
Plus de Geneviève De Fontenay aux Miss France, qu’importe ! Un mythe fait toujours place à un autre. Nous entrons dans l’ère Delon. Le roi Alain Delon et sa Cour suprême de six juges : Pascal Obispo, «un spécialiste de la beauté féminine », Lorie « chérie » d’après Delon, Linda Hardy, Francis Huster, Sofia Essaïdi et Denis Brognart. On apprendra avec surprise un peu plus tard que le jury est corrompu et n’est présent que pour se faire de la publicité. Même Denis Brognart: il fait de la publicité pour la finale de Koh-Lanta.
L’émission suit le protocole à la lettre. On commence par les présentations vidéos-speedating-mais-en-mieux de chaque miss préenregistrées dans leur région natale, de préférence sous un soleil éclatant. En sachant que les miss des régions sont élues au mois d’octobre, on se demande comment cela a été possible. Néanmoins l’étape est cruciale pour que le téléspectateur en apprenne un peu plus sur les caractéristiques et passions de chaque candidate, qu’il oubliera trois minutes plus tard. Cette année encore, les miss nous impressionnent par leur sympathie et la profondeur de leurs déclarations, fruits d’une récitation saccadée parfaite : « Au moment où Lorie m’a mis l’écharpe autour du cou, j’ai pleuré», « Si j’étais élue Miss France, il n’est pas impossible que je pleure» ou encore « je veux devenir patronne de maison de retraite ». Miss Lorraine a de la chance : « Je pratique la marche à pieds tous les matins ». Ce n’est pas que la Lorraine n’est pas la région parfaite pour se promener dans la brume et la boue tous les matins mais une question existentielle me vient à l’esprit. Miss Lorraine a-t-elle une vie ?
Puis débute le défilé des trente-trois miss des trente-trois régions. Et bien oui, chez Endemol, ils aiment réinventer la géographie. L’Orléanais est une région, de même que Mayotte et le Pays-de-Savoie. Le Languedoc et le Roussillon sont deux régions distinctes. En revanche, cette année, la région Paris n’existe plus (le scandale des photos de Kelly Bochenko aurait-il été la cause de la fin des Miss Paris ?). Quoi qu’il en soit, les miss défilent en tenue régionale, puis en tenue un peu plus sexy et comme tous les ans les téléspectateurs commentent. C’est la tradition. Dès lors, Miss Bretagne, Miss Guyane et Miss Alsace sont éliminées. La première louche, la deuxième est trop musclée, la dernière a les cheveux rouges. Attendez, finalement on va peut-être garder Miss Alsace.
Le temps d’une « courte pause de publicité » à plusieurs millions d’euros qui vante des parfums de grandes marques, des anti-rides et du roquefort, nous revoilà en direct pour la sélection des 12 candidates. Soudain, le téléspectateur réalise. Mais où est De Richebourg, l’homme-standardiste au sourcil défaillant qui ne travaille qu’un jour par an ? TF1 l’a remplacé par un certain Thierry Beaumann. De Richebourg était peut-être l’amant de Geneviève, qui sait ? Bref, à ce stade, les plus moches et les plus bêtes sont éliminées. C’est la guerre des régions, des nordistes contre les sudistes, de la métropole contre les dom-toms, des sciences-pistes provinciaux contre les sciences-pistes parigos. Tiens, Miss Bourgogne, danseuse sexy de cabaret est dans les 12 finalistes ? Geneviève De Fontenay s’en retourne le chapeau devant la télé.

