UMP – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 14 Nov 2016 13:50:58 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png UMP – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Zemmour et Mélenchon : des invités jugés indésirables à SciencesPo ? https://www.lapeniche.net/zemmour-et-melenchon-des-invites-juges-indesirables-a-sciencespo/ https://www.lapeniche.net/zemmour-et-melenchon-des-invites-juges-indesirables-a-sciencespo/#comments Tue, 18 Nov 2014 08:58:49 +0000 http://lapeniche.net/?p=24481 zemmourmelenchon

“SciencesPo nous apprenait à ne jamais rester sec, à parler toujours (…) : cette école est l’ennemie du silence” assurait Marin de Viry -chroniqueur littéraire pour la Revue des deux Mondes- dans la revue Charles du printemps 2013 consacrée à SciencesPo.

Nonobstant le large consensus de centre-gauche qui règne parmi les étudiants foulant chaque jour le sol de la péniche, cette dernière en effet a pris l’habitude de recevoir la visite de quelques personnalités qui s’aventurent bien au-delà des frontières du spectre politique sciencepiste.

C’était le cas en 2012 de Marine Le Pen vociférant contre les “enfants de bourgeois” en train de la siffler devant l’amphi Boutmy ou d’Alain Finkelkraut tentant d’échapper tant bien que mal aux étudiants venus le chahuter lors d’une conférence en 2008.

Mais ce SciencesPo ouvert à tous les vents, aussi clivants et peu consensuels soient-ils, semble désormais engagé dans une voie bien différente.

 

Melenchon relégué au sous-sol d’un bâtiment annexe

Les difficultés éprouvées récemment par le Front de Gauche SciencesPo pour inviter Jean-Luc Mélenchon posent en tout cas certaines questions quant à la politique de l’administration.

Fin septembre, la section sciencepiste du FDG avait formulé une demande de réservation de l’amphithéâtre Boutmy : Jean Luc Mélenchon avait en effet accepté de venir à SciencesPo le 19 novembre à 19h15.

Or, cette demande avait été immédiatement refusée par la direction de la vie étudiante au motif que l’amphithéâtre Boutmy ne pouvait pas être réservé par une association politique. Un argument qui laisse perplexe sachant que l’UMP SciencesPo avait pu inviter sans aucun souci Nathalie Koscizusko Morizet en Boutmy le 13 novembre 2013. D’ailleurs, lorsque Nicolas Thomas, l’ancien président de la section avait “effectué la demande, l’administration ne m’ [lui] a posé aucun problème pour accéder à ma [sa] requête et réserver Boutmy” assure-t-il. Julien Palomo que nous avons interrogé dément toutefois avoir exposé cet argument auprès du Front de Gauche.

Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Thomas, l'ancien président de l'UMP SciencesPo, dans l'amphi Boutmy en novembre 2013. Credits : Pascal Legrand
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Thomas, l’ancien président de l’UMP SciencesPo, dans l’amphi Boutmy en novembre 2013. Credits : Pascal Legrand

 

Mélenchon a donc dans un premier temps été étrangement relégué dans l’amphithéâtre Chapsal. Pourtant, Pierre-Yves Cadalen, membre du bureau FDG, se disait “sûr de pouvoir remplir Boutmy avec un invité pareil, c’est dommage”.

Pas de Boutmy donc, et pas de Chapsal non plus au final. Julien Palomo a en en effet annoncé à Pierre-Yves Cadalen début novembre que Jean-Luc Mélenchon serait finalement déplacé au sous-sol du 13 rue de l’Université, dans l’amphithéâtre Jean Moulin.

La raison avancée était la venue de Jean-Yves Le Drian, l’évanescent ministre de la Défense, le même jour à la même heure  pour une conférence intitulée “Quels choix de défense dans un environnement budgétaire contraint ?” et réservée aux étudiants de l’Ecole des Affaires internationales. “Ca me semblait indigne de faire venir Mélenchon dans cette salle petite obscure donc on a préféré annuler la conférence” explique Pierre-Yves Cadalen.

L’invitation de Jean-Yves Le Drian par Ghassan Salamé, doyen de l’Ecole des Affaires internationales de Sciences Po le même jour et la même heure que Jean-Luc Mélenchon pose en effet question sur la volonté supposée de l’administration d’écarter Jean-Luc Mélenchon du 27. Julien Palomo s’en défend et explique que l’agenda chargé de M.Le Drian a poussé son cabinet à imposer ce créneau horaire là au dernier moment. Mais pourquoi ne pas avoir proposé une autre date au Front de Gauche ? M.Palomo assure que le planning de Boutmy était complètement plein toute la semaine, il n’y aurait apparemment pas un seul créneau horaire disponible. 

Eric Zemmour lors d'une séance de dédicaces du Suicide Français. Crédits : Europe1.
Eric Zemmour lors d’une séance de dédicaces du bucher des vaniteux. Crédits : Europe1.

 

Zemmour : l’administration dit non “pour des raisons de sécurité”

Mais surtout, le cas Mélenchon est loin d’être isolé. Critique de la Raison Européenne (CRE), l’association eurosceptique de l’école qui rassemble souverainistes de gauche et de droite, s’est récemment vue refuser l’organisation d’une conférence avec Eric Zemmour.

Grâce aux contacts d’une des militantes de l’association avec le polémiste, CRE avait obtenu l’accord de principe d’Eric Zemmour pour organiser une conférence qui aurait du avoir lieu la semaine du 24 novembre. L’attachée de presse de Zemmour chez Albin Michel, Isabelle Muller, avait même donné un accord définitif.

Mais lors d’une première visite de Nicolas Pouveau –le responsable de CRE SciencesPo cette année– au bureau de la vie étudiante la semaine du 13 octobre, ce dernier s’est vu imposer un certain nombre de conditions. Pas de dédicaces, pas d’auditoire composé de non-sciencepistes et surtout, pas de Zemmour comme seul et unique intervenant, sa venue devant prendre la forme d’un débat ou d’un échange à plusieurs voix.

L’économiste Jacques Généreux ayant donné son accord pour participer à l’évènement autour du thème “L’U.E : un suicide français ?”, Nicolas Pouvreau est revenu à la charge après les vacances de la Toussaint. Cette fois, le discours de Julien Palomo, responsable de la vie étudiante s’est avéré être beaucoup plus ferme : “pour des raisons de sécurité”, SciencesPo ne peut pas accepter l’organisation d’un tel évènement dans ses locaux. Rebelote la semaine suivante lorsque Raphaël Audoire et Davy Rodriguez, deux membres actifs de l’aile “gauche” du CRE- se sont déplacés une troisième fois au bureau de la vie étudiante.

Des cars de CRS boulevard St Germain pour le forum SciencesPoTV. Photographie : Guillaume Casel.
Des cars de CRS boulevard St Germain pour le forum SciencesPoTV. Photographie : Guillaume Casel.

