Nova est le « petit nouveau » des syndicats étudiants à Sciences Po. Créé l’an dernier, refusant tout positionnement idéologique ou partisan, l’organisation étudiante a su convaincre puisqu’elle a obtenu deux sièges à chacun des deux Conseils lors des élections. Son objectif est ainsi de rassembler des jeunes engagés de tous bords politiques, pour parvenir à construire, en dépit de et grâce à leurs différences, un projet commun : une initiative qui a pu être saluée comme constructive par certain.es, ou perçue comme un peu floue pour d’autres.
Il est vrai que cette ligne directrice qui se définit par ce qu’elle n’est pas peut laisser perplexe : s’il n’est pas marqué à gauche ou à droite, que propose réellement Nova ? Pour le président c’est très simple : « vouloir toujours mieux », la proposition phare qui a séduit les étudiant.es en mars dernier. Pour Nova, cela signifie « ne pas se contenter de ce qu’on a, ne pas se contenter de protester non plus, ne pas attendre la prochaine échéance nationale, la prochaine manifestation ou le prochain blocage pour agir, mais œuvrer concrètement chaque semaine pour la qualité des études, l’égalité des chances, la transition environnementale, l’égalité femmes/hommes, la vie associative, l’intégration des Internationaux et bien d’autres sujets encore ».
Ces propositions se transcrivent dans des projets propres, notamment la Semaine de la Mer qui s’est déroulée début octobre, comme annoncé dès la création du syndicat. Cet événement avait pour but de « sensibiliser toute la communauté sciencepiste aux questions maritimes, dans la droite ligne de notre Campus de la Mer », explique le président. Autre action politique et tournée vers l’environnement, Nova s’engage pour faire du Campus de Paris 2022 « un site universitaire modèle en matière de durabilité », via son programme Ambition Campus Vert.
Mais les sciencepistes le savent bien, un syndicat étudiant, s’il est certes à même de porter ces projets plus globaux, a aussi pour mission d’apporter des réponses à des sujets plus particuliers, aux problèmes quotidiens rencontrés par les élèves. Ainsi, le président explique élaborer avec son syndicat des « stratégies » présentées à l’administration sur des sujets comme les IP, l’intégration des internationaux, ou la réforme des frais de scolarité et du concours d’entrée. Par ailleurs, la formation étudiante affirme aussi avoir milité pour et obtenu la tenue d’examens de rattrapage fin août en présentiel pour celles et ceux qui n’avaient pas pu se rendre disponible pour les partiels en ligne fin mai. Enfin, pour le président de NOVA, l’engagement du syndicat s’illustre aussi par ce qui peut sembler être de petites actions, comme la distribution de plans de Sciences Po aux 1A au début de l’année, mais qui peuvent s’avérer constituer un vrai soutien.
Si l’on se penche sur le très discuté Acte II du Collège Universitaire, NOVA apporte une vision assez pragmatique de la situation : quitte à ce que les choses changent, autant s’y adapter. Le syndicat tient tout d’abord à rappeler que la réforme a été mise en place et discutée bien avant son élection au printemps dernier, « sans aucune possibilité d’action ou de négociations » pour les élu.es donc. Le mot d’ordre : « parer, sur tous les fronts, au plus urgent ». Comme beaucoup, la formation reconnaît de bonnes intentions à l’acte II, mais redoute une « mise en place inadaptée ou chaotique », et affirme tout faire pour éviter d’éventuelles retombées négatives sur la vie des étudiant.es. Ainsi, NOVA tient à rappeler le rôle de négociateur qu’il a pu tenir auprès du Comité Pédagogique – et qu’il aurait été « le seul à tenir » selon le président -, afin d’attirer l’attention de l’administration sur les conséquences engendrées par les changements de l’Acte II, notamment sur la vie associative. En effet, l’important volume horaire requis par les cours et engagements du Parcours Civique, en 2A notamment, risque de rogner sur l’engagement associatif des élèves au sein de Sciences Po que NOVA tient absolument à préserver.