Bon, ce n’est pas tout, mais pendant que nous autres filles rêvons devant les magnifiques robes de créateurs que l’on n’aura jamais l’occasion de mettre et devant la magnifique plastique de poupée Barbie que l’on ne pourra jamais obtenir parce que nous ne sommes pas brésiliennes-chirurgico-addicts, les hommes s’impatientent. Voici –enfin- venu le temps du défilé en maillot de bain. Ou plutôt DES défilés en maillot de bain, parce que année 2012 oblige, Endemol innove. Voici un défilé en maillot de bain une pièce, un défilé en maillot de bain deux pièces et un défilé en maillot de bain…les deux. Des maillots de bain à Brest en plein mois de décembre ? Oh, après tout, il paraît que ça booste les audiences. A ce moment, tout émoustillé, Jean-Pierre Foucault déclare que les miss sont « toujours souriantes, comme si elles avaient fait ça depuis des années ». Tout comme lui.
Restent 5 candidates, élues de manière très peu démocratique, avec un suffrage censitaire de 50 centimes d’euro la minute plus le prix du SMS. Bref, le suspens est à son paroxysme lorsque soudain, Laury Thilleman, Miss France 2011, dévoile les cadeaux offerts à miss France 2012. Miss France 2012 se voit offrir un voyage au Mexique pour deux personnes. Quel dommage ! Miss France est célibataire. Ah, n’oublions pas que Miss France a droit à un appartement à Paris pendant un an. Toi, pauvre étudiant qui vit entre la poutre de ta chambre de bonne et la cuvette des WC pour la modique somme de 600 euros par mois, je te comprends : il n’y a pas de justice.
Presque la fin. Le « maître de cérémonie » apporte l’enveloppe solennellement : « je fais un métier cruel, je sais ». Plus que 2 candidates. Miss Alsace, Miss Pays-de-Loire ? Finalement, Miss France 2012 sera la jolie rousse Delphine Wespiser, Miss Alsace. Bon courage Delphine, bon courage. Fini le patois alsacien, la choucroute, le kougloff et la flammekueche. Place aux séances photos, aux défilés, aux voyages, et au pistonnage des journaux people. Miss France va-t-elle faire scandale cette année ?

Ne soyons pas trop méchants. Je suis jalouse, car comme toutes les grandes petites filles, hier soir, je rêvais d’être élue Miss Sissi de France. Au revoir donc à Miss Alsace qui va complètement disparaître pendant un an et au revoir à Thierry Beaumann le standardiste qui va en faire de même. Jean-Pierre Foucault a dit « A l’année prochaine Thierry ! », et nous lui disons : « A l’année prochaine Jean-Pierre ! »

Justified est une série américaine sortie en 2010 mais qui n’a pas encore réellement atteint le public français, hormis pour les abonnés qui se risqueraient à regarder Orange CinéChoc dans un élan d’aventurisme irréfréné face à leur écran géant. Cynisme facile, certes, il n’en reste pas moins que la série mériterait un peu plus d’attention, quelque soit le média utilisé pour l’atteindre. Adaptation au petit écran de Fire in the Hole d’Elmore Leonard, elle met effectivement en scène un Deputy US Marshall, tireur hors pair revenu dans son Kentucky natal pour y continuer son job: la traque aux hors-la-loi. Plutôt que la prison, ceux-ci risquent la mort si jamais cette dernière est justifiée par les évènements.
Dans un élan presque anachronique, le personnage principal est donc Raylan Givens (Timothy Oliphant, d’ailleurs reconnaissable pour avoir déjà joué le shérif dans Deadwood), chapeau de feutre vissé sur la tête et santiags aux pieds, comme redresseur de tort pourtant bien de notre époque. Le premier épisode dresse un tableau assez dynamique: muté à Lexington, sa ville natale, à cause de sa manière assez peu habituelle de travailler, la charge incombe au Marshall de résoudre une double affaire impliquant son ancien collègue Boyd Crowder soient le meurtre d’un néo-nazi et l’attentat contre une église de la ville.
Si la série présente la juste dose de combats, de dialogues apparemment amicaux tandis que les protagonistes se visent par dessous la table,et d’histoires d’amour un tant soit peu complexes parce que liées aux dossiers en cours d’instruction, il est certain que les deux épisodes suivants peuvent rebuter les moins intéressés. Ceux-ci semblent effectivement prévoir une succession d’affaires sans lien les unes entre les autres à cause de l’implication de nouveaux personnages aux rapports très lointains. Avec un peu d’assiduité toutefois, il est visible que le scénario reprend très vite la lignée annoncée par un pilote très bien ficelé et qui parvient donc à accrocher le spectateur.
