Une foule d’étudiants s’est engouffrée dans l’amphithéâtre emblématique de Sciences Po pour célébrer l’intégration des premières années dans la vie associative. Si les mots des seize finalistes ont résonné hors des murs de l’amphithéâtre jusque dans les salles de cours de droit public, ils n’avaient qu’un seul objectif : épater les huit jurés que SPK a déniché. Des personnalités aussi éclectiques qu’intimidantes ont répondu présentes afin de représenter la diversité des enjeux du rap, thème de la finale. Rim’K, Narjes Bahhar en passant par l’ancien sciencepiste Jean Morel, plus tatillons que jamais, se sont prêtés au jeu des questions, la bête noire des candidats.
Après trois semaines de sélections et une demie finale, les quatre triplettes sélectionnées pour la finale ont eu cinq jours pour composer un discours de quatre minutes, ni plus, ni moins. Le principe est simple : chaque triplette nomme deux discoureurs répondant à la positive ou à la négative à la citation de rap leur étant attribuée. Les deux autres participants doivent quant à eux répondre aux questions des jurés, qui provoquent bien souvent des sourires gênés et des rires nerveux. Samuel, étudiant de la triplette 20 affirme “ Il n’y a pas ce stress de préparer un discours […] mais [la réponse aux questions] est un exercice qui reste compliqué et stimulant. On ne sait pas si ce que l’on dit va passer, ça se joue sur une réaction directe”. Contrecarrer les déstabilisations de jurés insatiables, telle était la mission des répondants lors de la finale.
Une finale des triplétades se prépare. Pas question d’arriver à court d’idées ou d’avoir le souffle coupé par une question. Coachés par deux membres de Sciences Polémiques, les orateurs et leurs coachs ont anticipé, répété tous ensemble pour finalement déclamer et célébrer. Emie, de la triplette 7 affirme qu’“avant, on se regardait tous comme des inconnus […] maintenant, j’ai l’impression de mieux connaître tout le monde”.
Loin de n’être qu’une compétition, les triplétades de SPK représentent avant tout une expérience de partage et de transmission de la passion de l’art oratoire. Elle est ponctuée par des instants de rencontre entre différents niveaux d’études mais aussi au sein même des premières années, dont la cohésion et la complicité en sortent renforcées. Paul, Emy et Samuel sont unanimes, “c’est un vecteur de stress mais ce que je retiens des triplétades de SPK, c’est que c’est magique de se sentir aussi intégrée” (Emy). Paul (triplette 7) complète ; “ça a développé une solidarité aussi bien entre participants qu’entre supporters”. Les spectateurs enflammés ont aussi bien encouragé leurs camarades de triplette que les adversaires pour saluer chacune des prestations.
Les premières années ont brillé et ont émerveillé les membres de Sciences Polémiques qui n’ont pas chômé, en animant toute la soirée, notamment lors d’une reprise humoristique sur les discours et réponses entendus ainsi qu’un intermède imitant un journal satirique. L’issue fut sans débat, la triplette 15 remporte la bouteille de champagne après avoir discouru sur la volonté ou non de voler, malgré le poids inhumain de nos chaînes.
Entre appréhension, excitation et félicitations, les finalistes sont rentrés ravis avec un sourire accroché à leurs lèvres. Une première expérience SPK en appelle une suivante… rendez-vous au prochain prix.
Crédits photo : Victoria Bennardi
]]>SPK est l’une des six associations permanentes de Sciences Po, et un protagoniste majeur de la vie associative de l’école. Depuis plus de dix ans, elle accompagne les étudiants de tous niveaux dans leur parcours d’orateur, en proposant des formations à la prise de parole en public, et en encourageant toutes et tous à s’y confronter.
La rentrée oratoire de SPK s’ouvre chaque année sur deux événements destinés aux «1A » : le Choc des 1A (face au campus de Reims) en septembre, et les Triplétades au mois d’octobre. Ces deux événements répondent à plusieurs objectifs : ils permettent d’abord à ceux qui découvrent encore Sciences Po et son univers, d’être imprégnés dans cette culture de l’art oratoire. Il s’agit pour eux de découvrir cet art, et de s’affirmer. SPK veille pour cela à mettre en place « un espace bienveillant », favorable à ces premiers pas en tant qu’orateurs. En plus de ça, les Triplétades permettent aux triplettes de développer un esprit de groupe et des amitiés durables.
