Vie du campus

Interview (II) : La loi sur la réforme des Universités vue par Nouvelle Donne

Alors que les étudiants continuent les manifestations et blocages d’universités, Nouvelle Donne nous donne son point de vue sur la loi Pécresse et le projet de réforme de l’université…

LaPéniche.net: Quelle est la position de Nouvelle Donne par rapport à la loi Pécresse ?

Nouvelle Donne: Nous sommes favorables à la loi Pécresse. La réforme des universités est indispensable et cette loi est une première étape dans la modernisation de l’université française. Étudiants de Sciences Po, nous nous réjouissons de la réforme de la gouvernance des universités car l’autonomie est ce qui a fait la qualité de notre institut. Dans l’intérêt de tous les étudiants, il était nécessaire que l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur s’étende… Il semble que le point le plus contesté dans cette réforme est la possibilité donnée aux universités de faire appel à des financements privés. Encore une fois, si Sciences Po a pu fournir un enseignement de grande qualité, c’est en faisant appel à la coopération avec les entreprises. Alors nous voyons mal les ravages du « grand capital » dénoncés par certains étudiants dans d’autres facultés. D’autant plus qu’il y a une certaine contradiction à réclamer plus d’argent de l’État tout en refusant l’ouverture aux financements privés.

LaPéniche.net: Que pensez-vous des différents mouvements étudiants qui bloquent les universités, et quelles actions envisagez-vous de mener ?

Nouvelle Donne: Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique et à ce titre non considérons que la grève étudiante est un moyen légitime de se faire entendre. Il nous paraît donc normal et partie du débat démocratique que des organisations étudiantes appellent à la grève et à la manifestation. Le cas du blocage est en revanche beaucoup plus grave : il ne s’agit pas d’une action démocratique mais d’une prise en otage par une petite minorité ; c’est inadmissible et Nouvelle Donne est solidaire de tous les étudiants qui trouvent leur fac bloquée alors qu’ils veulent travailler. Néanmoins nous ne craignons pas de blocage à Sciences Po. Nouvelle Donne souhaite que le débat puisse avoir lieu en toute sérénité et a confiance dans la responsabilité de l’ensemble des organisations étudiantes de Sciences Po. Cela dit nous sommes assez consternés de voir certains syndicats étudiants s’élever contre la réforme maintenant alors que des négociations ont déjà eu lieu en bonne intelligence au mois de juillet. La crispation des positions est franchement déplorable après le dialogue constructif de cet été.

LaPéniche.net: Quelles mesures pour vous sont fondamentales pour réformer l’université ?

Nouvelle Donne: nous fondons notre réflexion sur trois grandes idées qui sont sans doute valables pour tout l’enseignement supérieur : l’excellence, le dynamisme et la diversité. Nous croyons en des mesures concrètes telle que sélection à l’entrée du master et non plus entre la M1 et la M2 pour une cohésion dans les formations. En effet, cette sélection entre les deux années du master devient obsolète avec la réforme LMD. Une modernisation du système des bourses s’avère également nécessaire pour des raisons de justice sociale et d’équité ; augmenter le nombre de boursiers doit être un enjeu majeur de la politique sur l’enseignement supérieur lancée par le gouvernement et par Valérie Pécresse. Tout cela nécessite évidemment des financements. Des investissements massifs, privés comme publics, doivent être faits dans l’université et dans la recherche. Les 5 milliards d’euros en 5 ans (dont 1.8 milliards cette année) vont dans ce sens : ils représentent en effet 50% de plus par rapport au budget actuel. Mais d’autres fonds doivent être mobilisés pour moderniser l’université. D’où l’utilité de l’investissement privé, qui n’est nullement une privatisation, car l’État investit quand même plus des trois quarts des fonds, mais une nouvelle forme de mécénat en France. Ainsi l’excellence, qui est un peu la marque de fabrique de la maison, ne peut plus être refusée ni absente de l’université française sous couvert d’un égalitarisme hypocrite qui ne tire personne vers le haut. Le dynamisme, la réforme Pécresse va en ce sens en rationalisant la gouvernance des universités. Les délais de délibération allégés, la propriété immobilière, les prérogatives élargies du président (qui reste néanmoins sous le contrôle étroit du Conseil d’administration) ; tout cela joue en faveur d’une gestion dynamique des établissements concernés et d’une coopération accrue avec le monde du travail.

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