Selim Ben Hassen – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Thu, 07 May 2009 09:00:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Selim Ben Hassen – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Sciences Po Monde Arabe, une association qui voit les choses en grand ! https://www.lapeniche.net/sciences-po-monde-arabe-une-association-qui-voit-les-choses-en-grand%c2%a0/ Thu, 07 May 2009 09:00:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=773 Capturer_SPMA1.JPGInterview de son président : Sélim Ben Hassen.

A Sciences Po, Sciences Po Monde Arabe (SPMA) est presque devenue une institution. Fondée en 2006, SPMA cherche à réfléchir et faire réfléchir les étudiants sur les enjeux du monde arabe sur tous les plans : politique, économique et social – un thème très dense et souvent méconnu ou mal connu au sein de l’école. Forte d’une certaine notoriété à Sciences Po, SPMA a su se développer et gagner en légitimité par une ligne claire et une organisation bien rodée. Retour sur les raisons de ce succès avec son président, Sélim Ben Hassen.

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Capturer_SPMA1.JPGInterview de son président : Sélim Ben Hassen.

A Sciences Po, Sciences Po Monde Arabe (SPMA) est presque devenue une institution. Fondée en 2006, SPMA cherche à réfléchir et faire réfléchir les étudiants sur les enjeux du monde arabe sur tous les plans : politique, économique et social – un thème très dense et souvent méconnu ou mal connu au sein de l’école. Forte d’une certaine notoriété à Sciences Po, SPMA a su se développer et gagner en légitimité par une ligne claire et une organisation bien rodée. Retour sur les raisons de ce succès avec son président, Sélim Ben Hassen.

Une association politique, mais pas partisane

SPMA, à l’inverse des associations relatives au monde arabe qui ont existé à Sciences Po avant elle, s’est dès le début positionnée en tant qu’association politique, de fond, avec la ferme volonté d’éviter de devenir une association communautaire ou de réseau. La communication a donc d’emblée été organisée pour « ne pas rassembler les gens autour d’une identité ou d’intérêts particuliers, mais autour d’idées ». On trouve ainsi parmi la quinzaine de membres actifs de SPMA des gens de différentes origines : des marocains, des libanais, des juifs, des tunisiens…

De ce positionnement découle le programme de l’association, avec des conférences favorisant l’échange d’opinions différentes et la volonté explicite de ne pas inviter seulement des gens avec lesquels les membres de l’association adhèrent idéologiquement. Sélim revendique le parti pris de l’association de faire parler ceux qui n’ont pas de tribune, tel cet opposant tunisien poursuivi dans son pays (Moncef Marzouki), et d’évoquer des sujets peu connus du grand public, comme le féminisme islamique lors de la conférence qui a eu lieu le 30 avril dernier.

C’est cette diversité des membres et des invités qui fait la force de l’association : le choix des invités et des thèmes des conférences est soumis au vote des membres de l’association, sans qu’aucun membre n’ait de droit de véto, « pas même le président », insiste Sélim. Cette année, SPMA est en passe d’atteindre son objectif fixé en début d’année à une dizaine de conférences, un record à Sciences Po dont son président se dit « plutôt satisfait ».

Une organisation bien rodée

Dès lors que l’on favorise la diversité se pose la question de l’organisation. Afin de composer de manière efficace avec des personnes aux opinions divergentes, les membres de SPMA se réunissent une fois par semaine – le dimanche – afin de débriefer sur les dernières conférences et voter le thème des conférences futures ainsi que leurs intervenants.

Ce dernier point est crucial pour assurer la qualité des débats. Grâce à son expérience acquise après 3 ans à la tête de l’association (après réélection « purement démocratique » nous rappelle-t-il en souriant), Sélim a compris l’intérêt de diversifier les statuts des intervenants : s’il semble prestigieux d’inviter un ambassadeur, ce dernier n’est en effet bien souvent qu’un « VRP de son gouvernement » et n’apporte pas réellement une position d’analyste sur le sujet traité. Entre notoriété et compétence, il faut parfois choisir. SPMA affirme privilégier le deuxième critère, en considérant le premier comme un plus mais pas une réelle condition de sélection.

L’égalité des membres est elle-aussi respectée au sein de l’association. A SPMA, point de favoritisme ni de passe-droits : tout le monde tracte, pour le bien de la  «cohésion du groupe », à laquelle Sélim est très attaché. Mais l’enjeu à venir sera véritablement celui de son départ l’année prochaine.

