Auteur : Max Cocard
Crédits photos : L’illustration (Archives) – Sciences Po en 1935.
Intégrer Sciences Po peut devenir une formidable aventure, d’autant plus lorsque celle-ci se nourrit et contribue à la riche communauté que forment ensemble étudiants, professeurs, et personnel de l’école. Ainsi, toute rencontre mérite le détour, toute conférence d’être écoutée et toute expérience d’être vécue pleinement. S’engager en dehors des cours (pour ceux qui le peuvent) contribue à rendre notre école unique – à faire Sciences Po.
La vibrante vie associative offre une première dose d’intégration, d’engagement et d’expériences enrichissantes. Avec joie, énergie et cette fougue que permet la jeunesse, les étudiants se lancent à vive allure dans le tourbillon des combats et des événements qui leurs tiennent tant à cœur. Passionné de discours, SPK n’attend que toi. Écolo né, SPE te tend les bras. Fanatique de sport, l’AS existe pour toi. Point bonus : pas besoin d’être membre pour participer et profiter pleinement.
Et si malgré les 300 associations existantes, tous campus confondus, tu ne trouves toujours pas chaussure à ton pied, alors rassure-toi parce que les initiatives étudiantes existent. Comme leur nom le suggère, elles permettent à tous les étudiants de lancer leur propre mouvement afin d’organiser des événements et de mettre de nouvelles luttes à l’agenda. Les créations, un jour, de Sciences Raclette ou encore Sciences Roulades par les plus farfelus des sciences pistes, nous rappellent qu’une université peut devenir bien plus qu’un simple lieu d’étude.
Les associations, en dépassant la simple scolarité, s’intègrent dans le temps long et contribuent grandement à former des amitiés et souvenirs à vie, ainsi qu’à créer du lien entre alumnis et nouvelles générations d’étudiants. S’impliquer, c’est prendre de son temps et énergie afin de donner vie à l’école. Peu importe votre parcours, participer pleinement à la vie associative contribuera forcément à une intégration réussie.
Alors, n’attendez plus ! Engagez-vous ! Agissez ! Apprenez en essayant ! Faites Sciences Po !
Vous l’attendiez avec impatience : en cette rentrée, La Péniche, journal des étudiant.e.s de Sciences Po, reprend du service avec un enthousiasme débordant, prête à embarquer pour une nouvelle année riche en découvertes et en partage.
Le port est ouvert à tous ceux qui souhaitent contribuer à cette aventure éditoriale, et voguer avec nous à plus de vingt mille lieues sur les mers. Ensemble, nous explorerons tous les horizons et océans de l’actualité.
Rédacteurs, nous attendons sur le pont vos articles sur la vie étudiante, vos critiques d’art, vos enquêtes en eaux troubles, mais aussi vos tribunes engagées et autres éclats de voix, mais surtout de plume;
Dessinateurs, les portes vous sont également ouvertes si vous voulez vous essayer à l’art subtil de la caricature et de l’illustration;
Écrivains en herbe, vous trouverez dans nos colonnes un espace de publication bienveillant pour vos billets littéraires, poèmes, et autres créations.
Photographes enfin, nous sommes en quête de vos talents pour illustrer nos mots.
Que vous souhaitiez vous investir un peu, beaucoup, ou à la folie, c’est avec joie que nous lirons ce que vous avez à nous proposer. Marins aguerris ou novices de la plume, soyez assurés que chacun trouvera sa place à bord de La Péniche.
Pour nos camarades anglophones, pas de panique, les eaux sur lesquelles naviguent La Péniche sont internationales : en français ou en anglais, n’ayez pas peur de vous exprimer. Ici à la rédaction, la langue ne saurait devenir obstacle, mais plutôt terrain de jeu expérimental servant à la diffusion de connaissances et d’idées.
Mais l’écriture n’est pas qu’un jeu solitaire : régulièrement, nous aurons l’occasion de nous rencontrer pour échanger, lors de nos conférences de rédactions ou de nos afterworks pour une ambiance plus festive. Nous vous attendons également pour débattre à l’occasion du Grand Oral, rendez-vous immanquable de la vie étudiante qui accueille des personnalités au cœur de l’actualité afin d’échanger.
