rock – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 30 Mar 2026 17:05:57 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png rock – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Linkin Park : comment se réinventer après 7 ans d’absence https://www.lapeniche.net/linkin-park-comment-se-reinventer-apres-7-ans-dabsence/ Fri, 14 Mar 2025 10:35:47 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56847 En septembre 2024, Linkin Park, pionnier du nu-métal et groupe mythique des années 2000, a annoncé son retour sur la scène musicale avec un nouvel album, From Zero. En pause depuis 2017, le groupe a présenté sa nouvelle chanteuse Emily Armstrong, remplaçant le défunt Chester Bennington. Ce retour exceptionnel a vite rencontré critiques et controverses malgré le fort engouement des fans, dépassant parfois le domaine de la musique. 


“All we can do is try our best and write things that we love. And once they leave our hands they’re in your hands”. Le 3 novembre 2024, devant près de 45 000 spectateurs, Mike Shinoda, chanteur et guitariste du groupe de rock Linkin Park, remercie le public de la Défense Arena d’être au rendez-vous du retour inespéré du groupe. Après 7 ans d’absence, Linkin Park a annoncé son retour le 5 septembre 2024 lors d’un concert diffusé en live. Avec un nouvel album et une tournée mondiale, le groupe relance son activité brutalement arrêtée en 2017, à la mort du chanteur Chester Bennington. 

Linkin Park se forme en 1996 à Agoura Hills en Californie, autour de Mike Shinoda (rappeur/chanteur et guitariste), Brad Delson (guitariste) et Rob Bourdon (batteur) à leur sortie de l’université. Ils sont rejoints par Dave Farrell (bassiste), Joe Hahn (DJ) et Mark Wakefield (chanteur), et forment Xero, nom de leur premier album. Mark et Dave quittent le groupe en 1999, l’un définitivement à cause de tensions avec leur manager, l’autre temporairement pour poursuivre des projets persos. Si Xero est de courte durée, il pose les bases du style et de l’identité sur lesquelles s’appuient Linkin Park. 

Le véritable tournant se produit en 1999 avec le recrutement, pour remplacer Mark, de Chester Bennington, alors chanteur du groupe Grey Daze. Xero devient Hybrid Theory, puis, pour éviter la confusion avec le groupe Hybrid, se renomme Linkin Park. Leur premier album, Hybrid Theory, sort en octobre 2000 et devient instantanément un succès commercial, avec près de 5 millions de ventes en un an. Linkin Park s’inscrit alors dans un courant émergent du métal, le nu-métal, popularisé dans les années 1990 par Korn, Deftones, System of a Down, etc… Avec Hybrid Theory puis Meteora en 2003, Linkin Park impose sa formule qui fait du groupe un incontournable des années 2000 à 2010. Le groupe s’exporte rapidement à l’international, avec leur première apparition à la télévision dans une émission française, “Nulle part ailleurs”, sur Canal+ en 2001. 

Linkin Park construit au début des années 2000 son identité autour d’un mélange de plusieurs genres : porté par le nu-métal, il y incorpore des éléments rock, rap, plus tard électro. Les thèmes abordés s’inscrivent dans une ambiance proche des groupes de métal gothique de l’époque, comme Evanescence avec lequel il partage de nombreux points communs, notamment dans l’atmosphère des clips. Linkin Park évoque souvent des thématiques sombres, autour de la dépression, l’angoisse, la solitude, faisant notamment écho au passé violent de Chester, le chanteur du groupe, qui évoquait la musique comme un exutoire. Ce qui plaît aussi, c’est les innovations apportées par le groupe : des couplets rap qui contrastent avec la puissance du vocaliste, portés par des riffs agressifs bien rock et des éléments électro/ hip-hop, notamment le scratching très présent. En somme, un mélange de plein de genres qui marque la scène musicale : Hybrid Theory est à la fois l’album de nu-métal le plus vendu et le debut album (premier album d’un groupe) le plus vendu du XXIème siècle, tout artiste confondu. 