Le coup d’envoi de cette année pour SPK avait lieu vendredi 9 septembre avec le Choc des 1A. Quatre valeureux candidats, sélectionnés parmi les étudiants de première année, se sont donc rendu à Reims pour défendre l’honneur du campus de Paris.
Là-bas, Victoria, Elise, Mattias et Victor, nos candidats, ont dû se préparer à un “débat parlementaire”, sur le sujet « ce gouvernement veut interdire le mensonge ». Tandis que les Rémois ont endossé le rôle des membres du gouvernement défendant l’interdiction du mensonge, nos candidats parisiens ont joué le rôle de l’opposition.
Victor a ainsi soutenu qu’interdire le mensonge reviendrait à interdire le rêve. En effet, tous les mythes d’enfance comme le Père Noël ou la petite souris, « tous ces symboles auxquels nous avons eu le droit de croire, qui ont rythmé une partie de notre vie » reposent sur des mensonges. De même « l’interdiction du mensonge, c’est l’interdiction de la fiction ». Interdire le mensonge reviendrait donc à interdire d’imaginer un monde utopique, de croire en quelque chose de plus beau. Il a également soulevé la question du mensonge pour apaiser ou pour éviter de blesser quelqu’un. Il s’interroge : « pensez-vous vraiment que nous serions autant épanouis dans nos relations ? Que nous serions même capables d’en tenir une ? »
Le jury, a finalement tranché en faveur de nos voisins rémois. Mais nous n’avons pas été en reste puisque Mattias a remporté le prix du meilleur orateur.
En tant qu’association permanente, Sciences Polémique doit chaque année organiser l’une des six épreuves des Triplétades. Le légendaire concours d’éloquence lors duquel s’affrontent les 22 triplettes de 1A a ainsi pris fin mardi 11 octobre. La finale s’est déroulée en Boutmy et a opposé les triplettes 3, 9, 18 et 19.
À travers des discours passionnés, les candidats se sont confrontés à des sujets inspirés des plus grands écrivains antiques, à partir de citations d’Homère, Virgile ou encore Sophocle. Camille et Joachim de la triplette 9, nous ont donc parlé de la « folie d’entreprendre plus qu’on ne peut » (Sophocle), Elise et Jean, de la triplette 3, ont débattu de la valeur de la vie, et Clara et Crislène, de la triplette 18, nous ont parlé du lien entre la mort et le sommeil, et de la fine frontière qui les sépare.
Après les discours, deux autres candidats de chaque triplette ont dû répondre aux questions déstabilisantes d’un jury prestigieux composé de Pierre François (Doyen de l’école de la recherche de Sciences Po), Léa Gobbi (présidente de Sciences Polémique), Cécile Kao (co-présidente du BDE), Sébastien Thubert (Responsable de la vie étudiante et associative), Noémie Delattre (Actrice, dramaturge et metteuse en scène), Sébastien Pouderoux (Acteur et pensionnaire de la comédie Française), Paloma Moritz(Journaliste et réalisatrice), Julia Layani et Elise Goldfarb (entrepreneuses associées).
Pendant les délibérations du jury, le public a choisi un vainqueur à l’applaudimètre. Les candidats de la triplette 18, dont les camarades étaient venus en masse, ont obtenu l’ovation la plus bruyante.
Le verdict est finalement tombé : la triplette 18 a remporté la compétition, devant la triplette 3 et la triplette 9, qui est montée sur la dernière marche du podium.
Au cours de ces deux épreuves, les candidats ont dû surmonter le stress de prendre la parole en public.
Victor, qui a participé au choc des 1A, nous a donc parlé de la difficulté de se lancer dans son discours. Selon lui, les premières secondes sont les plus difficiles : il faut faire face à la pression, réussir à attirer l’attention du public, et espérer que les quelques blagues passent bien. Mais une fois que le public est acquis, et que le candidat est lancé, le discours se fait tout seul et il ne reste plus qu’à profiter.