Pour nous lire : rien de plus simple, suivez ce lien (et oui puisqu’il faut être absolument modernes, nous ne nous embarassons pas d’une version papier).
Alors, dès que le vent soufflera, soyez prêts à prendre le large avec nous, car l’horizon s’étend à perte de vue, et les voiles de La Péniche n’attendent que vos mots pour se gonfler. Bon vent à toutes et à tous!
Vos rédacteur.ice.s en chef, Chloé Auffray et Liam Piorowicz
Illustration : Alysse Verron
Ahoy!
You’ve been eagerly awaiting it: La Péniche, Sciences Po’s student newspaper, is back with overflowing enthusiasm, ready to embark on a new year filled with discoveries and sharing.
The harbor is open to all who wish to contribute to this editorial adventure and sail with us over twenty thousand leagues on the seas. Together, we will explore all the horizons and oceans of current events.
Writers, we’re waiting for your articles on student life, art critiques, investigations in murky waters, but also your engaged op-eds and other bursts of voice, but above all, of pen;
Illustrators, the doors are also open to you if you want to try your hand at the subtle art of caricature and illustration;
Budding authors, you will find in our columns a welcoming space for your literary pieces, poems, and other creations.
Photographers, we are on the lookout for your talents to illustrate our words.
Whether you want to get involved a little, a lot, or passionately, we will joyfully read what you have to offer. Seasoned sailors or novice writers, rest assured that everyone will find their place aboard La Péniche.
To our fellow international students, have no fear, for the troubled waters on which La Péniche is sailing are international : in English or in French, don’t be afraid to express yourself. Here at La Péniche, language is not an obstacle, but rather a playground for the dissemination of knowledge and ideas.
But writing is not just a solitary game: we will often have the opportunity to meet and exchange ideas at our editorial meetings or afterwork events in a more festive atmosphere. We also look forward to welcoming you to our Grand Oral debates, an unmissable event in student life that hosts prominent personalities at the heart of current affairs for discussions.
To read us: nothing could be simpler, follow this link (yes, because we must absolutely be modern, we don’t bother with a print version).
So, as soon as the wind blows, be ready to set sail with us, because the horizon stretches endlessly, and La Péniche’s sails are waiting for your words to billow. Fair winds to one and all!
Your editors-in-chief, Chloé Auffray and Liam Piorowicz
Illustration: Alysse Verron
]]>Non pas ça non, pas maintenant.
Tut tut tut tut tut tut tut tut tut.
Pitié, non, non, non.
Tut tut tut tut tut tut tut tut tut.
Faites que ça s’arrête.
Tut tut tut tut tut tut tut tut tut.
Ok. J’ai perdu, c’est toi le plus fort. »
Pour la première fois de l’année, j’ai perdu ma bataille contre le réveil. Et je la perdrai les deux cent dix jours qui suivront : jamais il ne s’arrêtera avant que je ne sois levée. Mais le réveil n’est qu’un piètre obstacle face à ce qui m’attend cette année, seulement ça, je ne le sais pas encore, et ce matin mon combat contre le réveil m’apparait comme le combat de toute une vie. Toutes les méthodes sont bonnes pour le pousser à renoncer avant moi : calfeutrage de mes oreilles sous la couette, concentration sur mon rêve qui s’évapore progressivement, coup de pied pour envoyer cet objet tout droit sorti de l’enfer dans le placard. Mais rien n’y fait, le réveil persévère, et plus les minutes passent, plus je sens la victoire s’éloigner : mon cerveau sort de la brume, mes yeux clignotent, ma bouche est sèche.
Alors, dignement, je renonce et je m’avoue vaincue : j’ouvre les yeux.