Après Collision Course en 2004, un album de remix en collaboration avec Jay-z, et Minutes to Midnight en 2007, le groupe se rapproche d’un rock plus mélancolique à partir de A thousand suns, leur quatrième album sorti en 2010. Si le succès commercial reste important, ce nouveau style déplaît à une partie de leur communauté : beaucoup y voient une tentative de “commercialisation” de Linkin Park face à un manque de popularité du nu-métal après les années 2010. Le groupe s’expérimente ensuite à un album plus électro avec Living Things. The Hunting Party, le sixième album du groupe, renoue avec les racines rock-métal des débuts, plus travaillé et technique et présentant de nombreuses collaborations (Daron Malakian de System of a Down, Tom Morello de Rage against the Machine, etc…). Avec One More Light en 2017, album à la limite de la pop, dont l’ambiance si différente des premiers albums peut donner l’impression de ne plus être face au même groupe, les critiques se concentrent de nouveau sur l’absence de ce qui faisait l’identité du groupe à ses débuts. Entre Hybrid Theory et One More Light, 17 ans se sont écoulés : les attentes du monde musical ont évolué, les membres du groupe également. L’ambiance violente a laissé place à des sons plus positifs, lumineux, mais les thèmes n’ont que peu changé, avec une omniprésence de la santé mentale comme sujet principal abordé avec un nouvel angle. 

2017 marque également la fin tragique de Linkin Park : Chester Bennington, le chanteur iconique du groupe, se suicide le 20 juillet 2017, deux mois après la sortie de One More Light. Beaucoup de fans voient alors dans l’album des signes de détresse psychologique du chanteur, notamment dans la chanson éponyme dont le clip, qui sort le 18 septembre de la même année, est un hommage au chanteur. One More Light, alors fortement décrié, devient pour les fans un “album-hommage” et acquiert une symbolique forte. De 2017 à 2024, Linkin Park cesse son activité, malgré la sortie de quelques rééditions anniversaire, notamment pour les 20 ans de Meteora en 2022. 

En septembre 2024, le groupe se reforme avec l’annonce d’un huitième album, From Zero et d’une nouvelle chanteuse, Emily Armstrong, du groupe Dead Sara. Le batteur Rob Bourdon est remplacé par Colin Brittain, compositeur entre autres pour Papa Roach ou One Ok Rock. Le guitariste Brad Delson annonce le 7 septembre qu’il ne participera pas aux tournées et se concentrera sur la direction artistique du groupe, laissant sa place à Alex Felder, du groupe The XYZ Affair. 

Ce retour pose de nombreuses questions, la principale étant celle de l’héritage du groupe. Dans un post Instagram, l’un des fils de Chester Bennington, Jaime, critique le choix de Mike Shinoda de faire renaître le groupe, évoquant une “trahison” du groupe envers ses fans. La question est d’importance : Linkin Park existe-t-il sans Chester Bennington, dont la voix a fortement contribué au succès du groupe ? Car le groupe, en considérant Xero comme son origine, n’a pas débuté avec Chester. D’un autre côté, les chansons qui ont fait le succès de Linkin Park sont pour la plupart portées par sa voix, comme Crawling ou In the End. Et certains internautes ont été très critiques des interprétations de ces titres par Emily Armstrong. Sur un forum Reddit, un internaute décrit la nouvelle formation comme “another cover band” (un autre groupe de reprises). 

La nouvelle chanteuse est également sous le feu des critiques en raison de ses liens avec l’église de Scientologie, un courant sectaire ou religieux selon les pays, apparu aux Etats-Unis dans les années 1950. Ses parents y sont des membres importants, et la chanteuse était présente à un gala d’anniversaire organisé par l’Eglise en 2013. Très controversée pour ses pratiques et ses croyances, elle remet notamment en cause la médecine traditionnelle, notamment la psychiatrie, et renie les troubles de la santé mentale. La Scientologie est aussi au cœur de nombreux scandales de harcèlement organisé d’anciens membres et de détracteurs. Chrissie Carnell-Baxer, ex-scientologiste, avait notamment dénoncé les pressions de l’Église après sa plainte pour agression sexuelle contre l’acteur Danny Masterson, lui-même scientologiste, condamné à 30 ans de prison en 2023. L’affaire a refait surface à la reformation de Linkin Park car Emily était présente à un des procès de Danny Masterson, avec qui elle était proche avant sa condamnation. Si Emily Armstrong se défend d’avoir défendu Masterson, elle n’a jamais commenté ses liens avec la Scientologie. Un article de la BBC a interprété certaines des paroles de Dead Sara, son ancien groupe, comme des critiques de la Scientologie. C’est le cas du titre Heaven’s got a back door sorti en 2018, dans lequel le groupe évoque la fermeture de l’Eglise de Scientologie à l’homosexualité: 

