soiree – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:25:16 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png soiree – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 « Beats Across Borders » : une fête pour s’engager https://www.lapeniche.net/beats-across-borders-une-fete-pour-sengager/ Mon, 20 Nov 2017 09:00:59 +0000 http://lapeniche.net/?p=37781 Il est des moments où la musique dépasse sa seule fonction de divertissement. Elle devient un facteur d’unité, une force formidable qui permet d’intégrer des individus dans un tout. Le mercredi 22 novembre, le Génie d’Alex, situé au cœur du 8ème arrondissement parisien, accueillera un événement bien particulier : la soirée « Beats Across Borders ». Celle-ci, organisée par l’association Sciences Po Refugee Help, a pour objectif de jeter des ponts entre les réfugiés et les autres étudiants sciencepistes, et entend bien y parvenir grâce à cette immense fête où l’enthousiasme efface les frontières.

Le résultat d’une mobilisation collective

Si la cinquième édition de cet événement va pouvoir avoir lieu mercredi, c’est avant tout grâce à la mobilisation des bénévoles. Qui sont ces bénévoles ? Il y a, évidemment, les étudiants et les étudiantes membres de l’association Sciences Po Refugee Help. Mais pour cette soirée, ils ne seront pas seuls : les artistes qui se produiront à cette occasion le feront également gratuitement. Les seuls bénéfices seront ceux engendrés par la vente de billets, et ils permettront le financement des actions menées par l’association.

Kenzi Bourras et Guido Mininsky ( Acid Arab ) seront de la fête mercredi.

Parlons des artistes, justement. Ils seront nombreux à se présenter devant vous ce soir-là. Les rythmes touaregs de Salam Désert et son groupe d’amis sauront, sans aucun doute, vous inviter au voyage et vous faire danser sur la piste du Génie d’Alex. Ils ne seront pas seuls, puisqu’avec eux se produira également Agathe Iracema, compositrice et interprète de jazz franco-brésilienne. Là encore, le duo qu’elle formera avec le guitariste Eneas Santana vous transportera loin de la scène et de la Seine parisienne. Les accents brésiliens d’une musique samba-funk devraient faire de cette soirée une fête où les invités ne formeront qu’une masse unie par les mélodies. Enfin, le DJ set de Guido Minisky, l’une des têtes du duo d’Acid Arab, se joindra à Kenzi Bourras pour faire vibrer les participants au son d’une musique techno à laquelle se mêleront des mélodies orientales ensorceleuses. C’est la recette qui a fait le succès des quatre éditions précédentes : une ambiance cosmopolite et des artistes survoltés, le tout dans un cadre inhabituel.

Une soirée pour poursuivre le combat

La « Beats Across Borders », au-delà de son caractère festif, est également un événement nécessaire pour Sciences Po Refugee Help. Alors que l’Hiver arrive, les recettes engendrées par la soirée permettront à l’association d’être présente sur tous les terrains durant les mois à venir. Aujourd’hui, un millier de personnes environ dorment dans les rues de Paris, parmi lesquelles on trouve des centaines de mineurs non accompagnés. La poursuite des actions menées par Sciences Po Refugee Help, association qui vient en aide à ces personnes en grande difficulté, est donc indispensable.

La soirée « Beats Across Borders » doit, précisément, permettre de lever les fonds nécessaires à la conduite des maraudes, collectes de biens de première nécessité et cours de français. L’idée est de garantir non pas seulement la survie, mais également l’intégration des réfugiés. Sur les 1000 places qui ont été mises en vente par l’association, 200 leur sont, à ce titre, réservées. En se joignant au groupe des étudiants et des étudiantes venues pour faire la fête, ces derniers pourront oublier leur statut le temps d’une soirée. Même si, évidemment, le but de cette dernière n’est pas d’occulter le combat au long cours mené par l’association. Au contraire, l’enjeu est fondamental, puisqu’il s’agit d’assurer sa subsistance.

En résumé, si vous avez envie de faire la fête avec les réfugiés, pour les réfugiés, et que vous souhaitez vous échauffer avant la Cash and Trash, la soirée « Beats across Borders » n’attend que vous !

Les tickets pour l’événement sont toujours disponibles ici : https://www.facebook.com/events/835498759957211/

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Ma 1A à Sciences Po : le bilan https://www.lapeniche.net/fin_annee1a/ Tue, 17 May 2016 08:30:38 +0000 http://lapeniche.net/?p=34487 Samedi 14 mai, midi sonne et « vous vous levez et posez vos stylos ». La première année à Sciences Po est officiellement terminée. En écho à l’article qui retraçait nos débuts de jeunes étudiants, nous vous proposons une rétrospection de ces deux semestres passés entre les murs de la rue Saint-Guillaume.

