spectacle – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Sat, 29 Jul 2023 12:50:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png spectacle – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Le Mag’ – Paris et ses bons plans culturels https://www.lapeniche.net/le-mag-paris-et-ses-bons-plans-culturels/ Fri, 14 Sep 2018 10:00:15 +0000 http://lapeniche.net/?p=38671 Aïe. On est à peine en semaine 2, et ton portefeuille crie famine. Tu n’avais jamais autant dépensé d’argent et la maison de tes parents te manque fort, très fort. Allez, promis, d’ici le 1er octobre, tu arrêtes les afterworks et les soirées… Pas question de laisser tomber pour autant les sorties culturelles : il faut désormais que tu occupes sainement ton temps. Pour cela, Paris regorge de bons plans à petits prix ! C’est parti pour un petit tour d’horizon.

Commençons par le commencement : parlons grands classiques, ceux dont on ne fera jamais le tour : Louvre, musée d’Orsay, quai Branly, exposition permanente du centre Pompidou… ils regorgent de richesses historiques et artistiques inestimables, et ont le bon goût d’être gratuits pour les ressortissants de l’UE de moins de 26 ans ! Par ailleurs, si tu tombes amoureux de l’un de ces musées, l’abonnement peut être une bonne idée si tu comptes y aller régulièrement car tu réaliseras des économies sur le long terme. Surtout, ne t’enfuis pas devant les files d’attente parfois monstrueuses à l’entrée ; en effet, elles avancent généralement assez vite… et montre-toi astucieux : de nombreuses institutions culturelles affichent sur leurs sites internet leurs plages horaires les plus fréquentées, te permettant ainsi d’éviter de trop te mélanger avec la plèbe des touristes.

Ensuite, passons à d’autres incontournables auxquels l’on a tort de penser moins souvent : musées de l’Orangerie et de Cluny, musées Picasso et Rodin. Ils proposent tous une collection permanente et des expositions temporaires passionnantes qui satisferont à coup sûr ton esprit assoiffé de connaissances. Mais toi, tu fais plus dans l’intimiste, le petit musée caché de connaisseur… les foules de visiteurs, très peu pour toi ? Pour t’approcher au plus près des maîtres, vise plutôt les musées Delacroix, Zadkine ou encore Moreau qui ont été créés dans les appartements et ateliers des artistes, et pour lesquels l’entrée est également gratuite. Si tu ne trouves pas ton bonheur dans les musées, n’aies crainte, ne clique pas derechef sur la petite croix en haut sur le côté de ton écran. Reste avec nous, nous en avons prévu pour tous les goûts.

Amateur d’architecture religieuse : oublie la cathédrale Notre-Dame de Paris, la Sainte Chapelle est le véritable bijou de l’île de la Cité – et pour ne rien gâcher, l’entrée y est gratuite (décidément, cet article te veut du bien !).

Concernant le spectacle vivant, rien ne vaut les avant-premières jeunes de l’Opéra de Paris : ce sont des places vendues exceptionnellement à 10 euros ! Pour en bénéficier, mets-toi dans ta peau de guerrier des inscriptions pédagogiques, car il faut te précipiter sur la billetterie à 11h30 le jour de l’ouverture des ventes…  Les tarifs de la Comédie Française sont également raisonnables : 10 euros en catégorie C ; sans oublier les ventes flash du BDA qui te feront découvrir moult œuvres sans signer pour autant l’arrêt de mort de ton compte en banque.

Fêtard est à ajouter au nombre de tes qualités – ou vices, tout dépend du point de vue ? Vise donc la fête de l’Humanité, du 14 au 16 septembre, qui accueille des artistes géniaux… tout ça pour un prix très modeste en comparaison de la plupart des festivals ! Un peu plus tard dans l’année, les Solidays ou encore Rock en Seine rentrent aussi dans ce combo gagnant de soirées de qualité garanties et de préservation de ton PEL.

Enfin, si tu restes noctambule dans l’âme, plusieurs possibilités s’offrent à toi et ton portefeuille dégarni : la première, la Nuit blanche, qui se déroule cette année entre le 6 et le 7 octobre, qui te permettra d’admirer plusieurs performances et œuvres d’artistes reconnus exposées à travers la ville ; la deuxième, la fameuse Nuit des Musées, à retrouver au printemps 2019, qui elle aussi te donne accès à de nombreux musées, qui pour l’occasion organisent des évènements originaux, sans débourser un sou !Te voilà briefé sur les meilleures sorties culturelles parisiennes : plus d’excuses pour rester misérablement dans ton canapé à pleurer sur ton compte en banque, va, la connaissance t’appelle à grands cris.