« I heard the voices of the preacher / Telling me all the reasons why I’d die alone… I’m through feeling sorry / For the things that I can’t choose. »

En dépit des critiques et des controverses, le succès commercial de ce retour reste indéniable. La tournée internationale débutée en octobre dernier est prolongée jusqu’à l’année prochaine, avec deux passages en France, un au Hellfest le 22 juin 2025, un autre au Stade de France le 11 juillet 2025. Linkin Park remporte également deux Billboard Music Awards, pour le meilleur groupe de Rock et meilleur artiste de Hard-Rock. Pour les critiques musicales, From Zero parvient à capturer l’essence du groupe tout en proposant une nouvelle direction. Le magazine Metal Hammer décrit l’album comme un “sérieux hommage” à l’héritage du groupe. Dès sa sortie, l’album devient numéro 1 ou 2 des ventes dans la plupart des pays occidentaux. Il parvient à occuper à lui seul les 10 premières places du classement Hot Hard Rock Songs de Billboard, avec le single The Emptiness Machine à la première place du classement depuis la sortie de l’album. 

Pour attirer un nouveau public, Linkin Park passe également par le domaine du jeu vidéo, dans un partenariat exceptionnel avec Riot Games, développeur de League of Legends. Le single Heavy is the crown est publié le 24 septembre comme bande-son du trailer officiel des Championnats du monde 2025 du jeu, avec une performance live à l’ouverture de l’événement le 25 septembre. Cette collaboration se poursuit avec la saison 2 de la série Arcane sortie le 9 décembre, inspirée de l’univers du jeu, dans laquelle figure une version retravaillée de Heavy is the crown. 

From Zero n’apparaît pas comme un album empreint de nostalgie, qui cherche absolument à imiter ce que faisait Linkin Park à ses débuts. Son objectif est d’offrir un nouveau départ au groupe, en faisant appel à la communauté déjà existante tout en s’ouvrant aux nouveaux fans, notamment les plus jeunes qui n’ont pas vécu “l’âge d’or” du groupe. 

]]>
Le nouvel album de Blur : retour en force des 90’s ? https://www.lapeniche.net/le-nouvel-album-de-blur-retour-en-force-des-90s/ Tue, 28 Apr 2015 17:00:05 +0000 http://lapeniche.net/?p=28714 Malgré des déclarations du leader de Blur, Damon Albarn, qui indiquaient l’été dernier qu’il ne se remettrait pas à la musique de sitôt, l’un des deux groupes emblématiques de la britpop des années 1990 vient de sortir un nouvel album, The Magic Whip, après 12 ans de longue attente pour les fans.

The Magic Whip a été enregistré à Hong-Kong puis soigneusement enveloppé de mystère par le groupe, histoire de frapper un grand coup à l’annonce de leur retour que l’on n’espérait plus. Le groupe a sorti quelques singles au compte-gouttes (dont Go Out et There Are Too Many Of Us) accompagnés de vidéos difficilement compréhensibles. Après écoute, on peut affirmer que cet album enregistré « sans pression » selon le chanteur sera définitivement l’album du chill pour cet été.

The Magic Whip est largement acclamé par la critique et on comprend que Blur avait manqué à la scène musicale au cours des dix dernières années. On sait que l’album a été enregistré en quelques jours seulement, sans réelle intention d’en faire un jour quelque chose. L’album est pourtant si bien équilibré entre le style caractéristique de Blur et de nouvelles expérimentations sonores qu’on a l’impression d’écouter le fruit de plusieurs mois de travail. Il est rassurant de voir que le groupe n’a rien perdu de son talent malgré plus d’une décennie de séparation.

