réfugiés – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 26 Aug 2026 18:53:46 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png réfugiés – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 « Voix en exil » au musée d’Orsay : un concours d’éloquence, poignant et sincère, en quête de solidarité https://www.lapeniche.net/voix-en-exil-au-musee-dorsay-un-concours-deloquence-poignant-et-sincere-en-quete-de-solidarite/ Fri, 13 Jun 2025 08:12:43 +0000 https://www.lapeniche.net/?p=56930 Nationalismes ; barriérisation ; silence étatique face aux drames qui gangrènent le Congo, la bande de Gaza, le Cachemire, l’Ukraine… Le monde du XXIe siècle est un monde qui se replie sur lui-même, qui ferme les yeux sur la misère qui l’entoure. Les mots de Philippe Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, sonne alors comme un cri d’alarme : « L’heure est à la solidarité, pas au repli sur soi ». C’est à la lumière de cette citation que s’est tenue la troisième édition du concours d’éloquence « Voix en exil », le vendredi 23 mai 2025 à Paris. 


En partenariat avec l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), et avec l’appui de l’association Eloquentia, huit étudiants réfugiés en France ont eu l’opportunité de déclamer leur discours entre les murs du musée d’Orsay. Dans une langue encore nouvelle et intimidante pour certain.es, ils et elles ont su saisir et bouleverser l’auditorium rempli pour l’occasion. Car derrière leurs mots se cachait une mission : faire résonner la voix de tous ceux qu’on tait, qu’on ignore, qu’on oublie. 

Du Burundi à l’Ukraine, en passant par l’Afghanistan, le Soudan, le Bangladesh, ou encore la Colombie, tous ces étudiants ont lancé leur appel à la solidarité devant un jury présidé par l’acteur, metteur en scène et réalisateur Alexis Michalik. A tous les lésés de l’histoire, et à tous ceux qui souhaitent l’améliorer, ces paroles leur étaient adressées.  Ce fut donc avec espoir que Gabriel Karerangabo nous a invité à faire de notre époque celle de la « marche solidaire », avec conviction que Sebastian Hernandez Ramirez nous a rappelé que les liens se nouent au-delà des écrans, et avec émotion que Shema Mohammad Abdallah a affirmé : « la solidarité a sauvé ma vie ». 

Les règles du concours étaient claires : énoncer un discours de cinq minutes sur le thème de la solidarité, en mentionnant une référence artistique présente au musée d’Orsay. Mais derrière ces consignes académiques, impossible de faire fi des trajectoires personnelles. Dures et sincères, elles ont alimenté les discours et ont autant ébranlé l’auditoire que les candidats. Un silence pesant, un raclement de gorge, des yeux brillants… l’émotion n’a pourtant pas déstabilisé les étudiants, mais a su porter leur prestation. L’une d’elle a unanimement séduit le jury : celle de l’Ukrainienne Myroslava Shenher, qui n’a « pas choisi de vivre en temps de guerre », mais a « décidé de ne pas (se) taire ». L’étudiante à Paris Dauphine a obtenu le premier prix. 

Parmi les huit participants, deux d’entre eux étudient actuellement à Sciences Po : Gabriel Karerangabo, originaire du Burundi, et Sebastian Hernandez Ramirez, né en Colombie. Ce dernier s’est hissé à la deuxième place du classement. Pour les deux étudiants en master, ce concours de rhétorique fut un réel défi, et une source de fierté considérable. Informés par la direction de Sciences Po, et sur le site internet de UNHCR, ils ont d’abord dû envoyer une vidéo de deux minutes dans laquelle ils s’adressaient à l’enfant de douze ans qu’ils étaient. Après cette première sélection, ils ont ensuite été accompagnés par l’association Eloquentia et un bénévole de Sciences Polémiques pour préparer leur discours de finalistes. 

Face au public, tous deux se sentaient fiers et confiants. Mais l’émotion était souvent palpable. Sebastian admet : « J’étais très stressé, surtout quand je parle de ma vie personnelle. (…) Ma voix s’est coupée, j’ai fait semblant de regarder mes feuilles mais j’essayais juste de maîtriser mes sentiments ». C’était la première fois que l’étudiant participait à un concours d’éloquence ; d’autant plus en français, une langue qu’il côtoie depuis près de trois ans seulement. 

Après avoir vécu le harcèlement et l’intimidation en Colombie, puis les difficultés de l’exil vers la France, Sebastian suit aujourd’hui un double diplôme entre l’école des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) et King’s College. Fier de son parcours, il affirme : « Je continuerai toujours à faire appel à la solidarité, à soutenir des causes qui me tiennent à cœur. Notamment la lutte contre l’homophobie, les LGBTphobies, pour que les enfants soient protégés et que personne ne souffre de faim. Une petite action, ça aide, ça change une vie ». Gabriel, de son côté, suit le master Human Rights and Humanitarian Aid de Sciences Po, et s’implique activement dans l’organisation Save the Refugee Youth dont il est le co-créateur. Celle-ci est destinée à accompagner les jeunes réfugiés au Rwanda et dans le monde vers un avenir meilleur, en leur assurant un accès à l’éducation, un système de mentorat, ou encore le respect de leurs droits fondamentaux. . related source

Leurs engagements respectifs démontrent une chose : au-delà de ce concours d’éloquence, ces huit étudiants souhaitent transformer leurs paroles en actes. Afin de ne pas seulement appeler à la solidarité, mais de l’incarner avec conviction. Pour que leurs mots ne brisent plus seulement le silence de cet auditorium, mais fissurent l’indifférence du monde à venir. 