Et finalement ce matin, c’est soulagée que je m’extirpe du sommeil, parce que me réveiller m’évite de connaitre la fin de mon rêve qui, jusqu’à la sonnerie du réveil, ne faisait qu’empirer. A l’instant qui précède le déchirement de ma boite crânienne par la sonnerie, je suis nue sur un cheval devant la porte d’entrée de l’université, entourée de tous les autres étudiants qui se plient en deux de rire. Avant ça, j’avais remonté les Champs Elysées, dans la même tenue, sur le même cheval (précédemment volé à la garde nationale), et le tout en chantant la fameuse chanson de Joe Dassin : « Aux Chaaaamps Elysééees ». Je vois difficilement comment j’aurais pu me sortir de cette situation avec grâce et dignité, il n’est donc pas si grave que le marteau-piqueur qui me sert de réveil m’ait sortie de cette impasse.
Mais le répit est de courte durée, déjà une boule se forme dans mon ventre : c’est comme si mon intestin avait décidé d’apprendre à faire des scoubidous. Sans y croire, je passe aux toilettes pour vérifier que ce ne soit pas le combo riz-pomme de terre-pruneaux de la veille qui passe mal, mais non, rien n’y fait, les scoubidous restent bien noués. Comme le transit ne semble pas être en cause, je décide de donner une chance à la méditation qu’Instagram m’a vendu comme LA solution face au stress. Je m’assoie par terre, je lance une séance, mais au bout de deux minutes, je me retrouve à hurler sur mon téléphone : « Mais t’es con ou quoi, si je savais vider ma tête j’aurais pas besoin de toi ! Et puis d’où tu me donnes des conseils, c’est pas toi qui dans une heure va te retrouver comme une idiote nue dans un amphi avec quatre cents inconnus ! Donc viens pas me donner des leçons alors que ton seul problème c’est de savoir si t’auras encore de la batterie à la fin de la journée ! ».
Visiblement, mon cas est plus grave que ce que je pensais, une petite séance de méditation ne pourra rien y faire.
Je décide de changer de tactique pour terrasser mon adversaire et j’appelle une amie, ma mère, mon père, ma sœur, mon frère, le Président de la République, ma voyante, mais soit ils ne répondent pas, soit ils me prodiguent des conseils plus mauvais les uns que les autres.
« Respire, ça va aller ! », bien sûr que je respire sinon je serais raide morte et pas au téléphone avec toi, banane.
« C’est normal de stresser à la rentrée mais tu es à ta place autant que les autres. », je le sais ça merci, Parcoursup me l’a déjà dit.
« Dis-toi que quand tu seras présidente ta rentrée sera bien pire. », merci Monsieur le Président mais ce qui m’intéresse c’est ma rentrée aujourd’hui et pas dans trente ans (vingt si je me débrouille bien).
Bref, je ne sais pas si c’est eux qui sont incapables de me rassurer ou moi de les écouter mais ça ne fonctionne pas, je dois m’en remettre à moi-même.
Me vient alors une dernière idée : ignorer complètement mon nœud dans le ventre, comme quand un enfant m’embête : si je lui fais croire qu’il ne me dérange pas, qu’il n’existe pas à mes yeux, il finit par se lasser et va embêter quelqu’un d’autre. Je m’affaire donc à me préparer pour faire croire au nœud que j’ai bien d’autres centres d’intérêt que lui, qu’il ne m’embête pas du tout et qu’il ferait mieux de se trouver un autre ventre à torturer. Mais visiblement, le nœud se moque royalement d’avoir mon attention ou pas, il ne s’occupe que d’accomplir rigoureusement son travail de nœud. Peut-être les nœuds de ventre ont-ils mal négocié leurs conditions de travail et n’ont pas le droit de prendre des pauses sans risquer le licenciement ?
Alors que mon esprit s’égare sur la possible syndicalisation des nœuds de ventre, mon téléphone me rappelle que je dois partir immédiatement, sinon je n’aurai plus à m’inquiéter de cette rentrée puisque je l’aurai ratée. J’attrape mes affaires, je saute dans mes chaussures, je passe le pas de la porte, et au moment de la claquer… BAM. Je me prends un coup de massue en pleine tête. Ce n’est pas mon nouveau voisin qui essaie de se débarrasser de moi, non, c’est ma mémoire qui prend un malin plaisir à me rappeler au dernier moment que cette année ma rentrée est « en distanciel », et que mon premier cours sur le campus n’est que demain. Je n’ai plus qu’à retourner au fond de mon lit, avec mon ordi, mon compte Zoom et mon nœud, qui a décidé de s’installer au fond de mon ventre pour un petit moment.
