dénuée d’intérêt. Cela dit, prend aussi en compte que ces syndicats viennent de se créer et n’ont pas encore de politique clairement définies, car le choix a été fait de laisser le temps à la réflexion et à la création des structures des syndicats.
    Cela dit, si tu as pu faire un petit tour sur le site du Comité d’Agitation Publique (capscpo.free.fr), comme j’y invite d’ailleurs tout le monde, tu verras que nous avons déjà creusé l’idée d’une chorale syndicale qui pourrait, on ne sait jamais, devenir intersyndicale ? Je propose aussi un grand tournoi de tarot intersyndicale, même si je sens que les syndicats de droite manquent un peu de l’entraînement qui est le nôtre ^^

  • Rémi

    Remarque bien que la critique ne s’adressait pas au syndicat qu’est Sud.
    Il faudrait d’ailleurs remonter (ou créer) plus d’organisations intersyndicales comme le tournoi de foot (on en parle comme d’une légende mais je ne sais plus s’il a existé) ou la chorale intersyndicale…
    Le syndicalisme festif et le syndicalisme de transformation sociale doivent pouvoir continuer à s’entendre.

  • Rémi

    Juste une réaction rapide à la lecture en entier de ces interviews.

    Il est drôle de voir que si les 2 nouvelles organisations ne se gènent pas pour critiquer le syndicat existant à Sciences Po ou du moins essaient de se positionner en rupture avec lui.
    Il n’en demeure pas moins que dès que l’on sort des fanfaronnades pour arriver sur un sujet précis comme la politique des langues, on retrouve comme par hasard les positions qui étaient sur la pétition signée par plus de 800 étudiants.

    Il serait bien que le positionnement politique ne soit pas tout et que ces organisations apportent de nouvelles idées plutôt que seulement des invectives (staliniens, fascistes etc…).

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