UNI-MET – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:25:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png UNI-MET – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Faut-il adhérer à un syndicat sciencespiste ? https://www.lapeniche.net/faut-il_adherer_a_un_syndicat_sciencespiste/ Fri, 30 Sep 2016 09:00:39 +0000 http://lapeniche.net/?p=35477 A peine as-tu fait tes premiers pas au 27 rue Saint Guillaume que l’on t’a pris pour cible. En deux minutes, tu t’es fait ensevelir sous les tracts des syndicats étudiants. Tes camarades de triplette ont adhéré immédiatement, et toi tu hésites encore. La Péniche t’aide à faire ton choix avec quelques questions clés à te poser !

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Les syndicats sciencespistes ayant répondu à notre appel

Quel est le rôle des syndicats étudiants ?

Interlocuteurs privilégiés avec l’administration, les syndicats ont vocation à représenter les étudiants et à faire valoir leurs opinions auprès de l’école. Par cette délégation de pouvoir, la voix de chaque individu peut ainsi peser lors des processus de décision au cours desquels les syndicats sont consultés. Comme le rappelle Solène, présidente de l’Unef à Sciences Po, un syndicat n’est pas une simple association. « C’est un mouvement qui prend une orientation politique. Cela ne veut pas dire qu’on est partisans mais on défend un projet. Quand on siège dans un Conseil, tous les dossiers ont une dimension politique. »

Quelles sont les valeurs dans lesquelles tu te reconnais ?

Au-delà de cette dimension concrète, les syndicats sont aussi les vecteurs d’une certaine idéologie. « Nous nous définissons comme mouvement étudiant. L’UNI (Union Nationale Interuniversitaire) a été créée en opposition aux évènements de Mai 68 quand la voix de la gauche devenait prépondérante en France et particulièrement dans le domaine de l’éducation. Nous nous battons à Sciences Po et partout dans le pays pour défendre les valeurs de liberté, de mérite, d’excellence, de travail et de responsabilité. » rappelle la présidente Carla Sasiela.

« Nous nous battons à Sciences Po et partout dans le pays pour défendre les valeurs de liberté, de mérite, d’excellence, de travail et de responsabilité. », Carla Sasiela

Dans le camp opposé, l’Unef se bat « pour que l’école soit la plus accessible possible, qu’il y ait à la fois plus d’accès et plus de réussite. ». Le mouvement a ainsi pris position en faveur du dispositif CEP ou contre l’augmentation des frais d’inscription. La présidente de l’Unef recommande à tous les étudiants de consulter les programmes des différents syndicats pour trouver celui dont on partage les idées.

« Nous nous battons pour que l’école soit la plus accessible possible, qu’il y ait à la fois plus d’accès et plus de réussite. », Unef

Considères-tu l’adhésion à un syndicat comme un geste politique fort ?

Ce qui freine Antoine, étudiant en première année, c’est la dimension politique des syndicats. « Aujourd’hui, à mon sens, les syndicats se sont égarés : ils sont devenus des mouvements politiques et des organisations partisanes au service d’idéologies. Ils utilisent leur poids pour des idées politiques. Ce n’est pas leur rôle. Un syndicat doit, je pense, être apolitique et neutre. Voilà pourquoi je n’adhèrerai pas à un syndicat étudiant tant qu’ils ne se consacreront pas exclusivement à leur rôle d’intermédiaire entre les élèves et l’administration. Adhérer à un syndicat ne doit pas être le même geste qu’adhérer à un parti politique. »

« Aujourd’hui, à mon sens, les syndicats se sont égarés : ils sont devenus des mouvements politiques et des organisations partisanes au service d’idéologies.Ce n’est pas leur rôle. », Antoine, étudiant de première année.

Si pour Solène, un syndicat est nécessairement politique, puisqu’il doit prendre position et présenter un projet articulé autour d’un ensemble de valeurs, une nouvelle voie est possible. La création de The Alliance en témoigne. Reconnu depuis l’an dernier, ce syndicat se décrit comme un mouvement international qui souhaite « créer un Sciences Po plus diversifié, plus inclusif et ainsi représenter tous les étudiants, peu importe leurs idées politiques, leur passé, leur nationalité, leur ethnie ou leur genre. » D’après Freek Haarmans, président de The Alliance, le syndicat se doit de rester apolitique, car il sert un projet qui dépasse les considérations partisanes et l’opposition gauche-droite traditionnelle.

« Nous voulons créer un Sciences Po plus diversifié, plus inclusif et ainsi représenter tous les étudiants, peu importe leurs idées politiques, leur passé, leur nationalité, leur ethnie ou leur genre. », Freek Haarmans

Les syndicats sont-ils réellement utiles et efficaces ?

Pour Carla Sasiela, « Chaque élève doit être conscient que l’action des mouvements étudiants à Sciences Po et en France a un réel impact sur son quotidien. Nous sommes présents dans les conseils de Sciences Po, et par exemple, sans notre action, la bibliothèque de Sciences Po fermerait encore tous les soirs à 19h. Au niveau national, sans la mobilisation des militants de l’UNI, plus aucun lycéen n’aurait pu profiter des bourses au mérite. Ne pas s’engager c’est prendre le risque qu’un ordre contraire à nos convictions s’impose à nous. »

Même son de cloche du côté de l’Unef qui considère qu’il est important d’adhérer car « les syndicats font vivre la démocratie à Sciences Po ». Solène rappelle par ailleurs que si les syndicats ont un poids vis-à-vis de l’administration pendant les prises de décision, une grande partie de leur action est invisible : la défense individuelle. « Tous les ans, on a des centaines d’étudiants qui ont des problèmes de frais d’inscription, d’autonomie financière, avec le Cours, ou de harcèlement, et on les soutient, mais c’est une action qui ne se voit pas. »

Freek Haarmans confit avoir été de ceux qui pensent que les syndicats sont plus ou moins inutiles. « Je pensais simplement que la vie à Sciences Po était telle qu’elle était et que ça ne valait pas le coup d’essayer de la changer. » Aujourd’hui, il a la conviction qu’œuvrer ensemble pour contribuer à façonner le futur de l’école à un sens. Il travaille dans ce sens à l’extension du mouvement dans les campus délocalisés, notamment avec la création de The Alliance Menton. « L’unité est vitale pour se faire entendre » rappelle-t-il.