La première chanson de l’album, Lonesome Street, semble arriver tout droit des 90’s et peut très vite rassurer les fans qui craignaient que ce nouvel album ne soit pas assez Blur. Elle ne manque pas de nous rappeler de vieux succès du groupe comme Parklife et nous plonge tout de suite dans une ambiance familière. La majorité des chansons de l’album usent d’effets électroniques pour transmettre un sentiment aérien, tout particulièrement Thought I Was A Spaceman (6 minutes de pure merveille). Et si planer n’est pas ce que vous voulez, Blur s’est assuré de glisser sur l’album quelques chansons plus directes et agressives dans la veine du fameux Song 2, notamment Go Out et I Broadcast. The Magic Whip allie en fait l’identité de Blur aux expériences individuelles que chacun des membres a pu vivre ces dernières années. Ainsi New World Towers et Terracotta Heart sont très fortement marquées par le style bien reconnaissable des travaux solo de Damon Albarn, bien que la quasi totalité de l’album ait été retravaillée par le deuxième grand créateur du groupe, le guitariste Graham Coxon. La prouesse de cet album réside dans le fait que ces deux influences créatrices très fortes aient réussi à s’associer si harmonieusement. Aujourd’hui quadra, Blur sonne toujours aussi jeune, mais bien plus mature.

Le quatuor sera au Zénith de Paris le 15 juin et a également programmé son quatrième concert à Hyde Park pour le 20 juin. S’il vous faut une dose de Damon Albarn en plus, sachez qu’un nouvel album de Gorillaz , son autre groupe, est attendu en 2016. Quant au 90’s lovers, il semblerait qu’Oasis ne peut résister à l’appel d’un nouveau duel avec Blur et envisagerait donc de se reformer, croisons les doigts !

 

]]>
LE MAG – Mark Knopfler et Sufjan Stevens à l’honneur ce mois-ci https://www.lapeniche.net/mark-knopfler-et-sufjan-stevens-a-lhonneur-ce-mois-ci/ Tue, 07 Apr 2015 16:53:17 +0000 http://lapeniche.net/?p=27809 La sieste d’un vieux papy du Rock’n’Roll

Mark Knopfler est de retour pour un nouvel album, sorti en mars 2015, après les succès de « Get Lucky » (2009) et « Privateering » (2012). A chaque nouvel album, on attend beaucoup de l’ancien guitariste de Dire Straits, véritable magicien mélodique quand il a une guitare « Stratocaster » entre les mains. Loin de s’arrêter au Rock’n’Roll de ses débuts, Knopfler a considérablement élargi sa palette musicale, allant jusqu’à remonter à ses racines celtiques, savamment mélangées au blues et à la country qu’il apprécie tant. Pour cet album, « Tracker », la mélodie est là, les diverses influences musicales sont plus que présentes,  l’ensemble est tamisé. Un peu trop tamisé même…

MK_Tracker

Mark Knopfler n’a pas perdu son jeu de guitare. Incroyablement mélodieux, très bluesy, avec un son très chaud, presque feutré, le guitariste joue dans ses cordes. On ne peut qu’apprécier cette patte musicale qui a fait sa renommée. Knopfler met donc sa guitare au service d’une très large palette de styles. Des influences celtiques, au blues, en passant par la country et des touches de jazz, l’album paraît très équilibré, l’ensemble est très agréable à l’oreille. Les talents de Knopfler dans la composition en font un véritable songwriter. Même si aucune chanson ne sort véritablement du lot, toutes sont très bien écrites et interprétées, tantôt mélancoliques, souvent calmes et apaisantes.

