Vie du campus

Tribulations d’un machiavélique connil ou Pollop

4313R.jpgQue cela peut-il bien vouloir dire ? C’est l’histoire d’un lapin qui lit Machiavel par hasard et qui essaie d’appliquer ses principes à la lettre pour régner sur les autres animaux – avec plus ou moins de succès. C’est aussi une jolie compilation de références et de réécritures comme on sait les faire à Sciences Po.

Si vous devinez à la lecture de ces quatre-vingt pages la trentaine de références qui sont listées à la fin du livre, LaPéniche vous offre un kilo de carottes.

Pierre Magdelaine, le jeune auteur, nous débite de son propre aveu le speech tout fait. Il a écrit ce court livre pour sa plus grande partie pendant l’été suivant sa terminale et précédent son entrée à Sciences Po (encore un parcours stupéfiant d’originalité). Après une série de mauvais romans refusés par les éditeurs au collège, Pierre ne pensait pas publier celui-là.

Cela ne l’a pas empêché de l’envoyer à Publibook, qui proposait sur internet une évaluation gratuite. Comme dans les contes de fées pour auteurs, Publibook propose de publier Magdelaine pour la première fois. Ce serait trop facile si la distribution des éditions Publibook reposait sur autre chose que sur le bouche à oreille et la vente en ligne (leur site, Fnac.com et Amazon). Pour être clair, il a vendu lui-même la majorité des livres, tâche difficile et assez rébarbative s’il en est. Les ventes sont donc limitées pour le moment – en attendant la distribution dans certaines librairies prochainement.

Notre auteur ne compte pas s’arrêter là et rédige en ce moment un roman, plus long et construit. « Quelque chose de complètement différent, entre la science fiction et le steam punk ». Cette fois, il s’adressera aussi à d’autres éditeurs plus à même de distribuer son livre largement.

Je ne peux pas terminer cet article sans citer les quelques auteurs cités par Pierre parmi ses préférés. « J’aime beaucoup Hugo, Salinger et Shakespeare » (voix faussement intellectualisante et suave).

Un court extrait:

Hélas, j’oubliai que l’amour rend aveugle, et que j’aimais trop le pouvoir pour être suffisamment vigilant. On m’annonça en effet trois jours plus tard une affreuse nouvelle : notre front était enfoncé, la moitié de nos troupes en déroute, l’autre marchait contre nous. « Comment ! » grondai-je, « ces félons osent se rebeller contre leur suzerain ? Il leur en coûtera ! Et que fait mon Général, comment n’a-t-il point arrêté l’offensive ? » « C’est, Votre Altesse, » me répondit-on, « qu’il est à la tête des rebelles, et qu’il marche contre vous aux côtés de l’ennemi, et même plutôt au devant de lui ! » « Quid ? Mon chien qu’avec respect tout le pays admire, mon chien, qui tant de fois a sauvé cet empire, tant de fois affermi le trône de son roi, trahit donc son serment, et ne fait rien pour moi ? » J’étais atterré. Mais tout n’était pas perdu ! La moitié seulement de mes troupes avaient suivi cet infâme, ce fourbe entre les fourbes, ce vil entre les vils, ce mauvais, ce méchant, et l’autre moitié m’était fidèle, je pouvais bien repousser encore l’ennemi et écraser la rébellion. Je tâchai de rester serein et princier. « Eh bien ! » soufflai-je, « encore une révolte… » « Non, Sire, c’est une révolution ! » « Et cet ennemi qui a mis nos troupes en déroute, quel est-il ? » « C’est, Votre Altesse, un jeune loup qui cherchait aventure, et que la faim en ces lieux attira. Votre Altesse, ils seront ici d’un instant à l’autre : il faut fuir ! » Aussitôt, n’écoutant que mon courage, je détalai, ne désirant pas me faire prendre une fois encore dans la souricière, et abandonnai provisoirement mon castel à l’ennemi.

Couverture : Floriane Ramé

One Comment

  • JcDuss

    Seigneur,
    Moi qui pensais que le 1er avril ne tombe qu’une fois l’an.

    Merci la Péniche, décidément vous êtes très bons pour le pastiche.

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