Dans l’idéal, oui, je pense que beaucoup auraient aimé nous faire travailler un an sur le XIXe siècle, un an sur le XXe et maintenir le cours d’IP au même volume horaire. Cependant, cela aurait rendu impossible la diversification des matières enseignées.
Si ces changements accordent plus de temps libre aux étudiants de première année en contrepartie de cours moins approfondis, peut-être faut-il en profiter pour revoir la manière dont est pensé le travail personnel des étudiants à Sciences Po. Peut-être pourrait-on dépasser l’éternelle alliance de la fiche technique et de l’exposé de 10 minutes, et profiter du temps libre des étudiants pour leur faire effectuer de vrais travaux de recherche, ce qui les obligerait par là même à approfondir leurs cours.
En ce qui concerne l’introduction de l’histoire du XXe siècle, je ne pense pas que cela soit dû à la disparition du concours, épouvantail qu’agite l’UNI (désormais MET, habituons-nous à la nouvelle apparence édulcorée de la droite universitaire) depuis plusieurs années déjà. Non seulement cette disparition n’a jamais été envisagée, mais je tiens en plus à rappeler que plus de la moitié des étudiants qui entrent en première année à Sciences Po n’ont pas passé le concours. Ils n’ont donc pas eu à bachotter leur histoire du XXe siècle avant d’arriver à Sciences Po, cela n’en fait pas une race de sous-étudiants. Je ne vois donc pas en quoi le fait d’approfondir l’histoire du XXe siècle à Sciences Po pose problème.
De plus, étant donné les enseignement assez spécialisés dans la plupart des masters, il me semble plutôt positif d’enseigner un tronc commun solide lors du premier cycle.
Reste l’épineuse question des langues. De fait, la réforme d’il y a deux ans est à revoir. En considérant que l’apprentissage se faisait par e-learning et que l’enseignant ne devait plus faire que du « coaching », on se retrouve avec une béquille pédagogique qui ne parmet pas de progresser. Augmenter le volume horaire en langues et réintroduire le « teaching » en présentiel ne me paraîtrait pas absurde.
A force de remplacer des enseignants par du e-learning et de laisser les étudiants seuls face à un écran, il semble normal que la pédagogie et l’efficacité ne soient pas au rendez-vous…
En ce qui concerne l’Histoire et les Institutions politiques, je crains d’avance ce que va donner la compression des cours de l’an dernier, qui s’étalait sur deux semestres, en un seul semestre… En particuliers en IP où 36 heures de cours sur la démocratie, les régimes politiques étrangers, la Vème République et les institutions européennes se verront réduites à 12 heures avec le même programme…
Néanmoins, on ne peut que se féliciter de voir que les cours magistraux dans ces deux matières passeront à 2 heures hebdomadaires contre 1 heure l’an dernier en sachant que les cours délivrés étaient d’une superficialité consternante (sans parler des cours de Mme Mélonio et les débats d’IP qui ne servaient franchement pas à grand chose). Heureux aussi d’apprendre qu’Olivier Duhamel daignera enfin délivrer ses cours en amphi au lieu d’avoir à regarder ses anciens cours non-réactualisés sur ordinateur.
Introduire la science politique et la sociologie dans le tronc commun me parait être une bonne initiative. Après tout, ce ne sont pas des matières moins essentiel que l’histoire, le droit ou l’économie et il est important que les élèves acquièrent la base de connaissance la plus large possible en première année avant de commencer à se spécialiser l’avant suivante puis définitivement en master.
La réforme du cours de techniques quantitatives est également salutaire. De ce que j’en sais, le programme va être considérablement revu à la hausse en matière d’exigence et les spécialisations (économie, sociologie et science politique) seront supprimées. L’an dernier, le programme consistait à refaire celui de terminale ES et encore sans la spécialité; difficile de faire pire en matière d’exigence…
Le seul point noir de la réforme reste comme d’habitude l’enseignement des langues. Si l’introduction de cours en e-learning afin de bosser l’anglais à l’écrit peut-être une bonne idée, elle ne résout pas le problème des cours en présentiel où l’on n’apprend strictement rien quand on ne régresse pas complètement ! Peut-être faudrait-il songer à instaurer des CM et des conférences de méthodes en anglais dès la première année ?
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