Avant de conclure précipitamment à une décision d’ordre politique, il faut admettre que les “raisons de sécurité” invoquées par Julien Palomo sont le reflet de deux réalités objectives.

Premièrement, SciencesPo, à cause de l’éparpillement de ses bâtiments et de ses nombreuses ouvertures, est un établissement particulièrement peu sécurisé : la venue d’un intervenant comme Zemmour mobilise donc des moyens humains et financiers conséquents. « SciencesPo est au coeur d’un quartier avec des petites rues étroites, Boutmy a une grande baie vitrée, bref, ce n’est pas idéal en matière de sécurité.  SciencesPo est d’ailleurs obligé de payer un service de sécurité d’une société extérieure régulièrement » affirme Julien Palomo.

Deuxièmement, la médiatisation de l’établissement, sa position particulière, chaque événement potentiellement sensible peut facilement provoquer des mobilisations. Les échauffourées de l’an passé lors de la venue de Walleyrand St Just et de la (non) venue de Florian Philippot en sont la preuve. Et ces débordements ont tendance à sérieusement agacer les appariteurs, obligés une fois par semestre de s’improviser policiers anti-émeutes : cette grogne du côté des agents de sécurité n’est pas non plus étrangère à la réticence de SciencesPo de faire venir Eric Zemmour.

Nigel Farage, le leader d'UKIP
Nigel Farage, le leader d’UKIP

 

Une volonté de dé-politiser SciencesPo à l’oeuvre ?

Mais ces raisons techniques ne convainquent pas Davy Rodriguez. “Il est possible qu’il y ait une volonté politique d’empêcher les gens de s’exprimer, d’empêcher que le clivage ne s’exprime”. “Ces deux affaires qui interviennent en même temps nous paraissent symptomatiques d’un rétrécissement du champ des invités tolérés à Sciences Po.« ” ajoute Nicolas Pouvreau.

Car si “les raisons de sécurité” invoquées dans le cas de Zemmour peuvent paraître comme éventuellement légitimes, ce n’est absolument pas le cas de Nigel Farage, le leader d’UKIP, qui a accepté de venir à SciencesPo sur proposition d’Alexandre Loubet, actuellement en stage auprès d’EUDemocrats. Or, là aussi, l’administration ne se montre pas forcément très favorable à l’idée que Farage franchisse les grilles du 27 Rue Saint Guillaume, Julien Palomo ayant indiqué lundi 17 novembre à Nicolas Pouvreau que l’administration allait « étudier la question« . Sans s’avancer plus que ça.

Le britannique, libéral-conservateur farouchement eurosceptique,  ne dispose pourtant pas vraiment d’une notoriété exceptionnelle en France. “ »Zemmour est peut-être quelqu’un de très clivant dans le contexte actuel. Mais Farage, lui, est beaucoup moins médiatisé en France. Pas sûr que les habituels trouble-fête se mobilisent…« ” affirme Nicolas Pouvreau.

Pour Nicolas Pouvreau, ce contrôle drastique des invités n’est pas à mettre au passif de la direction de la vie étudiante : “cela ne vient pas des responsables de la vie étudiante, qui restent toujours aussi disponibles et ouverts. Dans le cas Zemmour, le veto ne venait à mon avis absolument pas de Julien Palomo, même s’il fut obligé d’assumer cette décision devant nous”. Même son de cloche du côté de Davy Rodriguez : “je n’ai rien à reprocher à Palomo, il fait son boulot plus qu’honnêtement”.

Ibraymi
Un appariteur devant l’amphi Boutmy pendant le forum des municipales. Photographie : Amal Ibraymi.

Plus qu’une réticence de la direction d’inviter des personnalités qui s’éloignent du corps doctrinal de SciencesPo, ces trois « affaires » témoignent plutôt d’une volonté d’éviter les remous qu’a pu connaître SciencesPo dans le passé. « Il y a une lassitude générale parmi le personnel à l’idée que chaque événement puisse créer une atmosphère électrique » affirme Julien Palomo, qui assure avoir reçu plusieurs mails d’étudiants excédés parce qu’ils n’avaient pas pu entrer dans l’établissement lors du blocage de l’entrée du 27 pour le forum SciencesPo TV notamment.

Les étudiants seraient en réalité de moins en moins politisés, et l’administration n’aurait pas vraiment envie de « sortir l’artillerie lourde pour assurer la bonne tenue d’une conférence à laquelle cent personnes vont assister au détriment de tout une communauté » ajoute Julien Palomo.

Le refus d’inviter Eric Zemmour à SciencesPo apparaît au fond comme une nouvelle étape dans la business-schoolisation de l’école. Eviter le clivage et les incidents à tout prix pour cultiver une image aseptisée et dépolitisée, tel semble être le mot d’ordre de ces orientations.

Quitte à donner l’impression que l’Institut d’Etudes POLITIQUES de Paris cherche plus à prendre exemple sur l’IPAG des années 2010 que sur la Sorbonne des années 60. Ce serait porter atteinte à l’essence même de l’école : la plupart des sciencepistes n’ont pas candidaté à l’école des sciences politiques pour vivre à l’écart de la politique. Ils ont en partie candidaté pour entendre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour.

 

NB : article repris sur la page Facebook de Jean-Luc Mélenchon

 

]]>
https://www.lapeniche.net/zemmour-et-melenchon-des-invites-juges-indesirables-a-sciencespo/feed/ 19
Les femmes à SciencesPo, le réveil politique et associatif https://www.lapeniche.net/les-femmes-a-sciencespo-le-reveil-politique-et-associatif/ https://www.lapeniche.net/les-femmes-a-sciencespo-le-reveil-politique-et-associatif/#comments Wed, 29 Oct 2014 07:40:33 +0000 http://lapeniche.net/?p=23435 « Les femmes, c’est normal qu’elles ne fassent pas de politique. C’est un boulot prenant. Qui serait là pour éduquer les enfants ? ». Dit et entendu à Sciences Po puis retranscrit dans le cahier de doléances de l’UNEF mis en place l’an passé pour la journée de la femme. Ca vous étonne ?

Nous connaissons tous aujourd’hui le Sciences Po de la diversité, mais qu’en est il du Sciences Po de l’égalité ? Avec une majorité d’étudiantes féminines sur ses bancs, on pourrait penser que Sciences Po bouscule les idées reçues sur la place de la femme dans les hautes carrières administratives et politiques. Et pourtant, Sciences Po semble, comme bien ailleurs, reproduire les écueils de la société en matière de parité.