Capturer_SPMA2.JPG« Défendre ses idées quoi qu’il en coûte »

Etre à la tête d’une association comme SPMA, politique et de plus en plus reconnue, pourrait facilement amener à faire passer des intérêts personnels avant tout. C’est en effet gagner en influence, se faire connaître et développer un réseau de personnalités de plus en plus prestigieux au fil du temps (Badinter, Védrine, Arkoun, Ben Achour, ambassadeurs et autres ministres). Conscient de ce risque, Sélim attache une importance à défendre l’intérêt et le positionnement de l’association avant tout, malgré des invitations et des offres politiques nombreuses. «La politique, ce sont des convictions, les plans de carrière sont un non sens dans ce domaine» déclare-t-il fermement.

Côté financement, SPMA a choisi de dépendre en grande partie du fond associatif afin de conserver son indépendance, bien qu’elle dispose aussi de deux partenariats formels avec l’Institut du Monde Arabe et de RMC Moyen-Orient par le biais d’une publicité mutuelle. Récemment, l’association est parvenue à nouer un partenariat avec la BRED Grandes Zé pour accorder des prêts sans caution parentale aux étudiants de Sciences Po « qui en ont le plus besoin ».

Retrouvez des compléments d’information dans les précédentes interviews :

Les premiers pas de SPMA, le 20 avril 2006

Interview de Sélim, le 16 mai 2008

Les conférences à venir porteront sur les thèmes suivants :

Jeudi 7 mai, à 18h30 : La peine de mort dans l’Islam et dans le monde arabe

Avec Florence Bellevier (secrétaire générale et spécialiste de la question de la peine de mort auprès de la FIDH), Robert Badinter, Yadh Ben Achour (professeur de droit musulman), Mohammed Arkoun (professeur émérite de la pensée islamique à la Sorbonne), Youssef Seddik (islamologue, anthropologue de l’islam et écrivain).

Inscription obligatoire auprès de: mondearabe@sciences-po.org

14 mai : La liberté de la presse dans le monde arabe

28 mai : L’éducation et le renouvellement des élites

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Interview : Sélim Ben Hassen, Président de l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe (SPMA). https://www.lapeniche.net/interview-selim-ben-hassen-president-de-l%e2%80%99association-des-eleves-de-sciences-po-pour-le-monde-arabe-spma/ https://www.lapeniche.net/interview-selim-ben-hassen-president-de-l%e2%80%99association-des-eleves-de-sciences-po-pour-le-monde-arabe-spma/#comments Fri, 16 May 2008 08:08:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=438 Vendredi 16 mai 2008, l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe (SPMA) organise une conférence sur « La réforme des Etats Arabes ». Interview de Sélim Ben Hassen, Président de l’association.

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Vendredi 16 mai 2008, l’Association des Elèves de Sciences Po Pour le Monde Arabe (SPMA) organise une conférence sur « La réforme des Etats Arabes ». Interview de Sélim Ben Hassen, Président de l’association.

  • LaPéniche.net : Bonjour Sélim ! Après avoir fondé SPMA il y a à peine deux ans, celle-ci s’est très vite affirmée comme la principale association sur le monde arabe à Sciences Po. A quoi attribues-tu cet engouement ?

Sélim : Une charge de travail qu’on imagine difficilement, mais surtout une totale indépendance qui nous permet d’exprimer nos opinions, de faire passer nos messages et d’organiser nos événements de la manière la plus libre qui soit. Nos interlocuteurs et nos invités ont rapidement réalisé que nous étions là pour servir le monde arabe et non pour servir nos futures carrières. Cela nous a permis d’acquérir une solide légitimité à Sciences Po et une crédibilité accrue auprès des étudiants.

  • LaPéniche.net : Cela ne vous empêche pas d’accueillir des invités prestigieux. Pour cette conférence, vous recevez Bertrand Badie, Professeur à Sciences Po, Hubert Védrine, ancien ministre français des affaires étrangères, l’ambassadeur de la République d’Egypte en France et l’écrivain Tahar Ben Jelloun…

Sélim : Et vous pouvez rappeler qu’en partenariat avec des associations extérieures à Sciences Po, nous avons reçu cette année encore l’Ambassadeur du Maroc en France et le ministre marocain des finances.

