Vie du campus

Les élections syndicales 2008 (IV) : la Cé

Au tour de la Cé de répondre à nos 5 questions pré-élections syndicales !

1. La politique des langues était une question cruciale lors des élections syndicales de 2007 : Quel bilan tirez-vous de l’année passée et quelle est votre position actuelle à ce propos ?

Nous défendions l’année dernière la possibilité pour tous les étudiants qui le souhaitent de pouvoir étudier une LV2. La direction n’était pas d’accord sur ce point. Mais un compromis a été trouvé pour que le système des bi-classes ne soit pas trop restrictif. Désormais, on peut étudier une LV2 même dès lors que le niveau dans cette langue est supérieur à celui en anglais, sans attendre d’avoir obtenu le niveau 4. C’est une avancée. On observe toutefois des problèmes dans l’application de ce principe car beaucoup d’étudiants qui ont participé au référendum étudiant de la Cé ne pouvaient pas bénéficier de cette évolution. Il faut que la direction respecte ses engagements !

2. Que pensez-vous de la polémique sur les horaires et l’accessibilité de la bibliothèque ?

Ce problème est la priorité numéro 1 des étudiants qui ont participé au référendum étudiant de la Cé. L’écart est très important entre les ambitions affichées de la direction pour faire de Sciences Po une université sélective de rang international centrée sur la recherche et la réalité. Le service de bibliothèque est un élément important pour répondre à ces ambitions. Si les services de la bibliothèque se sont beaucoup améliorés ces derniers temps, l’accessibilité reste insatisfaisante. Nous proposons d’élargir les horaires d’ouverture de la bibliothèque (du 30 rue St Guillaume ainsi que la bibliothèque recherche), en créant des jobs étudiants, contrairement à l’Unef qui s’oppose à la création de jobs étudiants dans son programme.
A la Cé, nous ne nous opposons pas idéologiquement au travail des étudiants. Pour de nombreux étudiants, cela peut représenter une intéressante expérience professionnelle et un moyen d’acquérir une certaine autonomie financière. Il faut toutefois obtenir des garanties : le volume horaire consacré au travail ne doit pas être excessif, des aménagements dans l’emploi du temps de l’étudiant doivent être possibles en période d’examen et Sciences Po doit reconnaître cette expérience (par l’attribution de crédits par exemple).

3. Quelles sont vos propositions relatives aux frais de scolarité et aux systèmes de bourses ?

Nous soutenons le système actuel de droits de scolarité qui permet de faire vivre au sein de Sciences Po la solidarité et la justice sociale. Grâce à ce système, les boursiers à Sciences Po touchent une bourse 50% supérieure à celle qui est donnée aux étudiants de n’importe quelle autre université. Mais nous sommes conscients qu’il faut le faire évoluer pour qu’il reste juste.
Depuis septembre 2007, le CROUS doit verser des bourses aux étudiants de l’UE, ce que faisait Sciences Po depuis quelques années déjà sans y être contraint. Par conséquent, une partie des dépenses qu’engageait Sciences Po pour l’aide sociale sont prises en charge par le CROUS. Il faut maintenant développer l’aide sociale en direction des étudiants étrangers hors UE qui paient 5150 € d’office en mettant en place un fonds d’aide spécial pour ces étudiants.
Il est également nécessaire que le système d’aides sociales de Sciences Po suive les mêmes évolutions que connaît le système global. La Cé a obtenu l’augmentation de 7% des bourses des étudiants les plus défavorisés dès janvier 2008 et l’augmentation du nombre de boursiers (vers les classes moyennes). Nous veillerons à ce que Sciences Po soit en cohérence avec le système du CROUS : les compléments de bourses versés par Sciences Po doivent augmenter du même pourcentage et plus d’étudiants doivent être exonérés de droits de scolarité.

