Vie du campus

Docteur Algan… Volume 1

yann.jpgDr Jekyll & Mr Hyde ? Pas tout à fait. En cette semaine de révisions, passée à suer -pour les 1A- devant l’inflation anticipée, l’Open Market et les chocs d’offre, découvrez plutôt l’instigateur de ces joyeusetés, ou sa double facette: Dr Algan et Mister Yann.

C’est un Yann Algan chaleureux qui nous reçoit, lorsqu’essoufflés et transpirants, nous atteignons enfin son bureau du bout du monde, au 4e étage du 28 rue des StPères, pour une petite interview.

L’interview ne sera pas si petite que ça, à tel point que les propos de notre prof’ de macro seront répartis en deux articles.

D’abord, Doc’ Algan : celui que vous connaissez tous, qui joue à guichets fermés en Boutmy, en parlant avec passion du PIB, d’OGDG, d’ISLM, et d' »économistes magnifiques ».

Vous pensiez qu’il était passé par SciencesPo, comme nous ? Que nenni: c’est un universitaire par défaut. S’embrigadant en hypokhâgne BL, il échoue au concours d’entrée à l’ENS.  » Les échecs ont parfois des avantages » renchérit-il. Il suit alors deux formations en parallèle: Philosophie et Economie, jusqu’à un DEA à Paris 1. Il se spécialise, on s’en doute, dans un doctorat d’économie : « une façon amusante de changer le monde sur des problématiques philosophiques, au cœur de la philosophie éthique . Il prépare sa thèse à l’Ecole d’Economie de Paris (qui réunit l’EHESS, Normale Sup’, et Paris 1). Mais le Doc’ est à l’économie ce que Dr House est à la médecine: un hétérodoxe. Loin des aspects financiers de l’économie, sa thèse porte sur la relation entre inégalités et coopération, au sein des entreprises et de la société, et l’influence sur la croissance économique. Après une année en post-doctorat à San Diego, il devient Maître de conf’ à la Sorbonne, passe son agrégation à 28 ans, devenant directement professeur à Paris-Est, tout en enseignant et continuant la recherche à l’Ecole d’Economie. 1 an au MIT, 1 an à Harvard, et Dr Algan arrive à SciencesPo, pour succéder à D. Strauss-Kahn, parti vers d’autres horizons FMIstes.

A ce titre selon Dr Algan, le « génie de Descoings » aura été, incontestablement, d’embaucher des jeunes chercheurs- E. Wasmer et lui entre-autres-, qui enrichissent les cours avec leurs travaux de recherche. A terme justement, le département d’économie ambitionne de doubler ses effectifs ainsi que de recruter des pointures internationales telles que J.M Robin, éditeur associé d’Econométrica. Sciences-Po se place déjà dans la même perspective que la LSE. En tout cas, pour le docteur Algan c’est clair: la recherche en économie à Sciences-Po se situe à un niveau supérieur aux écoles de commerce. Quantitativement, elles ont le dessus avec leur centaine de chercheurs contre la dizaine du 28 rue des Saints-Pères. Mais qualitativement, la donne change. En effet, la recherche à Sciences-Po ne se cantonne pas qu’à l’économie « classique »; elle cherche à intégrer l’aspect social de la discipline pour pouvoir évaluer les politiques publiques. Ensuite, la productivité des 10 de la rue des Saints-Pères majore celles des chercheurs de la Paris School of Economics, de la Toulouse School of Economics ou encore d’HEC. Ce qui l’a séduit à SciencesPo ? : la volonté de Richard Descoings, « prêt à soulever des montagnes » pour re-développer la recherche de pointe en engageant des jeunes chercheurs ; la qualité du corps professoral et des enseignements, qui marient aussi bien l’économie que l’histoire ou la politique, ces problématiques transdisciplinaires qui permettent de comprendre la Société. Et enfin, les étudiants ne sont pas en reste, puisque nous sommes, je cite, « géniaux » (comparativement à Harvard (sic !)), et marions la « grande intellectualité » et le « côté entrepreneurial », cette volonté cruciale de « marquer la Société civile » avec les associations et divers projets créatifs. C’est la « marque de fabrique » de Sciences-Po, et elle a incontestablement séduit l’homme en Vespa rose.