  • LaPéniche.net : Revenons à votre actualité : qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’organiser une conférence sur la réforme des Etats arabes ?

Sélim : En fait, l’association, qui est aussi un cercle de réflexion, travaille beaucoup sur la manière d’améliorer la situation politique, économique et sociale dans nos pays. Dans ce cadre, nous sommes amenés à rencontrer et échanger avec des politologues, des hommes politiques, des membres d’organisations internationales et des journalistes. Au cours de ces conversations, l’expression de réforme des Etats arabes resurgit invariablement sans qu’on sache pour autant à quoi elle correspond exactement. C’est pour cette raison qu’on a décidé d’organiser un débat, pour savoir sur quoi devrait précisément porter une éventuelle réforme et comment elle pourrait concrètement être mise en œuvre.

  • LaPéniche.net : Est-ce que vous allez aborder la question de la démocratie ?

Sélim : Bien sûr, puisqu’il s’agit d’une question centrale. Ceci dit, il serait simpliste et même dangereux de réduire la question de la réforme des Etats arabes à celle de la démocratie ; parce que ce serait alors oublier et faire oublier qu’il existe d’autres domaines tout aussi importants qui méritent d’être réformés d’urgence dans nos pays : je pense à l’éducation, aux politiques de santé, à la protection sociale, à la lutte contre la pauvreté, autant de matières dans lesquelles nous avons pris un retard considérable.

  • LaPéniche.net : Mais, selon vous, ce n’est pas pour autant la question la plus brûlante ?

Sélim : Si vous entendez par démocratie le système qui garantit le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, vous avez raison de souligner l’absolue nécessité de changer rapidement et radicalement les choses. Je le dis d’autant plus volontiers que la situation, de ce point de vue, est de plus en plus inquiétante. Si vous pensez à la démocratie, au sens strict, c’est-à-dire, envisagée comme système politique, c’est une construction de fond dans laquelle il faudra s’engager mais qui prendra nécessairement plus de temps.

  • LaPéniche.net : Vous n’êtes donc pas en faveur d’une instauration pure et simple de la démocratie ? Pourquoi ?

Sélim : Parce que cela ne fonctionnerait pas et parce qu’on n’acquiert pas la démocratie comme on achète du lait dans un supermarché. Le système politique est un choix, et comme tout choix, celui-ci doit être fait de manière libre et éclairée : libre signifie qu’il ne peut être imposé de l’extérieur, éclairé signifie qu’avant de se prononcer pour la démocratie ou pour n’importe quel autre système, il faut d’abord l’étudier avec soin, en connaître les vertus et les défauts, avant de décider, compte tenu de nos valeurs, de nos mœurs et de nos cultures, dans quelle mesure celui-ci nous convient. Si nous ne le faisons pas, cela signifiera que nous ne sommes pas capables de penser à la manière dont nous souhaitons régir nos sociétés et encore moins nous gouverner. Or, c’est parce que je sais que nous en sommes capables qu’il faut, par un contrat social que nous devons conclure, décider, ensemble et souverainement, du régime politique que nous souhaitons instaurer dans nos Etats.

  • LaPéniche.net : La question est passionnante et l’événement promet en tous cas d’être un succès…

Sélim : Oui, nous avons déjà enregistré plus de 300 inscriptions, chose assez rare pour une manifestation étudiante. Espérons surtout que le débat sera à la hauteur des attentes de l’auditoire et qu’il en jaillira quelques idées qui feront avancer les projets que nous avons pour nos pays.

  • LaPéniche.net : Le mot de la fin ?

Sélim : Oui, peut-être pour préciser que nous avons choisi de faire animer le débat par deux étudiants de Sciences Po : Sonia Dridi, étudiante à l’école de journalisme, et Nabil Aït-Akkache, étudiant en Master Affaires publiques. Nous sommes convaincus que le débat sera aussi un succès grâce à eux.