4. Qu’en est-il aujourd’hui du projet de réforme de l’examen d’entrée en 1ère année ?

Ce projet de réforme est actuellement au point mort mais plusieurs pistes de réflexion pour réformer l’examen d’entrée méritent d’être envisagées car les biais sociaux sont importants et doivent être réduits. Une réforme du concours doit permettre de favoriser l’entrée des étudiants des milieux sociaux les plus défavorisés et non pas massifier le nombre des étudiants déjà issus des catégories socialement favorisées.
Une première proposition intéressante serait d’instaurer des centres d’examen en région dans les campus délocalisés. Un oral d’admission à bac 0 est largement souhaitable pour recruter les nouveaux étudiants sur des critères autres que purement académiques. Le déplacement de la date du concours pose beaucoup de questions car les prépas d’été sont plus hétérogènes socialement que les prépas d’hiver et de printemps qui bénéficieraient d’un déplacement du concours en juin.

5. Quelle est votre position par rapport à l’ouverture d’un second campus à Créteil ?

Si Sciences Po veut prendre sa place dans la compétition mondiale et relever les défis de l’horizon européen de la société de la connaissance, il faut refuser toute politique malthusienne. Le taux de sélection actuellement très élevé empêche de très nombreux étudiants, de grande qualité, d’entrer à Sciences Po. Il est donc possible d’augmenter les effectifs étudiants à Sciences Po en recrutant des étudiants qui ne sont pas moins bons que ceux qui y sont déjà.
Nous soutenons donc la création de ce second campus en Ile-de-France qui permettra de créer des synergies intéressantes avec l’Ecole des Ponts et Chaussées, l’université de Marne-la-Vallée et celle de Paris 12 qui dispense une très bonne formation en droit. Cette intégration dans le PRES Paris-Est est une bonne chose pour les étudiants de Sciences Po et pour ceux des autres établissements. Mais nous serons vigilants face à certaines garanties en terme de services aux étudiants et de conditions d’études (transports, bibliothèque, logement, emplois du temps). Comme tous les autres syndicats étudiants, nous attendons d’en savoir plus sur le projet de la direction.

22 Comments

  • Marthe

    Je suppose que tu as raison… j’avais oublié que je m’adressais à la Cé, syndicat fondamentalement présent et actif au sein de l’IEP (à part s’attribuer un éclatant bilan qui n’est pas le sien, quelles sont ses activités?)…

  • Juliette

    Je crois qu’il faut laisser tomber, maintenant que les élections sont passées, ils n’ont plus besoin de répondre aux questions…

  • Marthe

    "L’accès au savoir et à une formation de qualité ne doit pas rester le privilège d’une élite de 7 000 personnes"

    Mais, justement, la qualité dont tu parles n’est-elle pas conditionnée par le faible nombre d’étudiants ?

  • Juliette

    1/ Je pense qu’à partir du moment où un dossier MTB est accepté et que l’élève choisit de venir à Sciences Po, il est motivé (a priori quand on a une MTB qui permet d’intégrer Sciences Po, on aurait eu les capacités pour aller ailleurs, donc si on choisit Sciences Po, c’est qu’on veut Sciences Po… donc qu’on est motivé, CQFD).

    2/ Et oui, je considère que si on rend une bonne copie c’est qu’on a travaillé parce qu’on était motivé. Et même argument que pour 1/, si on a 15 en histoire, on aurait eu les capacités de faire autre chose, mais on a choisi Sciences Po gnagnagna…

    Je sens qu’on va tomber d’accord. Maintenant dernier point, je pense qu’il faut admettre qu’il y aura toujours une part d’inégalité, que ce soit pour intégrer Sciences Po ou pour n’importe quoi d’autre, qui n’est rien d’autre que… la chance. Parfois c’est beau de croire en la chance… même si c’est très, très injuste.

  • Louisa

    d’abord j’ai dit que tout le monde doit pouvoir PREPARER le concours, et ce sans condition de revenu. Je questionne ensuite la pertinence de la motivation par rapport aux qualités intellectuelles. Ensuite, je dis que l’idée de Marion ne permet pas forcément ni d’évaluer la motivation, ni d’éviter la fraude. Ensuite, les étudiants issus de familles aisées sont surtout nés au bon endroit. Et enfin oui je suis d’accord qu’on entre à sciences po par motivation, mais le mérite n’est pas QUE dans la motivation. Tu comprends? Il est aussi dans l’intelligence non? En plus:
    1/ comment tu mesures la motivation des MTB? Il y en a plein qui envoient leur dossier pqe celui-ci est bon et qui pour autant ne sont pas ultra motivés. Es-tu pour les refuser?