Camille Simon

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Eliogabalo, empereur de tous les excès https://www.lapeniche.net/eliogabalo/ Tue, 11 Oct 2016 09:00:21 +0000 http://lapeniche.net/?p=35869 Entre deux fiches techniques et recherches de profit marginal, l’immense opéra Garnier vous ressourcera. Fervente admiratrice de l’oeuvre de Thomas Jolly au théâtre, l’auteur s’est laissée emporter par cet art. Vous voyez dans l’opéra des thèmes surannés aux tableaux surchargés ? La Péniche vous invite à découvrir Eliogabalo de Cavalli, l’histoire surprenante d’un jeune empereur mégalomane, bisexuel et fantasque. Suivez-nous dans les coulisses de celui qui, selon le metteur en scène, «trouble tous les rapports : les rapports à la sexualité, les rapports au genre, les rapports à la religion, les rapports à la loi, il renverse l’ordre établi à tous les niveaux ».

Une exposition émouvante en demi-teinte

Tout au long de la première partie, on découvre l’univers déployé par Thomas Jolly. Prédominance du noir, lumières qui sculptent l’espace, rigueur et impertinence dans le jeu des acteurs : tout est là. Il est émouvant de reconnaître sa patte et de constater les connexions entre cet opéra et sa pièce précédente, Richard III. Le parallèle n’est pas absurde, tant Eliogabalo s’inscrit dans la continuité d’une réflexion sur les tyrans et autres monstres politiques. Toutefois, s’il est habitué à ses innovations permanentes, le spectateur est presque déçu par cette exposition sage et finalement assez peu originale.

Concentrons-nous, en contrepartie, sur la musique. L’orchestre, dirigé par Leonardo Garcia Alarcon, accompagne admirablement les chanteurs et donne de l’impulsion à l’action. Franco Fagioli est particulièrement brillant dans son rôle et transcrit par son jeu et par sa voix l’extravagance d’Héliogabale. La crainte principale est immédiatement évacuée : à aucun moment les chanteurs ne sont statiques. Le jeu est au cœur de cet opéra et même pendant les arias, l’action se poursuit.

Si les costumes de Gareth Pugh sont à eux seuls une œuvre d’art, il n’en demeure pas moins que nous restons sur notre faim quand arrive le premier entracte.

L'opéra Garnier
Opéra Garnier Grand Escalier. Source : Benh Lieu Song (Wikimedia Commons) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/legalcode

Les vraies nouveautés

La suite nous détrompe. Là où Richard III était centré sur le texte et le jeu d’acteur, Eliogabalo fait la part belle à l’esthétique. On assiste ainsi à de véritables tableaux dans les actes II et III : le ballet des hiboux, brillamment chorégraphiée par Maud Le Pladec ou encore la scène du bain d’or, symbole de la démesure du jeune empereur, sont à couper le souffle.

La musique donne aussi une nouvelle dimension aux sensations de spectatrice, en particulier les chœurs qui intensifient l’épique de l’action quand ils réclament la mort d’Héliogabale. Le chant, les instruments et la mise en scène sont autant de calques qui une fois superposés donnent à vivre une expérience véritablement unique.

Reste à rendre hommage à Antoine Travert, génie des lumières. Là où le décor est assez dépouillé, représentant, pour reprendre les termes de Thomas Jolly « la Rome instituée », les lumières structurent et déstructurent l’espace, symbolisant à merveille la transgression permanente dans laquelle baigne Héliogabale. La lumière est ici liée à l’inconstance, thématique baroque s’il en est et question au cœur de l’œuvre de Cavalli.