Camille, candidate de la triplette 9 pour le deuxième événement SPK, semble être du même avis. Elle qui a dû prendre la parole devant tout un amphithéâtre, a dit que c’était « très impressionnant au début, jusqu’à ce qu’on reconnaisse des visages familiers qui aident à se sentir à sa place ». Il faut donc beaucoup de courage pour se lancer dans l’aventure de l’art oratoire. Camille, qui a fait treize ans de théâtre et qui est très à l’aise à l’oral, nous a dit avoir décidé de se porter candidate parce que c’était la meilleure façon pour elle de participer aux Triplétades et de contribuer à la victoire de sa triplette.
Pour Élise, qui a participé aux deux évènements, le but des Triplétades « était véritablement de former une cohésion de groupe ». Par exemple, la triplette 3 avait établi un dress code pour la finale. La compétition met aussi en place une rivalité inter-triplette, « on se lance des piques, des vannes etc… », bien que les 1A restent « là les uns pour les autres quand c’est dur ». En ce sens, le Choc des 1A était très différent « parce que ceux qui ont été sélectionnés se sont motivés “tout seul”, dans le sens où il y avait moins cet esprit classe ». D’ailleurs, le Choc des 1A « motive énormément pour la suite de SPK, parce qu’on voit de quoi les autres sont capables, et à quel point on va être aidé, soutenu et encouragé ». Élise souligne aussi l’investissement des membres de SPK, qui ont coaché les candidats lors des deux épreuves, les ont aidé à maîtriser leur stress et les ont conseillés. Elle a tout particulièrement aimé participer aux Triplétades car elle a pu affronter les orateurs avec lesquels elle avait fait le Choc des 1A. En effet selon elle, « la rivalité avec des gens qu’on connait, qu’on apprécie, ça pousse à donner le meilleur ».
Malgré la difficulté de se lancer et de faire face à la pression, les candidats du Choc des 1A et des Triplétades ont donc eu l’occasion de donner le meilleur d’eux-même et de découvrir l’art oratoire. Un art plus puissant qu’il n’y parait, et un outil profondément démocratique d’après Sciences polémique.
Crédit Image : Sciences Polémiques, Clément DEVILLIERS.
]]>Nous sommes à Idomeni, petite ville située au nord de la Grèce, proche de la frontière macédonienne. Ce camp se trouve sur la « route des Balkans », empruntée par des milliers d’hommes et de femmes, fuyant les crises qui ébranlent leurs pays d’origine, dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Quand la Macédoine a décidé de fermer ses frontières, ils n’ont eu d’autre choix que de demeurer ici, dans des conditions difficiles, sans ressources, dans le froid et la boue. Ce petit garçon a été immortalisé par Cyrille Bernon lors de son séjour auprès des exilés du camp d’Idomeni en 2016. Dans sa démarche artistique, celui-ci a choisi de dénoncer ce qu’il jugeait insupportable. « Lorsqu’une civilisation se referme sur elle-même, qu’elle construit des murs plutôt que des ponts, elle s’appauvrit, et finit par s’éteindre. À travers mes photos, j’ai souhaité rendre compte de leur quotidien, de leur histoire, de leurs espoirs, et surtout de leur désespoir. Je n’étais pas dans une zone de guerre, je n’étais pas dans un pays accablé par la famine. J’étais bel et bien en Europe, ce qui rendait tout cela d’autant plus insoutenable. », explique le photographe français sur son site internet[1]. Cette photographie a une vocation politique, celle de relayer la colère de ce petit garçon dont l’enfance s’est si vite enfuie, la misère de ces hommes et femmes voués aux méandres de l’exil, leur sentiment d’abandon et de solitude. Dans le noir et blanc de cette image réside une indignation, mais aussi un appel au changement.
Qu’il s’agisse de soutenir une cause ou de dénoncer l’injustice, la photographie est en effet un moyen d’expression privilégié. À l’heure des réseaux sociaux, elle demeure un support de l’action collective et joue un rôle central au sein des luttes. Par sa force évocatrice, l’image peut indigner, émouvoir ou soulever les passions. Elle peut témoigner, dénoncer, mais aussi soutenir ou magnifier. Elle est « facteur de mobilisation »[2]. Rares sont ceux qui ne seront pas émus par la violence d’une répression militaire ou par un petit garçon manifestant contre sa propre misère. Parce qu’une photo fait avant tout appel aux émotions, elle est un outil politique puissant. « C’est une chose d’entendre ou de lire quelque chose à propos de l’atrocité et une autre d’être visuellement exposé à ses conséquences »[3] (T. Olesen).
