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À sa Sérénissime Majesté.

Vendredi 29 AVRIL.

Au printemps, enfin, quand le grand aigle daigna descendre de son nid,

Ce ne fut pas pour rigoler. (Car en ce temps nous rigolions particulièrement)

De son palais, il se fait porter sur sa litière, jusqu’au plateau argenté.

“Ne m’appelez plus Monsieur l’Aigle, appelez moi Monsieur le Candidat-Aigle”.  lançait-il à la foule des souris qui se pressaient pour caresser les plumes au bout de ses ailes.

Sur le plateau argenté, les animaux avaient convié sa majesté. 
Et pour la formalité, une hyène, sûrement plus futée que les autres. 

Se retenant de pleurer à la vue de sa majesté l’Aigle, 

Les souris toutes contentes se précipitèrent devant leur poste de télévision.

“Bonsoir” répond son animalissime splendeur aux deux journalistes.

Ca y est, il avait parlé. C’était fabuleux.  Magnifique. 

A en pleurer.

Si les journalisteas avaient eu quelconque talent littéraire, ils auraient tiré les plus beaux poèmes de cette expérience : lorsque l’aigle parlait, c’était tout l’univers qui acquiescait. 

A peine la discussion amorcée, le premier stratège du Royaume se retint de dire : « Écoutez Mme La Hyène, vous n’êtes pas bien futée :  ridiculisez-vous, puis laissez moi gagner.”

Fort heureusement, il ne parla pas, car une seconde plus tard, la hyène, qui avait bien fermé sa gueule jusque là, laissa entrevoir fièrement ses blanches dents. “Votre bilan est désastreux…

La hyène n’eut pas le temps de parler que l’Aigle lançât “et votre amis l’Ours?”

La hyène, qui était digne, mais pas au point de parler à un aigle, rougit.

L’Aigle renchérit : “Vous savez, quand l’on garde ses sous chez les Ours, on n’aspire pas à être l’ami des souris”.

La hyène prit une teinte verdâtre, assommée par la transcendance de la vérité que l’aigle venait d’asséner…

Ne pensez pas qu’il suffise d’être bien conseillé pour gagner une joute verbale, car une hyène – même sous anabolisant – ne peut en aucun cas se mesurer à l’animal volant 

Anonyme.