Queer Week – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:24:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Queer Week – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Des incidents homophobes lors de la Queer Week à Sciences Po https://www.lapeniche.net/incidents-homophobes-queer-week/ Fri, 10 Mar 2017 20:36:48 +0000 http://lapeniche.net/?p=36530 Après les tags anti-FN réalisés en octobre 2015, Sciences Po s’est une fois de plus réveillé ce matin avec des inscriptions sur ses façades, devant le 28 rue des Saint-Pères, le 13 rue de l’Université et à l’intérieur du 27 rue Saint-Guillaume. C’est la communauté LGBT qui a cette fois été visée, à l’occasion de la huitième édition de la Queer Week, la semaine de réflexion autour des genres et de la sexualité, qui se déroule du 10 au 18 mars.

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Photo twitter de Samuel Hall https://twitter.com/thistlezzz/status/840179271389839361

L’administration a d’ores et déjà condamné ces actes, à travers un mail envoyé par Frédéric Mion aux étudiants cette après-midi. Le directeur a apporté son soutien aux organisateurs de la Queer Week et a affirmé que Sciences Po ne peut tolérer “ni ces messages haineux envers les personnes LGBT, ni l’impact psychologique qu’ils peuvent avoir sur l’estime et la confiance en soi des personnes visées”. Les personnes ayant réalisés ses inscriptions “s’exposent à des sanctions”, a soutenu le directeur. Si les tags ont été enlevés dans la journée, un autre incident a eu lieu lors de la conférence d’inauguration de la Queer Week. Un haut-parleur caché dans l’amphithéâtre a en effet interrompu la rencontre en diffusant une bande-son de la Manif pour Tous.

Les organisateur de la Queer Week ont rappelé sur leur page Facebook “l’importance du respect pour la diversité et la nécessité d’avoir des évènements tels que la Queer Week qui ouvrent des espaces inclusifs et donnent la parole à des propos et des individus trop souvent invisibilisés, ignorés et décrédibilisés”.

Les condamnations, indignations et messages de soutiens ne se sont pas faites attendre sur les réseaux sociaux:

Sur Twitter, voir le thread (fil/suite de tweet) de @thistlezzz (cliquer dessus pour dérouler)

 

 

https://twitter.com/HawaTr_12/status/840233405207965696

https://twitter.com/anne_zt/status/840211219311124480

https://twitter.com/StephanieLBE/status/840207713703477250

 

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Les 20 articles de La Péniche les plus lus en 2014 (et ce ne sont pas forcément ceux que vous attendiez) https://www.lapeniche.net/les-10-articles-de-la-peniche-les-plus-en-2014-ne-sont-pas-ceux-que-vous-croyez/ Mon, 12 Jan 2015 03:53:26 +0000 http://lapeniche.net/?p=25506 coub

Editorial de rentrée : le changement dans la continuité

 Il est difficile de lancer la publication de La Péniche dans le contexte qui est celui de ce début de mois de janvier 2015 : entamer le semestre en souhaitant à tous nos lecteurs une heureuse et bonne année 2015 serait malvenu, presque déplacé, au vu du climat actuel.

La vive émotion suscitée par les attentats terroristes qui ont frappé l’Ile-de-France début janvier a également traversé la communauté sciencepiste : sur Facebook, c’est un tsunami de messages de soutien et de photos de profil reprenant le visuel “Je suis Charlie” qui a déferlé sur les Timeline. Dimanche dernier, lors de la marche républicaine organisée à Paris, ce sont plus de 350 sciencepistes qui ont répondu présent à l’évènement Facebook “Marche Républicaine – Etudiants de Sciences Po”.

Alors oui, comme vous tous, c’est le coeur lourd que nous entamons cette année 2015. Et puisqu’il est difficile de se projeter dans un avenir qui, en l’état actuel des choses, n’offre guère de réjouissances, autant entamer l’année qui commence par les bons souvenirs de celle qui s’achève. Nous avons donc sélectionné les 20 articles qui ont été le plus lus cette année. Près de quinze rédacteurs issus de quatre promotions différentes figurent dans ce classement. Ces 20 billets constituent ce qui a le plus séduit nos lecteurs au cours de cette année 2014 durant laquelle nous avons rassemblé plus de 255 851 visiteurs uniques et 751 945 pages vues.