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En maraude avec Sciences Po Refugee Help https://www.lapeniche.net/en-maraude-avec-sciences-po-refugee-help/ Mon, 30 Mar 2020 11:26:00 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=40565 Par Elise Ceyral et Pierre-Alexandre Bigel

Le mercredi 11 mars dernier, nous avons participé à l’une des distributions hebdomadaires organisées par le pôle « Material Needs » de l’association Sciences Po Refugee Help. Créée en septembre 2015 par des étudiants de la PSIA, cette dernière a pour objectif l’aide aux personnes réfugiées et demandeuses d’asile séjournant en région parisienne. L’approvisionnement en biens de première nécessité des camps situés aux environs de la capitale est l’une de ses multiples activités.

En cette soirée de mars, un vent glacial balaie les alentours de la station de métro Front Populaire. Nous y retrouvons les bénévoles de l’association Sciences Po Refugee Help. Ce soir, ils sont une dizaine à s’être déplacés – moins que d’habitude, selon les responsables du pôle. Alertés par la propagation du COVID-19, certains ont renoncé à faire le déplacement.

Les camps de réfugiés, des installations précaires et impermanentes 

Une dizaine de stations séparent Sèvres-Babylone de Front Populaire, le terminus de la ligne 12. Ce sont pourtant deux univers sensiblement différents qui caractérisent l’un et l’autre de ces lieux. La station Front Populaire se trouve à Aubervilliers, dans le nord de Paris. Elle est située à proximité de l’un des principaux camps de réfugiés de la région parisienne (récemment évacué du fait de la menace sanitaire, ndlr). À l’issue d’un court briefing, nous le rejoignons. Il se trouve au bord d’un canal, à dix minutes de marche de la station de métro. L’espace est entouré de palissades. À première vue, on pourrait croire avoir affaire à un chantier désert. Ce n’est que lorsqu’on se retrouve face à l’entrée que l’on réalise que des gens vivent ici.

Selon Raphaël, environ « 200 à 300 personnes »résident au sein du camp d’Aubervilliers. Cette installation se caractérise par son extrême précarité, mais aussi par son impermanence : le camp de ce soir est le quatrième que le pôle « Material Needs »visite depuis le début de l’année scolaire. Ici, il n’y a que des hommes. La majorité d’entre eux vient d’Afghanistan ou de Somalie. À l’intérieur, les tentes sont regroupées suivant des « quartiers » dont chacun correspond à une nationalité précise. Un élément frappe quiconque se rend sur les lieux : le silence. En ce mercredi soir, rares sont les sons qui s’échappent du camp. Seule résonne la brise qui s’engouffre dans le quartier. À notre arrivée, les réfugiés viennent à notre rencontre. Un petit groupe se forme bientôt devant les palissades.

Le camp d’Aubervilliers photographié par un voisin, évacué mardi dernier pour des raisons sanitaires

Bonnets, cache-cols et sacs de couchage

Ce soir, les membres du pôle « Material Needs » de Sciences Po Refugee Help ont apporté des brosses à dents, des rasoirs jetables, mais aussi des cache-cols et des paires de chaussures. Ils ont, enfin, quelques tentes et sacs de couchage. Ces derniers sont plus rares, et il est de fait difficile de les répartir entre les occupants du camp. Sur le chemin du retour, Benjamin Treves, responsable du pôle, nous explique que ces biens de première nécessité proviennent pour l’essentiel de collectes réalisées devant les magasins Décathlon. « Il est marquant de voir à quel point beaucoup de clients font l’effort d’acheter ne serait-ce qu’un bonnet ou une paire de gants, et nous les tendent avec le sourire. C’est encourageant. » constatent Benjamin et Raphaël Lemarchand, tous deux étudiants en 2ème année.

Le rôle de SPRH est également préventif. À cette fin, les bénévoles ont imprimé des fiches résumant les bons gestes pour se prémunir contre la propagation du COVID-19. Malgré les enjeux, la distribution se déroule dans le calme. Les résidents du camp sont, dans l’ensemble, avenants et flegmatiques. Benjamin nous explique que la « bonne attitude » vis-à-vis d’euxest« d’être à l’écoute, amical, de prendre le temps de parler en évitant de poser des questions trop indiscrètes, notamment relatives aux raisons du départ, à la traversée en mer… ».