Comment souhaites-tu t’investir ?

Une fois le syndicat choisi, la première étape est d’adhérer et de cotiser. Comme le rappelle la présidente de l’Unef, cela permet aux syndicats de garder leur indépendance financière vis-à-vis des partis politiques, mais aussi de gagner en légitimité. Ensuite, tu peux choisir de militer activement, en assistant aux réunions et en participant aux campagnes.

 

Note : le syndicat Solidaires a été contacté par la Rédaction mais n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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ELECTIONS SYNDICALES – Les résultats https://www.lapeniche.net/syndicales_resultats/ Thu, 17 Mar 2016 20:00:56 +0000 http://lapeniche.net/?p=33647 Jeudi, 17:00. Le dépouillement du scrutin ressemble à l’émission Des chiffres et des lettres. Sous les poutres de Goguel Bis, l’oeil anxieux des têtes de liste de l’UNEF, de l’UNI et de The Alliance attend que les différents membres de l’administration dévoilent chacun une partie du code qui permet d’accéder aux résultats des élections syndicales de 2016. Consonnes, voyelles, majuscules, minuscules, il faut une dizaine de minutes pour que la clé soit intégralement reconstituée. Loin de faire défaut, la sécurité du vote électronique a largement contribué à la réussite de l’opération, une première à Sciences Po. Seulement 35 ou 36 « événements » ont ainsi été signalés. En grande majorité, ce sont des étudiants ayant simplement perdu leurs identifiants de connexion. En trois minutes, un algorithme affiche la synthèse de milliers de votes.

 

Une participation en très forte hausse 

3951 étudiants ont voté pour le Conseil de l’Institut, 4038 pour le Conseil de la Vie Etudiante et de la Formation. Près de 180 votes blancs ont été exprimés dans chaque cortège, soit environ 4% des suffrages.

Pour ces deux institutions, la participation des étudiants est supérieure à 29%. C’est 10 points de plus que lors du dernier scrutin, en février 2015. En d’autres termes, près de 1000 étudiants supplémentaires se sont mobilisés. L’UNEF et l’UNI se félicitent respectivement de 500 et de 200 votants de plus que l’année dernière.

 

L’UNEF perd sa majorité.

Jusqu’à présent, six sièges dans chacun des deux Conseils appartenaient à l’UNEF, deux à l’UNI.

Si plus de 50% des étudiants ont voté pour l’UNEF cette année, le syndicat ne remporte que quatre des huit sièges de chaque collège. « Cette année, le mode de calcul a tout bouleversé », explique Josselin Marc, président de l’UNEF Sciences Po. « Jusqu’à présent, les sièges étaient attribués selon la règle de la plus forte moyenne. Depuis cette année, c’est le plus fort reste qui prime. Ce changement favorise les petites listes. L’UNEF démarrait les élections avec un siège de moins. », poursuit-il.

Toutefois, il est à noter que depuis la réforme des statuts de Sciences Po, deux étudiants siègent désormais au Conseil d’administration de la FNSP. Ces deux sièges reviennent à l’UNEF.

 

L’UNI se maintient. Solidaires et The Alliance font leur entrée.   

« Nous sommes très contents du résultat et d’avoir réussi à maintenir deux élus dans chaque Conseil. Je remercie l’ensemble des militants ! », s’exclame Carla Sasiela, tête de liste UNI-MET, qui a regroupé un peu moins d’un quart des voix pour chacun des deux Conseils.

De leur côté, les listes de Solidaires et de The Alliance obtiennent chacun un siège sur les huit à pouvoir, au niveau du Conseil de l’Institut comme du Conseil de la Vie Etudiante et de la Formation.

« The Alliance a fait une belle performance. Mais, au regard du système électoral, ce n’est pas étonnant. Idem pour Solidaires. », souligne Claire Hassnier, de l’UNI-MET Sciences Po. A la simple différence qu’avec près de 15% de suffrages exprimés dans chacune des deux institutions, The Alliance remporte son siège en plein, tandis que Solidaires l’obtient…en reste !

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ELECTIONS SYNDICALES – Qui sont les leaders syndicaux ? https://www.lapeniche.net/syndicales_leaders/ Tue, 15 Mar 2016 07:00:28 +0000 http://lapeniche.net/?p=33575 Alors que le scrutin électronique vient d’ouvrir, dernier article sur les étudiants en tête des listes syndicales. Portraits.

Anastasia Steinlen, tête de liste UNEF pour le conseil de la vie étudiante et de la formation

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

12842400_10208009593710268_672080724_oJ’ai grandi en Allemagne, à Berlin, puis après ma Terminale je suis partie à l’Université de Pékin pour un an avant d’intégrer Sciences Po en 2014. C’est la comparaison entre les systèmes d’éducation étrangers et le fonctionnement de Sciences Po qui m’a poussée à m’engager. C’est avec une volonté de défendre une politique d’ouverture à l’internationale mais aussi d’ouverture sociale que je me suis engagée à l’UNEF et que j’ai été élue en Commission Paritaire l’année dernière.