Afin de faire encore mieux qu’en 2014, pour l’année 2015, notre mot d’ordre sera le changement dans la continuité.

La continuité, car nous garderons à l’esprit les deux grands principes sur lesquels nous avons construit notre succès depuis la rentrée : la recherche d’un juste milieu entre la qualité et le succès statistique ainsi que la volonté de ne pas se laisser enfermer dans des techniques obsolètes, et ce, en favorisant les contenus multimédia (vidéo, photo, infographies etc …).

Le changement, car la cuvée 2015 de La Péniche ne sera pas un ersatz de la cuvée 2014. Nous avons opéré des modifications substantielles durant les vacances : un nouveau site a été mis en place et un nouveau fonctionnement interne a été établi avec la mise en valeur du “Mag”, notre magazine culturel sur le cinéma, la musique, les sorties dans Paris qui disposera d’une réelle autonomie avec une rédactrice en chef, Lisa Bardet. De nouvelles propositions éditoriales font également leur apparition, à l’image de La Raie, une pastille vidéo sur la vie étudiante animée par Hugues Seguinet et Naïl Zerrouki ou des modifications apportées à la rubrique Face à Face.

Le second semestre qui démarre, c’est aussi celui du passage de relais. La Péniche aura, en septembre 2016, dix années d’existence, soit plus que le mythique Indépendant de la Rue Saint Guillaume. Cette longévité n’est pas le fruit du hasard, et nous pouvons être fiers d’avoir chaque année, un renouvellement générationnel solide, d’avoir en permanence à l’esprit le souci de de nous inscrire dans la durée en préparant la relève. La relève justement, c’est peut-être vous :n’attendez plus, lancez-vous et embarquez dans notre péniche ! 

1) A qui appartient le chat du 13U ? 

par Pauline Duchatelet, Promo 2017, 85 396 visiteurs uniques

 

2) Minimal, Deep House, Techno… La musique électronique en 10 morceaux

 

3) Zemmour et Mélenchon : des invités jugés indésirables à SciencesPo ? 

par Alex Baptiste Joubert, Promo 2018, 9024 visiteurs uniques

 

4) Municipales : quels scores pour les candidats science-pistes ? 

par Alex Baptiste Joubert, Promo 2018, 4576 visiteurs uniques

 

5) Qui dirige les sections des partis politiques à SciencesPo ? 

par Marin de la Rochefordière, Promo 2019, 4231 visiteurs uniques

 

6) Droite de la droite à Sciences Po : qui sont-ils ?

par Loris Boichot, Promo 2018, 4155 visiteurs uniques

 

7) Les listes BDE en huit points

par Maxime Vincent, Promo 2017, 4117 visiteurs uniques

 

8) Game of Thrones un manuel de science politique

par Alex Baptiste Joubert, Promo 2018, 4004 visiteurs uniques

 

9) Allons Enfants, ou comment rajeunir la politique

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10) Le top 5 des bibliothèques alternatives à SciencesPo

par Laure Billoret, Promo 2019, 3165 visiteurs uniques

 

11) Argent, gloire et beauté : comment devenir millionnaire à SciencesPo ? 

par Olivier Feniet, Promo 2018 , 3010 visiteurs uniques

 

L’album photo de l’année : le gala 2014

par Cécile Lienhard, Tilhenn Klapper, Amal Ibraymi & Lina Skoglund , 2976 visiteurs uniques 

 

12) La Queer Week est-elle allée trop loin ? 

par Paul-Emile Delcourt et Claire Manzano, Promo 2017 et Promo 2015, 2960 visiteurs uniques

 

13) 10 graphiques pour faire le bilan de la procédure de reconnaissance

par Alex Baptiste Joubert, Promo 2018, 2894 visiteurs uniques

 