C’est ainsi qu’entre 1895 et 1897, Théodore Roosevelt, alors chef de la police de New York, prend la décision d’assainir certains lieux de la ville, ému par les clichés des quartiers pauvres réalisés par Jacob Riis (« How the other half lives »). Sur ces derniers figurent des enfants endormis dans des rues insalubres, des familles entassées dans des logements exigus, dormant parfois à même le sol ; en somme, la misère dans laquelle vit cette « autre moitié » de la population.

À propos du travail d’un autre photographe, Lewis Hine, The Guardian titre « The photos that changed America », « les photos qui ont changé l’Amérique ». Celles-ci témoignent des conditions de vie et de travail des enfants au début du siècle dernier et ont suscité l’indignation d’un pays entier. Ces images émouvantes ont ainsi contribué à l’adoption d’une loi pour la protection de l’enfance aux États-Unis.

Plus qu’une simple représentation du réel, la photographie est un outil politique central. De nombreuses images ont entrepris de dénoncer l’injustice, la misère ou l’oppression et ont permis des avancées majeures. Elles ont parfois été à l’origine de luttes ou réveillé le sentiment national, rassemblé ou indigné, informé ou révélé, ému ou choqué. Les photographies peuvent aussi tromper et participer à la propagande d’un régime mal intentionné.
Sans aller jusqu’à affirmer avec Confucius qu’une image vaut mille mots (parce qu’à La Péniche, nous croyons aussi au pouvoir des mots), il est certain que les photographies sont de puissants symboles, à l’influence politique immense et inépuisable.
[1] http://www.cyrille-bernon.com
[2] CUNY, Cécile, NEZ, Héloïse. La photographie et le film : des instruments de pouvoir ambivalents. Participations, 2013, n°7, p. 7-46
[3] OLESEN, T., « We Are All Khaled Said »: Visual Injustice Symbols in the Egyptian Revolution 2010-2011 », Research in Social Movements, Conflict and Change, 35, p. 3-25.
]]>Ainsi, tu vas devoir affronter les autres triplettes sur ton meilleur vélo ou ton meilleur vélib’, pour arriver le premier à un bar dont tu ne connaîtras que le nom, pour y boire de super grenadines (nous en sommes tous certains).
Alors, réveille le plus beau cycliste en toi, parce qu’il va falloir pédaler, et vite.
Seulement, pour remporter la victoire en toute sécurité, il ne faut pas oublier que le vélo est un moyen de transport génial mais avec lequel il y a certaines règles de courtoisie et de sécurité routière à respecter pour arriver tout entier dans ton nouveau bar préféré.
Notre but c’est bien sûr aussi de t’inciter à faire du vélo. Parce que le vélo, ce n’est pas fait juste pour remporter les triplétades, c’est également une alternative plus durable pour se déplacer dans la capitale.
En bref : sois concentré et tout ira bien.
Déjà, c’est cool parce que c’est écolo : ton empreinte carbone de déplacement est bien meilleure à vélo, parce qu’elle est très proche de 0, surtout si tu récupères celui de la voisine de l’ex de ta proprio. En vélib’, c’est la même chose. Ton empreinte carbone est calculée à partir de tes émissions de CO2 quand tu te déplaces, quand tu consommes, ou quand tu manges. Ainsi, les transports en commun émettent bien moins de gaz à effet de serre que la voiture, parce que la même distance est parcourue mais à bien plus nombreux. Seulement, le bus et même le métro sont émetteurs de gaz à effets de serre mais aussi de particules fines, dangereuses pour la santé, et qui contribuent au réchauffement climatique. Ainsi, en faisant du vélo, tu contribues à rendre l’air plus respirable, mais aussi à ne pas polluer encore plus et donc à contribuer au changement climatique.