1919: entrée des femmes à Sciences Po
1919: entrée des femmes à Sciences Po

 

Dans les sections politiques, les femmes prennent le pouvoir 

Ainsi, côté politique, il semble qu’il y ait encore beaucoup à faire pour la parité dans les partis. Composés majoritairement d’effectifs masculins, les principaux partis politiques présents à l’IEP comptent peu de militantes, 30% seulement à l’UMP Sciences Po d’après le vice-président du parti Camille Chevalier.

Cette année à l’UMP Sciences Po, les quatre postes à la tête de la section sont d’ailleurs occupés par des hommes. Pour Camille Chevalier, l’un des trois vice-présidents, cette situation n’est la conséquence d’un manque de volonté ou d’un sexisme quelconque, mais bien le résultat du principe démocratique de méritocratie : « nous pensons que toutes les places de responsabilité doivent être pourvues par les personnes les plus méritantes, motivées et travailleuses sans considérations biologiques et sociales. Nous nous opposons à l’instauration de quotas de parité qui constituent en un nivellement vers le bas et ne rendent service à personne. Les quotas étiquettent les personnes qui en profitent comme « assistées, moins méritantes » et dévalorisent donc leur action ; et privent les plus méritants de l’accès aux postes de responsabilité, ce qui ne correspond pas à nos valeurs »

Le constat d’une inégale répartition des postes à responsabilité entre hommes et femmes au sein des partis à Sciences Po est frappant, et, tout comme l’UMP, le PS n’échappait pas à la règle… jusqu’à cette année ! En effet, c’est une jeune femme, Manon Chonavel, qui a tout récemment été élue secrétaire de section au PS, aux côtés de son trésorier Paul Bonmartin. Les postes statuaires au PS Sciences po sont paritaires cette année, tout comme le bureau.

Affiche de campagne de la section PS Sciences Po
Affiche de campagne de la section PS Sciences Po

Malgré un retard persistant en matière de parité en politique, force est donc de constater que quelques changements sont en marche à Sciences Po. L’année dernière, le bureau de l’UMP comptait ainsi deux étudiantes, Diane Kercker-Mourgues et V. L., aux postes de vice-présidentes. Du côté du PS, l’accent a été mis sur une meilleure maitrise du temps de parole lors des Assemblées Générales ou au cours de formations de prises de parole en public.

On peut également souligner cette année l’élection d’une seconde femme au poste de Présidente de parti : il s’agit de Marine Denis, à la tête de l’UDI. Entrée en tant que Secrétaire générale à la création de la section UDI à Sciences Po, cette dernière a progressivement su se faire sa place au sein du parti. Toutefois cela n’a pas toujours été sans difficultés, et elle regrette aujourd’hui que la nomination d’une femme à la tête d’un parti politique soit encore et toujours source d’étonnement. Selon elle, « la question de la parité ne doit plus uniquement être abordée du côté des femmes, mais aussi et surtout à travers les mentalités et les comportements masculins. »

 

Politiqu’elles, association féministe phare à Sciences Po

Qui n’a pas encore aperçu les tracts et affiches de Politiqu’elles en Péniche ? Créée en 2013 par Fatima El Ouasdi,  Alice Liogier et Alexandre Larnicol, Politiqu’elles est une association féministe citoyenne, qui agit pour la promotion des femmes dans la vie politique, et qui, seconde au classement, a d’ailleurs brille ment été reconnue début octobre.

L'équipe de Politiqu'elles pour l'année 2014-2015
L’équipe de Politiqu’elles pour l’année 2014-2015

Ce qui a poussé Fatima El Ouasdi à créer Politiqu’elles, c’est avant tout « des petites choses du quotidien » explique t-elle. Des petites choses, qui, agrégées ensemble, ont éveillé en elle un sentiment de malaise vis à vis de la position des femmes à Sciences Po. Pourquoi n’y a t’il pas de de Présidente du BDE ? Pourquoi cette amère sensation du pouvoir conjugué uniquement au masculin dans les partis politique ? Nombreuses sont pourtant les étudiantes à savoir se distinguer par le verbe rue Saint Guillaume.

L’objectif de Politiqu’elles est de créer un réseau de jeunes et d’ouvrir un dialogue le plus large possible autour du rôle des femmes dans l’univers politique. L’initiative est innovante et comme le rappelle Fatima El Ouasdi : « il faut changer les mentalités, mais par la force de l’esprit. »

Côté associatif, le vent du changement souffle donc sur Sciences Po ! Un bel exemple : l’année dernière et après trois années consécutives de victoires masculines, le prix Philippe Seguin pour les arts oratoires a été remis à Irina Kratz, qui a su prouver que l’éloquence n’est pas qu’une affaire d’hommes.

 

La parité au coeur de l’enseignement

Sur un tel débat de société qu’est l’égalité des sexes, Sciences Po se veut en avance sur nombre d’établissements de l’enseignement supérieur. Toutefois, l’égalité des sexes n’a pas toujours été d’une telle évidence à Sciences Po. Il a fallu attendre 1919, soit 47 ans après la création de l’Ecole libre, pour voir les premières femmes franchir les portes de l’école. Du côté des enseignants, c’est seulement en 1941 que la première, et unique enseignante jusqu’en 1968, Suzanne Bastide, accède à la chair de Sciences Po. Aujourd’hui, Sciences Po peut se vanter de compter parmi ses étudiants près de 60% de femmes.

Présence de Najat Vallaud Belkacem à Sciences Po à l'occasion d'une conférence sur la parité en 2012
Présence de Najat Vallaud Belkacem à Sciences Po à l’occasion d’une conférence sur la parité en 2012

La question de la parité reste en effet centrale au sein de l’IEP, et les enseignements proposés aux étudiants sont les premiers à le démontrer. En partenariat avec l’OFCE, Sciences Po développe depuis 2010 un programme pluridisciplinaire de recherche et d’enseignements autour de la question du genre.

De plus, dès la deuxième année du cursus universitaire et tout au long de leur master, les étudiants sont invités à assister à des cours électifs d’économie, de sociologie ou de droit centrés sur la question du rôle et de la place de l’homme et de la femme dans notre monde contemporain: «Initiation aux problématiques de genre à travers l’histoire de l’émancipation des femmes et des féminismes », le cours de Clémentine Autain, en est un très bel exemple. Enfin, on peut également souligner la création d’un poste de référent égalité femmes-hommes en mai dernier dans l’administration.

Nombreuses sont les questions qui restent encore à être posées sur l’épineuse question de la parité: quelles perspectives de carrières pour hommes et femmes ? Pour quelles différences de salaire ? Quelle place pour les hommes et les femmes dans l’enseignement et l’administration à la sortie de l’école ?