mark Knopfler

La seule tâche d’ombre de cet album est légère mais se fait sentir. L’unique touche de Rock’n’Roll, le titre « Beryl », vague héritage de ses années avec Dire Straits, est timide. Mark Knopfler semble en fait avoir attrapé le syndrome de certains guitar heroes qui, sans avoir perdu une once de leur talent d’antan, ne composent et n’enregistrent plus que des albums pépères, sans risques. Certes, l’écoute laisse à l’oreille une belle impression d’un artiste qui se fait plaisir en jonglant avec ses influences, mais pourquoi se borner à produire des albums trop intimistes? Mark Knopfler est capable de nous envoyer au 7ème ciel rien qu’avec ses doigts et sa guitare, dommage que « Tracker » nous oblige à nous contenter d’une petite sieste réconfortante.

https://youtu.be/x4AINYf0RMk

Hubert Massoni
 

Confession intime, folk épuré et touchant : le dernier album de Sufjan Stevens

Dix ans après son chef-d’œuvre Illinois, le multi-instrumentiste Sufjan Stevens regagne ses studios de Brooklyn et de l’Oregon pour polir son dernier bijou en date : l’album « Carrie & Lowell » (Asthmatic Kitty Records), que l’on attendait impatiemment.

Album Sufjan Stevens
Le dernier album de Sufjan Stevens « Carrie & Lowell » porte le nom de sa mère et de son beau-père, Lowell. L’album est illustré avec des photos de famille.

Génie musical à la voix d’ange, Sufjan s’engouffre pour son septième album studio dans les contrées mélancoliques du cercle familial. Paysages de son enfance dans l’Oregon, événements marquants, introspections décrites pour l’auditeur …

Aujourd’hui âgé de 39 ans, Sufjan Stevens multiplie les anecdotes personnelles et invite à surfer sur un océan de lieux, de personnages, de références allant de la mythologie à la Bible, qui jalonnent ses paroles-poèmes. On ne peut que saluer le brio d’un artiste qui est l’un des plus talentueux de ces dernières années, avec un folk aérien conciliant guitares acoustiques épurées et subtils échos de pianos. Sur cet album, Sufjan range les instruments bariolés, les orchestres, les effets sonores complexes pour composer une musique folk douce et plus intime, dépourvue d’artifices musicaux.

 

Adepte des albums concepts après Michigan (2003) et Illinois (2005) entièrement consacrés aux deux États américains, Sufjan Stevens honore dans ses dernières compositions la mémoire de ses proches. Plus précisément, sa mère Carrie – décédée d’un cancer il y a trois ans – et son beau-père Lowell, qui l’aide encore à construire son label Asthmatic Kitty Records, sont l’objet de ses ballades bouleversantes.

Le poète torturé et solitaire se plonge dans une enfance assombrie par la dépression et l’alcoolisme de sa mère et les conséquences désastreuses de ses comportements bipolaires et psychotiques. Sur « Should Have Known Better », le songwriter regrette le retrait progressif de sa mère Carrie lié à sa dépendance à l’alcool et aux drogues. Des souvenirs enfin extériorisés et mis en musique grâce à des textes profonds et sincères : la terrible et glaciale « 4th of July » retrace les derniers instants de sa mère Carrie avec laquelle il échange malgré tout de doux mots enfantins, alors qu’elle est recouverte de son linceul.

Bien que les derniers titres soient moins convaincants, « Carrie & Lowell » demeure incroyablement personnel et brosse les souvenirs banals mais ô combien universels d’une saga familiale. Il donne envie à ceux qui ne connaissent que partiellement le travail de Sufjan Stevens de venir se délecter de son œuvre prolifique.

 

Sufjan Stevens à Brooklyn (Crédit Photo : Emmanuel Afolabi)
Sufjan Stevens à Brooklyn (Crédit Photo : Emmanuel Afolabi)

À écouter dans la plus complète solitude (un placard plongé dans le noir fera l’affaire), sans oublier de pleurer de temps en temps. Dans une interview donnée au magazine Pitchfork, Sufjan souhaite rappeler qu’il n’est pas une victime et ne veut pas s’attirer une quelconque sympathie de la part de ses auditeurs. Tout ça dans la joie et la bonne humeur.

Nicolas Braud
]]>