Enfin, le dernier-né des syndicats étudiants rappelle son engagement pour l’égalité entre les femmes et les hommes, et pointe ainsi une avancée qui a eu lieu avant son élection, mais qui lui paraît particulièrement positive : l’inauguration des amphithéâtres Jeannie de Clarens et Simone Veil, à la fin de l’année dernière, permettant pour la première fois de faire figurer des noms de grandes figures féminines sur le plan de Sciences Po. Ce n’est certes « que symbolique, mais c’est déjà beaucoup ».
La rentrée s’annonce ainsi riche de projets pour cette organisation étudiante qui s’affirme « ferme et déterminée ». Entre le Parcours Civique, les enjeux écologiques du campus ou encore le simple fait de prendre ses marques après une première élection, les élu.es de NOVA entament indéniablement une année chargée.
Capucine Delattre
]]>Pour mieux comprendre de quoi il en retourne et à quoi exactement les sciencepistes doivent s’attendre, La Péniche – dont le nom n’a jamais autant été de circonstance – est allée poser quelques questions à Côme Girschig, élu NOVA, Jeune Délégué Français au Climat et étudiant à Sciences Po, co-organisateur du Cycle Océan avec Julia Tasse et Morgan Raffray, deux jeunes diplômés de Sciences Po Paris.
LPN : En quelques mots, qu’est-ce que la Semaine de la Mer ?
Côme Girschig : La Semaine de la Mer est une semaine thématique lancée par Nova, qui vise à amener au sein de notre institution un regard nouveau sur des thématiques d’avenir.
LPN : Comment vous est venu ce projet ?
CG : Historiens, scientifiques, sociologues et politologues sont unanimes : le monde politique contemporain ne prend pas assez en considération le monde de la mer. Permettre dès aujourd’hui aux élèves de Sciences Po de se familiariser avec les diverses problématiques afférentes à la mer, allant des questions de biodiversité à celles de défense, en passant par les considérations de gouvernance en Haute mer ou de commerce international, c’est s’assurer d’une meilleure prise en compte d’enjeux cruciaux pour un pays comme le nôtre.
LPN : En quoi cette semaine rejoint-elle le projet de Nova ?
CG : Nous avions proposé de réfléchir à la création d’un Campus de la Mer lors des élections de mars dernier et nous avions résolument fait de l’écologie un des quatre piliers fondateurs de notre engagement. La Semaine de la Mer s ‘inscrit pleinement dans cette dynamique et sera l’occasion de présenter notre projet de campus.
LPN : Comment se distingue-t-elle des multiples semaines déjà organisées à Sciences Po ?
CG : Ce sera aux étudiantes et aux étudiants de le dire, mais ce qui distingue déjà cette Semaine de la Mer est qu’elle est le fruit d’un rassemblement inédit de plusieurs associations et plusieurs individualités qui se sont mis au service d’une cause commune, en dépit de leurs champs d’action assez différents.
LPN : Un événement phare de cette semaine sera le Cycle Océan. Pourriez-vous nous en dire plus ?
CG : Aux côtés de Julia Tasse et Morgan Raffray, nous avons organisé un cycle de cinq conférences thématiques sur l’Océan. Ce cycle est parrainé par Serge Segura, Ambassadeur de France aux Océans. Notre objectif principal a été de donner aux étudiants de Sciences Po un aperçu de la façon dont l’Océan entre en parfaite résonance avec les disciplines-mères de l’école. Ces cinq soirées seront ainsi une occasion unique de discuter avec des professionnels de différents secteurs comme le transport maritime (CMA CGM) ou l’armement (Naval Group), des élus (Sénat), des membres de l’armée française (Amirale), des chercheurs, des scientifiques et des écrivains.
LPN : Pensez-vous faire de cette semaine un rendez-vous annuel ?
CG : Ce serait formidable si ce rendez-vous pouvait être annuel, oui ! Il y a tant de choses à dire sur le sujet… Mais ne brûlons pas les étapes et essayons déjà de faire tous ensemble de cette première Semaine de la Mer un succès !
Très belle semaine de la mer à vous donc, et pour plus d’informations, vous pouvez vous rediriger vers la page Facebook de l’événement !
Jôsl’ie-Fritz Benenus
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