Illustration : Sara-Luna Attali
]]>Sous le soleil parisien, profitant de leurs derniers jours de vacances, les élèves ont tout d’abord écouté Monsieur Duhamel dresser un tableau relativement noir du contexte international de la rentrée 2020. Nouvelle décennie, pleine de promesses au 1er janvier, l’année 2020 s’est avérée être une année d’intenses bouleversements. Face à ceux qui manquent de chance, au Liban, en Biélorussie, en Russie, en Côte-d’Ivoire, nous sommes « chanceux.ses » d’habiter l’Union européenne, d’avoir été accepté.es à Sciences Po, et devons en avoir conscience. Mais la malchance nous rattrape aussi. Un monde violent, injuste, menacé, marqué par le racisme, l’individualisme et la défiance résume à peu près ce à quoi les étudiant.es de Sciences Po vont devoir faire face selon Olivier Duhamel.
Un tableau donc sinistre, triste et effrayant. Comment faire face à ce monde ? Comment entrer dans une vie d’adulte dont le contexte se définit par des mots aussi peu accueillants ? C’est alors que la chance d’intégrer Sciences Po entre en jeu. « Voir loin et large », élargir le champ des possibles, profiter de la pluridisciplinarité qui nous est proposée ; Monsieur Duhamel nous invite à nous inspirer de l’esprit de liberté (d’opinion, de pensée, d’expression, de débat) inculqué à Sciences Po.
Élèves de première, de deuxième ou de troisième année, cinq conseils vous sont donnés par Olivier Duhamel. Le premier concerne l’argumentation, il s’agit de « penser contre » : « si j’affirme, j’interroge encore ». Incertitude permanente ? Absence d’avis ? Plutôt une manière de laisser place à l’écoute dans l’affirmation, de laisser place au doute dans la conviction, ce qui nous mène au deuxième conseil : rester humble, modeste, accorder une place au doute lorsque l’on défend une idée. Le troisième conseil nous rappelle l’importance d’apprendre à écrire : prendre ses notes à la main. Si, peut-être effrayé.es par la vitesse des professeurs durant les cours magistraux, vous vous êtes résigné.es à prendre vos notes à l’ordinateur, il vous reste à honorer la deuxième recommandation de Monsieur Duhamel : conserver un vrai dictionnaire à portée de main, et le consulter. Son quatrième conseil reprend la citation de Nietzsche, « Devenez ce que vous êtes » : plus facile à dire qu’à faire, mais les professeurs sont là pour nous aider à devenir les personnes que nous sommes.
Enfin, last but not least, le cinquième conseil est de « faire l’amitié », expression classique et récurrente chez Monsieur Duhamel, ce qui ne la rend cependant pas moins importante. Créer des liens, que nous garderons pour certains toute notre vie, est une dimension importante de la vie des sciencespistes, via les associations notamment. L’injonction « faites l’amitié » nous incite aussi et surtout à parler avec les autres. Au-delà de la barrière des masques et de la distance sociale, il est nécessaire de continuer à discuter et à débattre. Et Olivier Duhamel de citer Hannah Arendt : « c’est seulement parce que je peux parler avec les autres que je peux également parler avec moi-même, c’est-à-dire penser ». Or « apprendre à penser par [n]ous-mêmes » est justement l’un des objectifs de l’enseignement que nous allons recevoir à Sciences Po.
L’apprentissage reçu par les élèves, au fur et à mesure des trois années qu’ils et elles passent au Collège universitaire, doit leur permettre d’acquérir les outils nécessaires pour faire face et se confronter au monde qui les entoure. Un apprentissage de la liberté, de la pensée, de l’esprit critique, « sèves sans lesquelles l’arbre de la démocratie dépérit, [qui] sont à Sciences Po des valeurs cardinales ». Le Collège universitaire se veut ainsi le lieu qui va aider les élèves à grandir pour être prêt.es, malgré les difficultés, à être les acteurs et actrices du monde dans lequel ils et elles se préparent à entrer.
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