Faut-il exploser les exposés ?

20081004-_MG_6883.jpgA quoi servent les exposés à Sciences Po ? La question ainsi posée, comparable à une remise en cause du géocentrisme par un citoyen du Vatican aux alentours de 1432, mérite probablement une lettre de cachet. Mais combien d’entre nous oseront soutenir qu’au spectacle de la 200ème brebis entamant son office de lecture, cette interrogation ne leur a pas traversé l’esprit ?

Passons d’abord par un brin de Techniques quantitatives en guise de réminiscence des bizutages mathématiques organisés par Sciences Po en première année. Soit 15 minutes un exposé, 15 minutes sa reprise par le maître de conférence, et deux exposés par séance sur 12 séances et 5 conférences par semestre, on obtient le chiffre stratosphérique de 60h consacrées aux exposés sur un semestre qui en compte 120 de cours. Les plus cyniques souligneront que ce chiffre est probablement sous estimé. Les plus pointilleux diront que l’approximation est démesurée. Mais que voulez vous, ce qu’on nous apprend, nous, ce sont les ordres de grandeur. Quoi qu’il en soit, plus de doute, presque 50% de notre scolarité à Sciences Po, ca mérite sans doute qu’on y réfléchisse 5 secondes.
L’exercice apparaît à ce point comme une fatalité, et sa nécessité nous a tant été assurée, que la présence d’exposés obligatoires nous semble désormais aussi naturelle au sein de nos conférences que celle de militants syndicaux à l’entrée de nos bâtiments. Parce que vous comprenez, « c’est un des éléments qui distinguent Sciences Po, qui lui donnent une identité, parce que tous ses élèves savent à merveille s’exprimer en public grâce à cela. Et puis quelle allure auraient les confs sans ça ? Ça serait tellement monotone ! »… Formidable, nous voilà sauvés. Néanmoins, du coté négatif de la balance, il y a plus d’un mammouth à poser.

Pourquoi ne pas commencer par pointer l’idée que ces 60 heures sont autant de temps pendant lequel les élèves s’ennuient très souvent à mourir. De telle sorte que l’apport en savoir amené par l’exposé flirte dangereusement avec l’inexistence. Les auditeurs les plus talentueux ont appris à acquérir un regard suffisamment convaincant pour qu’en fixant lourdement pendant tout l’exposé l’élève de corvée, on pense qu’ils le suivent avec passion, lorsqu’ils sont en fait au cœur d’une initiation au jaïnisme en débarrassant intégralement leur cerveau de toute réflexion. D’autres, ne s’embarrassant pas de leur paraître, et ayant compris depuis longtemps que leur note de participation tiendra à des facteurs plus « transcendants », préfèrent ostensiblement dormir, faire le ménage sur leur ordinateur, se parler sur Facebook avec la discrétion d’un semi-remorque nucléaire, manger leurs crottes de nez voire téléphoner à leur grand-oncle pour prendre des nouvelles. Les quelques élèves prenant des notes substantielles sont donc des perles rares, et on peut légitimement s’interroger sur l’usage qu’ils en font par la suite, loin d’être sûrs que tous les relisent avec passion le soir en rentrant chez eux.
Des exposés généralement ennuyeux ou peu didactiques, donc, suivis d’une reprise par le professeur assez souvent hasardeuse, dépendant de la performance du candidat, non structurée, éclectique. Sans parler de l’éventuel manque de temps qui contraint parfois à des cours à l’arrachée où l’on apprend, pour le coup, strictement rien.