  • LaPéniche.net : Conférence « La réforme des Etats arabes », vendredi 16 mai 2008 à 18h30 en amphithéâtre Emile Boutmy.
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https://www.lapeniche.net/interview-selim-ben-hassen-president-de-l%e2%80%99association-des-eleves-de-sciences-po-pour-le-monde-arabe-spma/feed/ 13
Première à Sciences Po : conférence inédite organisée par l’UEJF et Sciences Po Monde Arabe https://www.lapeniche.net/premiere-a-sciences-po-conference-inedite-organisee-par-luejf-et-sciences-po-monde-arabe/ Tue, 22 May 2007 11:43:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=212 Mercredi 23 mai (demain !) se tiendra à Sciences Po une conférence exceptionnelle organisée, en partenariat, par l’UEJF Sciences Po (Union des Etudiants Juifs de France) et Sciences Po Monde Arabe. Cette conférence, intitulée “Juifs et Arabes : ce que l’Histoire en dit, ce que les hommes en font” aura lieu dès 19h au 13, rue de l’Université (amphithéâtre Jean Moulin). La Péniche a souhaité rencontrer les présidents de ces deux associations (Daniel Hoffmann pour l’UEJF et Sélim Ben Hassen pour Sciences Po Monde Arabe) afin de nous éclairer sur le contenu de la conférence mais aussi sur leur action au quotidien.

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Mercredi 23 mai (demain !) se tiendra à Sciences Po une conférence exceptionnelle organisée, en partenariat, par l’UEJF Sciences Po (Union des Etudiants Juifs de France) et Sciences Po Monde Arabe. Cette conférence, intitulée “Juifs et Arabes : ce que l’Histoire en dit, ce que les hommes en font” aura lieu dès 19h au 13, rue de l’Université (amphithéâtre Jean Moulin). La Péniche a souhaité rencontrer les présidents de ces deux associations (Daniel Hoffmann pour l’UEJF et Sélim Ben Hassen pour Sciences Po Monde Arabe) afin de nous éclairer sur le contenu de la conférence mais aussi sur leur action au quotidien.

LaPéniche.net : Bonjour messieurs les Présidents, pouvez-vous tout d’abord nous présenter les objectifs de vos associations ?

Sélim : Sciences Po Monde Arabe vise à promouvoir les valeurs et les richesses du monde arabe, qu’il s’agisse des aspects historiques, politiques ou culturels. La spécificité de l’association réside dans le fait qu’elle se propose, plutôt que de délivrer des schémas et des idées clés en main, d’offrir aux étudiants de Sciences Po et des autres universités des outils de réflexion, afin qu’ils puissent se faire par eux-mêmes une idée des différents enjeux qui animent le monde arabe. Concrètement, cela passe par l’organisation de conférences où tous les points de vue sont présents et où les intervenants sont invités non pas du fait de leurs opinions mais avant tout de leur compétences.

Daniel : L’UEJF a trois grands objectifs : 1) Une action citoyenne qui vise à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme mais également la promotion de valeurs républicaines fondamentales telles que la tolérance, le respect et l’ouverture à l’autre. 2) La préservation et la transmission de la Mémoire. 3) Une meilleure compréhension du Moyen-Orient et du Proche-Orient, en essayant notamment d’apporter une approche moins passionnelle au conflit israélo-palestinien.

LaPéniche.net : La question du conflit israélo-palestinien reste prégnante, donc. Ne craignez-vous pas que l’on perçoive vos deux associations comme pro-palestienne pour l’une et pro-israélienne pour l’autre ?

Sélim : Je trouve d’abord curieux que l’on puisse penser qu’il y aurait un certain déterminisme qui ferait que chaque arabe serait profondément pro-palestinien et chaque juif nécessairement pro-israélien. A titre personnel, je pense que la distinction n’est plus à faire entre partisans de la Palestine et partisans d’Israël mais plutôt entre ceux qui sont pour la paix et qui militent en faveur d’un dialogue et d’une issue pour ces deux peuples et ceux qui s’opposent à de telles initiatives.

Daniel : Nous militons de la même façon que Sciences Po Monde Arabe en faveur de cet engagement pour la paix entre les deux peuples, c’est pourquoi il y a quelques années nous nous sommes définis dans un article comme “sionistes et pro-palestiniens”. Toutefois, il est important de rappeler que notre association regroupe avant tout les étudiants Juifs de France et que, par conséquent, nous nous soucions d’abord des diverses problématiques qui traversent le paysage politique, social et culturel français.

LaPéniche.net : Quelle place occupe la religion dans vos associations ?