Quel sens donnerais tu à ton engagement à l’UNEF ?

Je suis responsable au sein de l’UNEF de la défense individuelle. J’aide les étudiant-e-s s’adressant à nous, souhaitant par exemple changer de Master ou rencontrant des problèmes pour payer leur frais d’inscription. C’est dans cette activité que se révèle tout le sens que je donne à mon engagement syndical : aider les étudiant-e-s au quotidien. De plus, j’ai défendu une politique d’ouverture sociale, l’UNEF étant le seul syndicat à soutenir la procédure CEP au sein des conseils.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

Nous avons défendu une réforme de la Commission de Suivi Social. Cette commission est chargée d’apporter une aide financière aux étudiants qui, à la suite d’un divorce des parents par exemple, se retrouvent face à l’incapacité de payer leur frais d’inscription. Face à la hausse des saisies de cette commission, nous avons demandé une augmentation du budget de 60 000 euros que nous avons obtenue par la suite, ainsi que l’augmentation du nombre d’aides pour les étudiant-e-s internationaux-ales.

Pourquoi voter UNEF ?

Notre bilan de l’année dernière montre que nous pouvons apporter des améliorations concrètes, comme en témoignent la défense des associations ou les nettes avancées sur la question de la LV3. Nous souhaitons poursuivre notre projet en aboutissant à une réelle réforme des frais d’inscription ou en obtenant la gratuité du Welcom Program.

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

La loi travail risque de toucher particulièrement les étudiant-e-s. Pour financer leurs études ils travaillent souvent en horaires de nuit (mieux payées) et la loi prévoit que le travail ne soit considéré comme “de nuit” qu’à partir de 22h. De plus le plafonnement des indemnités prud’homales peut conduire à la précarité des jeunes qui seront les premiers licenciés du fait de leur manque d’ancienneté.

 

Carla Sasiela, tête de liste UNI-MET pour le Conseil de l’institut

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

CarlaPremière année à Sciences Po Paris je suis originaire de Nice. J’ai été responsable UNI lycée dans les Alpes-Maritimes en terminale et depuis le début du second semestre responsable UNI-MET Sciences Po.

Quel sens donnerais tu à ton engagement à l’UNI-MET ?

Le sens que je donne à mon engagement : Nous sommes le mouvement de la droite et du centre à Sciences Po et nous avons à cœur de rassembler de façon large pour porter un projet fort pour notre école. Nous rassemblons des étudiants de toutes les années et sur les campus délocalisés afin de représenter au mieux des étudiants de Sciences Po. Nous assumons notre caractère politique alors que nous voulons défendre les valeurs du mérite, de l’excellence, de la responsabilité et de la liberté au travers d’un projet étudiant.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

Nous sommes actuellement présents dans le Conseil d’ Institut et dans le Conseil vie étudiante et de la formation avec deux élus dans chacun d’entre eux. Sur le long terme notre travail a permis chaque année d’élargir davantage les horaires d’ouverture de la bibliothèque, de numériser un grand nombre de démarches administratives ou encore de permettre de ne passer qu’une seule fois l’IELTS sans frais. Nous nous sommes également mobilisés pour la remise en place des bourses au mérite.

Pourquoi voter UNI-MET ?

Nous restons profondément attachés à notre modèle de Grande Ecole. Celui-ci se caractérise par le maintien du caractère sélectif de Sciences Po mais également par une amélioration de nos conditions d’étude au quotidien : amélioration de l’apprentissage des langues (LV3, ouverture à plus l’électifs), réforme des frais de scolarité, revalorisation des engagements parallèles à notre cursus, revalorisation de l’enseignement en master (mise en place d’un IEJ par exemple). 

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

Cette loi ne concerne absolument pas les étudiants car elle ne répond pas au problème du chômage des jeunes. Les entreprises ont besoin de flexibilité, de liberté et de confiance, nous avons besoin de créer des liens entre monde universitaire et monde professionnel. Il n’y a rien de tout cela dans ce que nous savons de ce projet.

 

William Judd, tête de liste The Alliance pour le Conseil de l’institut

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

WilliamI’m William, on the International Energy Programme within PSIA. I came to SciencesPo last year having completed my undergraduate degree at King’s College London.

Quel sens donnerais tu à ton engagement à The Alliance ?

The Alliance is a brand new way of doing student politics at SciencesPo. Regardless of our entry procedure or our bachelor campus, many of us students are tired with the old politics of SciencesPo. A politics too focused on the national agendas which sponsor it.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

 The Alliance is the first ever non-aligned movement to run in elections in our institution. We are an alliance of SciencesPo students, working to improve all our lives at SciencesPo.

Pourquoi voter The Alliance ?

We’re running for the two governing councils of SciencePo. What we offer is a new perspective and method of doing student politics. A method which places us the students at its heart. For example, we plan to implement an online petition facility so that any student can start the change they want, and after it has a given number of signature our governing boards have to debate it. The Alliance is an alternative to work towards directly improving our student and academic lives right here, right now.

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

As for an opinion on a national hot topic! This week we obviously had la grève générale, which is indeed an important topic; similar issues affect many of our countries. I’d be the first to join anyone for a pint in le Basile and talk about this, however, this is should not be the principle topic of discussion for these elections. Such questions on national issues are symbolic of the old student politics, dominated by national agendas promoted from people outside our institute.