Si tu n’as pas de vélo, si tu souhaites en faire occasionnellement, ou que tu habites un 10 m2 au 6ème étage sans ascenseurs et sans cave, les vélib’ sont de bonnes alternatives. Le forfait mensuel V-Plus est à 2,30 € (1,55€ si tu es boursier). La première demi-heure est gratuite, ce qui permet de parcourir une assez grande distance. Sinon c’est 1 euro par demi-heure. Moins cher que le métro… Avec les grèves qui arrivent, c’est l’occasion de tester! Et en plus, tu fais du sport pour pas grand-chose.
Pour pédaler, il faut certes du courage, alors n’oublie pas de t’hydrater avant de partir sur les routes pavées. Cependant, en attendant que tout le monde t’imite, n’hésite pas, si tu le souhaites, à porter un masque pour éviter de respirer les pots d’échappement du bus devant toi. Paris n’est pas toujours très adapté aux cyclistes, et c’est pour ça que si tu te mets à rouler maintenant, cela incitera la mairie, ou Sciences Po, à mettre en place des infrastructures nécessaires pour que la circulation cycliste soit plus aisée et adaptée. Alors prends ta bicyclette : c’est un acte écocitoyen.
Paul, en 1A : « Je fais du vélo tous les matins et tous les soirs pour aller à Sciences Po. J’aime beaucoup me déplacer comme ça, parce que ça me donne une poussée d’adrénaline en fin de journée avant de rentrer chez moi. Je préfère le vélo au métro : pour l’instant j’ai testé les deux, et je me suis pris rapidement un pass vélib’. J’évite l’odeur du métro et ses rames bondées, et ça me donne de l’énergie en fin de journée. Ça va plus vite à vélo et c’est plus agréable : j’ai une grande impression de liberté et c’est beaucoup plus pratique. Cependant, faut faire attention, surtout quand il pleut. Il faut être encore plus attentif, et vérifier ses pneus ! Après je pense, que s’il y avait plus de stations de vélib’ ça serait encore mieux. La flotte (de vélos) serait plus grande encore s’il y avait plus d’utilisateurs. En bref, je recommande le vélo, surtout quand tu habites trop loin pour venir à pied mais que tu en as marre du métro : au moins tu peux être maître de toi-même et te sentir libre. Après je verrai bien quand il fera plus froid, ou quand il y aura de la pluie tous les jours… »
Geoffrey, en 1A : « Franchement c’est super avantageux, en tarif jeune, je paie une vingtaine d’euros par an, alors que je paie mon pass Navigo plus de 300 euros… Donc clairement, c’est bien plus économique… En revanche, même si c’est très pratique, je me suis déjà fait peur. Les ponts sont plutôt dangereux et faut faire assez attention, surtout quand tu viens de l’île de la Cité pour aller vers Sciences Po, parce que tu n’es pas tout seul… Mais bon, il suffit de faire attention, surtout en tant que piéton quand tu vois des cyclistes. Après les avantages sont bien plus grands. Déjà du côté du portefeuille, mais surtout parce que c’est beaucoup plus confortable et agréable que le métro. Je mets beaucoup moins de temps, et j’évite de m’enfermer tous les matins et tous les soirs. Je vois la beauté de la ville, et c’est quand même bien d’éviter les sous-sols. Après, je pense qu’il faut surtout savoir rester polyvalent et privilégier le vélo quand on le peut, c’est quand même certainement moins polluant que le bus. »
Nicolas, en Master « Je n’ai pas roulé qu’à Paris, mais aussi beaucoup à Tokyo et cette ville est vraiment géniale pour rouler à vélo. Selon moi, le but principal du vélo c’est de se sentir libre et d’éviter la voiture polluante, ou les transports en commun qui sont chers et tout de même polluants, parce qu’ils consomment énormément d’électricité. C’est pour ça, faire du vélo, c’est un acte totalement responsable. Tu te déplaces par toi-même, et souvent bien plus rapidement qu’en transports en commun ! Faut juste faire attention à son antivol, les vols de vélo sont plus fréquents qu’on ne le pense. »
Si tous ces arguments ne t’ont pas encore convaincu, sache que tu peux t’essayer au vélo dans la ville lors des Triplétades, vendredi prochain. En attendant, privilégie la marche à pied sur les très courtes distances et le vélo quand ça devient plus long. Fais toujours attention à toi et n’oublie pas tous les autres avantages à faire du vélo: la brise matinale qui fouette ton visage, la sensation de liberté, la beauté de la ville… Ce ne sont que des arguments supplémentaires pour te mettre à pédaler. En plus, c’est plutôt romantique, non ?
