Vie du campus

Le WER : Week-End de Ravages ou l’escapade culturellement arrosée des étudiants de Sciences Po

Nous partîmes sciences-pistes; mais par un prompt renfort,
Nous nous vîmes Satan en arrivant au port.

Départ 19h30, vrai départ 20h30. Un long voyage s’annonce, l’alcool (ne) coule (pas) à flots, on chante la vie, on danse la vie, on n’est qu’amour. Dans le car, un combat avant/arrière s’engage dans une ambiance bon enfant. L’arrière sort vainqueur par forfait relatif. Certains sont malades et réalisent de splendides créations artistiques naturelles. Les hommes ont des fêlures. Les femmes aussi. Certains s’endorment quand d’autres continuent à chanter. Après quelques 14 heures de voyage, le car marque son ultime arrêt, nous déposant en plein centre de Barcelone. Grosse inspiration, on se remplit de vitamines D et de gaz carbonique, et la troupe s’ébranle. Pas de douche, on est nature ou alors on fait avec les moyens du bar.

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La première journée est placée sous l’égide de la culture, malgré les quelques égarements de la nuit passée et le manque de sommeil: direction Parc Guell, parce qu’on aime les panoramas et que celui-là est magnifique. Ca y est, Sciences Po a envahi la ciudad, on les repère à des kilomètres, ces élites improvisées qui gueulent des chants païens : le tourisme sciences-piste présente, il est vrai, quelques originalités.

Prochaine étape: Fondation dédiée à l’art moderne. Celle d’Antoni Tàpies, ce génie artistique, ce pionnier de l’art catalan, ce héros des temps modernes!!! Mais qui est-il vraiment? Nous n’avons pas voulu en savoir plus, l’argent se faisant rare. On me glisse à l’oreille qu’il était peintre et sculpteur, proche du mouvement dadaïste et surréaliste, inspiré par Miro. Une espèce d’avant-gardiste de l’Arte Povera.
Peu importe, notre tourisme dépasse de loin celui du quidam au nez constamment rivé sur le Guide Michelin ou son appareil photo. La culture ne se prémâche pas, on se l’approprie à coups de Mojitos bien sucréés, de balades ensoleillées et de danses effrénées. Et c’est donc ce qu’on a fait, dès ce premier jour et ce premier soir. Désespérément en quête d’un petit bar à tapas typique, point d’orgue de la légende barcelonaise, nous nous sommes en fait retrouvés dans un restaurant pour touristes, dépités. Ce qui ne nous a pas empêchés de nous gaver de patatas bravas, truita espanola, jamon iberico et j’en passe ; le tout arrosé, bien sûr, de sangria pour égayer l’atmosphère.

La soirée se poursuit au bar de chupitos ! Mené par une équipe parfaitement organisée et enthousiaste, on s’émerveille devant les choix de shots, des Colon (douceâtres) aux Monica Lewinsky (le nom est évocateur) en passant par autres LSD et Orgasmo. Les rues de Barcelone regorgent vite de sciences pistes, heureux, qui chantent beaucoup de cumpleanos felix, qui hurlent, qui remplissent les bars et les boites…

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Et pouf ! D’un coup, c’est le lendemain matin. On se disperse à nouveau dans les rues de la ville espagnole, émerveillés par les trésors dont elle regorge et les surprises qu’elle offre constamment. On en oublie la semaine à venir, qui, très probablement, sera dure. Le soleil nous fait rêver à d’autres saisons. Et finalement, le musée Picasso nous donne de quoi justifier notre présence. Imbibés de culture espagnole, plongés au cœur de manifestations carnavalesques au charme pittoresque, nous finissons cette journée tranquille au pub, pour jouer aux cartes et au billard en buvant de la bière. Cheers !

Les célèbres « muñecas » espagnoles.

Enfin, on se dirige vers le Catwalk pour une soirée haute en couleurs. On y voit des poupées décolorées se dandiner au rythme de musiques commerciales. Mais l’ambiance est à la fête. Malgré une renommée qui dépasse désormais le petit quartier de Saint-Germain des prés, nous ne parvenons pas à intégrer le carré VIP. Ce n’est que partie remise, assurément.

La dernière journée est marquée par le départ épique des chambres après une nuit inoubliable pour certains, profondément obscure pour d’autres.
Le retour en car se fait dans une ambiance très calme, trop calme. On en avait trop vu et sans doute trop bu, aussi.

Quand nous avons ouvert nos yeux endormis sur les rues de Paris faiblement éclairées par la lueur des lampadaires, nous n’étions plus tout à fait les mêmes… De música, poeta y loco, todos teníamos un poco (« Du fou, du poète et du musicien, nous avions tous un petit brin »)

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