Au delà de l‘aspect western des temps modernes doublé d’un thriller à moitié juridique, on apprécie finalement assez le fait que le scénario fouille l’aspect psychologique, notamment la question des rapports entre les différents personnages: étant donné que se croisent l’ami de jeunesse de Givens, dont il est séparé par la loi, son père, son ex-femme et autres symboles de sa jeunesse dans le Kentucky, celui-ci se doit d’assumer sa fonction de représentant de la loi, ainsi que le caractère criminel de la plupart des activités des personnes citées. Il entretient toutefois des relations tout à fait amicales avec eux, paradoxe à la fois compréhensible et étrange qui mène à se poser sans cesse la question d’une possible traîtrise. La qualité cinématographique se révèle ici notamment par la capacité de la caméra à rendre cette tension psychologique très fréquente, Givens cherchant à prendre de la distance avec les faits afin de préserver ses relations tout en ne perdant jamais son but, celui d’envoyer derrière les barreaux tout contrevenant à la loi fédérale.
C’est donc un assez bon divertissement (l’effet intellectuel science-piste est certes assez oublié avec cette série) qui nous est offert avec cette adaptation, et à propos de laquelle il faut noter le choix de générique aux accents de country et signé par Gangstagrass. Ce hip hop posé sur des notes de banjo et de guitare met directement le spectateur dans l’ambiance étrange que semble vouloir véhiculer le héros: chapeau de cow-boy et code d’honneur dignes d’un shérif sorti des livres d’Histoire doublés des sirènes de police et des trafics à hauteur internationale actuels.
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Parce que le boulot des rédacteurs de LaPéniche est aussi de lire le programme télé…
Les documents de Zone Interdite (ce soir à 23h) se penchent sur le parcours de deux jeunes boxeuses professionnelles, Sarah, 26 ans, et Lucie, 24 ans, toutes deux membres du Boxing Beats d’Aubervilliers.
La présentation de l’émission sur le site de M6:
« Admises à Sciences Po Paris dans un cursus réservé aux sportifs de haut niveau, elles veulent faire leurs preuves dans un milieu qui leur est étranger. Ces championnes d’Europe de boxe font travailler leur corps et leur tête. Leur parcours du combattant est aussi un modèle d’ascension sociale. Aujourd’hui, elles continuent à travailler pour vivre : Sarah est éducatrice spécialisée à Aubervilliers, Lucie est hôtesse d’accueil à l’Institut du Sport de Paris. Un quotidien particulièrement mouvementé, qui nécessite une exigence à toute épreuve. »
Une émission à suivre sur M6, jeudi 5 novembre à 23h05.
N’hésitez pas à commenter et réagir à l’émission en direct!
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Vous avez connu Lost et l’angoisse de l’île déserte, 24 et le beau Jack Bauer, Desperate Housewives et la vie si compliquée de ces belles quadragénaires. Vous êtes complètement accro à ces séries, ou vous n’avez que faire de ces occupations socialement dangereuses. Mais personne ne sera épargné par la dernière folie made in Hollywood, j’ai nommé Heroes. Petit tour d’horizon, à l’heure où la première saison se termine sur les chaînes outre-atlantique.]]>
Vous avez connu Lost et l’angoisse de l’île déserte, 24 et le beau Jack Bauer, Desperate Housewives et la vie si compliquée de ces belles quadragénaires. Vous êtes complètement accro à ces séries, ou vous n’avez que faire de ces occupations socialement dangereuses. Mais personne ne sera épargné par la dernière folie made in Hollywood, j’ai nommé Heroes. Petit tour d’horizon, à l’heure où la première saison se termine sur les chaînes outre-atlantique.