Mais attention, si ces bijoux sont si ennuyeux, ca n’est pas dû qu’à des sujets sortis d’une autre planète ou des élèves-baudroie qui seraient incapables d’articuler 3 mots. C’est que le « système » est construit de telle sorte que tout est fait pour mener à de telles longueurs, en faisant du même coup perdre à l’exposé la majorité de son intérêt méthodologique en terme de prise de parole. Supposé durer 10 minutes strictes, il dure souvent, du fait du laxisme de la majorité des enseignants, 1,5 fois sa durée légale, voire davantage. Supposé être concis, clair, didactique et communicatif, il est en fait dans la plupart des cas intégralement lu, à toute vitesse (ce qui le rend incompréhensible) et soit bourré de détails superflus, soit au contraire intégralement superficiel. On s’en sort soit avec l’impression d’avoir subi un bombardement radioactif d’informations qu’on a pas retenues, soit celle de n’avoir entendu que des choses que l’on savait déjà. Les coupables sont tout le monde et personne: chacun a juste compris assez vite qu’en écrivant intégralement une dissertation et en la lisant à 200 km/h il obtenait, empiriquement, de meilleures notes qu’en préparant un exposé oral traditionnel, quand bien même le professeur aurait juré sur tous les livres saints en début d’année qu’il ne tolérerait pas ce genre de méthode. Alors à moins d’être profondément masochiste ou d’être vraiment un bon orateur (ce qui est bien sûr le cas de certains), c’est ce que chacun fera. Il s’en trouve que l’exposé n’est plus du tout ou presque un entraînement à la prise de parole en public pour l’élève qui l’exécute, en plus d’être rébarbatif et sans apport pédagogique pour tous ceux qui l’écoutent. NDLR: inclure dans « ceux qui l’écoute » bon nombre de professeurs qui visiblement n’ont pas un goût prononcé pour l’écoute interminable de mauvais discours mal lus ou erronés pendant une heure alors qu’ils pourraient à la place faire profiter la bande de profanes qu’ils ont devant les yeux de leur savoir professionnel.

                               Alors bien sûr tout ceci admet beaucoup d’exceptions, car évidemment il y a, bien qu’il soit formellement interdit de le reconnaître, des professeurs plus inventifs que d’autres, mais il n’empêche que la tendance générale est bel et bien celle décrite ci-dessus. Il est aussi des matières auxquelles l’exercice sied mieux que d’autres. De même, bien sûr qu’il ne s’agit pas de renier dans leur intégralité et en bloc tous les intérêts de l’exposé et de dire qu’ils ne sert exclusivement à rien. Mais une fois encore, la première chose qu’on nous met dans le crâne en arrivant dans cette école est la notion de coût d’opportunité: Pendant tout ce temps consacré à si peu de valeur ajoutée, ne pourrait-on pas faire beaucoup mieux ?
Imaginez que l’on vous offre une séance privée de deux heures en compagnie de Jessica Alba en tenue d’Ève et prête à répondre à vos moindre désirs, mais qu’on vous oblige à passer la moitié de cette séance à réaliser un faux casting pour un rôle de second rang, dont elle serait juge. Bien que ca ne soit pas foncièrement désagréable, vous éprouveriez une certaine frustration. Et bien c’est un peu comme avoir à sa disposition des légions de professeurs agrégés, souvent brillants, généralement passionnants, et parmi les meilleurs de leurs domaines pendant 24h par semestre, et préférer les utiliser pendant douze heures pour regarder et laisser parler à leur place des élèves qui n’y connaissent pas grand chose, parlent comme des répondeurs, exposent des idées générales, sans que le tout ait un intérêt pour quiconque. En gros, on s’ennuie souvent moins avec un bon vieux cours bien ficelé, pas trop dense mais intéressant et ressemblant plus à une discussion qu’à un monologue; qu’en écoutant un énième exposé barbant. Et on ressort deux fois plus cultivé, sans pour autant que tout ce qu’on a appris soit impératif à connaître puisque chaque conférence voit de fait des choses assez différentes. Alors sans dire qu’il faut abattre l’exposé tout le temps et partout, il serait bon d’arrêter de le voir comme une obligation transcendantale, et réfléchir à ne l’utiliser qu’intelligemment, et ponctuellement.

Pour finir, il reste un problème de taille: comment s’entraîner dans ce cas à l’expression orale, qui est la seule légère (même si, on l’a vu, très limitée) valeur ajoutée de l’exposé. On peut pour cela imaginer une foule d’idées. Par exemple grapiller une heure quelque part par semaine et la consacrer à des cours de prise de parole faits d’exercices très précis et orientés uniquement sur l’aspect méthodologique, au lieu de la choucroute hybride offerte par l’exposé de conf. Ou bien ne pas supprimer l’exposé, mais le réformer: en faire un exercice très précis, très court, avec des règles plus strictes mais pourquoi pas légèrement ludiques ? On peut imaginer d’obliger l’élève à défendre une thèse, d’interdire strictement la lecture, d’organiser des débats préparés, de faire des sortes de « fiches techniques » orales de 5 minutes… Bref, on peut imaginer toutes les formes d’exercice oraux pendant les conférences qui prendraient deux fois moins de temps et seraient deux fois plus intéressants, bien plus efficaces pour s’entraîner à parler, et probablement même plus constructifs que le fastidieux exposé.

