À éviter si :
Vous êtes en couple
Snow Therapy a remporté le prix du Jury de la sélection Un certain Regard au festival de Cannes l’an passé et il représente la Suède aux Oscars cette année. Cela faisait au moins deux bonnes raisons de s’intéresser au quatrième long métrage de Ruben Östlund.
Tomas, Ebba et leurs deux enfants forment une famille idyllique. Ces bobos suédois partent skier cinq jours aux Arcs, sans se douter que leur séjour va faire éclater la cellule familiale. Attablés au restaurant, ils réalisent qu’une avalanche gigantesque s’apprête à les ensevelir. Devant la menace imminente, Tomas laisse femme et enfants et part en courant. L’avalanche s’arrête sans faire de blessé, mais le mal est fait. On s’en doute, les jours qui suivent ne sont qu’une succession de disputes au sein du couple, évoluant vers un conflit toujours plus explicite.
Voilà le point de départ séduisant de Snow Therapy, inspiré d’une histoire vraie. Notons avant tout commentaire le titre ridicule du film, alors que l’original était « Force Majeure », en français dans le texte…
Thérapie de couple en altitude, l’occasion rêvée pour le spectateur de commenter de l’extérieur une crise de couple. La première partie du film tient ses promesses. Le rythme est soutenu, les dialogues bien écrits. La photographie immortalise magnifiquement les paysages immaculés. Les réflexions autour de l’image du père, la cohésion familiale et la lâcheté sont bien amenées.
Cependant, la deuxième heure de film se révèle ennuyeuse. Le scénario montre ses limites et tourne en rond. Les problèmes d’Ebba et de Tomas deviennent soudainement moins intéressants à mesure que s’accumulent les plans interminables. Si Ruben Östlund s’inscrit dans la lignée du cinéma nordique réputé pour son amplitude et ses silences, il le fait à outrance. Les plans statiques plombent le film quand l’histoire n’a plus rien à dire et c’est dommage.
En un mot :
Si vous êtes en manque de montagne enneigée ou si vous réfrénez une envie de dispute depuis quelques jours, allez voir ce film. Sinon, vous êtes très bien chez vous.
La note :
6/10
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Retrouvez la chronique ciné de La Péniche ! Chaque semaine, La Péniche vous donne rendez-vous au café des Vieux Garçons pour la chronique ciné. Retrouvez nos chroniques cinés.
Vous saurez donc tout sur les sorties du moment. Que vous vouliez briller en soirée ou occuper un week-end, La Péniche vous livre ses watch or skip du cinéma chaque semaine.
La note de La Péniche : 3/5
Martin, interprété par Fabrice Luchini, mène une vie familiale paisible à la campagne. Boulanger, pétrir le pain constitue son « yoga quotidien », mais sa tranquillité est troublée lorsqu’un couple d’Anglais emménage dans le taudis qui fait office de maison voisine à la sienne. Les nouveaux venus se nomment Charles et Gemma Bovery : ils immigrent dans cette Normandie où Flaubert avait écrit son chef d’œuvre Emma Bovary, roman qui a profondément marqué Martin lorsqu’il était adolescent. La coïncidence ne s’arrête pas au nom de cette nouvelle voisine, interprétée par Gemma Arterton. Elle semble en effet adopter le même comportement que l’héroïne romanesque. Martin tombe totalement sous son charme et tente de prendre en main le destin de la jeune femme, partagé entre une jalousie profonde envers ses amants et la peur qu’il éprouve à l’idée qu’elle s’autodétruise.
Gemma Bovery est film champêtre et frais. On rit principalement grâce à la prestation de Fabrice Luchini, qui prouve encore une fois le ressort comique de son merveilleux jeu d’acteur. Anne Fontaine fait preuve de très bonnes idées dans sa mise en scène, la photographie est travaillée et on suit avec plaisir la vie de cette Emma Bovary des temps modernes. On regrette cependant la multiplication de personnages secondaires caricaturaux et le fait que les deux principaux ne soient pas plus fouillés. Gemma Bovery est un de ces films que l’on qualifie de « bon film » : un long métrage agréable, doté d’une belle pirouette finale, mais qui ne reste pas forcément en mémoire et qui surtout, se dispense du grand écran.
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La note de La Péniche : 3/5
Un stage d’observation au quotidien du soir. Les gens du monde, c’est l’expérience d’une immersion au coeur des locaux du service politique du Monde pendant la campagne présidentielle 2012. Yves Jeuland s’efface si bien derrière sa caméra que les journalistes l’oublient, se livrant à nous dans leur naturel, leur vivacité et leur cynisme. Nous, on se promène de réunion en interview, tel un stagiaire timide. On n’intervient pas mais on voit tout, on entend tout. Et par fragments, on saisit les grands enjeux que connaît aujourd’hui le célèbre quotidien.
Dans notre rapport on retiendra d’abord une ambiance. Que fait on dans un journal? On raconte, on débat, on interroge, on tweet, on rit, et ce règne de l’expression est partie intégrante du travail de rédaction. On retiendra ensuite le changement de rythme qui force l’adaptation de la presse écrite. Petit à petit tout le monde se met au tweet, et si on écrit pour Le Monde, on s’applique aussi à nourrir son propre blog. Tout ceci est intimement lié au dilemme, vital, que connait aujourd’hui la presse écrite. « Le nombre d’inscription sur notre site augmente. En revanche, les ventes du journal papier ne cessent de baisser. Et ça, c’est pas que pour nous, c’est pour tout le monde ». Lors d’une autre réunion, un jeune journaliste insiste « Dans ma génération, personne n’achète Le Monde, personne ». Un peu triste, on réalise qu’on ne peut qu’être d’accord.

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