En somme, si le livret de cet opéra est plutôt sage comparé à la légende qui entoure cet empereur, Thomas Jolly n’oublie pas d’y faire référence car selon lui, « le personnage est beaucoup plus complexe, beaucoup plus intrigant que ça dans sa légende ». Ainsi, là où le livret décrit une partie de colin-maillard pour choisir quelles femmes entreront pour la première fois au Sénat, le metteur en scène fait appel à la légende et dévoile subtilement l’orgie lesbienne ordonnée par Heliogabalo pour satisfaire son goût pour la débauche. Pour autant, il n’y a pas travestissement du livret de Cavalli dans cette adaptation. Pour découvrir la légende noire de l’empereur Héliogabale, lisez plutôt l’essai controversé d’Antonin Artaud Héliogabale: ou, L’anarchiste couronné.

Malgré la tentation, la mise en scène ne verse jamais dans la facilité et reste sobre. Fidèle à lui-même, Thomas Jolly privilégie la clarté et la finesse dans l’analyse des relations entre les personnages, sans toutefois oublier le spectaculaire. Encore une fois la force de frappe que dégage le plateau est stupéfiante. (SPOILER ALERT : il faut du temps pour s’en remettre)

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Sweeney en Boutmy : une synergie réussie ! https://www.lapeniche.net/sweeney/ Fri, 15 Apr 2016 10:00:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=33950 Boutmy est comble. Les spectateurs sont impatients. L’ambiance est gaie et détendue. Cet amphi qui a accueilli nombre de personnalités les plus importantes les unes des autres s’apprête à devenir plus vivant que jamais. Danse, théâtre, musique, dans quelques minutes Sweeney va envahir Boutmy. Ce vendredi 8 Avril, 19h30, les lumières de la salle s’éteignent et plongent d’une manière insolite l’amphi dans le noir total. Pendant une heure et demie, la comédie musicale de Sciences Po démontre plus que jamais l’hétérogénéité des talents de l’école. La Péniche y était, La Péniche a aimé, la Péniche va vous raconter.

Sweeney Todd, le barbier meurtrier

Youri Rebeko, étudiant en 4A est en charge de ce projet. Celui qui a participé à la comédie musicale d’il y a deux ans a proposé de monter un tel événement en 2016 dès la fin de sa 2A. Avec l’équipe qu’il a aussitôt mis sur pied, leur volonté était de « faire un spectacle différent du Broadway un peu trop mainstream ». C’est alors que l’idée de jouer Sweeney Todd, une comédie musicale créée en 1979 par Hugh Wheeler et inspirée d’un romain écrit en 1846 par James Malcolm Rymer leur traverse les esprits. « J’ai découvert cette oeuvre en voyant l’adaptation de cinéma » par Tim Burton en 2007.

Sweeney Todd, c’est le surnom de Benjamin Baker, un barbier à Londres en 1846 qui veut se venger du juge Turpin. Ce dernier, après avoir injustement condamné l’héroïne pendant quinze ans, a violé sa femme et adopté sa fille Johanna. Avec l’aide de Mrs Lovett, Benjamin Baker veut ainsi se venger de toute l’humanité en coupant la gorge de tous ceux qui se feront raser dans sa boutique…

 

L’exigence comme maître mot

« La musique est assez exigeante et originale, c’est ce qui nous a plu » nous confie Youri Rebeko.  L’exigence, c’est le mot qui a dominé ce projet et le résultat le fait ressentir. Après le casting de Septembre où la quinzaine d’artistes fut recrutée, les répétitions ont aussitôt commencée. « On répète une à deux fois par semaines depuis quinze jours » et cela se ressent. Sur les planches de Boutmy, le spectacle est artistiquement parfait : le jeu de comédien (dirigé par Hinda Abdelaoui) emporte chaque spectateur un à un dans le monde cruel de Sweeney Todd. Les chorégraphies dont Alice Fricoteaux étaient en charge rythme avec dynamisme et rigueur un spectacle millimétré. Et le chant a fait frissonné plus d’un étudiant dans la salle : le dur travail de chaque actrice et acteur sur la voix a littéralement subjugué la foule.

Les deux personnages principaux, Margaux Lefebvre (Mrs Lovett) et Manuel O. Matos (Sweeney Todd) ont unanimement fasciné par leur talent ébouriffant. Les treize autres artistes ne sont pas en dessous. Chacun incarne son personnage avec brio et d’une qualité admirable.

« On a cherché des étudiants qui transmettaient quelque chose dans le personnage qu’ils interprétaient ».