43 réflexions au sujet de “Faut-il exploser les exposés ?”

  1. Force est de constater que ces problématiques s’appliquent également en province. Avec peut d’être un peu moins de frustrations compte tenu du niveau de qualification des « chargés de conf ». Mais quand même, une impression partagée de perdre son temps en permanence, surtout à 8h du matin.

  2. D’accord avec Aurem.

    Réformer l’exposé, pourquoi pas. S’assurer que ses règles soient respectées, OK. Le supprimer est en revanche une idée grotesque.

    Comme cela a déjà été dit, la qualité et l’intérêt de cet exercice dépendent énormément de la bonne volonté du professeur. Par exemple, en 1A, j’avais comme prof d’IP un type très droit dans ses bottes, haut-fonctionnaire (aujourd’hui n°2 de Bercy, autant vous dire pas un rigolo) : les exposés étaient limités à 8 minutes, avec +/- 30 secondes de marge. A 10 minutes, la note tombait en dessous de la moyenne. Je peux vous garantir que les temps étaient respectés dans 90% des cas sans que cela aboutisse à un exposé forcément décharné. En plus, on se coltinait chaque semaine un plan détaillé à rendre (noté et intégré dans la moyenne), pour apprendre à hiérarchiser les informations.

    Un temps aussi court oblige à être dynamique, précis, clair. En un mot, cela oblige à réellement travailler sur l’exposé, i.e. faire des recherches, se plonger dans la littérature, bref maîtriser le sujet (c’est le coeur du travail universitaire, quand même, la 1A ce n’est plus le lycée ! Ca me fait bien rire toutes ces personnes qui se plaignent de ne pas avoir de cours ex-cathedra en conf’).

    Quant à la question méthodologique (conférence de METHODE), elle m’a semblé centrale au cours du premier cycle (je suis en 3A). En conf’ de droit, on expose selon une méthodologie juridique (2 parties, deux sous-parties obligatoire) ; en conf’ de socio, on essaie d’avoir une approche sociologique et ainsi de suite. C’est parfois compliqué vu le nombre de matières, certes, mais c’est là un des intérêts des trois premières années à Sciences Po. Après, il y a des profs mauvais, soporifiques ou à la limite qui s’en foutent. C’est partout pareil : tu tombes sur un méchant ? tu serres les fesses, et si tu as envie de bosser, tu bosses. Amen si ce n’est pas toujours « ludique ».

  3. J’étudie cette année en Allemagne, et je peux te garantir que tu serais horrifié de la tenue des cours ici.
    Les cours ne durent qu’une heure et demie, généralement partagée entre un exposé de 45 minutes seul ou en groupe, et une discussion entre les élèves dans laquelle le prof intervient de façon limitée.

    Bref, c’est le règne de l’exposé à rallonge, l’officialisation de la présentation soporifique, l’institutionnalisation du prof inutile, relégué au rang de simple GO du semestre ! Il fait le programme, donne les readings, ensuite à nous de jouer.

    Cette expérience m’a donc appris que notre système à Sciences Po est enviable. Les Allemands, en effet, se caractérisent il faut le dire par leur grande aisance à l’oral – même pour ceux qui maîtrisent mal la langue du cours, en Anglais notamment – et leur autonomie au travail, et c’est bien les seuls avantages de leur système. Le résultat, en revanche, c’est des cours interminables et inintéressant, car professés par des individus qui n’ont encore que la vingtaine. En somme, l’université allemande est autodidacte.

    Or, à Sciences Po, le système est intermédiaire : le prof demeure le plus souvent dans son rôle traditionnel. Il guide véritablement le cours, reprend presque systématiquement les exposés, borne la discussion. Les règles en elles-même sont bonnes : 10 minutes d’exposé, c’est la bonne durée pour avoir le temps d’en dire sans pour autant rentrer dans des détails que la lecture des readings fournit amplement.
    Il suffit simplement que les règles soient respectées : oui aux profs plus sévères qui arrêtent les élèves une fois la dizaine de minute écoulée, qui obligent à n’avoir pas plus qu’une feuille de notes, bref qui sanctionnent véritablement la qualité de l’exposé, qui est censé être un travail différent de la dissertation.