14) Expédition à Croix Rouge, la station de métro oubliée de l’Ecole Libre des Sciences Politiques

par Alexandre Larroque, Promo 2018, 2809 visiteurs uniques

 

15) 10 définitions pour survivre à SciencesPo

par la Rédaction, 2699 visiteurs uniques

 

16) Autour du modèle SciencesPo, la concurrence s’organise

par Pauline Duchatelet, Promo 2017, 2657 visiteurs uniques

 

17) Juste pour rire

par Lucas Minisini, Promo 2017, 2503 visiteurs uniques

 

18) Sciences Po en 2022 vu par Frédéric Mion : « une formation de même niveau que les plus grandes universités américaines »

par la Rédaction, 2412 visiteurs uniques

 

19) Le top 7 des pires stages de terrain

par Manon Oiknine et Camille Desmaison, 2234 visiteurs uniques

 

20) Municipales : ces sciencepistes qui entrent à la mairie

par Alex Baptiste Joubert, Promo 2018, 2078 visiteurs uniques 

 

La vidéo de l’année : SciencesPo 2022 vu par Frédéric Mion

par Hugues Seguinet et Yassine Trabelsi , 1399 pages vues

La chronique ciné de l’année : Mommy

par Hugues Seguinet avec Elise Levy, Eva Eskinazi, Pierrick Baudouin , 1380 pages vues

 

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Droite de la droite à SciencesPo: qui sont-ils? https://www.lapeniche.net/droite-de-la-droite-a-sciencespo-qui-sont-ils/ https://www.lapeniche.net/droite-de-la-droite-a-sciencespo-qui-sont-ils/#comments Tue, 16 Sep 2014 22:18:34 +0000 http://lapeniche.net/?p=21816 Stevens01
La manif’ pour tous à Paris. Photographie : Hugo Stevens

« Je me rappelle d’une rencontre avec Dominique Reynié, sur l’avenir de la droite en France. En nous raccompagnant à la porte de son bureau, il me mit la main sur l’épaule et me dit : ‘’je ne me fais pas de souci pour vos idées, vous êtes à Sciences Po, vous êtes donc évidemment libéral et pour l’Union européenne.’’ J’étais sidéré. »

Comme le souligne  François*, étudiant en 3A à SciencesPo – et « patriote avant tout » selon ses mots –, la tendance « nationale » et eurosceptique n’est pas celle à laquelle on pense spontanément lorsqu’on évoque les orientations politiques majoritaires des étudiants de Sciences Po. Ce courant existe pourtant au 27 Rue Saint-Guillaume, à mi-chemin entre une UMP plutôt « droite populaire » et la tendance « gaulliste et souverainiste » revendiquée par Nicolas Dupont-Aignan et Florian Philippot.

Qui sont ces étudiants parfois classés à la droite de la droite, qui souvent rejettent cette distinction droite-gauche ? Combien sont-ils ? Sont-ils atomisés ou bien réunis dans des associations ? Qu’est-ce qui les rassemble et quelles sont leurs différences ? Quels sont leurs projets ? Radiographie d’une tendance méconnue à Sciences Po, qui souvent intrigue et ne manque jamais de faire réagir.

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A CRE, des souverainistes de droite (mais aussi de gauche)

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Alexandre Loubet, fondateur de l’association Critique de la raison européenne

Celui qui cherche des souverainistes de droite à Sciences Po en trouvera au sein de l’association Critique de la raison européenne (CRE). Créée et reconnue à la rentrée 2013, cette association regroupe une vingtaine de sciences pistes « radicalement opposés à l’Union européenne telle qu’elle existe actuellement. »

Elle a d’ailleurs organisé en mars 2014 un débat avec les économistes Jacques Sapir et André Grjebine sur le thème « Peut-on encore sauver l’euro ? »

A titre personnel, son fondateur, Alexandre Loubet, est adhérent à Debout la République (DLR), le parti gaulliste de Nicolas Dupont-Aignan, pour lequel il a rédigé des notes pendant la campagne des européennes. Actuellement en 3A,  il est à Bruxelles pour un stage auprès d’un parti européen eurosceptique (EUD), auquel est associé Debout la République, et proche de l’UKIP de Nigel Farrage, arrivé en tête aux dernières élections européennes au Royaume-Uni.