Alors, à ta bicyclette!
Après ces considérations bercées sur un fond d’ACDC quelque peu mal calibré – mais somme toute à la limite du «clin d’œil nostalgique » pour le jury – la première triplette monta sur scène. Si6 l’impératrice, représentée par Tristan, Noé, Emma, et Alexandre, était prête à briller. Entre « références grivoises », jeux de mots littéraires (n’oublions pas la référence de Noé à Dino Buzzati et son « désert des tartares ») et phrases accrocheuses telles que « la vie n’est qu’un Tinder match raté », Tristan et Noé s’employèrent fidèlement à l’exercice du discours. Emma et Alexandre préférèrent successivement reformuler plusieurs fois de suite le sujet (« Tout est perdu fors l’honneur ») en « il y a des hauts et des bas », ou se comparer à un flacon de parfum Chanel, référence au fameux clash Booba-Kaaris à l’aéroport d’Orly. Leur succéda la triplette Al Cap’1 qui, malgré son nom des plus chaotiques, nous délivra en les personnes d’Hicham et Aïda de beaux discours. A la fois taquins et sérieux, ils surent mener une réflexion joueuse et profonde sur le sujet : « soyons terribles, pour dispenser le peuple de l’être ». Les questions furent appréhendées, que disons-nous, attaquées, déchirées, dévorées, par Marguerite et Lucas. Non contents de s’être fait un nom dans le milieu de la « réponse-du-tac-au-tac », ils surent nous étonner en mobilisant des notions de géographie qui nous permirent de nous rappeler qu’un IEP de province n’est pas Sciences Po. Nous ne citerons pas ici ce qui fut dit.
Puis vint le tour de Madame de Pompa12 : si Aurore mania la blague politique avec brio, Tim n’hésita pas à nous confier ses penchants sadomasochistes, à travers cris et coups sur le pupitre. Océane et Thomas, eux, ne se départirent pas de leur calme, et malgré un écart de voix de Thomas (écho d’une mue vocale pas si lointaine) au moment de saluer le jury, ils lui présentèrent des réponses bien largement à la hauteur de nos attentes, sur le sujet « il ne suffit pas d’être des héros, nous voulons être des vainqueurs ». En ce qui concerne les ambassadeurs du 13or de Toutankhamion, les deux discoureurs nous offrir de quoi rivaliser avec le reste des triplettes concurrentes : Apolline et son débit de parole plus rapide que l’éclair su rendre enfantin son timbre de voix, tentant ainsi de nous amadouer, mais n’étant clairement pas nés de la dernière pluie, ce n’est que grâce à ses superbes jeux de mots et autres calembours qu’elle et Dimitri nous séduisirent. Edgar et Aurélien nous servirent des réponses de qualité, convoquant avec humour (trop ?) des sujets comme la pédophilie ou la guerre en Syrie, d’aussi loin que le sujet « condamnez moi, peu importe, l’Histoire m’absoudra » puisse être concerné.
C’est après une longue délibération, et face à un public trépignant d’impatience, que le jury revint en Boutmy pour annoncer les prix. Le verdict tombe : la première place revint à Al Cap’1, la seconde à Si6, la troisième au 13or, et la quatrième à Madame de Pompa12. Mais qu’importe le classement, chacune des quatre triplettes a pu, à sa manière, éblouir le public et surtout, a su oser. Pour tout cela, pour leur audace, leur talent, et pour leur don de faire rire la salle, on ne peut que féliciter les dix-huit talents de la soirée. En définitive, la soirée fut à l’image de l’atmosphère de la salle : rouge, chaude, effervescente (et même incandescente ?). On ne répétera jamais assez que l’éloquence est l’art de l’insolence, merci à vous de nous l’avoir démontré.
Sabine Audelin et Etienne de Metz
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