    Enfin, ne pas oublier que le système Sciences Po, s’il est biaisé, n’en est pas moins efficace : je trouve personnellement que la qualité des exposés s’en trouve notablement améliorée entre la 1ere et la 2e année…

  4. D’abord, je dois dire que de lire cet article me fait un bien fou, je connais la frustration de « co »!
    Je pense, peut-être bêtement, qu’en cours d’histoire, d’éco ou de sociologie, on doit apprendre de l’histoire, de l’éco et de la sociologie. Les professeurs sont là car ils ont un savoir en plus que les élèves sur tel sujet et peuvent le partager. Les « méthodes » enseignées en cours d’histoire, d’éco ou de sociologie me semble logiquement être les méthodes liées à la matière, et pour lesquelles les maitres de conf (d’histoire, d’éco ou de socio, donc pas d’art oratoire) sont normalement compétents. Non?

    Pour répondre à « Bonne Volonté », il me parait justement prétentieux d’utiliser des cours, qui ne sont pas des cours d’art oratoire, avec des professeurs très compétents, pour s’entrainer à « parler en public » : alors les élèves de Sciences Po n’ont rien à apprendre, en termes de connaissances, des cours et des enseignants?
    Pour ma part, les études étaient l’occasion de réfléchir en profondeur et saisir les « fondements de la connaissance » en quelque sorte ; avec la suppression du concours pour certains, les admissions parallèles, on n’a pas forcément étudier des choses profondément avant (je parle pour moi notamment).
    Or avec les conférences actuelles, on perd du temps précieux qui est le temps d' »apprendre » (les études, c’est aussi fait pour ça!) un savoir, et méthode pour réfléchir SUR ces savoirs.

    A côté de ça, je suis complètement pour l’instauration de vraies heures d’expression orale, de prise de parole, avec des professeurs qui s’y connaissent. Je pense qu’à la fois les élèves et les professeurs y gagneraient.

    Bref, cher auteur, j’adhère !

  5. Au risque de passer pour une puriste bornée, permettez moi, chers pourfendeurs du sacro saint exposé, de vous rappelez une chose qui a dû vous échapper pendant l’élaboration de vos attaques en règles : « conférences de METHODE »… Et oui, c’est difficile à encaisser, mais les connaissances c’est en amphi,ou à l’apple store, qu’on les trouve… Pas en conf. Ou du moins, si on peut, contrairement à ce que constate l’auteur, enrichir sa culture pendant un exposé (si si je vous jure, en fait il suffit d’écouter o__o), il n’en reste pas moins que ce n’est pas un élément constitutif de la chose.

    Après c’est sûr qu’on peut critiquer ce parti pris de centrer ces cours à taille humaine que sont les confs sur des pratiques méthodologiques, mais dans le cadre qu’a voulu fixer SciencesPo, les exposés sont parfaitement légitimes. Et surtout, ils ne seraient pas si « barbants » si les orateurs en couches culottes que nous sommes daignaient y mettre un peu de passion, de spontanéité, un peu d’humanité, au lieu de les considérer comme une formalité. Cette attitude ne profite ni à l' »orateur », ni aux auditeurs.

    Le meilleur moyen de dépoussiérer l’exposé serait peut-être donc de commencer par le regarder comme une expérience nouvelle, de considérer qu’on n’en a pas fait le tour (affirmer le contraire serait assez prétentieux), avant de vouloir le changer.

