Sciences Ô – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 30 Mar 2026 16:45:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Sciences Ô – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Sciences Ô – Rencontre avec les coordinateur.ice.s de la Semaine des Outre-mer https://www.lapeniche.net/sciences-o-rencontre-avec-les-coordinateur-ice-s-de-la-semaine-des-outre-mer/ Mon, 29 Mar 2021 05:00:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53184 Du 29 mars au 3 avril 2021 se déroulera la Semaine des Outre-mer, rendez-vous annuel de Sciences Ô, l’association des étudiant.e.s ultramarin.e.s de Sciences Po. La Péniche a rencontré Sarahda Latchimy et Jonathan Joseph-Angélique, les deux coordinateur.ice.s de cet évènement, qui marque également les dix ans de l’association.

La Péniche : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots : quel est votre rôle au sein de Sciences Ô ?

Sarahda Latchimy : Je m’appelle Sarahda Latchimy et je suis en première année du Master politiques publiques spécialité sécurité et défense, à l’École d’affaires publiques. J’ai adhéré à Sciences Ô cette année. J’ai fait quelques entretiens pour nos cycles « Ô Tour de la Santé » [l’une des actions de l’association, ndlr] et j’ai travaillé sur la SOM [Semaine des Outre-mer] avec Magalie [Danican, présidente de sciences Ô] et Jonathan.

Jonathan Joseph-Angélique : Moi c’est Jonathan Joseph-Angélique, je suis en M1 Finance et Stratégie. Depuis la première année, je suis dans l’association et cette année j’en suis le trésorier en plus d’organiser avec Sarahda et Magalie la SOM 2021.

LPN : Concrètement, en quoi consiste le travail de l’association ? Quelles sont ses principales actions ?

Jonathan : Sciences Ô est l’association des outre-mer de Sciences Po. Elle existe depuis dix ans donc cette année, la SOM est un peu la SOM anniversaire de l’association. On a deux principales missions qui sont : premièrement, la promotion des outre-mer, qu’il s’agisse de parler de leurs problématiques ou de faire la promotion de leurs différentes cultures en fonction des différents territoires ; en plus, on accompagne les candidats au concours de Sciences Po qui sont issus des territoires d’outre-mer et une fois qu’ils ont été pris, on les accompagne dans ce processus qui est non seulement d’intégrer le supérieur mais aussi d’être déracinés de leur territoire d’origine, [or ce sont] des choses un peu délicates. C’est pour ça qu’on vient les aider à ce niveau-là.

LPN : À l’heure où nous parlons, quelques jours nous séparent de votre traditionnelle Semaine des Outre-mer – la SOM : quel est le principe de cet évènement ? En quoi constitue-t-il un rendez-vous important pour la vie de votre association ?

Sarahda : La Semaine des Outre-mer consiste à organiser plusieurs évènements qui ont lieu sur une semaine, totalement liés aux territoires ultramarins. Habituellement, les SOM ont un thème mais cette année, on a décidé d’élargir le champ des sujets qui seront abordés. On va parler de géostratégie, de problèmes sociétaux notamment en abordant le colorisme et la stratification sociale ou encore de sujets un peu plus polémiques comme le chlordécone. C’est le rendez-vous annuel de Sciences Ô par excellence car c’est vraiment durant cette semaine que l’association a le plus de visibilité au sein de l’école. Cette année, exceptionnellement et pour marquer le coup des dix ans, il y aura une exposition photo qui sera faite au 28 rue des Saints-Pères. On a choisi des photos qui datent de la première année de l’association donc ça fera une chronologie de la vie associative de Sciences Ô depuis sa création.