 

S’adapter aux contraintes techniques

Les sept membres de l’administration ont eux du faire face à un défi de taille : jouer un tel spectacle dans un amphi à Sciences Po. Les exigences sont nombreuses : en terme d’espace, de temps, mais aussi de sécurité et d’ouverture artistique. « Par exemple on voulait une machine à fumée, ce qui nous a été refusé » se souvient Youri Rebeko. Et lorsque l’on sait que demander une bouteille d’eau pour un invité est parfois compliqué, c’est une réelle prouesse qu’a réalisé l’équipe du BDA pour s’adapter à ce point aux contraintes.

La sobriété a alors été de mise : quelques panneaux en fonds de scène et un fauteuil rouge en guise de décor. Mais la beauté de la réalisation finale est essentiellement du au travail mirobolant de Maxime Desitter aux lumières qui ont permis de faire vivre avec émotion parfois chaque minute du spectacle.

Le texte même de l’oeuvre originale a du être adapté face aux contraintes de temps. « On a coupé bien une heure. Mais on voulait faire ressortir l’humour de la pièce qui n’est pas assez présent dans le film ». Un humour bien présent grâce notamment au fantastique Hugo Delvigne dans son interprétation du rôle de Tobias.

On ne peut ainsi qu’être ébahi devant la qualité de la représentation de vendredi dernier en Boutmy : la longue standing ovation à la fin du spectacle le prouve, il y a de nombreux talents à Sciences Po. Si la mauvaise sonorité de l’amphi peut être à déplorer, le réel don des actrices et acteurs sur scène ont très vite surpassé ces contraintes pour proposer une réelle synergie exceptionnelle, avoir Sweeney en Boutmy. Bravo !

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Avez-vous déjà vu… un juriste drôle? https://www.lapeniche.net/avez-vous-deja-vu-un-juriste-drole/ https://www.lapeniche.net/avez-vous-deja-vu-un-juriste-drole/#comments Wed, 26 Mar 2014 09:00:43 +0000 http://lapeniche.net/?p=17917 On connaissait François-Xavier Demaison, Anne Roumanoff… et voilà que les étudiants en Master de Droit se mettent à faire des blagues. Après leurs deux précédents succès («Promotion Canapé » et « Oh my Code »), leur prochain spectacle « How I met your lawyer » promet d’être (juste) hilarant. Une série de sketchs qui repousse les frontières du temps et de l’espace pour ouvrir le monde juridique au commun des mortels. L’occasion de revenir sur cette curiosité avant de les retrouver le Jeudi 3 avril à 19h en amphithéâtre Jean Moulin.


Affiche Théâtre 1Vulgariser le monde juridique

Arrêts, décrets, cassation, vice de forme… autant d’expressions délicieuses à murmurer aux oreilles de ta dulcinée le samedi soir entre deux coca lights et Plus Belle la Vie. C’est au défi épineux de rendre le droit sexy qu’a répondu avec brio notre troupe de 9 juristes en herbe. Car si les sketchs ont tous un lien étroit avec le droit, ils restent compréhensibles pour les non-juristes audacieux ayant tenté l’expérience du voyage – ou errant désespérément dans les couloirs du 13U à défaut de ne pas avoir encore compris l’architecture du bâtiment. Il s’agit donc avant tout, non pas d’un embrigadement subtilement déguisé, mais d’une auto dérision assumée et désopilante.


Un moyen de relâcher la pression

On ne va pas se mentir, les occasions de rigoler à Sciences Po sont bien rares. Tu as pourtant essayé toi sciences piste, de poster régulièrement des photos de chats sur les réseaux sociaux, de faire un plan en trois parties six sous-parties et demi, pour voir, de prendre un sandwich camembert-figue-chocolat au 56, pour voir. Mais force est de constater que dans toutes les précédentes occasions, jamais tu n’as éprouvé cette sensation d’hilarité qui ne t’envahit que devant Question pour un champion spécial Saint Valentin. Mais pourquoi diable a t-il fallu attendre l’école de Droit pour se fendre la poire à Sciences Po ? Parce que c’est souvent depuis les abîmes de l’enfer qu’on se bat le plus pour atteindre le paradis. Ainsi l’idée du spectacle est née de la direction du master elle-même qui, après un avertissement d’Amnesty international, souhaitait rendre la vie de l’école plus fun. Dans ces sketchs, on parle de la vie, du quotidien, un moyen pour ses participants de « bien déstresser pendant le semestre ». Un traitement à prendre à raison de « deux fois par semaine pendant 6 mois », nous indique le metteur en scène de la pièce et avocat Benoit Celotto.