This year we started a journey to make SciencesPo more inclusive, more transparent and more diverse across its student and academic life. This journey is going to make a new student politics of Sciences Po, and we’re hoping you’ll join us. Rejoignez le mouvement.

 

Laura Duquesne, tête de liste UNEF pour le Conseil de l’institut

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

LauraLa première fois chose que j’ai faite quand je suis rentrée au 27, c’est m’asseoir à la table de l’UNEF et je leur ai dit : “Bonjour je veux prendre ma carte pour vous soutenir, mais je veux pas militer !”, j’ai rempli mon adhésion, et je suis partie. Top chrono-deux minutes. J’étais bien sûre de moi (mea culpa). Puis, je suis allée à une réunion, et j’ai découvert beaucoup de choses sur le syndicalisme étudiant, sur l’IEP, avancer sur des dossiers avec les étudiants est passionant. Et tout a commencé !

Quel sens donnerais tu à ton engagement à l’UNEF ?

Militant, on constate vite l’ampleur de l’action de l’UNEF. Informer, éplucher des budgets, négocier, aider les étudiants dans les démarches administratives et sociales, monter des campagnes offensives pour gagner des droits. Notre engagement, c’est faire vivre ce relais indispensable qu’est l’UNEF auprès des étudiants, partout en France. C’est faire en sorte que chacun d’entre nous accède aux meilleures conditions d’études et de vie et pouvoir les défendre ensemble.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

La campagne assos, le budget de la Commission de Suivi Social, la pédagogie sur les campus délocalisés et dans les masters, les boursiers Boutmy, la présence au quotidien… C’est un bilan très fort et qui s’inscrit dans une cohérence : notre démarche syndicale inclusive. Allez l’admirer sur sciencepistesfeatunef.tumblr.com !

Pourquoi voter UNEF ?

Voter UNEF, c’est faire confiance à des étudiants qui bataillent dans les conseils, en CVE, en Commission de Suivi Social, en péniche, en défense individuelle, et sont une réelle force de proposition. Pas besoin de revenir sur notre efficacité, le bilan parle de lui même. Aujourd’hui, les mandats sont de deux ans. Et les chantiers qui nous attendent sont énormes, de longue haleine : comme la réforme du collège universitaire, ou la nécessité de réformer le système des frais d’inscription, intenable. Nous sommes les plus à même d’y inclure la voix des étudiants.

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

Sur la loi travail, au delà du projet en lui même, nous assistons à un enjeu particulièrement important. La mobilisation qui se construit est avant tout le signal du réveil de la jeunesse : alors qu’on nous cantonne souvent au rang d’acteurs manipulés et atones, les étudiants montrent qu’ils ne se résignent pas et deviennent acteurs de leur avenir. La jeunesse montre actuellement ce qu’elle a de plus beau : sa diversité et sa force politique.

 

Sebastian Enning, tête de liste The Alliance pour le Conseil de la vie étudiante et de la formation

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

SébastianMy name is Sebastian and I study International Economic Policy at PSIA. I come from Germany and in my undergrad I studied European Studies at Maastricht University in the Netherlands where I’ve been active in student politics before.

Quel sens donnerais tu à ton engagement à The Alliance ?

Because I believe that all students should be better represented in the administration, I am very happy to be part of The Alliance, a team of incredibly dedicated and motivated fellow students.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

The Alliance is the new kid on the block and we are non-partisan and not aligned to any higher organisation. We believe that it is time for a new kind of Sciences Po student politics that puts all of us students (French and International) in the centre of this institution. That is why we believe in a more realistic policy-focus approach about things we can actually improve, pooling our ideas from the diversity and wisdom of the student body.

Pourquoi voter The Alliance ?

The Alliance advocates for more transparency, a better representation of internationals and a greater involvement of all students here at Sciences Po. Let me give you an example: the cafeteria is being renovated this summer, how come so seemingly few students know about this or have been consulted in the process? We want to involve the student body to adapt facilities to our needs. With our OpenHouse sessions we are and have been open to many good propositions about for student life. The OpenHouse is a forum where students can talk to us about the challenges they have run into. And there seem to be so many: starting with the improvement of learning facilities, we demand transparency in grading as well as a petition mechanism for the administration to be more open to the students’ needs. We also believe that Sciences Po should abandon the two-absences rule for défaillance as well as harmonise tuition fees for EU and Non-EU nationals.

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

Regarding la Loi Travail, it is arguably the biggest change to the French labour law and I personally understand why so many young people have been rallying against it – but I do not think it should be the focus in this election. The Alliance is SciencesPo-based collective, putting every student in the centre again and improve student life for the better. What sets us apart from other parties here is that we advocate for changes that have an actual impact on students’ everyday lives right here, right now!

 

Victor Renaudier, tête de liste UNI-MET pour le Conseil de la vie étudiante et de la formation

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

VictorAyant passé le bac en 2013, je suis maintenant en 3A dans une école de droit en Allemagne. En 2A j’ai travaillé à mi-temps en tant qu’attaché parlementaire (non rémunéré) et à temps partiel dans un bar pour financer une summer school à Londres. J’ai été militant 3 ans à l’UMP, mais n’ai pas souhaité m’engager chez LR. Toujours intéressé par la chose politique, j’ai été déçu par le militantisme politique. J’ai envie de servir et d’agir pour Sciences Po, c’est pourquoi je me suis engagé à l’UNI-MET.

Quel sens donnerais tu à ton engagement à UNI-MET?

Depuis 2 ans et demi que je suis à Sciences Po, j’ai su apprécier énormément de bonne volonté de la part d’étudiants aux personnalités captivantes. Néanmoins, j’ai regretté que Sciences Po ne donne pas davantage de moyens aux étudiants pour réussir dans certaines de leurs aspirations.