Mais Alexandre précise d’emblée que CRE est « transpartisane » et qu’elle regroupe aussi des souverainistes de gauche, à l’image de son autre fondateur, Damien Le Gallo, proche du MRC de Chevènement. L’objectif de cette association est clair : « il s’agit exclusivement, au sein du milieu universitaire, de dénoncer l’UE telle qu’elle est, et de faire vivre un débat à ce propos – avec les fédéralistes d’ailleurs -, car c’est souvent un sujet tabou. »

Deuxième précision d’Alexandre : « nous sommes eurosceptiques et non pas europhobes, c’est-à-dire que nous sommes contre l’Union européenne et ses institutions antidémocratiques, mais pas contre l’Europe. La plupart des membres de CRE est favorable à des coopérations entre les Etats, comme celles qui ont permis les projets Ariane et Airbus. Même si notre asso n’a pas pour but de proposer un programme politique, c’est une Europe des projets et des Nations que nous voulons majoritairement. »

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France Po : faire exister le patriotisme français à Sciences Po

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Le logo de l’association FrancePo

Du côté des souverainistes tendance « patriotes », il existe France Po. Cette « association science piste ayant pour objectif d‘établir une réflexion sur la France, sa culture, son histoire, son avenir » n’a pas été reconnue en octobre 2013 (60 voix obtenues, alors que le double est nécessaire). Cela n’a toutefois pas empêché ses fondateurs, Thomas Pellet et Benjamin*, d’inviter des historiens comme Arnaud Teyssier ou Jean Sévillia. « Être français, d’hier à aujourd’hui », « La république, notre royaume de France » : le libellé des conférences indique clairement que l’histoire française et l’identité nationale sont les sujets qui intéressent l’association.

«  Nous avons créé France Po car nous avons constaté qu’il y avait à Sciences Po des associations sur la Colombie, le Guatemala, la Russie, la Bretagne, mais pas sur la France. » Parfois moqués, attaqués et assimilés à l’extrême droite, comme sur les ondes de Radio Sciences Po fin 2013, Benjamin et Thomas déplorent que « le patriotisme, en France, (soit) vu comme synonyme de fermeture. »

L’association est apartisane selon ses fondateurs : « nous invitons des personnalités de tous bords, dès lors qu’elles ont des choses intéressantes à dire. » Pour preuve, ils citent la conférence de Patrick Weil, ancien membre du PS et spécialiste des questions de nationalité et d’immigration.

Mais si leur ambition est de « débattre librement par delà droite et gauche »,  le public des conférences est très majoritairement de droite. A l’image de Thomas et Benjamin qui, cependant, contestent le clivage droite/gauche. A titre personnel, Benjamin se qualifie de gaulliste :  «je veux des frontières et je suis contre le libéralisme et le laisser-fairisme. » De son côté, pour se définir, Thomas dit  « porter un regard critique sur l’héritage politique des Lumières et de la Révolution française. »

Tous deux sont contre le mariage pour tous et contre l’UE, « antipolitique et libérale, car elle affirme le primat de l’individu et de l’économie sur le politique et sur toute forme de communauté, comme la communauté nationale par exemple. » « Mais ces points de vus individuels n’engagent pas l’association, qui ne se place pas sur les thématiques sociétales », indiquent-ils.