L’irrationalité de la rationalité

Entre visites chez le psy, insomnies, angoisses, tics et grattements intempestifs, le juriste dévoile une face sombre de sa personnalité. La folie généralisée du monde du droit n’échappe pas aux lucides étudiants qui n’hésitent pas à mentionner les déboires psychiques de la profession du code et de la règle. Car si les sketchs sont maitrisés à la seconde près, l’esprit, lui, vagabonde entre « hotline juridique de l’empire intergalactique », prise d’otage et pétage de plomb généralisé. Le diktat du surligneur, le design des gélules anti-vomitives (ce que tu ne trouves pas drôle, depuis le sandwich camembert-figue-chocolat), la contrefaçon du yaourt électronique, Brice de Nice… quasiment toutes les parties de l’estomac sont appelées à la barre.


http://www.youtube.com/watch?v=y4UQmXFuDXA
Artiste et science piste, un mariage pour tous

Avant d’être un spectacle de théâtre, le projet nécessite avant tout un gros travail d’écriture. En séance, chacun arrive avec ses idées qui sont retravaillées collectivement. L’esprit créatif est mis à l’honneur pour ses étudiants dont la plupart n’ont jamais fait de théâtre. Et à Sciences Po, les créatifs sont de plus en plus nombreux. Bien sûr, on ne parle pas de toi, caché derrière ton didgeridoo depuis tes dernières inscriptions pédagogiques, mais bien des exemples à foison de jeunes sciences pistes frais et ambitieux : Rhinocéros, Kids are Aweare, Fernande jazz Club, l’Artichaut… et bien d’autres.


Conformément aux dispositions de l’article 12 du code de la rigolade interdisant formellement l’usage des expressions « Sciences PoPo » ou encore « Sciences Pot-Pourri », les étudiants de l’école de Droit sont prévenus et auront fort à faire pour vous faire rire.
Rendez vous donc jeudi 3 avril, ce sera à vous de juger.

 

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Une orgie de plaisirs domestique : « Le problème » de François Bégaudeau https://www.lapeniche.net/une-orgie-de-plaisirs-domestique-le-probleme-de-francois-begaudeau/ Thu, 24 Mar 2011 23:21:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1168 L’orgie de déplaisir domestique serait au départ l’impression que donne la trame du récit. On trouve dès l’entrée un couple en crise, cadre soutenu par deux « adulescents » hauts en couleur certes, mais à l’opposé absolu du jeune décrit par Bégaudeau dans Entre les murs. En effet, nous sommes sortis de cette banlieue sordide et inculte, dans Le Problème, on cause philosophie nietzschéenne et pièces classiques. François Bégaudeau écrit, décrit et parle ici de son public : le bobo est mis à l’honneur tout au long de la pièce.

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L’orgie de déplaisir domestique serait au départ l’impression que donne la trame du récit. On trouve dès l’entrée un couple en crise, cadre soutenu par deux « adulescents » hauts en couleur certes, mais à l’opposé absolu du jeune décrit par Bégaudeau dans Entre les murs. En effet, nous sommes sortis de cette banlieue sordide et inculte, dans Le Problème, on cause philosophie nietzschéenne et pièces classiques. François Bégaudeau écrit, décrit et parle ici de son public : le bobo est mis à l’honneur tout au long de la pièce.

6a00e54ef0a69288340148c763e93c970c-500wi.jpgUn scénario simple : la mère infirmière fout le camp avec son chef de service et en informe sa petite famille par une lettre. Elle repasse le soir et tente d’expliquer son comportement. La pièce est courte et divertissante, et on en redemanderait presque, rien que pour sentir la symbiose particulièrement sensible entre les acteurs.