  6. J’ai quitté ScPo à cause de ce système d’exposés, qui faisait que j’allais à chaque cours en trainant les pieds et sure de ne rien apprendre. La frustration. Des exposés qui occupaient la totalité des heures de conf’. Inintéressant au possible.
    Les professeurs de conférence seraient-ils incapable de faire eux-mêmes un cours intéressant, au lieu de laisser quelques élèves se prendre au sérieux sur un plan en 2 parties/2 sous parties sur des sujets faussement « intellos »? Les cours ne sont décidément pas à la hauteur de la soi-disant « réputation » de l’école.
    Par ailleurs il faut, il me semble, tout de même privilégier le fond sur la forme. D’autant plus que les professeurs sont loin d’avoir l’éloquence qu’ils exigent pourtant de nous.
    Maintenant en fac, je me rend compte que la qualité de l’enseignement et la foule de connaissance que l’on y acquiert sont nettement supérieures à celle de ScPo, et je ne regrette pas du tout mon choix. Au moins, j’ai de vrais cours.

  7. « 23% des 18-30ans pensent que la femme doit mettre au monde et elever les enfants »
    De 1 si les femmes mettent pas les enfants au monde c’est pas les hommes, même avec toute la bonne volontée du monde, qui vont pouvoir le faire ^^
    De 2 pour les élever faut que les papas se démerdent seuls?
    A moins que le problèmz soit dans le fait que 77% des 18-30 ans ne savent pas que c’est les femmes qui portent les bébés Oo

    oui, je sais, je suis de mauvaise foi sur le sens original mais j’ai pas pu m’en empecher

  8. ba oui, et en plus on sait qu’avant copernic le géocentrisme n’existait pas. alors c’est FORCEMENT de copernic qu’on parle et 1432 ba ca marche pas. oh l’auteur eh, le gros nul eh.

  9. (oui oui pour mon comm j’ai utilisé wikipedia, je ne prétend pas connaitre par coeur les dates de vie et de mort de copernic et galilée)

    quand on fait un article médiocre sur un sujet très limité on doit se rattacher a l’espoir de faire une grande révélation ahahahha! (ok je sors)

    Il y a des sujets tellement plus interessant en ce moment, comme cette enquete qui montre que 23% des 18-30ans pensent que la femme doit mettre au monde et elever les enfants, ou encore 22% des 18-30ans pour la peine de mort. La, il y a moyen d’avoir un article interessant…

  10. Je suppose qu’on sait tous utiliser Wikipedia, Copernic avait – 41 ans en 1432, un peu précoce pour contester le géocentrisme place Saint Pierre (quitte à faire des anachronismes…).

  11. Dis donc Marcel, merci de nous faire profiter de tes proverbes innovants, mais je suis pas vraiment sûr qu’il s’agisse de culture en l’occurrence. Ca ressemble plus à une métaphore assimilant le dogme de l’exposé au dogme du géocentrisme à une époque.
    Ce qui n’en est pas moins assez prétentieux de la part de l’auteur, qui n’a probablement pas exactement la même dimension que Copernic.

  12. bonne question !
    Soit l’auteur fait référence à Copernic mais dans ce cas il se trompe d’année et de nationalité (allemand)
    Soit l’auteur parle de Galilée mais alors la différence serait de presque deux siecles !

    ou alors, aucune référence, juste une phrase très lourde pour dire que « wahou c’est une question hyper tabou … »

  13. @charles
    ca s’appel vouloir montrer sa « culture » a tout prix… « la culture c’est comme la confiture, c’est quand on en a le moins qu’on l’étale le plus… »

  14. Mes propres souvenirs m’ont laissé l’idée que la hiérarchie de l’IEP avait un petit caractère stalinien devant conduire l’insolent qui a écrit ceci à rapidement faire amende honorable dans les bureaux de la direction. Vive les procès de 36, camarade !

  15. bref, le pb n’est pas l’exposé, ms l’élève; les élèves qui, tels des collégiens, lisent et lisent leurs notes… et les prof que tu as eu qui ne faisaient donc pas respecter les critères .

    non parfait, cet exercice permet tout de même de développer ses capacités orales… à condition d’oser prendre des risques, et de penser a son auditoire… si si.

    Quant a jessica alba… grandis un peu. Mince quoi… Dommage , l’article commençait bien et sur un objet critiquable … et ne pointe finalement pas les failles du système , mais de ceux qui le composent…

  16. L’exposé est une spécificité de Science Po ? grande nouvelle! Dans touts les TD de toutes les sections dans toutes les facs on fait des exposés !
    Oui l’exposé sert à la prise de parole en public mais pas seulement, il sert aussi à faire des recherches personnelles, construire une réflexion, et avoir un apport de connaissances alternatif.
    Pourquoi ne pas supprimer les mémoires en master, les thèses pour les doctorants etc parce que franchement c’est un peu trop demander de travailler quand on paie déjà son diplôme …

  17. « Imaginez que l’on vous offre une séance privée de deux heures en compagnie de Jessica Alba en tenue d’Ève et prête à répondre à vos moindre désirs ».