L’homme a apprivoisé la terre, en est devenu l’espèce dominante, a connu des évolutions génétiques au cours des âges. Allons-nous rester comme cela? Probablement pas, l’évolution génétique du genre humain n’en est pas à son point final, d’autres étapes nous attendent. Et le prochain pallier, c’est l’acquisition de nouvelles capacités physiques et mentales. Qui n’a jamais rêvé de voler, de pouvoir se régénérer ou de devenir invisible ? telle est la théorie de Shandra Suresh, généticien Indien déconsidéré par un milieu scientifique qui n’accorde que peu de crédit à ses thèses fantaisistes.
Mais dans plusieurs endroits du monde, dans la solitude de leurs existences, des hommes et des femmes se découvrent des capacités nouvelles. Dans son petit box d’employé de bureau tokyoïte, Hiro Nakamura arrête son horloge pendant une seconde. Dans le Texas, la jeune Claire Bennett tombe d’un édifice de 20 mètres sans se blesser (à vrai dire, elle se brise les côtes et l’épaule, mais se remet tout ça en place avec une facilité déconcertante) Voilà pour le bref résumé de la série. Vous allez me dire, encore une série pseudo science-fiction sans scénario viable. Il n’en est rien.
Heroes brille par son intrigue et par l’astucieux mélange des genres qu’il propose. Si nous avons des personnages on ne peut plus communs (en vrac, infirmier, employé de bureau, pom-pom girl, politicien ou danseuse à Las Vegas) se découvrant des aptitudes extraordinaires, la série ne se transforme pas en version moderne des 4 Fantastiques. Pas de slip au dessus des collants, mais au contraire des peurs, des appréhensions, des doutes, des réflexions très profondes sur ces dons. Les personnages apprennent à maîtriser leurs pouvoirs, à vivre avec, voire à le cacher du reste du monde.
La trame principale, racontée par une voix off hypnotique, illustre le projet de scénaristes. Les personnages se posent des questions hautement existentielles, leurs pouvoirs n’est qu’un prisme dans leurs réflexions : qu’est-ce que l’homme moderne ? Quel est mon rôle sur Terre ? Dois-je croire au destin ? Pourquoi suis-je si « spécial » ? la série approche les frontières de l’épistémologie. Mais l’intrigue n’est pas en reste. Les personnages ne font pas que philosopher sur leurs petites particularités. Première chose très importante, ils ne se connaissent pas. Mondialiste, la série invente des hommes et des femmes spéciaux dispatchés dans le monde entier : Tokyo, New York, Haïti, Texas, autant dire qu’on voit du pays.
Dans l’affaire, Mohinder Suresh, décide de reprendre les travaux de son défunt père Shandra pour identifier les porteurs du génome évolué. L’un d’eux, un petit horloger sans le sou, deviendra par la suite un redoutable adversaire pour les autres personnages. Je ne vais pas vous raconter la suite de la série, mais d’ores et déjà plusieurs intrigues se mêlent et tiennent le spectateur en haleine : Mohinder va-t-il trouver ces gens ? l’horloger (dont le nom restera ici secret) sera-t-il arrêté à temps ? Ah oui, dernier détail, et pas des moindres, un des « Heroes » rêve qu’il explose…Et détruit New-York.
Lundi 21 mai 2007, la chaîne américaine NBC diffuse le dernier épisode de la première saison. Pour les petits malins internautes, c’est la fin d’une attente insoutenable. Tapez Heroes sur n’importe quel moteur de recherche, vous verrez le nombre faramineux de fans à travers le monde, et les théories les plus loufoques sont énoncées sur la suite de l’aventure. Pour la France, il faudra attendre septembre, date annoncée par TF1. Faites attention, cette série est une véritable bombe. Elle détrône les barons du petit écran aux Etats-Unis, et elle est bien partie pour faire de même en Europe. Dès maintenant, je vous pose la question : are you on the list ?
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