Jonathan : Historiquement, on a toujours eu un thème pour la Semaine des Outre-mer. Cette fois-ci, c’était un parti pris de ne pas avoir un thème précis – hormis les dix ans de l’association – parce qu’on s’est rendu compte qu’avec la pandémie, il y avait beaucoup moins d’évènements et d’interactions. Le but est donc que cette Semaine des Outre-mer soit la plus inclusive possible. On a [donc] choisi des thématiques qui concernent bien évidemment les outre-mer mais qui ont aussi une résonance chez d’autres populations, dans d’autres pays ou d’autres régions, que ce soit le colorisme, les statues coloniales, la continuité territoriale, etc.

LPN : Quelle est la particularité de cette édition 2021 ? Si vous deviez la résumer en trois mots…

Sarahda : Cette SOM va se faire intégralement en ligne donc elle sera plus accessible et on espère qu’il y aura des participants externes, plus que les années précédentes.

Jonathan : L’exposition est [aussi] quelque chose qui est important parce que ça marque vraiment les dix ans de l’association.

Sarahda et Jonathan : [Pour qualifier cette SOM en trois mots, on peut dire] : inédit, diversité et inclusive.

LPN : Pendant cette semaine, vous aborderez des thèmes qui ont suscité beaucoup de débats cette année avec notamment une conférence sur la remise en question des récits coloniaux : en quoi est-il important de traiter un tel sujet avec une perspective spécifiquement ultramarine ?

Jonathan : Cette question a pris une résonance particulière cette année parce que ça ne concerne pas seulement les outre-mer. Pour le coup, c’est un débat qui dure depuis assez longtemps dans les outre-mer. […] C’est très récemment que l’on a entendu parler du déboulonnage des statues mais c’est un mouvement qui a pris son origine en Martinique, avec la destruction d’une statue de Victor Schoelcher à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. À ce moment-là s’est posée la question non seulement du caractère systémique [de cette problématique], que ce soit à Paris puis à l’échelle mondiale, mais également la question des mémoires : il y a un élément d’interaction entre une origine ultramarine, une résonance internationale et une présence médiatique, compte tenu [de la sortie du] rapport sur les mémoires [de la colonisation et de la guerre d’Algérie] qui avait été demandé par le Président de la République.

Sarahda : Pour la conférence concernant le colorisme et la stratification sociale, on s’est rendu compte que ces thèmes étaient de plus en plus prégnants dans l’actualité mais pour autant, ce n’était pas des sujets qu’on allait forcément traiter à Sciences Po. […] Comme ce sont des problèmes intrinsèques aux territoires ultramarins, on s’est dit que ça allait être intéressant d’aborder ça pendant cette semaine.

LPN : Le but est donc aussi de s’adresser à des personnes qui ne connaissent pas toujours bien ces sujets ?

Sarahda : Oui, l’idée de la SOM n’est pas juste de rester entre ultramarins mais aussi de faire rayonner ces sujets-là et de faire en sorte que la population métropolitaine prenne conscience des enjeux et des problématiques liés à ces territoires.

Jonathan : Au-delà de la population hexagonale, [on s’adresse même aussi à la] population internationale. On a une conférence en anglais le mercredi, [intitulée] « Introduction to the French overseas regions », qui s’adresse aux personnes qui ne connaissent pas particulièrement les territoires et souhaitent en savoir davantage, mais elle s’est aussi voulue en anglais pour qu’elle puisse intéresser les étudiants en échange, etc.

LPN : Autre sujet fort de cette SOM 2021, le chlordécone, que vous souhaitez traiter « d’un point de vue politique et scientifique » : pourquoi est-il nécessaire pour Sciences Ô d’aborder un tel sujet ? Avez-vous l’ambition de pallier un certain silence (médiatique, politique) ?

Jonathan : Le but de cette conférence est non seulement de mettre la lumière sur ce sujet […] qui, malgré sa gravité, n’est pas très connu – même s’il tend à l’être aujourd’hui avec une médiatisation croissante – mais cette dimension qui comporte un élément politique [s’explique aussi par le fait qu’au-delà] de l’enjeu sanitaire, cela pose un enjeu social extrêmement important pour les populations antillaises. [En effet], les terres [seront] contaminées pendant des centaines d’années encore donc des agricultures ne sont pas possibles, des terrains sont contaminés et ont laissé des agriculteurs sans élément de travail pour pouvoir dégager des revenus… Cela est doublé du fait qu’en ce moment [est soulevé le] problème du dédommagement de ces personnes qui ont été victimes, à la fois sur le plan sanitaire et sur le plan social, du chlordécone.

