Cinéma

De l’intérêt de Green Zone : Action oui, enquête non.

 Des marines débarquent en Irak, et réalisent qu’ils sont aiguillonnés sur une fausse piste, celle de la présence d’ADM…

Mercredi 14 avril, séance de 15h20 au Gaumont Parnasse. Pour aller voir dès le jour de sortie : Green Zone, le nouveau film de Paul Greengrass (La Mort dans la peau, la Mémoire dans la Peau) avec dans le rôle principal, Matt Damon (…devinez : La Mort dans la Peau, la Mémoire dans la Peau). Bon. On peut légitimement se demander si on ne retrouvera pas grosso modo la même chose ? : C’est-à-dire un bon film d’action, certes efficace, mais pas spécialement réfléchi. Or Green Zone est tiré du livre du même nom, de Rajiv Chandrasekaran : un récit passionnant (dixit mon professeur de géopolitique) fait par ce journaliste entre 2003 et 2005, lorsqu’il se trouvait au sein de la « Zone Verte », le périmètre hautement sécurisé de Bagdad. On a bon espoir.

Mais le film s’ouvre quant à lui sur des bombardements. Des explosions, du feu, du bruit, et cette façon de filmer caractéristique de Greengrass, c’est-à-dire un peu « nerveuse », comme dirait mon amie-voisine au cinéma. Sur le coup, on est quand même soufflé. Par la violence des déflagrations, par les morts qui défilent à une vitesse soutenue. Puis ces bombardements, coups de feu, etc. se poursuivent tout au long du film, dont une scène de course-poursuite particulièrement pénible, dans laquelle Matt Damon suit l’ex Général de Saddam Hussein dans un dédale de ruelles sombres, sous les tirs des hélicoptères et les grenades. Cela donne un peu mal à la tête. Mais Greengrass y place quand même la question des ADM (Armes de Destruction Massive), centrale dans le film : les soldats sont manipulés, tout comme l’opinion publique. Ce qu’on peut déplorer, c’est que finalement, l’investigation ne tienne qu’un rôle secondaire dans le film. On aurait pu espérer une investigation plus approfondie, qui ne se limite pas simplement à Matt Damon et à un agent de la CIA incompris (regardez le film, pour comprendre). On peut aussi déplorer le manque certain de profondeur des dialogues, lorsque par exemple, la seule réponse d’un haut dignitaire de Washington à la non moins profonde question de Damon « Ils étaient au courant, à Washington ? » est : « Peu importe, on a gagné ». Bon.

Donc, ce qu’il peut manquer, c’est une vraie prise de position, un parti pris de la part du réalisateur. Certes, on réalise l’incompétence de la journaliste qui ne vérifie pas ses sources, et le film se termine sur un mail dénonciateur de Damon. Mais il n’y a pas de critique clairement formulée de la politique menée par le gouvernement américain. Cette vision est peut-être un peu franco-française ; mais elle a en tout cas été partagée par de nombreux critiques.

En bref, si vous voulez un beau Matt Damon, un vrai film d’action, un divertissement (un peu sanglant) réussi et vraiment efficace, courez-y. Pas si vous voulez une enquête poussée sur les opacités de la Guerre en Irak

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