Mon école de 3A (la Bucerius Law School) offre des conditions d’études exceptionnelles : bibliothèque ouverte 24/7, une place par personne en bibliothèque, une vingtaine de salles de réunion pour 800 élèves, une salle de sport, un nombre de propositions de stage de la part de partenaires supérieur au nombre de demandes de stages par les étudiants (ce qui permet de négocier les rémunérations !), et j’en passe. Je voudrais m’en inspirer à Sciences Po.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

L’UNI-MET s’est engagée pour l’extension des horaires d’ouverture de la bibliothèque (jusqu’à 23h désormais) et pour la défense des bourses au mérite. L’UNI-MET a aussi soutenu le remboursement de l’IELTS et la création des Ecoles de masters (Affaires Publiques, Urbaine, etc.).

Pourquoi voter UNI-MET ?

Sur les méthodes, je serai très engagé pour qu’il y ait un dialogue constructif entre les représentants des étudiants, afin que l’on cherche des solutions pour servir les intérêts de chacun, et non que l’on défende stérilement des positions sans rien bouger.

Quant aux idées défendues, nous défendrons ce qui fait de Sciences Po une école unique en son genre, et nous nous inspirerons des modèles concurrents ou partenaires qui réussissent, notamment sur la création d’un séminaire optionnel de « Leadership et d’esprit d’équipe » sur une semaine et la mise en place d’un accès gratuit à l’annuaire des Alumni pour les étudiants.

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

Le projet de loi El Khomri n’est pas mon affaire en tant que membre de l’UNI-MET car je considère que ce projet ne vise pas l’insertion des étudiants sur le marché du travail.

 

C. Thomas, tête de liste Solidaires pour le Conseil de l’institut

Peux-tu te présenter en quelques mots aux étudiants ?

12721742_10208010310128178_1215722100_nJe suis étudiante en première année de master de sciences politiques mention sociologie politique comparée.

Quel sens donnerais tu à ton engagement à Solidaires ?


Je me suis engagée à solidaires d’abord parce que c’est un syndicat qui correspond à l’idée que je me fais de la pratique militante : le fait de fonctionner en autogestion, sans structure hiérarchique, crée un environnement beaucoup plus agréable pour militer, et évite les dérives carriéristes de certains syndicats. Le fait d’être une structure syndicale indépendante d’un bureau national ou de partis politiques permet également une vraie gestion démocratique. L’attention portée aux questions féministes, pas seulement au niveau des principes, mais dans la mise en œuvre de pratiques au sein du syndicat qui tiennent compte des éventuels rapports de pouvoir a aussi été déterminant dans mon souhait de m’engager à Solidaires et de pouvoir militer dans un cadre vraiment inclusif. Ensuite, c’est bien sûr les idées portées par Solidaires qui m’ont plu. C’est un syndicat qui assume de dire que féministe, aussi bien qu’anticapitalisme ne sont pas des gros mots.  Et que ces engagements font sens dans notre contexte politique marqué par l’urgence écologique qui nous pousse à revoir nos modes de productions et consommations par exemple. C’est le seul syndicat qui à sciences po assume de ne pas rentrer dans la stratégie de dédiabolisation des idées d’extrême droite, qui refuse de croire que le front national pose des bonnes questions auxquelles il faudrait répondre ou même accorder une audience.

Peux tu nous faire un bilan des action de ton organisation dans l’année écoulée ?

Par le passé nous nous sommes mobilisés contre la gestion opaque de l’IEP par la FNSP et pour la fin de ce modèle. Nous avons soutenu la lutte des enseignant.e.s vacataires contre la précarisation de leur statut. Nous souhaitons poursuivre tous ces combats à SciencesPo mais aussi faire le lien avec ce qui se passe dans l’ensemble de la société, nous projetons par exemple d’organiser une AG pour discuter des conséquences de l’Etat d’urgence .

Pourquoi voter Solidaires ?

Voter Solidaires étudiant.e.s c’est permettre de faire entrer dans les conseils de l’IEP une voix qui y est pour le moment absente. C’est s’assurer qu’il y aura dans les conseils un syndicat qui ne transigera pas sur la gestion démocratique de l’iep et c’est se battre pour une université émancipatrice et non élitiste afin de construire un projet de société égalitaire.

Pour sortir du cadre de Sciences Po, un avis sur le débat au sujet de la loi travail ?

Cette proposition de réforme du code du travail par un parti socialiste démontre la nécessité d’un engagement de gauche radical. Une telle remise en cause d’acquis sociaux dénote comment une partie de la gauche s’est accommodée pendant trop longtemps des logiques libérales et capitalistes et finit par y souscrire. Et ceci en oubliant des questions idéologiques de fond : quelle société voulons nous bâtir ? En tant qu’étudiant.e.s c’est aussi à nous de se saisir de ces questions.

 

Retrouvez l’intégralité de nos contenus sur l’application La Péniche, à télécharger via les liens suivants: 

Pour les Androids : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.goodbarber.lapeniche&hl=de
Pour les iPhones : https://itunes.apple.com/us/app/la-peniche.net/id1041972160?mt=8

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Tribunes : l’UNEF et l’UNI font bloc contre la réforme de la procédure de reconnaissance https://www.lapeniche.net/tribunes-lunef-et-luni-font-bloc-contre-la-reforme-de-la-procedure-de-reconnaissance/ Mon, 13 Apr 2015 13:27:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=28053 photoalex (1)

La direction de la vie universitaire a annoncé début avril aux syndicats de Sciences Po l’existence d’un projet de réduction du nombre d’associations, via une réforme de la procédure de reconnaissance présentée par l’administration. L’UNEF a fait circuler une pétition pour lutter contre ce projet, déjà signée par plus de soixante responsables associatifs. La Péniche donne l’opportunité à l’UNI et l’UNEF de préciser leur position sur le sujet dans une tribune. .

