Vie du campus

Interview : Aurélie Gerlach, 5A, présidente et rédactrice en chef de  »En Bullant »

LaPeniche.net, toujours à l’affût de ce qui se passe dans la péniche (la vraie), a remarqué juste avant les vacances l’apparition d’un journal dédié à la bande dessinée. Intrigué, l’un de nos rédacteurs est allé à la rencontre de ces êtres à priori atypiques, pour qui les noms de Franquin ou d’Osamu Tezuka comptent au moins autant que ceux de John Maynard Keynes ou d’Alexis de Tocqueville.

Aurélie Gerlach, présidente et rédactrice en chef de En Bullant, nous a accordé un peu de son temps. Elle est étudiante en 5A, en master Management de la Culture et des Médias, spécialité Presse et Edition. Un témoignage de sa passion délirante pour le manga ? Sa 3A s’est déroulée à Tokyo !

  • LaPeniche.net : Depuis combien de temps existe En Bullant, comment est née l’idée ?

Aurélie Gerlach : Ca a commencé avant l’année à l’étranger, j’ai proposé à un ami, Pierre Godon, de faire un journal sur la BD. Or il se trouvait qu’il avait une amie qui était aussi intéressée par l’idée de faire un journal culturel. Après le retour de l’année à l’étranger, il y a un peu plus d’un an, nous nous sommes rencontrées. D’autres amis sont venus se greffer au projet, et c’était parti. Au total on était neuf. On a été reconnu en tant qu’association à Sciences Po l’an dernier, et de nouveau cette année.

  • Aujourd’hui, combien êtes-vous dans l’équipe ?

Nous sommes 14, quasiment tous rédacteurs ou dessinateurs.

  • Est-ce que vous étiez tous d’accord sur le projet du premier numéro ? Quand est-ce qu’il est sorti ?

Nous étions tous plutôt d’accord : il s’agissait de faire un journal culturel à dominante BD et manga. On a sorti le premier vrai numéro en décembre 2005. Mais du fait de notre inexpérience, il était moins bien fourni et moins abouti que notre dernier numéro, sorti en décembre 2006.

  • Dans quel sens vous avez évolué, sur 4 numéros?

Je pense que le contenu est de plus en plus centré sur la bande dessinée. Les autres rubriques existent toujours bien sûr et tiennent une place essentielle dans la ligne éditoriale. Cette évolution vient surtout du fait que depuis cette année, nous avons trois nouveaux dessinateurs.

  • A combien d’exemplaires tirez-vous ?

Pour le numéro 4, nous sommes à 150 exemplaires.

  • Tu crois qu’il y a vraiment une place pour un journal de BD un peu « léger » à Sciences Po ?

En fait, l’idée de créer ce journal est venue du constat que ce genre de publications n’existait pas à Sciences Po. Nous sommes tous habitués à nous poser des questions politiques, mais nous pensions cependant que la place laissée à l’imagination et à la création était trop restreinte à l’Institut.

  • Il y a pourtant déjà beaucoup d’activités en ce sens organisées par le BDA.

Les démarches sont différentes. Le BDA fait bien son boulot, mais nous nous plaçons sur un autre créneau : nous voulions explorer toute une frange de la culture qui était laissée de côté. En l’occurrence la bande dessinée est très peu représentée au BDA

  • Est-ce que vous avez découvert des vrais fans de BD à Sciences Po ?

Régulièrement des gens viennent acheter notre journal et nous disent que c’est une bonne chose qu’enfin un projet de la sorte existe. Il y a pas mal de fan de BD cachés à sciences Po mine de rien ! Par ailleurs, nous avons été étonnés par le nombre de gens qui nous ont dit faire du dessin et de la bande dessinée durant leur temps libre.

  • Vous avez une ligne artistique directrice, ou vous êtes vraiment très ouverts?

Nous marchons aux envies et aux coups de coeur de chacun, mais nous nous défendons de soutenir un parti politique : le but est de distraire, d’amuser. Chacun y apporte ce qu’il veut, à moins qu’il y ait gros désaccord dans l’équipe, ce qui ne s’est pas encore produit.

  • Est-ce que des changements sont prévus pour les prochains numéros ?

Pour ce qui concerne les numéros eux-mêmes, nous voulons continuer sur notre lancée.

  • Parce que vous avez des projets en dehors du journal ?

Nous avons l’idée d’imprimer à la fin de l’année un recueil de toutes les oeuvres dessinées par nos dessinateurs, d’autant plus que pas mal d’entre eux (dont moi-même) disparaîtront du paysage de Sciences Po l’année suivante. Je pense que ce serait une jolie révérence ! Nous envisageons de les vendre, quelques fans seront intéressés, j’espère.

  • Au fait, est-ce que certains dessinateurs ou scénaristes connus sont des anciens de Sciences Po ?

Niet, aucun.

  • Maintenant, tu as une tribune libre : y a-t-il un message que tu as envie de faire passer ?

Le message que je voudrais faire passer, c’est qu’au delà du côté sérieux de Sciences Po, les gens oublient parfois la légèreté, et oublient de faire marcher leur imagination. C’est un peu triste à mon sens. Alors j’encourage tout le monde à laisser s’exprimer un peu ses côtés créatifs.

  • Tu penses que vous y arriverez ?

Bof, je ne pense pas qu’on changera l’esprit de Sciences Po avec nos petits bras… Mais l’important c’est que ce genre d’initiative existe à Sciences Po pour élargir un peu l’horizon de ceux qui en ont envie.

  • As-tu un petit mot pour la fin ?

(Hésitation) Cette question inattendue bloque mon cerveau… voyons voyons…

  • On va voir si tu es créative !

Je ne suis pas créative sous pression (rires). Bon on va dire « cochon ». Lorsque nous devons noter une oeuvre, au lieu de mettre une, deux ou trois étoiles, nous mettons des cochons. Le cochon est content si l’oeuvre lui plait, il vomit si ça lui déplait. Bref, si un lecteur de LaPeniche.net a une idée de nom pour notre mascotte cochon, qu’il n’hésite pas à nous écrire : enbullant@sciences-po.org

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