LPN : 2021 marque également les dix ans de Sciences Ô : lorsque vous regardez en arrière, que retenez-vous de ces années d’engagement ? Comment l’association a-t-elle évolué par rapport au projet initial de 2011 ?

Sarahda : Même si je n’avais pas adhéré à l’association dès mon arrivée à Sciences Po, j’avais tout de même participé aux évènements organisés et j’ai vu une évolution à travers les thèmes et les sujets traités. J’ai vraiment l’impression que l’association ose prendre parti dans le choix des conférences et des évènements. Je veux dire par là que maintenant, on a moins peur d’aborder des sujets qui font un peu polémiques, notamment le chlordécone etc. Avant, [on abordait plutôt] des sujets assez généraux.

LPN : Comment expliquer ce changement ? Est-ce l’association qui a changé ou l’époque ?

Sarahda : Je pense que c’est un mélange des deux. L’équipe du bureau doit jouer aussi puisque les thèmes sont choisis par le bureau, même si les membres en proposent. Je pense que c’est aussi la période que l’on traverse qui fait que l’on ose plus aborder ce genre de thèmes. On s’aligne [aussi] avec l’actualité.

LPN : Vous proposerez dans les jours qui viennent une exposition au 28 rue des Saints-Pères pour fêter cet anniversaire : quelles en sont les modalités d’accès et que peut-on espérer y voir ?

Sarahda : L’idée était de faire l’exposition dans un endroit de passage pour qu’il n’y ait pas d’effet de masse. On a donc décidé de faire ça dans le hall du 28 rue des Saints-Pères. C’est un espace assez large mais hormis du gel [hydroalcoolique] et les principes de distanciation sociale instaurés par Sciences Po, on n’a rien prévu de plus donc ce sera vraiment une exposition en libre accès. Par contre, il s’agira de photos encadrées donc il n’y aura pas à toucher ou à manipuler [des objets]. On pourra voir des affiches des anciennes SOM, des photos d’évènements, d’invités que l’association a pu recevoir et des photos de l’évènement de cette année, c’est-à-dire le pique-nique de rentrée.

LPN : Ce dixième anniversaire est évidemment marqué par la crise sanitaire : quel a été l’impact du Covid-19 sur l’action de Sciences Ô depuis le début de la pandémie ?

Jonathan : Cela n’est pas propre à Sciences Ô mais ça a été délicat dans le sens où on n’avait pas une ligne d’horizon assez grande pour prévoir à l’avance la SOM ou les autres évènements que l’on organise tout au long de l’année. Même si on avait déjà les thèmes de certaines conférences, les modalités ont été décidées relativement tard et ça nous a forcés à travailler à la dernière minute. On a dû faire des plans des différents scénarios [en fonction des mesures sanitaires]. C’est quelque chose qui nous a forcés à agir avec plus de risques mais [aussi avec] plus de prévoyance pour compenser.

Sarahda : C’est vrai que l’on a dû tout anticiper. Je trouve que c’était assez formateur. En dehors de la SOM, on a essayé de repenser la vie associative de [Sciences Ô]. On a notamment mis en place des « Study with Sciences Ô » : ce sont des sessions Zoom qui ont lieu le samedi de 18h à 21h […] dans l’optique de garder une cohésion et de faire en sorte que la vie étudiante reste animée. Pour l’instant, il n’y a pas eu beaucoup de connexions mais on espère que ça va changer d’ici la fin du semestre. En tout cas, on essaie de mettre en place des petits dispositifs pour faire en sorte que l’association puisse continuer à vivre et que les étudiants puissent se rencontrer, échanger et passer des moments ensemble, même si ça reste virtuel. 