Si l’heure a longtemps été à la réflexion, aujourd’hui c’est l’action qui est de mise. Mesdemoiselles, pour vous, un seul mot d’ordre : osez ! Et pour vous, Messieurs, il me semble que l’on cherche encore des effectifs masculins chez les PomPoms…

]]>
https://www.lapeniche.net/les-femmes-a-sciencespo-le-reveil-politique-et-associatif/feed/ 10
Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à être candidat en 2017 ? https://www.lapeniche.net/nicolas-sarkozy-parviendra-t-il-a-etre-candidat-en-2017/ https://www.lapeniche.net/nicolas-sarkozy-parviendra-t-il-a-etre-candidat-en-2017/#comments Tue, 07 Oct 2014 11:58:37 +0000 http://lapeniche.net/?p=22915 maxfaf
Alex Baptiste Joubert et Camille Chevalier, vice-président de l’UMP SciencesPo. Photographie : Maximilien Bouchet

« Le patron ». Voilà comment les militants et sympathisants sarkozystes surnomment parfois leur grand gourou, a mi-chemin entre fascination et culte de la personnalité. Pour autant, si une part importante des sympathisants UMP désire actuellement voir Nicolas Sarkozy gouverner le parti et se positionner en candidat pour la présidentielle de 2017, quelques poids ralentissent son fameux coup de pédale.

A commencer par les conflits à répétition entre juppéistes, coppéistes et fillonnistes, détériorant véritablement le climat stable si nécessaire à l’UMP ; en cause, notamment, la polémique sur la primaire ouverte en 2017 qui pourrait se voir abandonnée. De plus, les bien nombreuses « affaires » jalonnent le chemin parcouru par l’ancien président : l’affaire des écoutes, le supposé financement libyen de la campagne de 2007, l’affaire Bygmalion, l’affaire Tapie, Karachi etc. Pour l’heure, la reconquête que convoite ardemment Nicolas Sarkozy devra nécessairement passer par un renforcement de sa crédibilité. Alors, Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à être candidat en 2017 ?

 

Sarkozy a raté son retour et son avance va s’effondrer

par Alex Baptiste Joubert, rédac’ chef de La Péniche

.

Avant toute chose, précisons que la question qui est posée ici n’est pas de savoir si le retour de Nicolas Sarkozy est une bonne ou une mauvaise chose. La question nous invite à nous prononcer objectivement, au-delà de tout préférence partisane, sur la probabilité de voir Nicolas Sarkozy être le  candidat de la droite républicaine au premier tour des prochaines élections présidentielles.

Or, contrairement à Camille Chevalier, je ne pense pas que l’ancien président de la républicaine soit en position d’obtenir cette investiture aujourd’hui. Je pense même que cette position va se dégrader d’ici la tenue des primaires qui auront lieu en 2016, c’est à dire dans deux ans.

 

Sarkozy a raté son retour et se retrouve dans une position délicate

Deux ans, c’est un siècle. Dans deux ans, l’UMP n’existera d’ailleurs peut-être plus. Il serait ainsi bien malaisé d’avoir des certitudes trop affirmées sur l’état du paysage politique français à l’horizon 2016. A une exception près : pour être investi candidat, pour battre François Fillon et Alain Juppé, Nicolas Sarkozy devra très certainement remporter des primaires ouvertes.

Son retour n’ayant pas été le vol d’Aigle espéré et les grognards fillonistes et juppéistes ne s’étant pas soumis comme le 5ème régime d’infanterie à Laffrey, Nicolas Sarkozy n’aura pas le droit à un retour triomphal de l’île d’Elbe. Il n’a pas réussi à revenir en messie, et de ce point de vue là, c’est un retour qui a le goût de l’échec.

Nicolas Sarkozy sera très probablement élu président de l’UMP, certes. Mais au vu de son retour décevant, de la dynamique de campagne de Bruno Le Maire et de la résistance de bon nombre de barons, son avance risque d’être insuffisante pour avoir la stature lui permettant d’annuler les primaires comme François Baroin l’a suggéré la semaine passée.

Or, dans la perspective de ces primaires de l’opposition ouvertes à tous les sympathisants de droite, Nicolas Sarkozy n’est pas en bonne position. Selon un sondage Harris Interactive pour LCP publié le 11 septembre, il est crédité de 37% d’intentions de vote chez les sympathisants de droite. 37%, c’est autant qu’Alain Juppé.

 

Il ne peut que s’effondrer d’ici 2016

Nicolas Sarkozy ferait donc aujourd’hui jeu égal avec Alain Juppé en vue de la primaire de l’opposition. On est loin de la position du candidat naturel et pour le prétendu messie Sarkozy, la campagne des primaires risque d’être avant tout un long chemin de croix. Il y a tout d’abord la question des affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est impliqué et qui ne manqueront pas de plomber sa campagne.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy ne bénéficiera plus de l’effet d’attente et d’éloignement dont il a savamment pu profiter depuis mai 2012. La présidence de l’UMP va lui imposer un retour aux réalités de la politique politicienne qui peut lui porter préjudice. L’ancien président de la république qui prend soin de distiller ses interventions et dont la parole se fait rare était nettement plus populaire que le futur chef de parti d’opposition.

Enfin, pour palier ces deux failles, pour éviter de perdre du terrain sur Alain Juppé, Nicolas Sarkozy pourrait théoriquement compter sur son meilleur atout, c’est à dire lui-même et son énergie. D’aucuns me diront qu’il saura bénéficier de l’incroyable engouement charismatique qu’il sait susciter et qu’on lui reconnaît à gauche comme à droite.

Mais le monstre de campagne qui est passé près d’une “remontada” hors du commun en 2012 est-il l’ancien président de la république aux cheveux grisonnants que l’on a vu s’adresser sans beaucoup de verve à Laurent Delahousse il y a quinze jours ? “« Le «tigre» Nicolas Sarkozy prépare son retour », titrait il y a peu Le Figaro. C’est un chat d’appartement, les griffes coupées, que nous avons vu.”. C’est Laurent de Boissieu qui le dit, et on ne peut pas faire meilleur constat.

.

brasse
Crédits : Paris Match

 

Sarkozy prêt pour les trois nages qui l’attendent

par Camille Chevalier, vice-président de l’UMP SciencesPo

.

Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat en 2017, parce qu’il est un politicien/sportif surentraîné, habitué aux compétitions.

Après son retour en politique annoncé sur Facebook et par interview télévisée sur France 2, Nicolas Sarkozy se présente à la tête de notre famille politique. La question de sa candidature en 2017 fait peu de doute mais elle mérite qu’on s’y intéresse. Plusieurs obstacles pourraient en effet bloquer son accession à l’élection présidentielle mais il se prépare depuis l’été 2012 à trois grandes épreuves :

 

Les 50 mètres brasse ou l’obstacle des élections internes en 2014

C’est la première épreuve à surmonter. Il doit se plier aux règles établies et dispose de peu de temps. Alors que ses deux adversaires s’y préparent depuis quelques mois, l’ancien Président entre dans la course sans échauffement. Pourtant, 8,5 millions de téléspectateurs étaient présents dimanche 22 septembre au 20h de Laurent Delahousse pour regarder son départ en live.