Daniel : La dimension religieuse est importante, mais il faut rappeler qu’elle n’est qu’une dimension du judaïsme. Beaucoup d’adhérents ne sont pas forcément pratiquants ou croyants, mais se définissent par rapport au judaïsme de manière culturelle, historique ou affective. En ce qui concerne la place de la pratique religieuse au sein de l’UEJF, l’association s’efforce de s’adapter au mieux aux pratiques et aux besoins de chacun.

Sélim : Dès lors que la foi est une question personnelle, celle-ci n’a pas, en principe, à s’immiscer dans la vie de l’association : musulmans, chrétiens et juifs, pratiquants à divers degrés, font d’ailleurs partie de l’association. Bien entendu, le respect de chacun impose que l’on tienne compte, en permanence, des convictions des uns et des autres dans l’organisation des événements.

LaPéniche.net : Comment est née la coopération entre les deux associations ?

Sélim : Dès le premier jour, avant même que les associations ne soient reconnues, nous avons manifesté notre désir d’organiser un événement en partenariat. Il restait encore à définir le thème, la date et les intervenants adéquats… A cet effet, nous avons organisé diverses rencontres pour faire connaissance puis renforcer les liens entre les membres de nos deux associations.

LaPéniche.net : Comment en êtes-vous arrivés à ce thème ?

Sélim : Nous sommes partis d’un double constat : d’une part, on a souvent tendance à réduire les rapports millénaires entre Juifs et Arabes à un conflit qui a à peine plus d’un siècle. D’autre part, nous avons remarqué une vraie méconnaissance des relations entre Juifs et Arabes, d’autant plus curieuse à mon sens que Juifs et Arabes ont, dans plusieurs Etats – notamment ceux du Maghreb – longtemps cohabité. A partir de cette réflexion, nous avons décidé de mettre en lumière l’histoire des relations judéo-arabes, en évitant à la fois le débat passionnel et une vision trop naïve des choses.

LaPéniche.net : Quid des intervenants ?

Daniel : Nous avons souhaité aborder le sujet de la manière la plus exhaustive qui soit. C’est pourquoi, il nous a semblé opportun d’inviter un historien, spécialiste des relations judéo-arabes (Michel Abitbol), deux géopoliticiens qui oeuvrent dans ce domaine de compétence (Antoine Basbous et Frédéric Encel), un philosophe avec toute la sagesse qu’il peut apporter au débat (Ghaleb Bencheikh) et enfin des membres de mouvements associatifs qui oeuvrent sur le terrain pour le rapprochement et le dialogue (Karim-Hervé Benkamla, vice-président de l’association L’amitié judéo-musulmane de France et Marc Lefèvre, porte-parole de La Paix Maintenant).

LaPéniche.net : Le mot de la fin ?

Daniel: Nous voulons rappeler l’importance que revêt à nos yeux un tel événenement. Et souhaiter par là même bâtir les fondations de partenariats futurs entre nos deux associations et pourquoi pas d’autres qui souhaiteront nous rejoindre !

Sélim: L’organisation de cette conférence ne réussira malheureusement et bien évidemment pas à mettre fin à toutes les tensions qui existent entre Juifs et Arabes. Nous espérons simplement contribuer à notre échelle à la promotion du dialogue et de l’ouverture.

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La réunion d’information de Sciences Po Monde Arabe https://www.lapeniche.net/la-reunion-dinformation-de-sciences-po-monde-arabe/ https://www.lapeniche.net/la-reunion-dinformation-de-sciences-po-monde-arabe/#comments Mon, 20 Nov 2006 12:02:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=46 Le monde arabe ? Un sujet à la mode, certes, mais souvent méconnu, et sujet aux approximations. Afin de permettre aux étudiants de découvrir, sérieusement et objectivement, cette partie du monde, une nouvelle association a été créée : L’Association des Elèves de Sciences Po pour le Monde Arabe. La première réunion d'information avait lieu jeudi 16 octobre, et votre serviteur était sur place...

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Le monde arabe ? Un sujet à la mode, certes, mais souvent méconnu, et sujet aux approximations. Afin de permettre aux étudiants de découvrir, sérieusement et objectivement, cette partie du monde, une nouvelle association a été créée : L’Association des Elèves de Sciences Po pour le Monde Arabe. La première réunion d’information avait lieu jeudi 16 octobre, et votre serviteur était sur place…

La réunion commence dans une salle du bâtiment de l’Ecole Nationale d’Administration, au 13 rue de l’université. Les étudiants arrivent peu à peu, accueillis par deux fondateurs de l’association : Sélim Ben Hassen (4A), initiateur du projet et Laetitia Ayache (2A).