Jonathan : [Au niveau des intervenants de la SOM], il a fallu préciser que les modalités pouvaient être changées à la dernière minute et ça a un causé un certain préjudice pour avoir des personnes qui ont des très grandes fonctions et un emploi du temps très millimétré.

LPN : Comment voyez-vous l’action de Sciences Ô dans le futur, à court terme et à long terme ? Quels sont les projets de l’association ?

Sarahda : Avec la pandémie, l’avenir de l’association reste encore incertain mais on prévoit de garder quelques évènements sous format numérique. D’ici la fin du semestre, on a encore quelques capsules vidéo qui sortiront dans le cadre du « Ô Tour de la Santé ». On essaiera de rester le plus actif possible jusqu’à la fin du semestre.

Jonathan : À moyen-long terme, l’objectif est vraiment de démocratiser nos actions au-delà des murs de Sciences Po et de continuer à avoir à la fois cette mission de promotion et d’accompagnement.  En ce qui concerne l’action à Sciences Po, on veut juste continuer et s’améliorer sans cesse pour pouvoir mieux préparer les candidats des territoires.


La programmation et les liens pour s’inscrire aux conférences de la Semaine des Outre-mer sont à retrouver ici.

Crédit image : Sciences Ô

]]>
Sciences Ô : Lettre à la Jeunesse ultramarine https://www.lapeniche.net/sciences-o-lettre-a-la-jeunesse-ultramarine/ Wed, 16 Dec 2020 11:28:53 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53046 Sciences Ô est l’association des étudiant.es ultramarin.es de Sciences Po. Parmi leurs missions se trouve l’accompagnement des lycéens et lycéennes ultramarin.es qui souhaitent entrer à Sciences Po. Cette année, l’association s’adresse à la Jeunesse ultramarine dans une lettre que La Péniche relaie dans sa rubrique « Tribunes ».


À l’attention des lycéens et des lycéennes
des territoires ultramarins

Chère Jeunesse ultramarine,


“Ô jeunesse, jeunesse ! Je t’en supplie, songe à la grande besogne qui t’attend. Tu es l’ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain, qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d’équité, posés par le siècle finissant.”
Ainsi s’exprimait Émile Zola dans sa lettre à la Jeunesse. Vieux de deux siècles, ces mots résonnent aujourd’hui pour toi, Jeunesse des Outre-mer.

Le départ vers l’ailleurs s’impose souvent à toi alors, tu dois partir tôt et loin de ta terre natale, t’éduquer et travailler. Tantôt mal orienté ou peu informé, le vœu d’intégrer une grande école peut être intimidant et exigeant comme une sorte de rêverie irréalisable.
Il est vrai que cela demande courage et volonté afin de défier le déterminisme social et géographique des populations de l’ultrapériphérie. Pourtant, c’est à cette force, à cette résilience que l’on te reconnaît, jeunesse des Outre-mer.
Nous t’écrivons pour te dire que tu n’es pas seule. Autour de toi, nombreux sont ceux qui sont disposés à t’aider et à t’accompagner dans ta quête du savoir. Diverses associations sont là pour t’accompagner tout au long de ta scolarité. Partir à l’étranger pour étudier ne signifie pas oublier tes origines. Sciences Ô est l’association des Outre-mer de Sciences Po. À ce titre, nous remplissons deux missions : celle d’accompagner les étudiants ultramarins et l’autre de promouvoir la culture des outre-mer au sein de Sciences Po. Depuis dix ans, nous proposons aux jeunes ultramarins désireux de rejoindre Sciences Po une préparation personnalisée. Au travers de nos correspondances avec les lycées et les enseignants des lycées conventionnés, nous travaillons afin d’aider un plus grand nombre de jeunes.