Malgré cette pluie de compliments, Dr Algan a des ambitions pour l’école, qui s’articulent autour de deux axes : tout d’abord, continuer à développer la recherche de pointe du département d’économie de SciencesPo, en utilisant le récemment créé Medialab. 2e axe : que cette recherche enrichisse un enseignement de pointe permettant un compromis intéressant entre recherche et cours. C’est-à-dire, former au mieux les étudiants dans l’évaluation des politiques publiques. D’où la récente création d’un Master Recherche intitulé « Economics & Public Policy ». But : former des économistes spécialisés -car ils seront forcément amenés, à terme, à occuper des postes à responsabilité-. Il s’agit donc de marier le caractère pluridisciplinaire de SciencesPo au bagage qualitatif de Polytechnique (méthodes d’évaluation économique). Ce qui permettra d’intervenir sur la scène internationale en portant haut la recherche française.

Malgré tout, il n’exclut pas de quitter un jour Sciences-Po, car il est nécessaire de « confronter les idées neuves ». Pour aller où ? « Boston ou Harvard », en raison des liens forts qu’il entretient avec ces deux prestigieuses universités –continuant ainsi à travailler en étroite collaboration avec des « stars » telles Andrei Shleifer, et s’y rendant régulièrement-. Mais le départ ne serait peut-être que provisoire. Docteur Algan va déjà vers d’autres horizons : S’il a reçu en 2009 le prix du jeune économiste, il est aussi pionnier, avec P.Cahuc, dans les études sur le rôle de la confiance dans les comportements économiques : il a décroché une bourse européenne pour son projet TRUST, visant à déterminer comment les politiques publiques et de management peuvent raffermir les normes de coopération, et jauger de la crédibilité de ces politiques. Il se concentre d’abord sur l’établissement de protocoles expérimentaux répondant à la logique de contrefactuel. Ensuite, pour mesurer au mieux la confiance, Dr Algan utilise l’outil Médialab*. Il s’agit de prendre le pouls de la société: le cyberspace diffuse en temps réel des milliers d’informations sur les groupes sociaux.

(La suite dans le prochain épisode (bien moins sérieux….et bien plus surprenant !). Découvrez Mister Yann!

  • Médialab : observatoire des attitudes économiques et sociales sur le Web, très lié au Berkman Center de Harvard. But ultime : acquérir une portée internationale.

Interview & article réalisés avec Romain H.

Photo : LeMonde

5 Comments

  • kicher

    yop

    je suis a la recherhche de cherche vespa depuis quelques temps et j’ai trouvé ca pour ceux que ca intrigue allez dans la section <a href= »http://www.kicherchekoi.com/cherche…« >cherche vespa</a>, c’est vraiment pas mal meme si vous recherchez autre chose que cherche vespa, ya aussi pour chercher des des copines et pas mal d’autre affaires encore hehe enfin quoi qu’il en soit au moins pour une fois c’est pas uniquement des gens qui cherche a vendre mais des gens qui cherchent, original 🙂

  • Economiste, un autre

    On invite Yann Algan et Richard Descoings à prendre connaissance du dernier classement paru des équipes de recherche en éco-gestion en France. Sciences-Po se classe glorieusement… 32ème, derrière l’INSEAD, HEC, l’ESSEC, l’EDHEC, ESC Toulouse, ESCP, Grenoble EM et un nombre encore plus grand de fac d’éco-gestion (Paris I, Dauphine, etc). Alors, arrêtez de parler de la LSE, c’est totalement ridicule quand on est derrière l’ESC Toulouse et la fac de Clermont I.
    Voir « Research in economics and management in France : A bibliometric study using the h-index », The Journal of Socio Economics, Jean-Michel Courtault, Naila Hayek, Eric Rimbaux, Tong Zhu (2010).

  • Economiste de passage

    « la recherche en économie à Sciences-Po se situe à un niveau supérieur aux écoles de commerce »… »la productivité des 10 de la rue des Saints-Pères majore (sic) celles des chercheurs de la Paris School of Economics, de la Toulouse School of Economics ou encore d’HEC. »
    On aimerait que l’économiste Algan montre un peu ses capacités d’évaluation en démontrant ces affirmations qui ne sont, en l’état, que des forfanteries.

  • wqsp

    Remarque formelle : lorsque l’on utilise des tirets, il ne faut pas les fermer lorsqu’un point arrive. On a donc : « Pour aller où ? « Boston ou Harvard », en raison des liens forts qu’il entretient avec ces deux prestigieuses universités – continuant ainsi à travailler en étroite collaboration avec des « stars » telles Andrei Shleifer, et s’y rendant régulièrement. »

    Article très intéressant par ailleurs.

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