Des trajectoires difficiles 

Durant la distribution, nous pouvons échanger avec deux d’entre eux. Ces derniers viennent spontanément à notre rencontre, alors que nous étions à l’écart de la distribution, pour ne pas gêner les bénévoles en pleine effervescence. En effet, les demandes se multiplient et il est difficile de maintenir une file ordonnée. Les deux hommes, dont l’un serre contre lui un sac de couchage, nous demandent si nous parlons allemand. Par chance, c’est notre cas à tous les deux. Disons plutôt, nous avons quelques bases, comme ils nous le feront remarquer avec humour à plusieurs reprises. Les deux hommes se présentent : Samir et Fawad*. Tous deux sont d’origine afghane et parlent couramment allemand, ayant passé les années précédentes en Autriche. Ils ne sont arrivés en France que récemment et ont déposé leur demande d’asile le matin-même. Au vu du règlement Dublin – selon lequel la demande d’asile ne peut être examinée que par le premier pays d’accueil – la probabilité que celle-ci soit rejetée est grande, mais nous ignorons s’ils ont effectué une demande dans un autre pays européen, probablement en Autriche. Nous savons assez peu de choses sur leur vie passée, avant l’Europe, qu’ils évoquent à peine. Il est probable qu’ils aient fui un Afghanistan en proie aux difficultés économiques, face à la menace du développement de l’État islamique dans un pays où l’emprise des talibans est toujours palpable. Fawad nous confie cependant avoir rencontré une femme en Autriche, avec qui il avait entrepris de reconstruire sa vie.

Aujourd’hui, cependant, l’enjeu majeur est l’adaptation à un nouveau pays étranger. Les deux hommes souhaitent apprendre le français et nous proposent de les revoir afin que nous les aidions à progresser, contre quelques conseils en allemand dont nous aurions bien besoin. Le nombre de langues maîtrisé par ces hommes qui ont souvent séjourné dans plusieurs pays européens est impressionnant : allemand, anglais, français, suédois, swahili, arabe s’entremêlent dans une joyeuse cacophonie au sein du petit groupe qui s’est formé devant la table de distribution. Tous semblent vivre dans une entente cordiale, malgré les tensions qui, nous le savons, ont parcouru le camp la semaine précédente et contraint les bénévoles à reporter la distribution. Raphaël nous dépeint la situation dont ils ont été témoins : « En arrivant aux abords du campement, nous avons réalisé qu’une violente dispute était en train d’avoir lieu ; nous entendions des cris, des coups contre la tôle et certaines personnes avaient dans leurs mains de gros bâtons, qu’elles avaient sans aucun doute utilisés pendant l’affrontement. En demandant à l’un des occupants ce qu’il se passait, il nous a répondu qu’une bagarre avait éclaté à cause de couvertures (il n’y en avait pas pour tout le monde, ce qui a conduit à des tensions). Nous nous sommes alors mis en retrait, nous sommes concertés et avons décidé de ne pas entrer, par peur de rajouter de l’huile sur le feu mais aussi afin d’assurer notre propre sécurité, car tout peut dégénérer extrêmement vite une fois à l’intérieur du camp ». Un homme tente de prendre le sac de couchage des mains de Samir, qui le repousse sans violence. « Vous voyez, nous devons vivre avec eux », nous dit-il. La cohabitation n’est pas si évidente dans ces conditions difficiles.

Des bénévoles de Sciences Po Refugee Help

Une solidarité forte

Sur le chemin du retour, nous discutons avec des bénévoles de l’association. Pour l’une d’entre eux, Emma, chaque distribution a un goût d’inachevé. « On ne peut pas être sûr d’avoir fait quelque chose de juste. On peut par exemple donner à ceux qui ont déjà pendant que les personnes en plus grande difficulté dorment dans le camp. » Elle nous explique de plus qu’ils n’ont pas l’autorisation de distribuer de la nourriture car des normes très strictes encadrent ces pratiques. Emma se souvient de la frustration qu’elle a ressentie lorsque la police leur a interdit de distribuer de quoi manger aux résidents d’un camp qui allait être démantelé le lendemain. Ces normes lui semblent absurdes, alors que les exilés se chauffent en brûlant du plastique, respirent des fumées nocives, et vivent dans l’inhumanité de telles conditions. « Quand je rentre sur Paris, je vois une vraie différence ». Difficile de se douter, en effet, que le 7e arrondissement que nous sillonnons tous les jours ne se trouve qu’à quelques stations de métro de ces camps, dans lesquels des êtres humains vivent de telles situations de détresse. En ces temps troublés par la pandémie, nos pensées sont tournées vers ces hommes, femmes et enfants qui n’ont d’autre lieu où s’établir que ces campements insalubres en bordure des villes.

Une situation de crise majeure

Sciences Po Refugee Help, comme de nombreuses structures d’aide, a interrompu ses activités pour les semaines à venir, suite aux mesures de confinement mises en place récemment par le gouvernement. À Aubervilliers cependant, comme dans de nombreux camps, les risques sanitaires sont immenses. Benjamin nous explique que les migrants du camp d’Aubervilliers souffrent de la faim, de la fatigue et souvent de maladies telles que la pneumonie, et sont par conséquent particulièrement vulnérables. D’autres associations, les plus importantes, parviennent à maintenir leurs activités de distributions, alimentaires notamment, dans ce contexte difficile et malgré le manque de bénévoles. Celles-ci demandent une mise à l’abri de ces personnes particulièrement exposées pendant la durée de la crise. Le camp d’Aubervilliers a ainsi été évacué mardi matin et les demandeurs d’asile sont désormais logés dans des gymnases ou hôtels de la région parisienne et ont été examinés par des membres de Médecins sans Frontières. 

*Les prénoms ont été modifiés.