Défendre la richesse associative de Sciences Po, c’est défendre son attractivité !

par Léo Castellote, responsable de l’UNI-MET Sciences Po

Le foisonnement associatif dont jouit notre école est l’un de ses principaux atouts. Il est aussi au coeur de l’identité de Sciences Po. Dès lors, amoindrir cette richesse associative serait dramatique pour les étudiants comme pour l’attractivité de l’école. L’UNI-MET Sciences Po est donc très attachée à ce modèle.

Nous nous opposons à la volonté de l’administration de réduire le nombre d’associations reconnues à Sciences Po. Justifiée par le manque de salles libres pour les événements organisés par ces associations (qui est malgré tout une réalité et entraîne un rationnement de facto du nombre d’événements organisés par chaque association), elle aurait pour but de faire primer la qualité sur la quantité.

Toutefois, cela ne doit certainement pas se faire au détriment des associations de Sciences Po. La qualité et la richesse du débat intellectuel et de la vie culturelle à Sciences Po sont effectivement permis par le nombre important d’associations représentées dans l’école. L’UNI-MET votera donc contre cette réforme de la procédure de reconnaissance des associations.

Cependant, au cas où cette réforme devait malgré tout être adoptée, nous souhaitons clarifier la position que nous adopterions. En effet, il semble aujourd’hui que deux solutions envisagées par l’administration s’opposeraient alors. Augmenter à 250 le nombre de voix nécessaires pour être reconnu ou reconnaître les 60 associations ayant obtenu le plus de voix au cours d’une élection déplafonnée. Et ces deux propositions ne sont pas à mettre sur un pied d’égalité : la première serait bien plus dramatique pour notre vie associative que la seconde.

Devoir obtenir 250 voix serait en effet fatal à beaucoup de petites associations qui n’obtiendraient jamais ce nombre de soutiens très élevé. Le nombre d’associations reconnues s’écroulerait donc probablement et ne subsisteraient que les associations les plus grosses et les plus connues. Au contraire, s’il fallait malheureusement durcir la procédure de reconnaissance des associations, il vaudrait bien mieux décider de reconnaître les 60 associations préférées des étudiants. Ainsi, les 20-30 premières seraient probablement les grandes associations très connues mais cela laisserait aussi une chance aux petites associations et aux projets innovants. Et l’on serait au moins sûr que 60 associations (au lieu de 83 aujourd’hui) auraient la chance d’être reconnues, ce que l’on ne peut absolument pas assurer avec la première méthode.

Dans ce cas, l’UNI-MET opterait donc clairement pour cette seconde proposition afin de défendre les intérêts des associations sciencespistes. L’UNI-MET s’engage donc à défendre la richesse associative de notre école, et ce en toutes circonstances. Car défendre la richesse associative de Sciences Po, c’est défendre son attractivité !

Dessin par Marie Gros

Pour la défense des associations et la suppression de la procédure de
reconnaissance

par Solène Delusseau-Jelodin, présidente de l’UNEF Sciences Po

Depuis plusieurs mois, les représentants d’associations entendaient des rumeurs concernant une réforme à venir de la procédure de reconnaissance des associations, allant de la suppression au renforcement. Malgré leurs nombreuses demandes d’information, les réflexions de la direction n’ont finalement été présentées aux élus étudiants qu’en groupe de travail sur la vie associative il y a deux semaines, groupe de travail demandé par les élus UNEF.

La Direction de la Vie Universitaire y a annoncé sa volonté de réduire fortement le nombre d’associations présentes à Sciences Po en renforçant la procédure de reconnaissance. L’objectif affiché serait de ne pas dépasser un plafond d’une cinquantaine d’organisations reconnues, alors que ce nombre s’élève actuellement à 83. Cette mesure serait justifiée par la nécessité d’améliorer la qualité des services rendus par l’administration à la vie associative, de rendre plus lisibles les différents projets existants et de pallier le manque de salles disponibles.

Plusieurs pistes ont été évoquées, comme la nécessité pour une association de recueillir 250 voix pour être reconnue, ou l’obligation de faire partie des 50 projets recueillant le plus de soutiens de la part des étudiants. L’UNEF considère que la vie associative est une richesse de Sciences Po et permet à chaque étudiant de s’épanouir en complément de son parcours académique. Alors que le nombre d’étudiants ne cesse de croître, il est normal et sain que les projets se multiplient! Une sélection plus exigeante risque également de tuer des projets dans l’oeuf, et d’empêcher de nouvelles associations d’exister, avec une conséquence néfaste sur la diversité des opinions et des projets publicisés.

Pouvons-nous par exemple imaginer Sciences Po avec la moitié de ses associations politiques non reconnues ? Face à cette menace d’appauvrissement de la vie associative, l’UNEF a publié une lettre ouverte qui a déjà été signée par plus de 60 associations.

Lors d’un prochain groupe de travail et en Commission Paritaire, nous défendrons la suppression de la procédure de reconnaissance des associations telle qu’elle existe actuellement, le nombre de voix nécessaires étant défini de manière arbitraire et posant de vraies questions quant au respect de la liberté associative. L’argument du manque de salles est compréhensible, mais la réduction du nombre d’associations n’est pas la solution. De nombreuses associations ne réservent pas de salles à Sciences Po de façon régulière et la gestion de l’espace demande davantage une meilleure coordination inter-associative pour la planification des évènements que l’avortement pur et simple de projets.