    2/ Comment mesures-tu la motivation en lisant une copie d’histoire?

    Alors ok tu fais une très bonne copie pqe tu as bien travaillé et tu as bien travaillé pqe tu es super motivé, mais n’y a-t-il pas des personnes qui ont beaucoup de connaissances, qui ont 15 au concours, et qui ne sont pas si motivés que ça? C’est juste ça que je questionne… je ne crois pas que se soit si grave que ça…

    Par ailleurs je pense qu’un bon moyen de faire preuve de sa motivation est un entretien oral, or l’UNI s’y oppose si je ne m’abuse.

    Enfait les seuls dont on évalue vraiment la motivation sont les CEP.

  • Juliette

    C’est dingue d’en arriver à dire qu’il faut donner sa chance à des gens pas motivés. Ca se mérite quand même, non ?! Ne pensez vous pas que même les étudiants issus de familles très aisées ont du mérite, et sont entrés à Sciences Po (oui, c’est déjà une première réussite) parce qu’ils étaient motivés ? On a beau avoir des sous plein les poches, à un moment on se retrouve devant une feuille et un stylo, et on doit se servir de ce qu’on a appris, avec autant de motivation que possible…
    Justement je pensais que pour vous la valeur mérite avait beaucoup d’importance (et à juste titre)… mais sans motivation, on fait quoi ? Quel mérite sans motivation ?

    Louisa je trouve ta réponse vraiment très grave.

  • Louisa

    J’espère que par changement à gauche tu n’etends pas la Cé…

    Oui Marion c’est vrai mais être motivé pour accéder à une prépa du concours ça commence à faire beaucoup de barrières nan? c’est l’épreuve de l’épreuve de l’épreuve! C’est moins pire que passer un test pour avoir le droit d’accéder à une prépa, mais c’est quand même un frein considérable. Tout le monde doit pouvoir préparer le concours, pas seulement les plus motivés. Et si qq’un de super ultra motivé est moins bon qu’un autre un peu moins motivé… tu choisis qui? D’ailleurs sur la fraude, tu peux très bien faire écrire la lettre par qq’un d’autre, comme tu peux demander une bourse pour qq’un d’autre… Le fait que tu écrives toi même ta lettre n’évite en rien qu’un boursier fasse la demande d’exonération pour toi…

  • Marion

    "Marion juste une question comme ça, au nom de quoi devrait-on faire preuve de motivation pour préparer le concours? Si ton idée est gratuité pour les boursiers, alors ça doit être le cas pour tous les boursiers!"

    -> C’était juste pour éviter les dérives, genre un élève boursier fait une demande pour quelqu’un d’autre. La simple démarche d’écrire une lettre de motivation montre déjà ta volonté d’intégrer l’institut.

  • Eve

    Désolée mais après les diffamations dont nous avons été victime (comparez les tracts de la Cé avec les PV du Conseil de Direction et vouès verez le décalage) on répond à toutes les attaques pied par pied.

  • Re-mDr

    "C’est quand même drôle avouez qu’un post sur la Cé se transforme en débat sur le programme de l’UNEF. Ca démonttre bien la vacuité totale de leur programme -à part cracher sur l’UNEF, justement!!! ".

    Euh, c’est pas plutot parce que l’UNEF s’évertue à essayer de coloniser la section commentaires des autres? … Eve dès le 3e commentaire…

    Les urnes rendront bientôt leur verdict, j’espère que la participation sera un peu plus significative que l’an dernier et que les résultats confirmeront un changement à gauche! 😉

  • MDR

    C’est quand même drôle avouez qu’un post sur la Cé se transforme en débat sur le programme de l’UNEF. Ca démonttre bien la vacuité totale de leur programme -à part cracher sur l’UNEF, justement!!!