Sélim prend la parole en premier. Titulaire du prestigieux et très prisé DESS de droit des affaires et fiscalité de l’Université Paris II- Panthéon Assas, élève à l’Ecole du Barreau de Paris et ayant vécu la majeure partie de sa vie en Tunisie (études secondaires au Collège Sadiki à Tunis), cet étudiant ambitionne de mieux faire connaître les problématiques relatives au monde arabe aux étudiants de Sciences Po. La réflexion et la construction sont les maîtres mots de la réunion. Nous voulons analyser les principaux enjeux politiques, économiques et sociaux qui concernent le monde arabe d’aujourd’hui et réfléchir à la manière de relever les défis qui nous attendent et améliorer la situation dans ces pays.

L’Association des Elèves de Sciences Po pour le Monde Arabe se veut ouverte à tous, arabes et non-arabes : Nous ne sommes pas une association des arabes de Sciences Po. Les conférences organisées par l’association toucheront aussi bien les connaisseurs que les néophytes ; pour refléter cette diversité d’approche, des personnalités débattant devant des publics larges sur des questions d’envergure alterneront avec des experts traitant de questions plus techniques et plus pointues. Une ouverture sur l’extérieur est également souhaitée : l’association veut promouvoir les séjours d’étude et les stages dans les pays arabes, collaborer étroitement avec le campus de Menton, On a beaucoup d’étudiants motivés là-bas…, et mettre en place un annuaire regroupant les coordonnées d’étudiants arabes, d’étudiants intéressés par le monde arabe et de personnalités susceptibles de leur donner un coup de pouce, voire de leur offrir une opportunité de stage.

Le pôle culturel de l’association est voué à connaître le développement le plus large possible. Un partenariat avec l’Institut du Monde Arabe est envisagé : conférences, concerts, diffusion de films… . La Semaine des Associations sera aussi pour l’association l’occasion d’exposer les talents et les arts du monde arabe. Mais l’association traitera surtout de politique et de géopolitique. De nombreuses pistes sont d’ores et déjà envisagées : journalisme et information, diplomatie ou encore réforme des Etats arabes… jusqu’au mode de fonctionnement des banques islamiques. Des conférences spécifiques sur un pays en particulier seront proposées : Egypte, Jordanie, ou même des pays moins connus en France mais d’un intérêt particulier, comme le Qatar. Le principal demeure de garder une approche critique, balancée, et laissant surtout place au débat ça ne sert à rien d’organiser des conférences dans lesquelles tout le monde est d’emblée d’accord et à la réflexion notre but, c’est avant tout d’avoir et de livrer des clés pour la compréhension du monde arabe et de ses enjeux, et ces clés seront autant d’outils de réflexion qui nous permettront dans le futur de constituer de vraies forces de propositions et d’initier les changements nécessaires ; en aucun cas, nous ne voulons tomber dans un militantisme, qui par définition, est médiocre s’il ne repose pas sur la connaissance et sur une parfaite maîtrise du sujet.

L’association souhaite également parler du conflit israélo-palestinien, mais de façon limitée, dans la mesure où il existe déjà une association qui lui est spécifiquement dédiée (ADALA, dont l’un des membres actifs participe d’ailleurs à la réunion). Un projet tient en revanche à coeur : l’organisation de conférences-débats en partenariat avec l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) Sciences Po, Nous pouvons ne pas être d’accord et discuter quand même ; et même si nous ne le voulions pas, l’enjeu d’une paix au Proche-Orient nous le commande. Il pourrait s’agir d’inviter des personnalités capables d’apporter des points de vue originaux et non conformistes nous accepterons tous les discours, pourvu qu’ils soient constructifs.

Après deux heures durant lesquelles les interventions de tous les participants se sont succédé et vous ont été résumées ci-dessus, la réunion prend fin. Avant de se séparer, Selim demande aux personnes présentes de rappeler constamment que l’association se veut ouverte à tous, a déjà une multitude de projets et n’attend plus que des étudiants intéressés pour les concrétiser au plus vite. Ici, c’est chose faite.

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