La rentrée 2020 marque un pas de plus vers l’ouverture et la démocratisation de Sciences Po. En effet, à partir de cette année, les candidatures à Sciences Po se feront par la plateforme nationale Parcoursup. Cette disposition permettra à un plus grand nombre de lycéens de candidater. Désormais, le format de l’admission se réalisera en deux temps; premièrement, les lycéens candidats sélectionnent Sciences Po parmi leurs vœux. Sciences Po prendra en compte les résultats en continu de la seconde à la terminale ainsi que les résultats des épreuves écrites du baccalauréat. Outre la performance académique, le profil du candidat, sa motivation et son projet professionnel seront examinés dans le dossier de candidature. Après une première phase d’admissibilité, les candidats auront à passer un entretien oral avec des représentants de Sciences Po. Cette réforme est une nouvelle chance pour les lycéens ultramarins. Jusque là, Sciences Po comptait dans le cadre de la convention d’éducation prioritaire (CEP) 106 lycées dont 19 des Outre-Mer, Guadeloupe, Guyane, Martinique et Nouvelle-Calédonie confondus. Si cette ouverture sociale est possible par le renforcement du dispositif CEP, cela résulte aussi de l’engagement de Sciences Po à recruter à minima 30% de boursiers chaque année.
Cette réforme et le contexte unique dans lequel elle s’articule nous demande, associations, lycées partenaires et équipes pédagogiques, de renforcer notre collaboration. C’est ainsi qu’il nous sera possible d’informer et de mobiliser les jeunes sur ces nouvelles perspectives d’excellences. Ensemble, donnons-leur l’ambition de s’ouvrir un nouveau champ des possibles.


Ainsi, Jeunesse, tu te rendras compte des opportunités qui s’offrent à toi et tu deviendras l’ambassadeur de ton territoire. Face au retard de développement de nos territoires, aux inégalités sociales de plus en plus croissantes et la fuite des cerveaux devenue systématique, Jeunesse, réveille-toi.


Nul ne saura mieux que toi ce que signifie vivre en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à la Réunion, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon ou encore à Wallis et Futuna.
Nul ne pourra mieux que toi identifier les enjeux de ton territoire et y apporter des solutions, tes solutions. Que ce soit au pays ou à l’international, nul ne pourra mieux que toi, faire rayonner les territoires ultramarins.


Alors ose ! Ose l’excellence car ton potentiel est si grand. Crois en toi, bats-toi, élève-toi. Ainsi, tu montreras au monde ce que tu as de meilleur à offrir et tu offriras à ton territoire un avenir meilleur. Crois en toi car toi aussi tu es doté des aptitudes nécessaires pour bâtir des choses exceptionnelles. C’est à toi de faire entendre ta voix et de sublimer le monde.

Pôle accueil de Sciences Ô

Lettre à retrouver sur le site de Sciences Ô.

]]>
Référendum en Nouvelle-Calédonie : « un acte fondateur qui abolit définitivement notre statut de colonie » https://www.lapeniche.net/referendum-en-nouvelle-caledonie-un-acte-fondateur-qui-abolit-definitivement-notre-statut-de-colonie/ Fri, 09 Nov 2018 10:00:37 +0000 http://lapeniche.net/?p=38935 Après des décennies de suspense, le résultat du scrutin est tombé. 56,4 % des électeurs calédoniens se sont prononcés contre l’accession à la pleine souveraineté. Pourtant, le plus dur est encore à venir. D’une part, les responsables politiques devront désormais redéfinir les relations avec le « caillou ». De l’autre, loyalistes et indépendantistes se voient dans l’obligation de construire un avenir ensemble. Qui plus est, le destin de l’île n’est pas scellé, l’accord de Nouméa prévoit qu’en cas de victoire du « non », d’autres référendums pourront être organisés.

En octobre, l’association Sciences Ô organisait 2 conférences sur le sort de la Nouvelle Calédonie, qui abordaient avant le scrutin les principaux enjeux du vote et l’avenir du territoire. Pour vous, La Péniche a donc interviewé Samuel Vanmal, étudiant calédonien à Sciences Po et coorganisateur de la conférence sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie.