© Yann Schreiber pour le BDE Sciences Po

 Du statut de bizut au Bizuth

Au commencement était la ponctualité. Véritable challenge, il s’agissait d’arriver 5 minutes avant les amphis pour s’assurer de contempler Frédéric Gros. Début du réseautage, tu envoyais un sms à un ami pour qu’il te garde une place. Tu te sentais rebelle de passer dix minutes du cours sur Facebook, sur le mur de promo. Force est de constater que ta motivation s’est délitée. Bilan de ce 2e semestre ? Les textos que tu as envoyés relevaient plutôt du « T’es où ? On t’attend au Bizuth » par un beau mercredi d’après-midi à 14h45, heure du début de l’amphi Energie, Population et Climat (ravie de vous l’apprendre).

Au retour de six semaines d’« interruption pédagogique », dont tu as d’ailleurs profité en organisant un petit voyage pas du tout cliché avec tes potes dans une capitale européenne, tu t’es dit que tu serais, cette fois-ci, prêt pour les inscriptions pédagogiques. Deux écoles s’opposent: la version optimiste de celui qui a programmé le temps exact qu’il doit passer sur le choix de chaque matière, contre la version jemenfoutiste de celui qui est persuadé que ça ne peut pas être pire que la dernière fois. Foutu pour foutu, tu hérites dans tous les cas du charmant atelier artistique « Exploration en mouvement », où tu as enfin pu apprendre à exprimer tes émotions en te roulant au sol.

Un dilemme fondamental a agité ton année : l’éternelle alternative bibliothèque versus cafet, selon l’intensité du niveau de procrastination. Procrastination n’étant faite que de courbes d’indifférence sécantes du temps passé à bronzer dans le jardin. Autre problème, celui de l’optimisation des jokers. Aussi connus sous le nombre de maximum d’absences avant la défaillance, ce seront les seuls calculs que tu mèneras à bien (ou pas).

 

 Sociologie jusqu’au bout de la nuit

En revanche, là où on a pu te compter présent, c’est aux soirées sciencespistes. Doutant de ta capacité à gérer travail et sortie au 1er semestre, tu as réalisé que la constitution d’un réseau est primordiale. Cash and Trash, Médiatique, Fêtes du BDE : aucune ne s’est faite sans toi. Revers de ton dévouement sans faille, tu as désormais abandonné l’idée de conjuguer réputation et dignité. Tu ne t’en souviens peut-être pas, mais la Minute Yep, si.

Malgré tout, ton année n’a pas été de tout repos. Exposé à rendre pour le lendemain, échéance pour la fiche de lecture, s’assurer une note décente au galop pour prévoir un éventuel tôlé au partiel, ou encore trouver un stage de terrain pour la fin de l’année (ce problème te concerne peut-être encore. Si c’est le cas, haut les cœurs). Mais cela t’a permis de révéler des talents insoupçonnés jusqu’alors : savoir élaguer les détails, apprendre à paraître serein en plein oral d’IP puis développer ta capacité à improviser, finir le e-learning en 24h (chrono).

Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Ce sont tous ces éléments qui permettent d’affirmer que oui, tu as bel et bien fini ta première année à Sciences Po. Cela, mais aussi les merveilleux professeurs d’amphithéâtre qui t’ont, plus ou moins, inspiré, les professeurs de conférence que tu as, ou non, découvert sous un tout autre angle lors des dîners de conférence, les amitiés que tu as liées, ou pas, avec les camarades de ta triplette. Et c’est aussi grâce à tous les élèves qui forment la promo 2020 -bien que tu en découvres encore à chaque amphi – que la deuxième année promet d’être aussi mémorable.

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LE MAG – L’âme rongée par de foutues idées https://www.lapeniche.net/lemag_foutuesidees/ Thu, 12 May 2016 06:00:43 +0000 http://lapeniche.net/?p=34463 « Avant d’entrer à Sciences po, je faisais du théâtre, en amateur. En première et en deuxième années, j’ai eu la chance de continuer à jouer grâce aux ateliers artistiques. Cela a entretenu ma passion ! Et au moment du master, j’ai choisi d’en faire mon métier. » Diplômé du master Affaires Publiques section culture en 2015, Guillaume Lambert fait partie des rares élus à être passés de Sciences Po…à la scène. Sa pièce L’âme rongée par de foutues idées est aujourd’hui à l’affiche de la manufacture des Abbesses.