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NOISE élève la voix avec Start Them Up https://www.lapeniche.net/noise_start_them/ Fri, 01 Dec 2017 09:00:53 +0000 http://lapeniche.net/?p=37855 Combiner engagement social et expérience entrepreneuriale dans un incubateur de start-up en un même projet : c’est ce que promet NOISE Sciences Po au travers de l’initiative Start Them Up. Avais-tu avais souligné dans ta lettre de motivation tes expériences de bénévolat et ton dynamisme, avec moult phrases emphatiques ? Es-tu sans cesse attiré par de nouvelles expériences ? Si tel est le cas, tu seras surement très intéressé par ce qui suit. Et si tout simplement l’entreprenariat et le milieu des start-ups t’intrigue, voilà une belle occasion de le découvrir.

Afin d’en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de Maé Coffre, secrétaire générale de Noise Sciences Po et co-responsable du projet Start them up.

Un incubateur, des étudiants, des entrepreneurs réfugiés

Start Them Up est une initiative de l’association NOISE, développée en partenariat avec l’incubateur de start-up Kiwanda, qui vient de fêter sa première année d’existence. Kiwanda aide notamment des réfugiés à concrétiser un projet d’entreprenariat et NOISE Sciences Po, à travers Start Them Up, s’associe à ce travail en mettant en relation des étudiants bénévoles et des entrepreneurs afin de les aider. Maé explique que l’année passée, elle a par exemple « aidé un entrepreneur congolais qui voulait monter son blog. On l’a notamment aidé à se servir des réseaux sociaux, ce qui est très important pour monter une entreprise ».

Ce sont les entrepreneurs qui déterminent directement avec les étudiants quels sont leurs besoins, et tout le monde est invité à apporter son aide, peu importe ses aptitudes ! « Tu peux avoir n’importe quelles compétences, tu es le bienvenu, même si tu es en première année !», précise ainsi Maé. En somme, toutes les bonnes volontés et tous les talents sont appréciés. Mais qui sont les entrepreneurs qu’il est possible d’aider ? Au sein d’une vaste diversité de projets se rencontrent des parcours très différents. Ainsi, si certains avaient déjà eu auparavant une expérience de l’entrepreneuriat dans leur pays, il s’agit pour d’autres d’une grande première. La personne qu’a aidé Maé, par exemple, était journaliste et traducteur avant de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat en tant que blogueur.

Une dizaine de projets à soutenir

Des entrepreneurs qui, selon Maé, sont arrivés à l’incubateur principalement grâce au bouche à oreille. Ils y ont trouvé une aide indispensable à la réalisation de leur projet. Quelques exemples de projets, peut-être ? Promouvoir l’art de l’Afrique de l’Est, favoriser l’apprentissage de l’informatique pour les réfugiés, mettre en place un circuit commercial entre individus entre l’Europe et l’Afrique, permettre l’apprentissage de la composition florale et bien d’autres, une dizaine au total.

À noter que certains projets mobilisent aussi d’autres étudiants d’écoles parisiennes (Dauphine, AgroParisTech ou encore l’ESSEC), et ce grâce à de collaborations inter-antennes de NOISE. Cela renforce assurément la dimension d’ouverture sur le monde et de rencontres qu’annoncent déjà par les liens avec les réfugiés. Une ouverture sur le monde et un engagement qui résonnent assez avec les préceptes sciencespistes…

NOISE, ou la promotion d’un entrepreneuriat social et solidaire

Le projet Start Them Up s’inscrit plus largement dans les principes et objectifs de l’association NOISE, acronyme de Nouvel Observatoire de l’Innovation Sociale et Environnementale. L’association est présente dans huit écoles parisiennes, encadrées par le NOISE général. Son but, pour Maé est de « transmettre le goût de l’entreprenariat aux étudiants et, par des rencontres et conférence, promouvoir l’entreprise social et solidaire » c’est à dire les entreprises « qui tentent d’améliorer la société selon leurs positions dans celle-ci, promeuvent l’égalité en leur sein, et sont parfois tournées vers le social, l’environnement ou l’éducation ».

Envie d’intégrer la vraie start up nation ?

Start Them Up accueille tous les étudiants volontaires, sans besoin aucun de compétences particulières, insiste Maé. Seul prérequis : la motivation pour le projet choisi, sur lesquels deux à trois étudiants travailleront durant deux à trois mois, un temps relativement limité mais qui permet, selon Maé, de s’imposer une efficacité dans la réalisation d’objectifs.

Si tu as envie de rejoindre le projet et d’aider les entrepreneurs qui en ont besoin, nous sommes heureux de t’apprendre que c’est possible ! En effet, NOISE Sciences Po a lancé sa campagne de recrutement et t’invite à remplir ce formulaire en leur indiquant le projet qui t’intéresse. Les étudiants seront ensuite mis en contact avec l’entrepreneur, après qu’il a défini ses attentes, afin qu’ils puissent débuter le projet directement avec lui

Par ailleurs, les responsables de Start Them Up, Thomas Carrié, Lise Cochet et Maé Coffre, sont également disponibles pour répondre à toutes tes questions !

