Vie du campus

ESP : l’OVNI de ces élections

Au début du mois de janvier, un nouveau-venu a fait son apparition dans la vie syndicale traditionnellement tripolaire de Sciences Po. Etudiants pour Sciences Po (ESP) s’est ainsi manifesté aux signataires de la pétition de Etienne Wasmer, professeur de microéconomie en première année, qui appelait à la défense des intérêts de l’institut face au « Sciences Po Bashing » qui agitait les médias. Le syndicat n’avait plus dès lors comme seul mot d’ordre que valoriser les étudiants et leurs opinions sur l’avenir de leur école. Aujourd’hui et demain ESP va voir s’il aura réussi à convaincre les étudiants.

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ESP, outre la défense de la parole des étudiants, se pose en défenseur d’une transparence et d’un rééquilibrage de l’établissement en faveur des étudiants, de l’administration et également des professeurs, mis à l’écart de la médiatisation qui se concentrait de force sur le duo Casanova/Pébereau.

Le syndicat veut tirer sa force de sa fraicheur et de son volontarisme, loin des sentiers battus du syndicalisme sciences piste, qu’il condamne fermement voir violemment dans ses tracts. Comptant une grande proportion d’étudiants de première année dans ses rangs, bénéficiant également de l’expérience d’élèves plus âgés, il se réjouit du soutien que leur ont affiché certains professeurs et membres de l’administration. Cette fraicheur permet au syndicat de voir l’arrivée des élections avec optimisme, avec l’espoir de faire entendre leur voix au milieu du duopole syndical. Se déclarant libre de toute organisation nationale ou parti politique, le syndicat dispose de moyens réduits et d’un budget principalement financé par les membres, ce qui pourrait expliquer sans doute une sous-médiatisation jusqu’à présent dans la campagne syndicale en comparaison du tractage massif des autres syndicats. Une carence qu’ESP espère avoir contrebalancé avec la conférence-débat de la semaine passée où ils ont eu l’occasion de défendre leur programme mais également avec leur profession de foi qui leur a permis de présenter leur vision aux étudiants.

Le programme, outre la préservation du statut actuel de l’Institut et de ses valeurs, acte pour l’augmentation du nombre de boursiers à 30%, le maintien du concours comme porte d’entrée, (en attendant cependant de juger de l’efficacité de sa nouvelle forme), le gel des frais de scolarité, l’élargissement des partenariats avec les universités étrangères afin de permettre une meilleure distribution des étudiants de 3e année, l’intégration facilitée des étudiants étrangers à Sciences Po ( et l’accès aux bourses Emile Boutmy) mais également augmenter les contacts avec nos camarades des campus délocalisés qui sont pour l’instant inexistant en dehors du Minicrit. Bien qu’optimiste, le syndicat connaît ses limites et, malgré les difficultés constatées, sait qu’il aura du mal à proposer des avancées crédibles quand aux inscriptions pédagogiques et aux horaires de la bibliothèque. Mais plus encore, ce sont finalement les poncifs du programme qui dérangent : finalement, personne n’est contre Sciences Po, contre la démocratie, contre la défense des intérêts des étudiants, tout un tas de formules qui n’ont pas vraiment de traduction concrète. Et cette volonté de vouloir absolument être l’unique défenseur des étudiants, convaincu d’en porter les revendications, contre des syndicats qu’ils estiment être corrompus, est une position très délicate à tenir. Un syndicat étudiant, a fortiori nouvellement créé, peut-il se placer en représentant exhaustif de la pluralité des opinions ?

Si sa vision profondément Sciences Po-phile et le manque de clarté de son programme lui ont d’ores et déjà valu de nombreuses critiques, Etudiants pour Sciences Po est confiant pour ces élections syndicales. Nous apprendrons dans deux jours s’il aura réussi à insuffler un élan nouveau, une fraîcheur au débat, et s’il aura su se positionner en syndicat important ou bien si le vote étudiant aura raison de l’enthousiasme communicatif du projet.

One Comment

  • Arthur S.

    Conclusion : 5,15% et 114 voix. Les ESP auront donc convaincus leurs cercles d’amis de voter pour eux.

    Ce qui est déjà une grande réussite. Il faut l’admettre.

    Et puis, c’est dit dans la newsletter : « ESP est représentatif, sans siège ». C’est super ça.

    Ma conclusion : ESP réussi parfaitement son pari. Je pense qu’on peux commencer à envisager une candidature de Mˡˡᵉ Caplier à la direction de SciencesPo. J’attends avec hâte son prochain clip de campagne.

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