Ainsi, pour assurer la reconnaissance de projets tout de même solides et bénéficiant au plus grand nombre, nous défendrons la nécessité que les porteurs de projets associatifs suivent une formation en début d’année. Si le premier format de la formation n’était pas adapté, l’UNEF s’est battue pour que celle ci soit réformée dès la prochaine rentrée, pour qu’elle soit plus concrète, pratique et sur des créneaux horaires adaptés. Derrière cet argument logistique se cache surtout la volonté de l’administration de se désengager du financement des associations, comme en témoignait la baisse de 25% du budget de la vie universitaire présenté en décembre dernier. Au delà de la procédure de reconnaissance, l’UNEF continuera à se mobiliser contre toute coupe budgétaire dans l’aide que Sciences Po apporte à ses associations, une de ses plus grandes richesses.

Dans la même catégorie : « Comprendre enfin les élections syndicales en 4 points » Ce jour dans l’année qu’évoque Victor Hugo est, à Sciences Po Paris, celui des élections syndicales. Mieux, il ne s’agit pas seulement d’un jour, mais de deux jours – les mardi 10 et mercredi 11 février – durant lesquels le peuple estudiantin de Sciences Po, dans tous les campus, par-delà les mers et les continents, se déplacera tout entier vers l’isoloir pour désigner ses représentants. . Lire la suite.

 

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La Queer Week est-elle allée trop loin ? https://www.lapeniche.net/la-queer-week-est-elle-allee-trop-loin/ https://www.lapeniche.net/la-queer-week-est-elle-allee-trop-loin/#comments Fri, 11 Apr 2014 12:00:13 +0000 http://lapeniche.net/?p=18602 Plus de 73 500 vues au moment de l’écriture de cet article, une nouvelle polémique sur ce qu’elle appelle la « théorie du genre », une position de victime chassée de la conférence : autant dire que Béatrice Bourges, la fondatrice du mouvement « Printemps français », aura réussi son coup médiatique lors de son intervention du vendredi 28 mars. Au début de la conférence « Alliances Emancipatrices : Au-Delà du Queer? », table ronde qui concluait la Queer Week 2014 à Sciences Po, elle a interpellé les participants en dénonçant une opposition « lynchée » au cours de la semaine. Pourtant, au sein de Sciences Po, le débat n’a pas vraiment eu lieu au delà de quelques concernés. Retour sur les événements qui ont marqué cette cinquième Queer Week.

LA QUEER WEEK 2014

Image 1La Queer Week 2014 avait pour thème le plaisir. Accueillant chercheurs tels que Mathieu Trachman, chercheur ayant fait sa thèse sur le travail pornographique, enseignant à l’EHESS, militants et artistes, la semaine a cette année allié conférences, table-rondes, ateliers et performances artistiques un peu partout dans Sciences Po, du lundi 24 au vendredi 28 mars. Dans le contexte d’une société française qui s’est profondément divisée autour du « Mariage pour tous », l’association organisatrice déjà confrontée les années précédentes à des protestations marginales a tenu sa ligne. « Rituel d’Activation de Fétiches », réflexion sur le travail pornographique, « histoire des objets de plaisir », performances artistiques incluant des drapeaux de la Manif pour tous : force est de constater que les thèmes proposés n’étaient pas consensuels.

 

L’IRRUPTION DE BÉATRICE BOURGES

La protestation a été à la hauteur des enjeux. Les années précédentes, seules quelques contestations marginales et solitaires avaient été émises. Cette année, c’est Béatrice Bourges qui a fait le plus parler d’elle en intervenant lors de la table ronde de clôture. Interrogée par La Péniche, celle qui déclare être venue « pacifiquement, pour discuter » est arrivée quelques minutes après le début de la conférence, avec un groupe réduit d’accompagnants (ils étaient huit), et d’une caméra. Elle avait été invitée par Nicolas Bauer, étudiant à Sciences Po qui affirme avoir participé à la Manif pour tous, mais « ne déclare pas » s’il est engagé dans un parti politique. « Le combat à l’intérieur de Sciences Po, on l’a laissé à d’autres » explique-t-il, « mais on aimerait lancer un débat sur le gender à l’université« . Une position précisée par Béatrice Bourges : « Il est important de faire la différence entre les Gender Studies et la théorie du genre, on veut mélanger les choses, et c’est là la malhonnêteté » explique-t-elle,  » Les gender studies sont l’étude sociologique des genres, l’évolution du rôle des hommes et des femmes dans la société. Elles sont importantes, et je ne m’y oppose en rien. En revanche, la théorie du genre est une idéologie qui n’a rien à voir, et qui affirme qu’on choisit son sexe en fonction de son désir ».

Deux vidéos de l’événement sont disponibles (voir ci dessous) : l’une, filmée par un proche de Béatrice Bourges au sein du Jour de Colère qui l’accompagnait, dure un peu moins de 4mn. Elle a été coupée, affirme Nicolas Bauer qui se défend de toute volonté de dissimulation, parce qu’une « vidéo de quatre minutes, c’est bien regardé« . Interrogée sur les raisons de sa présence, on y voit Béatrice Bourges  interpeller les participants à la table ronde, avant d’être prise à parti par l’une des intervenantes qui crie « Ta gueule » et des participants qui vont la bousculer. La vidéo diffusée par la Queer Week montre l’intégralité de la séquence, avec un débat qui semble s’engager au début de l’intervention avant que certains participants décident de faire sortir la responsable du Printemps Français. Cette dernière est finalement escortée vers la sortie par les appariteurs.


