Vie du campus

WEI 2007 Premier Cycle (II) : Le conte des mille et un verres

Le WEI (Week-end d’Intégration, «ouêille» pour les bobos et «ouaïe» pour les autres), moment incontournable de l’année pour tout pipoteur alcoolique qui se respecte, s’est déroulé les 12, 13 et 14 octobre sur la base de loisirs de Montigny en Morvan (autrement dit un trou perdu en Bourgogne où l’on capte un réseau inconnu au bataillon, probablement néo-zélandais selon certains experts en la matière), évènement organisé par le BDE. Un charismatique rédacteur de la Péniche s’est infiltré là-bas, au péril de son foie, pour vous en faire un rapport détaillé.

12 octobre : Après avoir bloqué le carrefour de la rue de Sèvres et du boulevard Raspail pendant près de deux heures, s’attirant ainsi les foudres d’un ancien aumônier d’HEC qui y voit l’expression du diable, la joyeuse troupe se met en branle, le Vod’car en tête. Durant le trajet, alcool aidant, les barrières (vêtements compris) entre les participants tombent, des contacts se créent. Le staff du BDE s’improvise directeur musical et initie la nouvelle génération aux chants traditionnels, plus ou moins raffinés, de Sciences Po.

L’arrivée sur la base dans l’obscurité et le froid est plus douloureuse pour certains : tandis que les mieux lotis héritent de bungalows somptueusement capitalistes, quelques prolétaires exploités (dont l’auteur de ces lignes) se voient obligés de recourir au regroupement en s’entassant dans des mobile-home tout de carton pâte construits…Sciences Po ne sera donc jamais idéologiquement neutre ! La soirée de vendredi, dont le thème était B comme…, voit se côtoyer de façon plus ou moins sensuelle des Ben Laden et des beaufs, des bonzes et des ballerines, tout le monde ayant à peu près joué le jeu. Le fameux « Vodka conneting people » n’aura certainement jamais été aussi véridique, certaines personnes étant maintenant condamnées à devoir vivre près de 5 ans avec une réputation plus ou moins sulfureuse destinée à leur coller à la peau (le reporter ne dévoilera rien bien sûr sauf petite compensation…).

13 octobre : Quelques heures de sommeil et erreurs de bungalows plus tard, cette armée de zombies se trouve réunie autour d’un brunch offrant du plastique à l’apparence de nourriture, l’occasion pour chacun de se mettre au courant des potins de la veille. Après quelques heures de bronzage/récupération dans l’herbe commencent les activités de la journée qui voient s’affronter des équipes plus ou moins animées autour de relais de bière cul sec, de pyramides humaines, de courses enchaînées et autres chaînes de vêtements ; la palme de l’ambiance revenant à l’unanimité à l’équipe 5 qui a tout de même réussi à improviser une soirée le temps d’une demi-heure en faisant dansant près d’une cinquantaine de personnes (presque) nues dans le jardin même si officiellement ils ne sont pas les grands gagnants de la journée (le comité de répression des fraudes est actuellement en train d’enquêter pour définir quelles sommes le BDE a touché pour cette infamie. La mauvaise foi règne…). Le match de rugby du samedi soir est l’occasion pour les fêtards d’exalter leur fibre patriotique au son de Marseillaises plus ou moins justes, chantées (ou beuglées ?) dans une harmonie céleste par un chœur de voix éraillées. Suite à quoi l’élection de Mister & Miss WEI voit la consécration d’un charmant garçon ascendant rugbyman émettant des onomatopées encore non traduites à ce jour ainsi que l’avènement d’une mignonne jeune fille inconnue de tous ceux qui n’avaient pas fait Lakanal. Un slam foiré et quelques « naked dances » plus tard la soirée reprend le cours normal des choses, une boisson visuellement peu ragoûtante poétiquement nommée « Corbillard » (quelque chose entre un mélange de vodka, whisky, rhum et gin) faisant de nombreux adeptes qui curieusement nous quittèrent précipitamment pour un grand nombre d’entre eux.

14 octobre : Le dimanche, jour du seigneur pour certains, est, pour d’autres, un jour de dur retour à la réalité, ces derniers ayant à gérer gueule de bois et autres trous de mémoire. Les plus chanceux se voient gratifiés par le staff du BDE d’un réveil chantillysé sous haute pression tandis que les autres sont réveillés par la douce mélodie des beuglements de l’encadrement à une heure indue, à savoir 10h : elle est belle la France qui se lève tôt ! Après quelques heures à traîner au soleil, la « pire école que le lieu n’ai jamais connu » dixit les propriétaires (tout ça pour un malheureux micro-ondes d’après les rumeurs) repart vers son sombre destin, le Vod’car (aux autres surnoms peu ragoûtants) toujours en tête et toujours aussi animé, les autres bus étant dans un état semi-comateux !

Epilogue : 21h, boulevard Raspail, froid, obscurité. Après un dernier « amphi Boutmy » et un « hymne à Blandine » lancés par le combo team 5/Vod’car sous les yeux éberlués des passants, les participants retournent chez eux en tentant de ne pas penser à la courte nuit qui se présente à eux sur le thème beaucoup moins plaisant de la monarchie parlementaire anglaise (ou variante séparation des pouvoirs).

En tout cas bravo au BDE pour l’organisation de ce week-end d’intégration qui, selon les dires de tous, est l’un des plus réussis de ces dernières années et merci à tous ceux qui y ont participé et contribué à cette ambiance survoltée (notamment certains éléments qui se reconnaîtront facilement grâce au chiffre tatoué sur leur ventre).

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