C’est une course éprouvante et à enjeu très important puisqu’il doit convaincre les militants UMP qu’il est la bonne personne pour diriger notre mouvement. Il connaît les campagnes politiques et les meetings : il s’est entouré d’une équipe de jeunes et apparaît comme renouvelé.

De plus, il jouit d’une médiatisation plus importante que ses deux adversaires. Nicolas Sarkozy est de loin la personnalité que les sympathisants UMP (68%) souhaitent pour diriger le parti, devant Bruno Le Maire (18%) et Hervé Mariton (1%) selon un sondage publié par le Journal du dimanche (Ifop – dimanche 5 octobre).  Il a deux fois plus de parrainages d’adhérents et de parlementaires que les autres et devrait remporter cette petite course haut la main.

 

Les 10 km en eau libre ou l’obstacle de la crédibilité entre 2014 et 2016

Le plus grand risque dans cette longue période de deux ans est l’essoufflement. Il doit utiliser ses atouts pour réussir sa présidence de l’UMP. D’abord, grâce à sa victoire éclatante à la première course il aura l’autorité nécessaire pour placer ses fidèles aux postes de commande, moderniser les structures de notre parti et taire les voix discordantes. L’UMP paraîtra véritablement rassemblée. Cette union contrastera avec les clivages grandissants de la Gauche divisée entre socio-démocrates et Frondeurs.

A côté, l’ancien Président pourra s’appuyer sur des intellectuels divers, des jeunes, des think-tanks : il proposera aux primaires ouvertes de 2016 un programme novateur et convaincant aux yeux des Français. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a déjà commencé à développer des thématiques nouvelles lors de ses meetings (sur le gaz de schiste par exemple).

Enfin, l’omniprésence médiatique montre bien que sa parole présidentielle est toujours écoutée (plus que celle de tous ses concurrents) : il restera la seule voix qui porte au niveau national et mondial. Les affaires judiciaires qui le poursuivent relayées (à tort, exemple du faux document de Médiapart sur le financement libyen) par tous les médias ne l’empêcheront pas de se présenter  aux élections successives.

 

Le relais 4×100 mètres nage libre ou l’obstacle des primaires ouvertes en 2016

C’est l’épreuve la plus dangereuse pour Nicolas Sarkozy avant l’accès à la candidature présidentielle. Mais il réussira à rassembler autour de lui les principaux ténors de l’UMP. Il proposera son programme original aux Français et réussira à s’imposer en principal adversaire de la Gauche et du Front national. Il gardera une portée médiatique supérieure de très loin à celle de ses futurs concurrents Alain Juppé, Bruno Le Maire ou François Fillon. De plus, ce sera le seul à pouvoir réconcilier les différentes ailes de notre parti (de la Droite populaire à la France Droite de NKM) comme il réussit à le faire depuis 2004.

Auréolé des victoires dans ces trois courses différentes, Nicolas Sarkozy pourra mettre le cap vers les élections présidentielles de 2017.

. [poll id= »15″] . [poll id= »16″]

]]>
https://www.lapeniche.net/nicolas-sarkozy-parviendra-t-il-a-etre-candidat-en-2017/feed/ 3
Droite de la droite à SciencesPo: qui sont-ils? https://www.lapeniche.net/droite-de-la-droite-a-sciencespo-qui-sont-ils/ https://www.lapeniche.net/droite-de-la-droite-a-sciencespo-qui-sont-ils/#comments Tue, 16 Sep 2014 22:18:34 +0000 http://lapeniche.net/?p=21816 Stevens01
La manif’ pour tous à Paris. Photographie : Hugo Stevens

« Je me rappelle d’une rencontre avec Dominique Reynié, sur l’avenir de la droite en France. En nous raccompagnant à la porte de son bureau, il me mit la main sur l’épaule et me dit : ‘’je ne me fais pas de souci pour vos idées, vous êtes à Sciences Po, vous êtes donc évidemment libéral et pour l’Union européenne.’’ J’étais sidéré. »

Comme le souligne  François*, étudiant en 3A à SciencesPo – et « patriote avant tout » selon ses mots –, la tendance « nationale » et eurosceptique n’est pas celle à laquelle on pense spontanément lorsqu’on évoque les orientations politiques majoritaires des étudiants de Sciences Po. Ce courant existe pourtant au 27 Rue Saint-Guillaume, à mi-chemin entre une UMP plutôt « droite populaire » et la tendance « gaulliste et souverainiste » revendiquée par Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot.

Qui sont ces étudiants parfois classés à la droite de la droite, qui souvent rejettent cette distinction droite-gauche ? Combien sont-ils ? Sont-ils atomisés ou bien réunis dans des associations ? Qu’est-ce qui les rassemble et quelles sont leurs différences ? Quels sont leurs projets ? Radiographie d’une tendance méconnue à Sciences Po, qui souvent intrigue et ne manque jamais de faire réagir.

.

A CRE, des souverainistes de droite (mais aussi de gauche)

1
Alexandre Loubet, fondateur de l’association Critique de la raison européenne

Celui qui cherche des souverainistes de droite à Sciences Po en trouvera au sein de l’association Critique de la raison européenne (CRE). Créée et reconnue à la rentrée 2013, cette association regroupe une vingtaine de sciences pistes « radicalement opposés à l’Union européenne telle qu’elle existe actuellement. »

Elle a d’ailleurs organisé en mars 2014 un débat avec les économistes Jacques Sapir et André Grjebine sur le thème « Peut-on encore sauver l’euro ? »

A titre personnel, son fondateur, Alexandre Loubet, est adhérent à Debout la République (DLR), le parti gaulliste de Nicolas Dupont-Aignan, pour lequel il a rédigé des notes pendant la campagne des européennes. Actuellement en 3A,  il est à Bruxelles pour un stage auprès d’un parti européen eurosceptique (EUD), auquel est associé Debout la République, et proche de l’UKIP de Nigel Farrage, arrivé en tête aux dernières élections européennes au Royaume-Uni.

Mais Alexandre précise d’emblée que CRE est « transpartisane » et qu’elle regroupe aussi des souverainistes de gauche, à l’image de son autre fondateur, Damien Le Gallo, proche du MRC de Chevènement. L’objectif de cette association est clair : « il s’agit exclusivement, au sein du milieu universitaire, de dénoncer l’UE telle qu’elle est, et de faire vivre un débat à ce propos – avec les fédéralistes d’ailleurs -, car c’est souvent un sujet tabou. »

Deuxième précision d’Alexandre : « nous sommes eurosceptiques et non pas europhobes, c’est-à-dire que nous sommes contre l’Union européenne et ses institutions antidémocratiques, mais pas contre l’Europe. La plupart des membres de CRE est favorable à des coopérations entre les Etats, comme celles qui ont permis les projets Ariane et Airbus. Même si notre asso n’a pas pour but de proposer un programme politique, c’est une Europe des projets et des Nations que nous voulons majoritairement. »

.