LPN : Quelle est votre réaction suite à la victoire en demi-teinte du non ?

SV : C’est un acte fondateur qui abolit définitivement notre statut de colonie, car désormais, la souveraineté n’est plus imposée, mais choisie par le peuple calédonien de par ce vote. Chacun aura voté en son âme et conscience pour l’avenir de notre pays. Toutefois ma seule préoccupation n’est pas le résultat de notre scrutin mais l’éventuel changement que cette échéance pourrait apporter à notre société. À l’annonce des résultats, je ne veux pas que l’on se divise mais au contraire que l’on soit plus soudés dans un avenir que je pense radieux pour notre peuple en devenir. Montrons au monde entier que l’on ne peut pas nous diviser entre Kanaks indépendantistes et Caldoches loyalistes. Je souhaite que mon île préserve la flamme d’un espoir naissant où tout le monde peut apporter sa pierre au progrès. Rêveurs, continuez de rêver, car rien n’est plus beau que l’ambition de faire de notre pays ce qu’il a toujours dû être, un paradis sur terre.

LPN : Quels sont les trois principaux enjeux de ce référendum ?

SV : Le premier enjeu est la question identitaire, avec une recherche d’une identité calédonienne mentionnée dans l’accord de Nouméa mais toujours pas retranscrite dans les faits. Le deuxième enjeu porte sur la question du transfert de compétence. Ce transfert prévu par ledit accord mène à plus d’autonomie pour la Nouvelle-Calédonie, et la question se pose quant à la possibilité de rentrer en co-compétence avec l’Etat sur le domaine régalien, tout  en restant dans la République. Enfin le dernier enjeu sous-jacent de toutes les problématiques socio-économiques du Territoire porte sur le rééquilibrage social et la lutte contre les inégalités. L’index de Gini étant 20% plus élevé en Nouvelle-Calédonie qu’en France, la lutte des inégalités est au cœur des conflits ethniques passés et actuels, car la lutte pour la reconnaissance de sa culture s’accompagne d’une lutte des classes. 

LPN : Quelle richesse représente la Nouvelle-Calédonie pour la France ?

SV : Les richesses de la Nouvelle-Calédonie sont diverses. Tout d’abord, elle offre énormément de ressources avec sa place de troisième réserve de nickel à l’échelle mondiale, et sa ZEE encore inexplorée qui compose prêt de 20% de la ZEE française. On peut aussi évoquer sa richesse biologique tant sur le plan marin que terrestre, avec d’innombrable espèces endémiques aux propriétés médicinales encore mal connues de l’industrie pharmaceutique. Ensuite, sa ressource en termes de diversité ethnique qui est un vrai laboratoire sur la cohabitation de population aux origines si divers et pourtant en paix. Enfin, la Calédonie est le laboratoire institutionnel par excellence de la France, qui a pu tirer à travers ce territoire de nombreux arrêts du Conseil constitutionnel et Conseil d’État venant enrichir la jurisprudence Française.

LPN : Que retenez-vous de ces conférences ?

SV : Il y a eu en tout trois conférences à Sciences Po, dont deux organisées par Sciences Ô. L’une portait sur un point de vue de deux personnalités politiques : Gaël Yanno et Danielle Goa. Ces deux intervenants ont surtout traité des raisons politiques du référendum. Ensuite la deuxième conférence portait plutôt sur une analyse d’experts externes et de personnalités de la société civile. Ils ont pu approfondir les connaissances des élèves de Sciences Po, en leur exposant une vision avec plus de perspectives du référendum, qu’elles soient institutionnelles, économiques et sociales.

La situation s’annonce donc encore mouvementée en Nouvelle-Calédonie, et nous pourrons compter entre autres sur Sciences Ô pour diffuser cette actualité dans les mois à venir !