En théorie, on s’attend à une violente bataille d’argument, à des assiettes et plats de mariage planant à travers le plateau. Mais on aurait vu « scène de ménage » comme titre et non « problème ». Car en effet, c’est un problème qui se pose. Comment continuer à vivre lorsque la routine est détruite ? Bégaudeau fuit le cliché de la scène de ménage violente, pour rentrer dans un échange calme, et où l’allusion, la rancœur et la pique sont maîtres. Derrière un texte finalement peu écrit, qui joue sur des expressions communes plutôt que sur un renouveau de l’écriture, on jouit beaucoup du portrait en filigrane des personnages. Particulièrement, les deux enfants, qui sont parfaitement truculents. On y reconnaît le jeune adulte en prépa littéraire, contraint par l’échéance du concours qui porte les lettres à la hauteur de Dieu. La fille presque rebelle, attelée à sa dissertation de philosophie. Une fille de terminale en 2011, qui peut brailler « ça m’casse les couilles » sans ciller. Les personnages des parents sont moins bons dans leur création psychologique, mais sublimés par l’interprétation. Toutefois, Emmanuelle Devos ne parvient pas à faire oublier la faiblesse psychologique de son personnage, qui lorsqu’elle tente de se débattre dans le flux de reproches dont l’accable sa famille trahie, perd en épaisseur et fini par être terriblement cliché. De plus, le texte du père est absolument exaspérant de mollesse, l’acteur endosse le rôle d’un être résigné et finalement décevant.

On ressent tout au long de la pièce la vocation de professeur de français de l’auteur, en effet, les références culturelles que l’on peut retrouver sont amenées de manière grassouillette, et peu naturelle. Ce défaut de la pièce lui donne une allure de dissertation de philosophie de terminale. Une dissertation sur le désir et le bonheur, où pour conclure dans une troisième partie, vous glissiez une réflexion sur l’impossibilité pour la mère de famille de tout plaquer pour aller chercher la bagatelle ailleurs, plutôt que de s’occuper des gamins et où vous aviez cette délirante sensation d’être un objecteur de conscience crépusculaire dynamitant la pensée mainstream. Bégaudeau prend son spectateur pour un de ses élèves et met en scène une réflexion sur le bonheur de manière risible. On ricane littéralement d’ailleurs quand les deux jeunes commencent à réfléchir sur la dissertation de philosophie de la plus jeune inopinément intitulée « La conscience permet elle le bonheur ? ». De plus, le choix de Bégaudeau, qui se place clairement du côté de la mère et qui tente peu subtilement de rallier le public à sa cause, public évidemment moral et jugeant la mère volage de manière négative, par la création d’une opposition grossière et catastrophiquement argumentée du père et du fils. Personnages-mollusques qui ne savent que répondre « parce que », lorsque que la mère leur demande pourquoi ils refusent qu’elle parte avec un autre homme.

book_cover_le_probleme_126879_250_400.jpgIl ne faut pas se laisser prendre par l’introduction de la pièce qui semble un peu guindée. En effet, Arnaud Meunier le metteur en scène malgré quelques raccourcis scéniques, comme une opposition entre la robe rouge de la mère, incarnant le désir et la sexualité et le beige uniforme des autres personnages, parvient à montrer le malaise, le problème, le non dit qui flotte d’emblée dans la salle. Le décor neutre, tente d’intégrer une dimension universelle à la pièce, une telle situation arrive partout, et pourrait arriver partout entre Montmartre et le canal St Martin. En effet, le caractère socialement ancré de la pièce ne quitte jamais l’esprit du spectateur qui s’amuse certes de se voir mis en scène, lui suprême bobo allant se divertir un dimanche après midi, mais la pièce perd clairement en profondeur. On pourrait s’attendre à une destruction complète du mythe de la bourgeoisie bohême, il n’en est rien. Le mode de vie est porté sur un piédestal. C’est la force et la faiblesse de la pièce. Elle met son public immédiatement de son côté, mais prend une dimension très lissée, dans un concept d’originalité conformiste.

Ainsi, une première pièce vivante, et divertissante pour Bégaudeau, mais sans ambition, et qui ne parvient pas à effacer les principales faiblesses qu’on a pu apercevoir dans Entre les murs, un amour étrange pour le cliché, et un manque visible de travail sur l’écriture des textes. Par ailleurs, l’auteur devrait penser son public comme autre chose qu’une bande d’adolescent libidineux découvrant la réflexion philosophique.

A voir au théâtre du Rond-Point jusqu’au 3 avril, puis au théâtre Marigny du 7 avril au 15 mai.

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