France Po : faire exister le patriotisme français à Sciences Po

fracncepo
Le logo de l’association FrancePo

Du côté des souverainistes tendance « patriotes », il existe France Po. Cette « association science piste ayant pour objectif d‘établir une réflexion sur la France, sa culture, son histoire, son avenir » n’a pas été reconnue en octobre 2013 (60 voix obtenues, alors que le double est nécessaire). Cela n’a toutefois pas empêché ses fondateurs, Thomas Pellet et Benjamin*, d’inviter des historiens comme Arnaud Teyssier ou Jean Sévillia. « Être français, d’hier à aujourd’hui », « La république, notre royaume de France » : le libellé des conférences indique clairement que l’histoire française et l’identité nationale sont les sujets qui intéressent l’association.

«  Nous avons créé France Po car nous avons constaté qu’il y avait à Sciences Po des associations sur la Colombie, le Guatemala, la Russie, la Bretagne, mais pas sur la France. » Parfois moqués, attaqués et assimilés à l’extrême droite, comme sur les ondes de Radio Sciences Po fin 2013, Benjamin et Thomas déplorent que « le patriotisme, en France, (soit) vu comme synonyme de fermeture. »

L’association est apartisane selon ses fondateurs : « nous invitons des personnalités de tous bords, dès lors qu’elles ont des choses intéressantes à dire. » Pour preuve, ils citent la conférence de Patrick Weil, ancien membre du PS et spécialiste des questions de nationalité et d’immigration.

Mais si leur ambition est de « débattre librement par delà droite et gauche »,  le public des conférences est très majoritairement de droite. A l’image de Thomas et Benjamin qui, cependant, contestent le clivage droite/gauche. A titre personnel, Benjamin se qualifie de gaulliste :  «je veux des frontières et je suis contre le libéralisme et le laisser-fairisme. » De son côté, pour se définir, Thomas dit  « porter un regard critique sur l’héritage politique des Lumières et de la Révolution française. »

Tous deux sont contre le mariage pour tous et contre l’UE, « antipolitique et libérale, car elle affirme le primat de l’individu et de l’économie sur le politique et sur toute forme de communauté, comme la communauté nationale par exemple. » « Mais ces points de vus individuels n’engagent pas l’association, qui ne se place pas sur les thématiques sociétales », indiquent-ils.

.

Opposition au mariage homosexuel : poursuivre et étendre la mobilisation autour des questions de société

bauer
Nicolas Bauer aux côtés de Béatrice Bourges durant la Queer Week

François et Nicolas Bauer sont eux aussi en 3A. Le premier est à l’UMP (depuis 10 ans), le deuxième l’a été. Adhérent de l’UMP en terminale, Nicolas Bauer a en effet été déçu par son parti et « révolté par les drapeaux étrangers place de la Concorde, après l’élection de Hollande ». Sensible aux questions de société comme la famille et la “théorie du genre”, il est connu pour son engagement au sein de la Manif pour tous et pour avoir invité Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français, lors de la conférence de clôture de la Queer Week, le 28 mars 2014 à Sciences Po, provoquant une très forte agitation amphi Caquot et de nombreuses réactions. « J’ai rencontré Béatrice Bourges dans les manifs contre la loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe. Elle a réussi à poursuivre le mouvement malgré le vote de la loi, autour d’une dénonciation plus globale du gouvernement, des dérives de la mondialisation libérale-libertaire et de l’UE. » affirme-t-il.

L’UE, encore et toujours, cheval de bataille de tous ceux que nous avons rencontrés. Et les questions de société à l’image du mariage pour tous, marqueur politique, catalyseur d’une alliance des droites contre le gouvernement socialiste : « Depuis la Manif pour Tous s’organise un contre-Mai 68 dans les élites et la classe politique ; le projet de loi Taubira a été une source de motivation, d’énergie. » Il faut dire que les manifestations contre le mariage pour tous ont été l’occasion pour les droites de se retrouver autour de l’opposition à la loi Taubira, de Jean-François Copé à Marion Maréchal-Le Pen, en passant par Christine Boutin.

Nicolas Bauer de poursuivre: « le mariage pour tous et la Queer Week à Sciences Po ont provoqué la réaction de gens qui se croyaient seuls, atomisés. Il suffit de voir le nombre de personnes qui nous ont envoyé des messages de soutien après la Queer Week et après la violence dont a été victime Béatrice Bourges. A présent, le but est de rassembler ces personnes dans un même lieu, dans une même association. »

A titre individuel, Nicolas et François condamnent « le politiquement correct », et veulent retrouver dans l’UMP le RPR des années 90, offensif sur les questions de société comme l’immigration, la sécurité et la famille, « à la différence des dirigeants actuels de l’UMP, tièdes et centristes, alors que les électeurs et les militants sont de droite. »

Ils se disent d’ailleurs personnellement favorables à l’immigration choisie et à la préférence nationale (mesure phare du programme du FN, c’est le fait d’inciter les entreprises, Pôle emploi et les commissions d’attribution des HLM à choisir en priorité des personnes ayant la nationalité française, à compétences ou situations égales, NDLR). Selon François, « beaucoup de gens à l’UMP sont pour la préférence nationale. C’est un élément patriotique incontournable pour réussir l’assimilation républicaine. »

. 

Des tendances regroupées dans une seule association ?

Ce sont surtout des différences de degré ou d’objectifs qui distinguent ces étudiants. Par exemple, Alexandre Loubet du CRE a envisagé au départ de faire une association avec France Po, mais leurs buts divergeaient : la dénonciation de l’UE exclusivement d’un côté, la promotion de la culture française de l’autre. Avec, des deux côtés, un refus de se positionner sur les questions sociétales, contrairement à François et Nicolas Bauer. Critique de la Raison Européenne et France Po continueront ainsi de vivre de façon autonome.

L’année prochaine, CRE déposera des statuts nationalement (et aura donc un bureau national) et sera présente dans cinq universités : Sciences Po Paris, Paris I, l’Institut Catholique de Paris, l’Université de Strasbourg et l’IEP de Strasbourg. L’association restera transpartisane : « elle réunira des étudiants non encartés ou issus de différents partis politiques, comme le Parti de gauche de Mélenchon, le MRC de Chevènement, Debout la République, et, individuellement, des sciences pistes de l’UMP Sciences Po. » S’ils se divisent sur les questions de politique nationale, leur socle commun est bien l’euroscepticisme et le souverainisme.