Envie de participer au projet Start Them Up ? Pour les inscriptions, c’est par ici : https://docs.google.com/document/d/14cQOzb1ppFVSoirzfknJuO27SY6RkwFu_LqOe8xCh7U/edit

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« Beats Across Borders » : une fête pour s’engager https://www.lapeniche.net/beats-across-borders-une-fete-pour-sengager/ Mon, 20 Nov 2017 09:00:59 +0000 http://lapeniche.net/?p=37781 Il est des moments où la musique dépasse sa seule fonction de divertissement. Elle devient un facteur d’unité, une force formidable qui permet d’intégrer des individus dans un tout. Le mercredi 22 novembre, le Génie d’Alex, situé au cœur du 8ème arrondissement parisien, accueillera un événement bien particulier : la soirée « Beats Across Borders ». Celle-ci, organisée par l’association Sciences Po Refugee Help, a pour objectif de jeter des ponts entre les réfugiés et les autres étudiants sciencepistes, et entend bien y parvenir grâce à cette immense fête où l’enthousiasme efface les frontières.

Le résultat d’une mobilisation collective

Si la cinquième édition de cet événement va pouvoir avoir lieu mercredi, c’est avant tout grâce à la mobilisation des bénévoles. Qui sont ces bénévoles ? Il y a, évidemment, les étudiants et les étudiantes membres de l’association Sciences Po Refugee Help. Mais pour cette soirée, ils ne seront pas seuls : les artistes qui se produiront à cette occasion le feront également gratuitement. Les seuls bénéfices seront ceux engendrés par la vente de billets, et ils permettront le financement des actions menées par l’association.

Kenzi Bourras et Guido Mininsky ( Acid Arab ) seront de la fête mercredi.

Parlons des artistes, justement. Ils seront nombreux à se présenter devant vous ce soir-là. Les rythmes touaregs de Salam Désert et son groupe d’amis sauront, sans aucun doute, vous inviter au voyage et vous faire danser sur la piste du Génie d’Alex. Ils ne seront pas seuls, puisqu’avec eux se produira également Agathe Iracema, compositrice et interprète de jazz franco-brésilienne. Là encore, le duo qu’elle formera avec le guitariste Eneas Santana vous transportera loin de la scène et de la Seine parisienne. Les accents brésiliens d’une musique samba-funk devraient faire de cette soirée une fête où les invités ne formeront qu’une masse unie par les mélodies. Enfin, le DJ set de Guido Minisky, l’une des têtes du duo d’Acid Arab, se joindra à Kenzi Bourras pour faire vibrer les participants au son d’une musique techno à laquelle se mêleront des mélodies orientales ensorceleuses. C’est la recette qui a fait le succès des quatre éditions précédentes : une ambiance cosmopolite et des artistes survoltés, le tout dans un cadre inhabituel.

Une soirée pour poursuivre le combat

La « Beats Across Borders », au-delà de son caractère festif, est également un événement nécessaire pour Sciences Po Refugee Help. Alors que l’Hiver arrive, les recettes engendrées par la soirée permettront à l’association d’être présente sur tous les terrains durant les mois à venir. Aujourd’hui, un millier de personnes environ dorment dans les rues de Paris, parmi lesquelles on trouve des centaines de mineurs non accompagnés. La poursuite des actions menées par Sciences Po Refugee Help, association qui vient en aide à ces personnes en grande difficulté, est donc indispensable.

La soirée « Beats Across Borders » doit, précisément, permettre de lever les fonds nécessaires à la conduite des maraudes, collectes de biens de première nécessité et cours de français. L’idée est de garantir non pas seulement la survie, mais également l’intégration des réfugiés. Sur les 1000 places qui ont été mises en vente par l’association, 200 leur sont, à ce titre, réservées. En se joignant au groupe des étudiants et des étudiantes venues pour faire la fête, ces derniers pourront oublier leur statut le temps d’une soirée. Même si, évidemment, le but de cette dernière n’est pas d’occulter le combat au long cours mené par l’association. Au contraire, l’enjeu est fondamental, puisqu’il s’agit d’assurer sa subsistance.

En résumé, si vous avez envie de faire la fête avec les réfugiés, pour les réfugiés, et que vous souhaitez vous échauffer avant la Cash and Trash, la soirée « Beats across Borders » n’attend que vous !

Les tickets pour l’événement sont toujours disponibles ici : https://www.facebook.com/events/835498759957211/

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Rencontre avec deux réfugiés étudiant en master https://www.lapeniche.net/rencontre_refugies_etudiants/ Thu, 12 Oct 2017 09:00:19 +0000 http://lapeniche.net/?p=37523 Samer Younes et Rana Fayo sont tous deux étudiants en master à Sciences Po. Comme tous les autres élèves, ils ont des devoirs à rendre, des exposés à présenter et des professeurs un peu tatillons. Pourtant, ils ont dû faire face à des obstacles que n’ont pas et n’auront probablement jamais à surmonter leur camarades. Retour sur le parcours impressionnant de ces deux syriens, qui étaient demandeurs d’asile et sont désormais étudiants en master.

