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« Backside/Dos à la mode » : le dos sous toutes les coutures au Musée Bourdelle

Le Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, présente « Back Side », une exposition hors les murs au musée Bourdelle, consacrée au vêtement vu de dos du XVIIIe siècle à nos jours.

Dans le splendide atelier du sculpteur Antoine Bourdelle, l’exposition fait dialoguer les œuvres de l’artiste avec des pièces confectionnées par les plus grands couturiers qui ont utilisé et magnifié le dos féminin. Vous ne serez pas déçus par la richesse artistique, sociologique et culturelle que le thème du dos, à priori improbable, déploie.

Faites dès maintenant un pas de retrait pour observer la mode de derrière !

Selon les ostéopathes, le dos est la partie la plus fragile de notre corps. Il est souvent oublié voire méprisé.

Sur un mur dans une petite salle du musée est projetée avec humour une série d’expressions relatives au dos. On remarque que toutes ces expressions (les françaises en particulier …) expriment un message négatif. Mettons des guillemets pour rester courtois :  « J’en ai plein le dos ! Tu fais ça dans mon dos ! Il est toujours sur mon dos, etc… ».  Et l’exposition semble dire qu’aujourd’hui plus que jamais, à l’heure des vils selfies et des couvertures de magazines qui représentent toujours notre côté face, notre dos mal-aimé est éclipsé.

Cette injustice est surtout un syndrome occidental. L’exposition montre des vêtements de créateurs japonais qui ont développé une vision complètement différente du dos féminin. Selon nos amis nippons, il symboliserait la quintessence de la sensualité.  

Yamamoto avait déclaré qu’il aimait suivre les femmes dans la rue (youpi) car il pouvait reconnaitre une belle femme uniquement grâce à l’allure de son dos. L’artiste décrit sa manière de créer les vêtements :  « Je commence par le dos, après je travaille sur l’épaule et je descends. La ligne du dos et le tour de l’épaule déterminent l’ensemble, comme un rythme à trois temps en musique. Si cet équilibre n’est pas bon, le reste ne suit pas. »

Les femmes occidentales auraient, de tous temps, eu tendance à décolleter leur buste pour paraitre plus attirantes (contrairement aux Japonaises qui, avec le kimono, soulignaient leur silhouette par l’arrière). L’exposition nous montre une longue série de robes qui dévoilent de surprenants décolletés, mais du côté verso !

Vous découvrirez la mythique robe que Mireille Darc porta dans Le grand blond avec une chaussure noire.  Ci-joint la scène culte (https://www.youtube.com/watch?v=ujn1N6GWJoU). (à noter que Pierre Richard n’avait pas été prévenu de la petite surprise de Mireille ).  

Mireille Darc explique le choix de cette robe :  «Il y a huit jours de tournage pour l’actrice, pour mon rôle. Et je me dis, ‘C’est pas beaucoup. Comment on va pouvoir se souvenir de moi ?’. Je me dis, il va falloir que je me trouve quelque chose de formidable. Il n’y a pas à cette époque de costumières. Donc je vais chez Guy Laroche, qui est mon copain, et je lui dis : « On essaye de trouver une robe ». » Gros silence sur le plateau au début. Le metteur en scène décidera ensuite de réécrire le scénario du film autour de cette scène.

Le dos, zone charnelle et symbolique, représente la sensualité mais aussi le fardeau et l’entrave.  Toute l’exposition offre une réflexion sur le vêtement comme outil de répression sur le corps de la femme. Le corset, aboli par Paul Poiret en 1906, en est un parfait exemple. Avant cette date libératrice, la femme ne pouvait s’habiller seule. Ainsi, tous les matins, pour bien débuter la journée, une autre personne devait l’aider pour nouer le bien-aimé corset dans son dos. Jean Paul Gaultier, traumatisé par les corsets de sa grand-mère qui devait retenir sa respiration toute la journée pour ne pas exploser, en fera sa marque de fabrique.

Le dos, enfin, comme outil politique. Depuis les années 80, avec l’avènement du prêt-à-porter, le dos est surtout utilisé dans la mode comme supportpour délivrer des messages, pour se différencier par l’affichage de marques. L’écriture vient s’imprimer sur le vêtement.

Mais Watch your back ! Sachez que vous êtes responsables de ce que vous portez. Mélania Trump en a récemment fait les frais. L’exposition montre une veste qu’elle a porté lorsqu’elle s’est rendue dans un camp mexicain, près de la frontière, afin de racheter une petite gaucherie de l’ami Donald. Elle pensait bien faire en s’habillant en Zara. Oui mais… Sur le dos de la veste, il y avait écrit en lettres capitales « I don’t really care » ! Fortiche Melie.

            « Back Side », une exposition extrêmement riche, qui permet d’explorer la mode à travers un thème original, le dos. Les robes exposées, de vraies œuvres d’art, dialoguent avec les nus de Bourdelle qui figurent en arrière-plan.

Un savant mélange à admirer jusqu’au 17 Novembre !

  • Jusqu’au 17 novembre 2019.
  • Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
  • 18 rue Antoine Bourdelle, dans le 15ème arrondissement
  • Gratuit pour la collection permanente
  • Pour l’exposition « Back Side« 
    • -8 euros pour les moins de 26 ans
    • -10 euros pour la visite guidée (CONSEIL : la visite guidée est absolument géniale, drôle et captivante. Uniquement le week-end).

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