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Opposition au mariage homosexuel : poursuivre et étendre la mobilisation autour des questions de société

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Nicolas Bauer aux côtés de Béatrice Bourges durant la Queer Week

François et Nicolas Bauer sont eux aussi en 3A. Le premier est à l’UMP (depuis 10 ans), le deuxième l’a été. Adhérent de l’UMP en terminale, Nicolas Bauer a en effet été déçu par son parti et « révolté par les drapeaux étrangers place de la Concorde, après l’élection de Hollande ». Sensible aux questions de société comme la famille et la “théorie du genre”, il est connu pour son engagement au sein de la Manif pour tous et pour avoir invité Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français, lors de la conférence de clôture de la Queer Week, le 28 mars 2014 à Sciences Po, provoquant une très forte agitation amphi Caquot et de nombreuses réactions. « J’ai rencontré Béatrice Bourges dans les manifs contre la loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe. Elle a réussi à poursuivre le mouvement malgré le vote de la loi, autour d’une dénonciation plus globale du gouvernement, des dérives de la mondialisation libérale-libertaire et de l’UE. » affirme-t-il.

L’UE, encore et toujours, cheval de bataille de tous ceux que nous avons rencontrés. Et les questions de société à l’image du mariage pour tous, marqueur politique, catalyseur d’une alliance des droites contre le gouvernement socialiste : « Depuis la Manif pour Tous s’organise un contre-Mai 68 dans les élites et la classe politique ; le projet de loi Taubira a été une source de motivation, d’énergie. » Il faut dire que les manifestations contre le mariage pour tous ont été l’occasion pour les droites de se retrouver autour de l’opposition à la loi Taubira, de Jean-François Copé à Marion Maréchal-Le Pen, en passant par Christine Boutin.

Nicolas Bauer de poursuivre: « le mariage pour tous et la Queer Week à Sciences Po ont provoqué la réaction de gens qui se croyaient seuls, atomisés. Il suffit de voir le nombre de personnes qui nous ont envoyé des messages de soutien après la Queer Week et après la violence dont a été victime Béatrice Bourges. A présent, le but est de rassembler ces personnes dans un même lieu, dans une même association. »

A titre individuel, Nicolas et François condamnent « le politiquement correct », et veulent retrouver dans l’UMP le RPR des années 90, offensif sur les questions de société comme l’immigration, la sécurité et la famille, « à la différence des dirigeants actuels de l’UMP, tièdes et centristes, alors que les électeurs et les militants sont de droite. »

Ils se disent d’ailleurs personnellement favorables à l’immigration choisie et à la préférence nationale (mesure phare du programme du FN, c’est le fait d’inciter les entreprises, Pôle emploi et les commissions d’attribution des HLM à choisir en priorité des personnes ayant la nationalité française, à compétences ou situations égales, NDLR). Selon François, « beaucoup de gens à l’UMP sont pour la préférence nationale. C’est un élément patriotique incontournable pour réussir l’assimilation républicaine. »

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Des tendances regroupées dans une seule association ?

Ce sont surtout des différences de degré ou d’objectifs qui distinguent ces étudiants. Par exemple, Alexandre Loubet du CRE a envisagé au départ de faire une association avec France Po, mais leurs buts divergeaient : la dénonciation de l’UE exclusivement d’un côté, la promotion de la culture française de l’autre. Avec, des deux côtés, un refus de se positionner sur les questions sociétales, contrairement à François et Nicolas Bauer. Critique de la Raison Européenne et France Po continueront ainsi de vivre de façon autonome.

L’année prochaine, CRE déposera des statuts nationalement (et aura donc un bureau national) et sera présente dans cinq universités : Sciences Po Paris, Paris I, l’Institut Catholique de Paris, l’Université de Strasbourg et l’IEP de Strasbourg. L’association restera transpartisane : « elle réunira des étudiants non encartés ou issus de différents partis politiques, comme le Parti de gauche de Mélenchon, le MRC de Chevènement, Debout la République, et, individuellement, des sciences pistes de l’UMP Sciences Po. » S’ils se divisent sur les questions de politique nationale, leur socle commun est bien l’euroscepticisme et le souverainisme.