 

UNE DÉMARCHE EN INTERNE DE LA PART DE L’UNI-MET

Mais Béatrice Bourges, si elle a été la plus médiatique, n’a pas été la seule à protester. L’UNI-MET de son côté, « a demandé que l’administration fasse un examen pour voir si ce qui s’est passé était en accord avec le droit » affirme Léo Castellote, qui exclut néanmoins tout recours en justice de la part du syndicat. Une action dénoncée en interne par certains membres de l’organisation, qui jugent que le débat n’a pas été respecté. Contactée, Françoise Mélonio, directrice de la scolarité, a confirmé que « la question a été abordée par les étudiants lors d’un groupe de travail”, groupe qui s’est mis d’accord sur la rédaction d’une “note rappelant la réglementation”.

UNE LETTRE CONFIDENTIELLE A FRÉDÉRIC MION

Des initiatives de plus petits groupes encore ont vu le jour telles cette lettre envoyée à Frédéric Mion, rédigée par des membres du Centre Saint Guillaume (CSG) à titre personnel, et signée par une vingtaine de personnes — sans que le CSG ne s’associe à la démarche. Alexandre Masson, président de l’association, précise que le CSG “désapprouve totalement l’intervention de Mme. Bourges”. La lettre visait plutôt à exprimer le « désarroi » de certains étudiants, blessés dans leur foi par certaines manifestations de cette semaine, même si les signataires de la lettre respectent la liberté d’expression et ne prônent pas l’interdiction de la Queer Week.

Nicolas Bauer et Béatrice Bourges ont une position plus tranchée : ils affirment avoir été choqués par une provocation anti-catholique récurrente et imposée lors des manifestations artistiques : “Quand on utilise des croix inversées, des chapelets, dans des rites chamaniques, il ne faut pas mentir. Ils n’assument pas la théorie du genre, ni les rites clairement anti-chrétiens”. La Queer Week dément l’utilisation de croix inversées. Si Jean Leydier, président de Plug and Play explique qu’il « s’agissait plus de création artistique et d’attaques contre la Manif pour tous plutôt que de véritables parodies de messes noires« , la Queer Week a néanmoins écrit sur sa page Facebook  “on les avait pourtant exorcisés avec notre messe noire”, une phrase interprétée comme une attaque directe par l’autre partie.

Le CSG défend pour sa part une approche plus équilibrée de ces questions, en soutenant par exemple la conférence organisée par Coexister Sciences Po et Plug’n Play mercredi dernier, sur le thème : « Les religions condamnent-elles l’homosexualité ? ».

 

« LA POSITION DE L’ADMINISTRATION, ELLE EST TRÈS CLAIRE » FRANCOISE MELONIO

Une affiche de la Queer Week qui a provoqué la colère de Béatrice Bourges.
Une affiche de la Queer Week qui a provoqué la colère de Béatrice Bourges.

Face à ces troubles qui ont atteint une ampleur inédite, Françoise Mélonio tient à clarifier la position de l’administration : « Le principe a été réaffirmé par tous que Sciences Po était favorable à la liberté d’expression, mais à la liberté d’expression dans le cadre de la loi” explique-t-elle. L’association Queer Week se défend quant à elle de toute violation du droit, affirmant que Béatrice Bourges « n’est pas intervenue pour débattre du thème de la conférence : alliance émancipatrice. Elle était clairement là pour provoquer, et ses premiers mots ont d’ailleurs été accusateurs : elle parle d’une semaine de l’intolérance et de l’hétérophobie. Le mariage pour tous n’était pas le thème. Elle a été évacuée car sa présence provoquait de la discorde« .

La Queer Week, hétérophobe? Béatrice Bourges accuse les organisateurs d’être allés trop loin : “Quand sur la page facebook, et dans le hall, on voit une photo où de la bouche d’un enfant, sort “être hetero c’est la loose” : n’est-ce pas agressif ? Imaginez leur réaction si nous tenions les mêmes propos concernant l’homosexualité“. Un discours qui peut sembler ironique au vu de ses récentes déclarations où elle affirmait que la France devrait prendre exemple sur la Russie en matière de droit homosexuel, bien qu’elle soutienne ne se référer qu’à leur vision de la famille. Et qui peuvent expliquer, sans excuser, le rejet massif de sa présence lors de cette table ronde de clôture.
Jean Leydier, président de Plug’n Play, qui soutient la Queer Week, explique “qu’il était donc compliqué de contenir [leurs] émotions”, même si « répondre par la violence était inutile et regrettable pour la Queer Week, notamment parce que c’était exactement ce que Béatrice Bourges attendait« .

 

UN DIALOGUE DE SOURDS

La Queer Week a donc ressemblé, à bien des égards, à un dialogue de sourds. D’un côté, l’intervention de Béatrice Bourges était plus un coup médiatique qu’une véritable tentative de débat — sinon pourquoi ne pas être intervenue plus tôt dans la semaine alors que les organisateurs étaient présents en péniche ? De l’autre, certains interlocuteurs ne lui ont même pas permis de s’exprimer, laissant peu de place au débat contradictoire et lui permettant de se poser en victime. Au centre, des sciences-pistes qui, pour une large majorité, sont restés plutôt à l’écart des polémiques. Il est à craindre qu’au terme de cette semaine, ces querelles n’aient permis le débat ni avec les uns, ni avec les autres.

Paul-Emile Delcourt et Claire Manzano

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