    Et BIM la remarque sexiste. Juste … MERDE. Je ne comprends pas ce soudain besoin de métaphores niveau CM2 dans tous les articles récemment parus sur LaPéniche (cf celui sur l’AS…). Vos articles seraient dix fois meilleurs sans.

    Autrement, je suis complètement d’accord sur le fond. Je remarque toutefois avec bonheur que les tortures dues aux exposés sont massivement réduites quand on entre en Master. Sou-la-ge-ment.

  18. Je soutiens Karl, pire qu’un exposé : un exposé avec powerpoint. Mais en soi l’exposé est bien hein, mais pour l’exposant seulement. Alors pourquoi ne pas faire des exposés hors-conf, comme des oraux blancs, et épargner aux classes une heure d’ennui et de perte de temps ?

  19. oooooh OUIIIII !!!

    L’exposé c’est bien. Mais quand on écoute on se fait vraiment chier parfois (parfois).

    L’article est intéressant et le style sympathique (c’est ce qu’on appelle être constructif (second degré))

    C’est parce qu’on est à SciencesPo qu’on peut discuter SciencesPo… Être jeune c’est aussi savoir remettre en cause. Remettons joyeusement en cause l’exposé parce que c’est clair qu’on s’ennuie mortellement pendant qu’un seul à un orgasme (et sa jouissance le fait souvent paniquer… c’est vrai que devant une vingtaine de personnes c’est quand même gênant un orgasme… surtout chez les mâles…)

    Grazie La Péniche 😉

  20. Pour bien prendre la mesure de la valeur des exposés, il faut trainer ses basques en dehors de Sciences Po.

    Pour avoir étudié à la fac et à HEC avant et après Sciences Po, je peux vous dire que la différence est flagrante : la quasi-totalité des étudiants ne savent pas organiser leurs idées, être concis, s’exprimer en public… Lorsque vous commencerez à travailler, c’est cela qui vous démarquera des autres.

  21. Tellement vrai! A mon sens supprimer les exposés serait une mauvaise idée, mais les encadrer plus remédierait à bien des problèmes. Si seulement les professeurs eux-mêmes appliquaient les règles de l’exposé (pas plus de dix minutes, pas de lecture de notes, etc.) et sanctionnaient leur violation!…

  22. L’exposé n’est pas seulement la marque de fabrique de Sciences Po. C’est un exercice extrêmement formateur sur le plan professionnel. Ce n’est qu’en faisant des exposés qu’on arrive à clarifier ses idées et maîtriser le débit de ses paroles. Les étudiants de Master et les diplômés, à ce titre, sont bien conscients que les exposés sont très formateurs. Les supprimer serait une fausse bonne idée.

  23. D’ailleurs je lis cet article alors même qu’un élève fait un exposé soporifique en lisant ses feuilles depuis déjà 15 min…

  24. Je pense que les exposés sont un exercice intéressant à la base, mais leurs dérives peuvent effectivement être horribles. (Je me reconnais bien comme la relou qui endort tout le monde en lisant sa dissert de 15 pages trop vite.)
    Mais du coup je pense plutôt que ça se résoudrait par la notation (parce que c’est ça la vraie motivation des étudiants, valider ou cum lauder parfois). Genre, imposer un barême 50% fond, 50% forme, ou forcer les étudiants à ne pas dépasser 10 minutes. Ou mieux, supprimer carrément la possibilité d’avoir des notes à lire. (Horrible, hein? Bon à la limite autoriser le power point pour qu’ils retombent sur leurs pieds). Exposer des thèses d’auteur en 5 minutes, le coup des fiches techniques à l’oral n’est pas mal non plus (Aurait-on le même prof d’HDE en conf?..). Mais l’idée d’exposer à l’oral quelque chose est à garder, il me semble.

    Après l’idée des cours obligatoires de prise de parole en public (voire qui tendent un peu vers le théâtre) est intéressante.