Du côté de France Po, « l’asso va être mis en veilleuse pendant un an », du fait du départ à l’étranger de ses fondateurs. Ils préviennent pourtant : « l’association revient l’année prochaine avec un programme déjà très chargé. »

Mais les points communs de ces différentes sensibilités, comme nous l’avons vu, sont plus nombreux. Tous les étudiants rencontrés sont opposés à l’UE et ses institutions (mais pas à l’idée d’Europe, qu’ils différencient). Tous insistent sur le rôle de la politique, et du politique, face à la prééminence de l’économie et aux transferts de souveraineté, qui rendent les politiques « gestionnaires » (Benjamin et Thomas) voire « démissionnaires » (Nicolas Bauer). « Nous sommes de ceux qui croient encore que le politique doit primer sur l’économie. Nous défendons un volontarisme politique qui ne soit ni de droite ni de gauche », explique Benjamin de France Po. La plupart renvoient UMP et PS dos à dos, et déclarent que ce clivage est sinon obsolète, du moins un « enfumage », une escroquerie politique entretenue par les débats de société comme celui du mariage pour tous, « alors que ces partis sont d’accord sur l’immigration, l’UE, la mondialisation, l’économie et le libre-échange. ». Tous pensent également qu’on doit considérer le FN comme un parti comme les autres.

C’est en raison de ces similitudes que François et Nicolas Bauer appellent de leurs voeux une recomposition des droites « autour des valeurs de famille et de souveraineté nationale. » Mais comment se traduira ce rassemblement ? « Dans une nouvelle association ou à travers une entité déjà existante. » Leur objectif global est de « sortir d’une logique comptable et rationnelle d’experts afin de lutter contre le désenchantement. » François détaille : « Nous voulons nous pencher sur les débats de société, organiser des conférences en ouvrant les débats aux questions religieuses, avec des intellectuels, des philosophes. ».

Leur objectif est d’abord de rassembler les droites, y compris des sympathisants du parti de Marine Le Pen, pour Nicolas. Ce « pôle des droites » irait donc de la droite de l’UMP au FN tendance Philippot pour le souverainisme, en passant par le parti de Dupont-Aignan, le parti de Boutin, et la droite identitaire version Jacques Bompard. A terme (dans deux ans), il s’agit de faire cohabiter « trois tendances qui se rejoignent, de façon apartisane et non sectaire (car il existe des souverainistes de droite comme de gauche), mais pas apolitique. En dépassant le traditionnel clivage gauche-droite, tous ceux qui partagent nos idées mais ne se reconnaissent pas dans un parti politique défini sauront qu’ils sont les bienvenus. »

Quelles seraient ces trois tendances, qui pourraient se décliner en commissions au sein de l’asso ? « 1- Patriotisme, promotion des valeurs et des traditions françaises, notamment auprès des étudiants en échange. 2-   Souverainisme, critique de l’Union Européenne. 3-    Défense d’une justice du côté des victimes, défense de la famille, observatoire de la théorie du genre. »

En somme une association qui regrouperait France Po et Critique de la Raison Européenne, le tout teinté des préoccupations sociétales de la Manif pour Tous et du Printemps Français. Cette synthèse a-t-elle des chances d’aboutir ? « Nous sommes déjà une quarantaine – dont la majorité à Sciences Po – autour de ce projet », nous confie Nicolas Bauer.

*le prénom a été changé

Screenshot 2015-04-11 at 16.23.44Dans la même catégorie : « Comment les juppéistes préparent la primaire à Sciences Po«   Dans les journaux, dans les radios, sur les plateaux, il est partout. Depuis la rentrée, ce que les médias ont baptisé la « Juppémania » envahit les rédactions et les conversations. Phénomène de mode ou réel élan politique, le nom de l’ancien premier ministre est sur toutes les lèvres. Et à SciencesPo aussi … Lire la suite.

]]>
https://www.lapeniche.net/droite-de-la-droite-a-sciencespo-qui-sont-ils/feed/ 13
Les 5 points à retenir de la conférence de NKM https://www.lapeniche.net/les-5-points-a-retenir-de-la-conference-de-nkm/ https://www.lapeniche.net/les-5-points-a-retenir-de-la-conference-de-nkm/#comments Thu, 14 Nov 2013 18:45:08 +0000 http://lapeniche.net/?p=14082 Pascal Legrand - http://www.flickr.com/photos/nk_m/sets/72157637664931506/
Nathalie Kosciusko-Morizet dans l’amphithéâtre Boutmy le 13 novembre 2013

Nathalie Kosciusko-Morizet était hier soir invitée par l’UMP SciencesPo dans l’amphithéâtre Boutmy.  Ancienne ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, actuelle députée de l’Essonne et candidate à la mairie de Paris,  elle donnait une conférence intitulée « Quelle droite pour demain ? ».

La Peniche a récapitulé les 5 points essentiels de son intervention, pour toi, mauvais sciencepiste qui contrairement à ce que tout étudiant de la Rue St Guillaume devrait faire naturellement (d’autant que tu l’avais promis à ton oral), n’est pas passionné par la politique, ne petit déjeune pas devant les replays de C dans l’air et préfère franchement aller aux cafés concerts du BDA qu’assister à un meeting d’Anne Hidalgo.

 

1. A Sciences Po, NKM n’arrivait pas en terrain conquis

NKM n’était pas forcément la bienvenue en plein cœur de ce véritable bastion ouvriériste que constitue le 7ème arrondissement, ce dernier ilot d’authentiques et irréductibles prolétaires qui résistent avec ardeur contre la gentrification  et où la classe populaire avait plébiscité avec près de 71% des suffrages Nicolas Sarkozy au deuxième tour des dernières élections présidentielles.

Plus sérieusement ;  dans une école où avouer sa fibre copeiste est aussi mal vu que faire son coming out en plein conclave, la candidate UMP à la mairie de Paris n’arrivait pas forcément en terrain conquis, d’autant qu’elle n’a pas forcément de très bons souvenirs à Sciences Po.

En avril 2012, pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy lui avait délégué le soin de venir visiter notre charmant et hospitalier IEP dans le cadre du forum ELLE, qui avait invité l’ensemble des candidats à la présidentielle (oui, oui, même Nathalie Arthaud). NKM -qui était alors la porte-parole de la campagne du président sortant- n’avait pu rester qu’une dizaine de minutes, le temps d’essuyer de nombreux quolibets, une intervention sauvage de quelques féministes émoustillées du collectif « La Barbe »  et de dénoncer le « traquenard » dont elle avait été victime en amphi Boutmy.