Un départ difficile, une arrivée en demi-teinte

Après une gorgée de café au lait, Samer entame son récit le premier. Originaire de Damas, il a commencé à travailler à Dubaï à partir de 2009, en tant que chef de projet dans le transport public. C’est en 2012, à l’aube du conflit syrien, qu’il pénètre dans son pays pour la dernière fois. Mais déjà, le retour est déconseillé. Le danger est là. Samer retourne à Dubaï et, lorsque son contrat prend fin au terme de l’année 2014, il obtient un visa et se rend en France. Il me confie que la déchirure n’a pas été aussi vive que pour certains de ses concitoyens eux-aussi expatriés, parce qu’il n’a pas eu à s’arracher directement à la Syrie pour venir en France. Pour Rana, l’histoire est différente. Ancienne professeure d’anglais à Alep, elle y reste jusqu’à la fin de l’année 2015, moment où la situation devient critique. Des groupes armés violents s’emparent de son quartier. L’horreur au pas de la porte. Malgré la douleur immense à l’idée de quitter le pays dans lequel ils ont construit leur vie, Rana et sa famille viennent trouver refuge en France.

« Quand je leur demande si l’obtention du statut de réfugié a été difficile, Samer et Rana échangent un rire complice. »

Quand je leur demande si l’obtention du statut de réfugié a été difficile, Samer et Rana échangent un rire complice. « Comment te dire… » commence Samer. En reprenant son sérieux, il m’explique que ce n’est pas tant la procédure de l’OFPRA (Office Français de Protection des Apatrides) qui pose problème que celle qui la précède. Une fois arrivés en France, et dans l’attente d’une prise en charge et d’une réponse de l’OFPRA, les demandeurs d’asile sont théoriquement pris en charge par l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration), qui est supposé les aiguiller dans la gestion de la paperasse administrative et des informations pratiques pour séjourner en France -sur leurs droits en ce qui concerne, par exemple, la Sécurité Sociale, la recherche d’un travail, d’un logement, etc-. En théorie seulement: en réalité, les demandeurs d’asile ont surtout accès à des renseignements basiques, insuffisants pour se frayer un chemin dans les méandres de l’administration.

Un entretien seul face à trois personnes

Des associations comme France Terre d’Asile tentent de renforcer cette formation. Cependant, dans la majorité des cas, c’est aux immigrés de se débrouiller pour connaître leurs droits et parvenir à vivre décemment (par exemple trouver une activité professionnelle ou universitaire), ce qui peut être problématique pour les plus fragiles d’entre eux. En ce qui concerne la demande du statut de réfugié à l’OFPRA, en revanche, Rana et Samer sont unanimes. Le plus difficile, c’est l’attente : ce dernier a attendu un an avant de connaître la décision. En revanche, l’entretien en lui-même n’est pas une épreuve. Au contraire, en ce qui les concerne, l’officier de protection ( la personne en charge de l’instruction, ndlr ) s’est montré attentif et humain. C’est un moment certes crucial et donc forcément stressant, d’autant plus que le demandeur d’asile se trouve non pas face à une mais trois personnes: l’officier de protection, un traducteur, et un surveillant chargé, selon Samer, de décrypter le « body language » et de garantir la neutralité de la procédure; mais il ne s’agit néanmoins pas tant d’un interrogatoire que d’un dialogue.

Un choc culturel parfois pas si déconcertant

Après une longue discussion sur les conditions d’arrivée des demandeurs d’asile, je pose à Rana et à Samer une question qu’ils ont déjà du entendre une bonne centaine de fois: qu’est-ce qui les a frappés en découvrant le mode de vie français, et comment ont-ils vécu ce choc culturel ? Rana me répond que ce qui change, c’est qu’elle se sent en sécurité en France, alors qu’en Syrie, la violence a peu à peu redessiné les contours de la vie quotidienne. C’est aussi ce qui ressort de la comparaison que me fait Samer de l’État français avec l’État syrien: le premier s’occupe de ses citoyens, le second les laisse mourir, voire les tue.

« En Syrie, c’est naturel de connaître la vie de tous ceux qui habitent dans ton quartier ! »

Même avant la guerre, les destructions, la menace quotidienne de la mort, et les fuites hors du pays, il m’explique que les droits des Syriens étaient bafoués et leurs rêves, leurs projets en étaient le plus souvent rendus impossibles. Samer souligne également la différence entre la manière de penser en Syrie et en Occident. Ici , à Paris, il constate que les gens sont beaucoup plus individualistes. « En Syrie, ajoute-t-il en riant, c’est naturel de connaître la vie de tous ceux qui habitent ton quartier ! ». En revanche, ce que n’ont pas changé les plus de 4000 kilomètres qui séparent Paris de la Syrie, c’est l’architecture: avec les traces de la colonisation française, de nombreux boulevards et bâtiments que l’on peut (pouvait?) voir dans certaines grandes villes syriennes pourraient tout aussi bien se trouver à Paris sans pour autant détonner dans le paysage.

L’arrivée et l’intégration à Sciences Po

C’est en mars 2016 que Rana et Samer commencent le « Welcome refugees program » ( fruit de l’association de SciencesPo avec deux associations, Kiron et Wintergreat, ndlr ) avec dix-huit autres réfugiés, une mise à niveau intensive de deux mois pour leur permettre de parler français correctement. À la suite de quoi ils sont tous deux sélectionnés avec une poignée d’autres participants du Welcome Refugees Program pour faire la Summer School en juillet et aout 2016, cette fois ouverte non pas exclusivement aux réfugiés mais aux étudiants du monde entier intéressés par les cursus de SciencesPo. En septembre 2016, ils sont finalement acceptés en tant qu’étudiants en échange.