Mai 68 comme source d’inspiration 

En une heure de temps, Guillaume Lambert nous plonge au coeur d’une contestation sociale dont la ressemblance avec Mai 68 est frappante. « On a créé une époque et un lieu inconnu. On a pris des libertés sur les événements », nuance tout de même l’ancien sciences piste.

Sur fond de bruitages de séries policières, d’extraits sonores de manifestations et de bulletins d’informations télévisés, la tension de cette création artistique est palpable. « On attend le moment de faiblesse pour frapper, frapper fort, pour dévorer le président », « nous sommes à l’aube d’un bouleversement politique dont personne ne peut prédire l’issue », entend-on ainsi.

La défiance et l’exaspération vont croissantes alors que la répression policière des manifestations se durcit. « Il faut leur faire commettre la brasure qui embrasera le pays » s’exclament certains leaders étudiants. Entre utopies étudiantes et tétanie politique, rumeurs, spéculations et divers rebondissements, le réalisme du texte et de la mise en scène sont saisissants.

Le spectateur, lui, est emporté par l’élégant jeu de lumières de Gauthier Ronsinet, un ami d’enfance du metteur en scène, et par le talent de l’unique comédienne, Lucie Leclerc. Dans ce thriller politique mené au pas de charge, sombre, angoissant, son visage change sans cesse : Conseillère du Premier ministre le jour, leader étudiante la nuit.

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Quelle réflexion politique ?

L’âme rongée par de foutues idées invite à interroger de grands classiques des sciences politiques. Est-il légitime d’être gouverné par des élites ? Que faire face à l’inertie sociale et politique ? Comment cette société crée-t-elle du conflit qui peut nous ronger jusqu’à notre plus profonde intimité ?

Au moment de la rédaction de la pièce, à l’été 2015, jamais son auteur n’avait pensé qu’elle puisse être jouée en parallèle de Nuit Debout. « Si le spectacle semble si actuel, c’est bien que ces questions ne sont pas si simples, et qu’il est nécessaire de continuellement les réinterroger. Nuit Debout nous a fait réfléchir et nous a poussé à réécrire certains passages. J’espère que le spectacle ouvrira un dialogue avec les spectateurs », souligne ainsi Guillaume.

En témoigne ce moment où l’actrice s’assoit entre deux spectateurs, avant de déclarer d’un ton cynique « Là, vous voyez vous avez un peu plus de sécurité, mais un peu moins de liberté. » Sans prétendre à donner un cours d’histoire ou de philosophie politique, c’est bien toute la force du théâtre que de se servir de situations fortes pour laisser le spectateur se remettre en question.

En scène jusqu’au 19 juin 2016 à la manufacture des Abbesses, 7 rue Véron dans le 18ème arrondissement. Horaires et tarifs.

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20 questions pour tout savoir des listes BDE https://www.lapeniche.net/bde2016/ Wed, 27 Apr 2016 11:40:19 +0000 http://lapeniche.net/?p=34399

Propos recueillis par Malte Penot-Lacasagne et Guilhem Morvilliers. Infographie réalisée par Claire Guillemin.

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LE MAG – Une nuit au Quai d’Orsay pour repenser le Monde https://www.lapeniche.net/lemag_nuitdesidees/ Fri, 05 Feb 2016 09:20:56 +0000 http://lapeniche.net/?p=32952

Un article de Sarah Lemaire, étudiante à l’université Paris X.

Mercredi 27 janvier se déroulait la première Nuit des Idées au ministère des affaires étrangères. L’idée, réfléchir sur les grands enjeux d’aujourd’hui et de demain, a beaucoup plu. Les entrées (gratuites) sont parties bien vite. Cela dit, les grandes conversations débutaient dès la file d’attente, entre voisins. Les portes du ministère franchies, on découvre la beauté des lieux : ornements, moulures, sculptures et cheminées, et de somptueux matériaux comme le velours, l’or ou le marbre. Le décor ne crée absolument pas une atmosphère coincée. Au contraire, on se croit dans ces salons littéraires où l’on rêvait le monde d’hier. Une jolie façon de retrouver les aspirations françaises de la pensée et de la révolution, au sens du changement.

Rosanvallon, Sassen : quelle citoyenneté pour demain ?