Jôsl’ie-Fritz Benenus

]]>
Retour sur la Semaine des Outre-Mer par Sciences Ô https://www.lapeniche.net/retour-sur-la-semaine-des-outre-mer-par-sciences-o/ Tue, 06 Mar 2018 10:00:18 +0000 http://lapeniche.net/?p=38122 Durant la mi-février, l’enneigement et le refroidissement de notre bien aimé Institut d’Études Politiques auront sans nul doute marqué les esprits. Soudain, tout un chacun fut plongé dans une torpeur accablante. Mais c’était sans compter sur Sciences Ô, l’association des étudiants ultramarins de Sciences Po, et sa semaine thématique attendue chaque année par les étudiants de l’école et par une communauté d’externes qui répondent tous bien volontiers présent au rendez-vous annuel ! Projections de films, conférences mais aussi massages à gagner et danse tahitienne… Retour sur un agenda aussi bien chargé qu’éclectique !

Une sixième édition des plus originales

La semaine des Outre-mers, qui se déroula du 12 au 16 février, était placée cette année sous le signe de l’ubiquité ! L’association avait notamment pris ses quartiers au 13, rue de l’Université. Y était organisées des expositions artisanales présentées par l’association UDJAMA et l’association Nous Vous iles mais aussi des expositions photographiques, à l’image de celle de Stéphane Dugast. Le photographe était venu présenter des clichés représentant les TAAF ( Terres Australes et Antarctiques Françaises ). On pouvait y admirer l’Antarctique et Clipperton. Mais ce n’était pas du tout : durant la semaine, des projections et conférences se sont déroulées aux quatre coins de l’école !

« Si les Outre-Mer ont leurs individualités, ils ont tout autant de choses à offrir et de potentiel à exploiter. » Ramachandra Ovide Siou, vice-président de l’association Sciences Ô

En définitive, il s’agit d’une édition se voulant davantage qu’une simple manifestation de vie associative, selon les termes de son Vice-Président, Ramachandra Ovide Siou, étudiant de l’université de Paris-Dauphine. « Au-delà de la participation à la vie associative bouillonnante de l’établissement, elle se veut force de réflexion sur des sujets qui devraient intéresser tous les futurs décideurs à Sciences Po spécifiquement mais aussi au-delà, car si les Outre-Mer ont leurs individualités, ils ont tout autant de choses à offrir et de potentiel à exploiter » a déclaré le responsable associatif à La Péniche.

Aimé Césaire, arthuriums et Saint-Valentin

Cette année, la Saint-Valentin s’est retrouvée pour la première fois sur la route de l’association, qui n’a pas hésiter à faire profiter les étudiants de Sciences Po d’une touche d’Outre-mer ! Vous avez probablement croisé ces fleurs majestueuses au détour d’un amphi ou en péniche ; il s’agissait des fameuses Arthuriums vendues par Sciences Ô ! Plus résistantes que les roses, mais aussi plus imposantes, les arthuriums sont des dames extrêmement rares que vous avez peut-être pu offrir à vos dulcinées à la faveur d’un coup de chance. En effet, cette jolie fleur ne pousse habituellement que dans les Tropiques.

Enfin, en ce fameux 14 février, vous aviez aussi la possibilité d’aller gratuitement voir une projection de « Soul rebels : l’histoire inédite du Ragga Dancehall » de Stéphane Delphin ou encore de « Aimé Césaire : une voix pour l’histoire » d’Euzhan Palcy. Deux projections qui ont été suivies de débats sur les principaux sujets abordés par les scenarii (un scénario, des scenarii- après chacun son français). Si vous avez manqués les projections, pas de panique : il est possible de retrouver lesdits films sur Internet !

C’est donc avec regret que nous avons vu venir la fin de la semaine, une peine vite consolée par les petits fours du cocktail de clôture, amuse-bouche engloutis en prêtant une oreille attentive au député de la Polynésie, parrain de cette édition: Moetaï Brotherson !

]]>