  25. « D’abord, Sciences Po, qui je crois tient une réputation que l’auteur n’est pas prêt d’avoir, a sûrement une expérience pédagogique bien supérieure à la qualité de l’écriture de « A. Beaux Nez ». »

    A mon tour de trouver cette phrase assez déplacée. Ce n’est parce que sciences po a une réputation et une expérience pédagogique qu’on n’a pas le droit de critiquer cet institut. Surtout lorsque l’on évolue en son sein. Donc je trouve l’argument un peu facile et assez fallacieux pour tout vous dire, pour ne pas dire franchement irrespectueux envers l’auteur de l’article, qui a tout de même le droit d’avoir son opinion. Je ne parlerais pas du « Ne serais tu pas à la hauteur ? ».

  26. A quand un réquisitoire aussi bien troussé contre l’utilisation du Powerpoint au cours desdits exposés ?
    Le Powerpoint, c’est moche, ça ne va avec rien et ça ne te sauve pas la vie.

  27. Je trouve cet article assez déplacé.
    D’abord, Sciences Po, qui je crois tient une réputation que l’auteur n’est pas prêt d’avoir, a sûrement une expérience pédagogique bien supérieure à la qualité de l’écriture de « A. Beaux Nez ».
    Ensuite, les exposés, c’est avant tout, et au-delà de toutes ces médisances, un exercice incontournable qui permet de manier un certain art oratoire, à condition (je précise) de savoir le manier. Si les 10 minutes et les sujets pas toujours fabuleux te contraignent, il n’y a que toi à blâmer : l’enjeu est justement de rendre le tout intéressant, concis et vivant. Ne serais tu pas à la hauteur ?
    Enfin, je trouve cette prise de position bien faible pour un élève qui se veut « élite » de la nation. L’idée est de savoir exposer et non de se soustraire à des calculs élémentaires de bonnes notes en récompense. Personne n’a parlé de relire à voix haute sur un ton monocorde une dissertation arrangée, mais bien d’évoquer, avec éloquence, un sujet qui éveillera l’attention de l’auditoire.

     » Un homme qui ne sait pas faire de feu avec un briquet est bien solitaire »
    ou
    « Il faut savoir reconnaître une clôture électrique avant de n’avoir pissé dessus »

  28. Un article au ton léger et drôle qui arrive à soulever un vrai problème, moi je dis +1 !
    Je remarque jusque que l’auteur n’a pas pu (inconsciemment?) s’empêcher de raisonner en 2 parties/2 ss-parties. Chassez le naturel, il revient au galop…

    Intro qui s’arrête à  » Mammouth » avec Intitulé du sujet – accroche – enjeu du sujet – plan en faisant appel à une citation – problématique

    I° L’exposé, la dérive d’un exercice vidé de son sens (j’attaque)
    A) 60 heures d’ennui dialectique pour étudiants (je constate)
    B) Un « système » construit de telle sorte que tout est fait pour mener à de telles longueurs (je justifie)

    II° L’exposé, réformer pour conserver ?
    A)  » bien sûr tout ceci admet beaucoup d’exceptions  » (je nuance)
    B) Inventer de nouveaux exercices d’expression orale ( je transcende l’enjeu et dépasse l’opposition)

    🙂

  29. Je suis tout à fait d’accord avec l’article. L’exposé est le pire truc qui soit, personne n’apprend rien, tout le monde perd son temps, et au final on ne travaille dans le semestre que sur un sujet : celui de notre exposé ! Je baise les pieds des professeurs qui se gardent au minimum une heure pour faire un vrai cours (ils existent !) en sus des exposés et des reprises.

  30. Tu m’as l’air de n’être tombé sur des profs nuls et des exposés inintéressants dans ta jeune carrière.

    L’exposé est pas censé profiter à ceux qui l’écoutent mais à celui qui le réalise. C’est un exercice de concision et – normalement – de prise de parole.

    Après c’est le boulot du prof de faire respecter les critères dévaluation de Sciences Po (respect du temps, clarté de l’exposé, finesse de la démonstration) et d’effectuer une reprise construite et réfléchie du bidule.

    Donc la question c’est : faut-il faire suivre aux maîtres de confs des séminaires de correction d’exposés ?

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