Hier soir, les retrouvailles ont été moins conflictuelles sans être vraiment chaleureuses, malgré un applaudissement inexpliqué soudain venu tout droit des premiers rangs UMPistes après une question sur les rythmes scolaires. La candidate à la mairie de Paris a dû faire face à quelques questions peu cordiales, notamment celle posée par une responsable de l’UNEF  insinuant que le financement du projet qu’elle défendait ne pouvait pas conduire aux baisses des dépenses publiques promises sans « payer les fonctionnaires comme des esclaves ».

 

2. NKM n’est pas venue pour parler d’autre chose que des municipales

NKM était clairement venue dans l’optique de faire campagne : pas question de disserter longtemps sur d’ataviques querelles idéologiques et conceptuelles concernant l’avenir de la droite en France sans digresser abondamment sur la mairie de Paris. Dès les cinq premières minutes, elle glisse non sans sous-entendu en évoquant la politique locale qu’elle «espère qu’on y viendra tout à l’heure ».

Avant que le modérateur de l’UMP affublé de sa plus belle cravate bleue du dimanche ne daigne (enfin !) lui poser une question à ce sujet aux alentours de 20h (une heure sans faire campagne, c’est long), NKM avait tout de même réussi à rebondir sur une question relative aux transferts de souveraineté pour ….. parler de son projet pour les municipales. Même la question portant sur le travail dominical fut l’occasion de dénoncer le préjudice subi pour l’industrie touristique parisienne.

La question qui a clos le débat fut un aperçu parfait de l’optique dans laquelle NKM a abordé la conférence : interrogée sur sa volonté de s’imposer comme une troisième voie à l’UMP et d’éventuellement créer un nouveau parti pour damer le pion à Fillon et Copé, NKM répondit que sa campagne municipale parisienne peut en fait être vue comme une manière de créer justement un mouvement alternatif, indépendant de l’UMP. La boucle était bouclée et le leitmotiv bien assumé.

 

3. Le projet dont vous êtes le héros

Pascal Legrand - http://www.flickr.com/photos/nk_m/sets/72157637664931506/
NKM en plein discours en Boutmy

Par conséquent, NKM a largement eu le temps d’exposer son projet dévoilé il y a tout juste dix jours, non sans abuser d’un certain nombre d’éléments de langage aux relents légèrement américains tels que «Paris est la ville qui doit vous aider à conquérir votre rêve » ou « mon projet est un projet dont les parisiens sont les héros ». Qu’est-ce que c’est beau.

Après une brève rétrospective sur le sens que représente en France le fait de « monter à Paris » (l’occasion d’expliquer que monter à Paris était source d’espoir dans le temps pour « les provinciaux qui avaient faim », une réplique saluée par les Fils d’Arcueil), NKM a pris le temps d’exposer les grandes lignes de son projet (que vous pouviez consulter en détail dans les tracts distribués par l’UMP à la sortie), notamment concernant son projet de couverture du périphérique.

Elle a ainsi  eu l’occasion d’expliquer le fait que Paris s’était agrandi par étapes, en débordant de ses murailles successives et que le périphérique s’inscrivait ainsi dans la continuité des précédentes enceintes parisiennes comme le mur des fermiers généraux ou celui de Philippe Auguste. La perspective de dépasser cette frontière du périphérique est clairement le projet phare de long terme de NKM, qui a insisté sur sa détermination à franchir cette nouvelle barrière, d’abolir cette frontière physique pour grandir, comme Paris l’a fait par le passé à l’image d’Haussmann franchissant l’enceinte du mur des fermiers généraux en 1860.

 

4. Face à la droitisation, l’impossible numéro d’équilibriste

Égérie d’une droite qui ne se reconnaît pas dans la croisade décomplexée menée par J-F Copé pour la défense des pains au chocolat, NKM a évidemment été interrogée sur sa place dans la droite actuelle et sur son positionnement face à la droitisation de l’UMP. Au fond, l’essentiel était de se demander comment NKM -arrière-petite-fille d’André Morizet, membre fondateur du Parti Communiste Français, mariée à un ancien maire socialiste de l’Isère- pouvait continuer à cohabiter avec la Droite forte alors que sa sensibilité la pousserait plus naturellement à rejoindre les rangs de l’UDI : a-t-elle réellement plus de points communs avec Lionnel Luca et Guillaume Peltier que Chantal Jouanno ?

NKM a préféré éluder la question, admettant toutefois avoir regardé avec intérêt le mariage entre l’UDI et le MoDem et affirmant qu’à « d’autres moments de l’Histoire, elle n’aurait pas été de droite ». Au risque de choquer son propre camp, elle a même admis apprécier les tweets de la socialiste Michèle Delaunay. Au final, l’ancienne ministre de l’Ecologie s’est contentée d’assurer que si la droite traversait une période difficile, tout cela était naturel car il ne s’agissait au fond que d’une  recomposition post-défaite et qu’elle avait dès lors toute sa place à l’UMP tant que la limite de la « compromission avec le Front National » n’était pas franchie.

 

5. Le couple franco-allemand, la potion magique européenne

Pascal Legrand - http://www.flickr.com/photos/nk_m/sets/72157637664931506/
NKM face aux étudiants

Interrogée à deux reprises sur les questions européennes et ainsi invitée à trancher entre les tendances fédéraliste et souverainiste qui cohabitent tant bien que mal à l’UMP, NKM a soigneusement botté en touche et peut-être donné une indication en vue de la campagne électorale de l’UMP pour les échéances européennes de juin prochain. La campagne s’annonce en effet délicate pour un parti où cohabitent des fédéralistes convaincus comme Bruno Le Maire ou Michel Barnier et d’authentiques souverainistes eurosceptiques du courant de la Droite Forte. La recherche du plus grand dénominateur commun -indispensable à la bonne tenue de la campagne- pourrait avoir été trouvée avec la thématique du renforcement du couple franco-allemand.

C’est en tout cas le discours développé ad nauseam hier par NKM : « l’avenir de l’UE passe par une refondation du couple franco-allemand autour du droit du travail et de la fiscalité ». Elle a réclamé des politiques plus fondamentales avec les allemands qui permettraient de reconstruire « des forces d’attraction, des forces centrifuges » pour tous les pays de l’Union : c’est « l’association de deux personnalités » qui sauvera l’Europe. Force d’avouer qu’il n’est pas malhabile de se rappeler au bon souvenir de « Merkozy » quand les relations entre François Hollande et Angela Merkel ne sont pas au beau fixe …

 

Au final, invitée pour parler de l’avenir de la Droite, NKM a donc surtout profité de ces retrouvailles avec l’amphithéâtre Boutmy pour enfiler le costume de candidate à la mairie de Paris : à quand la venue d’Anne Hidalgo pour lancer la campagne des  municipales à SciencesPo ?

]]>
https://www.lapeniche.net/les-5-points-a-retenir-de-la-conference-de-nkm/feed/ 7