« Des exposés… Beaucoup d’exposés »

Ils trouvent une certaine difficulté à s’intégrer dans le système pédagogique français, car le rythme est assez intensif et les professeurs sont sévères sur la rigueur de l’argumentation. Il y a aussi beaucoup de devoirs à rendre: notamment « Des exposés… Beaucoup d’exposés… » me précise Samer en souriant. Cependant, cette charge de travail importante a aussi un versant positif: occuper l’esprit et éviter la désagréable sensation du « homesick ». En cette année 2017, lui et Rana font enfin partie des étudiants classiques (et non plus en échange) et entament leur deuxième année de master. Ce qui n’est pas le cas de tous leurs camarades: sur dix-huit réfugiés ayant participé au « Welcome refugees program » en mars 2016, moins de la moitié est parvenue à intégrer le cursus classique de SciencesPo (deux au collège universitaire, et cinq en master).

Academic Advisor, Mion et petits boulots

En ce qui concerne l’intégration sociale, elle semble plutôt réussie -ne serait-ce que parce qu’aucun d’eux ne se départira de son sourire au cours de notre entretien. Ils m’assurent que la très grande majorité des étudiants et des professeurs avec qui ils ont pu parler jusqu’à maintenant ont été chaleureux, et que les rencontres se font naturellement, et ce même avec la barrière de la langue. Selon Samer, cet enthousiasme est probablement dû au fait qu’à SciencesPo, la plupart des élèves sont ouverts d’esprit -d’autant plus qu’il y a de nombreux étudiants internationaux-, cultivés et, surtout, ils ne se bornent pas à une réflexion purement académique.

« Nous ne serions pas ici sans tous leurs efforts et leur engagement, à lui et à l’administration. »

En outre, l’administration et les enseignants sont extrêmement présents, tant dans le cadre scolaire que pour le reste. Rana évoque notamment la gentillesse de son « academic advisor », qui lui a fait visiter la ville et plusieurs musées, ou encore de sa professeure de français, qui l’a aidée à trouver un petit boulot en été. Samer, lui, a même rencontré LA personnalité que tout SciencesPiste rêve d’approcher (Frédéric Mion, vous l’avez deviné): « Il est très engagé, affirme t-il. Nous ne serions pas ici sans tous leurs efforts et leur engagement, à lui et à l’administration ». Néanmoins, ils n’oublient pas que SciencesPo est aussi une sorte de « bulle » et dans la vie de tous les jours, hors de la rue Saint Guillaume, le contact avec les autres n’est pas toujours aussi aisé.

L’enseignement supérieur, une voie d’accès vers un futur prometteur

Pour Samer, le plus important actuellement est de maîtriser parfaitement la langue française, parce que c’est indispensable pour réaliser son projet professionnel, lequel est ambitieux: développer l’entreprenariat social. L’enthousiasme avec lequel il me déploie ses idées lorsque je lui demande des précisions me fait sentir à quel point cela lui tient à coeur: il s’agirait de remettre en cause le modèle économique traditionnel qui est selon lui défaillant car il est source de chômage, de précarité, voire de conflits armés pour innover dans l’économie alternative afin d’y développer le dialogue et d’en faire un pacte social dont le coeur serait l’humain.

Il ajoute que c’est un projet certes un peu trop idéal à première vue, mais qu’il s’inscrit dans le long terme et qu’il souhaite surtout apporter sa pierre à l’édifice et proposer sa propre vision du monde du travail en travaillant dans la gestion au sein d’une entreprise sociale. Les aspirations de Rana sont très différentes, mais pas moins ambitieuses: en master en International Security et passionnée par ce sujet autant que par la pédagogie (c’est une ancienne professeure d’anglais!), elle aimerait faire une thèse puis devenir enseignante-chercheuse. Tous deux souhaitent pour le moment rester en France, tout en n’excluant pas la potentialité de travailler éventuellement dans un autre pays plus tard.

Un message d’espoir

Avant que nous nous quittions, je demande à Samer et à Rana quels conseils ils donneraient aux personnes qui, comme eux, ont du quitter leur patrie pour s’installer dans un pays plus sûr. Pour cette dernière, le plus important tient en deux mots: « keep going ». La première étape est la plus difficile, parce que l’on doit débuter une nouvelle vie et s’arracher à ce qui appartient au passé sans regarder en arrière, mais même si l’adaptation est difficile la première année, il faut à tout prix s’accrocher. Une fois que l’on commence à apprendre le français et à s’habituer à la vie en France, les choses deviennent moins ardues. Le conseil que donne Samer ne tient, lui, pas en deux mots mais en un proverbe: « Petit à petit, l’oiseau fait son nid » me répond t-il en souriant. Il ajoute qu’au-delà de l’adaptation, il est absolument nécessaire de rester aux aguets et de ne jamais rester dans l’attente et que s’il y a des d’opportunités, il faut néanmoins savoir les chercher.

Au moment de terminer notre entretien, mes deux interlocuteurs tiennent à faire passer un dernier message: « Merci à SciencesPo. Et merci à tous ceux qui nous ont accompagnés (notamment à madame Myriam Dubois-Monkachi, responsable du Welcome Refugees Program) ».