A rebours des vagues migratoires, la citoyenneté est aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations. Pierre Rosanvallon voit un conflit interne dans l’origine même de la création de l’Union Européenne. L’U.E. aurait été aux yeux de beaucoup la solution à tous les problèmes nationaux. Alors qu’en tant qu’union supranationale elle a le devoir de créer une conscience européenne, et non de gérer les difficultés à l’échelle d’un pays. Selon l’historien, un conflit entre la citoyenneté européenne et la citoyenneté nationale apparaît dès lors, ne nous permettant plus de penser notre propre condition ou celles des nouveaux arrivants en Europe.

De son côté, Saskia Sassen met l’accent sur la dégénérescence de certains droits fondamentaux, dont le droit de vote. L’émergence d’une abstention massive en France en serait le reflet. Un nouveau mode d’expression est attendu. L’économiste et sociologue hollandaise suggère l’installation d’associations, voire d’instances plus officielles.

© Ulysse Bellier

Les deux intervenants appellent alors leur auditoire à prendre conscience de leur responsabilité. Ce n’est pas un combat que la société devra mener seule. L’historien déplore que ses représentants ne respectent plus leur fonction première, celle de porte-parole. On décèle dans son discours un réquisitoire contre les partis politiques. C’est en partie contre ce phénomène que Pierre Rosanvallon a développé un site Internet participatif.

« L’histoire de la démocratie c’est l’histoire de la conquête des droits »

 

Badinter, Breyer : quelle justice pour demain ?

21h00. Arrive Robert Badinter pour sa conférence en compagnie de Stephen Breyer, juriste membre de la cour suprême américaine. Leur intervention s’inscrit dans la continuité de la précédente. L’Etat de droits reste au cœur du débat.

Stephen Breyer indique dit d’emblée qu’il faut « 200 ans » pour créer un Etat de droits. Il ne considère pas pour autant que les Etats-Unis, ou même la France, en fassent absolument partie. Citant Cicéron « quand les armes parlent, les lois se taisent », Breyer évoque ensuite les interventions armées américaines durant la Seconde Guerre Mondiale. Défenseur des droits de l’Homme, elles ne sont aujourd’hui pour lui plus tolérables. Breyer soulève ici une éternelle polémique : un équilibre décisionnel est-il possible entre la paix et la sécurité ?

La réponse ne se trouve peut-être ni dans le Patriot Act américain ni dans le projet français de déchéance de nationalité. Robert Badinter rappelle que « le terrorisme est un vieux compagnon » et qu’il a toujours posé problème à la justice. Face à ces actes barbares « L’Etat ne saurait être un Etat de faiblesse ».

Les deux intervenants mettent en évidence à ce sujet une « ligne rouge » que nous ne devons pas franchir, même en temps de « guerre ». Badinter parle en connaissance de cause. Il s’est longtemps battu pour éloigner la France de cette limite notamment par l’abolition de la peine de mort, de la pratique de la torture ou en accordant un accès pour tout condamné à la justice, contrairement à Guantanamo.

© Ulysse Bellier

« Ce n’est pas au nom de la protection des populations que l’on peut faire sauter l’Etat de droits ».

Cet équilibre est possible selon Brever et Badinter. Il existe aujourd’hui plus de 2000 organismes internationaux qui peuvent nous dire quoi faire, au-delà des Nations Unies. Il faut instaurer des moyens de coopération pour résoudre et améliorer les problèmes à l’échelle internationale. Alors pourquoi pas une instance internationale, une cour suprême mondiale ? se plait-on à imaginer. Les sceptiques peuvent sourire, mais pour Breyer il y a deux moyens d’agir efficacement face aux organisations terroristes internationales… L’Etat de droits d’un côté, et les autres moyens de l’autres. En réalité, le choix ne se pose pas. La mondialisation des acteurs du droit est le meilleur moyen de lutter contre la mondialisation des acteurs terroristes.

En substance, la question est de savoir si nous sommes prêts à accepter un ordre juridique et décisionnel mondial, quitte à renoncer à certaines de compétences nationales. Peut-être pour demain.

« Le souverainisme judiciaire est mort, mais nous ne le savons pas. Les Etats ne sont pas capables de dresser l’acte de décès du souverainisme judiciaire et pourtant il est plus paralysant que protecteur. »

Cela dit, lui comme Breyer précisent bien que leur seul rôle est de montrer que des moyens de coopérations existent. « Les juges corrigent les abus, mais nous ne sommes pas les guerriers », rappelle Breyer. Ces grands esprits cèdent finalement leur place pour la léguer aux « guerriers » de demain. Qui seront-ils ? L’avenir en jugera.

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