  • Eve

    personne n’a dit que le bac était un système égalitaire, en revanche, tout le monde a dit, démontré et prouvé, que c’était le moment où les inégalités sociales étaient les moins fortes. De toute façon il ne s’agit pas de "supprimer le concours pour recruter uniquement sur les résultats du bac" mais de faire en sorte qu’une bonne terminale soit la meilleure "prépa" au concours de sciences po…

  • Bachelière dubitative

    Donc tu es pour la suppression du concours, et pour un recrutement uniquement sur la base du bac ?
    Donc un recrutement uniquement sur la base du bac, et pas du tout diversifié ?

    Pourtant c’est bien connu, le bac n’est pas un système égalitaire… tu te mors la queue… c’est bien dommage.

  • Louisa

    Diversifié oui c’est déjà un progrès. Quelle différence avec le bac? le but c’est bien qu’il y en ait le moins possible, pour éviter au maximum les biais sociaux… Plus sciences po se donnera les moyens d’accueillir un maximum d’étudiants, plus nous serons heureux! L’accès au savoir et à une formation de qualité ne doit pas rester le privilège d’une élite de 7 000 personnes

  • Bachelière heureuse

    Mais alors Louisa, quel intérêt du concours par rapport au bac ? Pourquoi ne pas sélectionner uniquement sur les notes du bac ?

    Le recrutement actuel (diversifié) est sans doute le moins pire… non ?

  • Louisa

    Marion juste une question comme ça, au nom de quoi devrait-on faire preuve de motivation pour préparer le concours? Si ton idée est gratuité pour les boursiers, alors ça doit être le cas pour tous les boursiers! Car que se passe-t-il si sciences po estime qu’une telle personne, boursière, et donc pas en mesure de se payer une quelconque prépa, n’est pas assez motivée pour accéder à la prépa en ligne? Et oui tu as deviné! la personne ne pourra pas préparer le concours! Eh bien non ce n’est pas proche de nos revendications…

    Question n°2 : si le concours est gratuit pour tous, que son contenu est proche du bac et donc ne recquière aucune prépa, et qu’en plus sa date ne permet pas de passer par une prépa, que se passe-t-il? On obtient un concours beaucoup moins socialement discriminant!

  • Marion

    Mmh… On est d’accord sur les symptômes mais pas sur les remèdes.
    Avancer le concours selon moi n’arrangera rien, du moins pas quelques jours après le bac.

    Une idée comme ça : pourquoi ne pas négocier avec Sciences PO que soit gratuite la prépa en ligne qu’il propose,aux étudiants boursiers, sur lettre de motivation?

    Ca me semble déjà plus proche de vos revendications mais bon.

  • Eve

    cher et courageus(e) "!" l’UNEF Sciences Po n’a jamais prétendu apporter la solution parfaite pour supprimer totalement l’ensemble des biais sociaux dans l’éducation nationale française.
    Néanmoins les prépas d’été, que tu sembles considérer comme un facteur d’égalité des chances permettant de remédier à l’hétérogénéité des lycées, sont extrêmement discriminantes pour plsieurs raisons:
    – leur coût
    – leur coût d’opportunité (eh oui, il y a des étudiants qui ont besoin de travailler pendant l’été)
    – leur relative confidentialité (eh oui, moi qui n’ai personne de ma famille ou de mon entourage à Sciences Po, je n’en avait JAMAIS entendu parler, et ce n’était pas faute de recherche sur le concours de sciences po).

  • !

    Et moi..pauvre provinciale issue d’un lycée à l’enseignement de qualité contestable, je n’aurais eu ainsi aucune chance face aux étudiants des grands lycées parisiens.
    Vive l’UNEF, qui défend l’égalité des chances !

  • L

    "Le déplacement de la date du concours pose beaucoup de questions car les prépas d’été sont plus hétérogènes socialement que les prépas d’hiver et de printemps qui bénéficieraient d’un déplacement du concours en juin."

    J’aimerais bien savoir d’où tu sors ça.
    Quand on prend position sur des sujets aussi graves et importants que le concours d’entrée, on prend la peine de faire des recherches.

    D’une : je ne fais absolument pas confiance à ce que tu racontes.
    De deux : la prépa d’été, intensive, sur cinq semaines, et juste avant le concours, donne un bien plus grand avantage à ceux qui l’ont fait que les prépas d’hiver ou d’automne. A comparer l’incomparable, on finit par raconter l’indéfendable.