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, seuls 1% d’entre eux parviennent à accéder à l’enseignement supérieur. Pour une personne qui avait déjà donné les preuves de sa capacité et de sa motivation à apprendre dans son pays d’origine (beaucoup de réfugiés faisaient de hautes études ou occupaient de hauts postes avant d’être chassés de leur pays) et qui, par ailleurs, y a probablement vécu des expériences traumatisantes comme la guerre, n’est-il pas juste de lui offrir, au moins la possibilité de s’accomplir pleinement intellectuellement ?

De fait, Sciences Po a affirmé sa volonté de favoriser l’intégration des réfugiés dans la société française en nouant deux partenariats dans le cadre du Welcome Refugees program depuis mars 2016: un avec l’association Kiron Open Education, et un avec l’association Wintegreat.

Kiron, un portail vers des études gratuites

Kiron est une startup allemande dont la branche française permet aux réfugiés et demandeurs d’asile vivant en France de reprendre, voire de commencer des études universitaires gratuitement. Le modèle d’apprentissage est hybride, et consiste en deux étapes: une première où les cours sont dispensés sur une plateforme numérique, et un second temps où les étudiants intègrent l’une des universités partenaires en Licence 2, formation qu’ils poursuivront ensuite pendant deux ans.

Cette solution hybride permet de pallier à certaines des principales difficultés auxquelles sont généralement confrontés les expatriés en apprentissage supérieur, telles que le coût financier élevé, le nombre de places limitées au sein des établissements universitaires ou encore la difficulté de se déplacer. SciencesPo propose en plus de compléter les cours dispensés sur la plateforme numérique pendant la première phase de la formation par des enseignements fondamentaux en français et en anglais dans le domaine des sciences sociales. Outre SciencesPo, le premier partenaire de Kiron, cinq autres partenariats ont été conclus en France avec Kiron: avec le CNAM (Conservatoire National des Arts et des Métiers), l’INP de Grenoble; SciencesPo Grenoble, l’université Grenoble-Alpes et l’université Savoie Mont-Blanc; et quinze autres partenariats sont en cours de négociation.

Wintegreat, une aide pour l’insertion

Wintegreat est fondée en 2015 par deux étudiants à l’ESCP Europe, dont le but est d’insérer des réfugiés ayant effectué des études supérieures dans leur pays d’origine et ayant du les arrêter à cause de la situation politique dans leur pays. Les grandes écoles parisiennes mettent à disposition leurs locaux pour que les réfugiés suivent un semestre de cours « tremplin » afin de s’insérer dans des vraies études ou dans la vie professionnelle en France. L’accent est notamment mis sur l’apprentissage du français, mais aussi de l’anglais, ainsi que des cours de repères culturels et pratiques sur la vie en France. Wintegreat a déjà noué des partenariats avec plusieurs écoles prestigieuses: ESCP Europe bien sûr, mais aussi SciencesPo Paris, SciencesPo Bordeaux de Paris et l’ESSEC -la première promotion a SciencesPo a été intégrée en mars 2016-. Le choix de s’allier avec de grandes écoles s’explique par la nécessité de donner au certificat acquis par les réfugiés grâce au programme d’insertion une réelle crédibilité.

« Certains étaient médecins, étudiants dans de grandes écoles, avocats… Aujourd’hui, ils sont réfugiés. »

Il est très difficile et aliénant pour ces réfugiés, brillants dans leur pays d’origine, d’en être chassé par des conditions politiques indépendantes de leur volonté et de se retrouver en France dépossédés de tout ce qu’ils avaient pu acquérir dans leur vie d’avant: certains étaient médecins, étudiants dans de grandes écoles, avocats… Aujourd’hui, ils sont réfugiés. Alors certes, les dommages psychologiques survenus avec la déchirure du pays d’origine sont irréversibles, mais ils peuvent être atténués par une meilleure insertion des étrangers dans le pays d’accueil. Même en bénéficiant du droit d’asile, évoluer dans un pays quotidiennement sans en connaître la langue peut s’avérer un véritable calvaire, car alors la solitude et le sentiment insistant de n’appartenir ni au pays d’accueil ni au pays d’origine dont on a été chassé s’installe. Pour diminuer ce sentiment d’aliénation, les programmes d’accueil des réfugiés dans les études supérieures font quelque chose d’essentiel: ils leur confèrent un statut, celui d’étudiant, ce qui permet de mettre de l’ordre dans leur vie et d’éviter la perte totale de repères. L’insertion que veulent initier de telles structures n’est donc pas uniquement éducative et professionnelle, elle est aussi sociale.

On peut voir l’aide apportée aux réfugiés comme un geste purement altruiste et philanthropique mais il y a, selon moi, un apport qui ne transite pas seulement des nationaux aux réfugiés mais aussi en sens inverse. Leurs expériences, leur propre culture et leur manière d’appréhender le monde ont probablement beaucoup à nous apprendre.

On entend beaucoup dans la bouche de certains politiques que la France est et restera une terre d’asile. Pour ancrer cette phrase dans la réalité, augmenter le budget de l’OFPRA ne suffit pas: nous devons, tous, tout faire pour non pas seulement accepter mais aussi accueillir les réfugiés; et ce dans la plus grande dignité possible.

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