Du côté de France Po, « l’asso va être mis en veilleuse pendant un an », du fait du départ à l’étranger de ses fondateurs. Ils préviennent pourtant : « l’association revient l’année prochaine avec un programme déjà très chargé. »

Mais les points communs de ces différentes sensibilités, comme nous l’avons vu, sont plus nombreux. Tous les étudiants rencontrés sont opposés à l’UE et ses institutions (mais pas à l’idée d’Europe, qu’ils différencient). Tous insistent sur le rôle de la politique, et du politique, face à la prééminence de l’économie et aux transferts de souveraineté, qui rendent les politiques « gestionnaires » (Benjamin et Thomas) voire « démissionnaires » (Nicolas Bauer). « Nous sommes de ceux qui croient encore que le politique doit primer sur l’économie. Nous défendons un volontarisme politique qui ne soit ni de droite ni de gauche », explique Benjamin de France Po. La plupart renvoient UMP et PS dos à dos, et déclarent que ce clivage est sinon obsolète, du moins un « enfumage », une escroquerie politique entretenue par les débats de société comme celui du mariage pour tous, « alors que ces partis sont d’accord sur l’immigration, l’UE, la mondialisation, l’économie et le libre-échange. ». Tous pensent également qu’on doit considérer le FN comme un parti comme les autres.

C’est en raison de ces similitudes que François et Nicolas Bauer appellent de leurs voeux une recomposition des droites « autour des valeurs de famille et de souveraineté nationale. » Mais comment se traduira ce rassemblement ? « Dans une nouvelle association ou à travers une entité déjà existante. » Leur objectif global est de « sortir d’une logique comptable et rationnelle d’experts afin de lutter contre le désenchantement. » François détaille : « Nous voulons nous pencher sur les débats de société, organiser des conférences en ouvrant les débats aux questions religieuses, avec des intellectuels, des philosophes. ».

Leur objectif est d’abord de rassembler les droites, y compris des sympathisants du parti de Marine Le Pen, pour Nicolas. Ce « pôle des droites » irait donc de la droite de l’UMP au FN tendance Philippot pour le souverainisme, en passant par le parti de Dupont-Aignan, le parti de Boutin, et la droite identitaire version Jacques Bompard. A terme (dans deux ans), il s’agit de faire cohabiter « trois tendances qui se rejoignent, de façon apartisane et non sectaire (car il existe des souverainistes de droite comme de gauche), mais pas apolitique. En dépassant le traditionnel clivage gauche-droite, tous ceux qui partagent nos idées mais ne se reconnaissent pas dans un parti politique défini sauront qu’ils sont les bienvenus. »

Quelles seraient ces trois tendances, qui pourraient se décliner en commissions au sein de l’asso ? « 1- Patriotisme, promotion des valeurs et des traditions françaises, notamment auprès des étudiants en échange. 2-   Souverainisme, critique de l’Union Européenne. 3-    Défense d’une justice du côté des victimes, défense de la famille, observatoire de la théorie du genre. »

En somme une association qui regrouperait France Po et Critique de la Raison Européenne, le tout teinté des préoccupations sociétales de la Manif pour Tous et du Printemps Français. Cette synthèse a-t-elle des chances d’aboutir ? « Nous sommes déjà une quarantaine – dont la majorité à Sciences Po – autour de ce projet », nous confie Nicolas Bauer.

*le prénom a été changé

Screenshot 2015-04-11 at 16.23.44Dans la même catégorie : « Comment les juppéistes préparent la primaire à Sciences Po«   Dans les journaux, dans les radios, sur les plateaux, il est partout. Depuis la rentrée, ce que les médias ont baptisé la « Juppémania » envahit les rédactions et les conversations. Phénomène de mode ou réel élan politique, le nom de l’ancien premier ministre est sur toutes les lèvres. Et à SciencesPo aussi … Lire la suite.

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https://www.lapeniche.net/droite-de-la-droite-a-sciencespo-qui-sont-ils/feed/ 13
La Queer Week est-elle allée trop loin ? https://www.lapeniche.net/la-queer-week-est-elle-allee-trop-loin/ https://www.lapeniche.net/la-queer-week-est-elle-allee-trop-loin/#comments Fri, 11 Apr 2014 12:00:13 +0000 http://lapeniche.net/?p=18602 Plus de 73 500 vues au moment de l’écriture de cet article, une nouvelle polémique sur ce qu’elle appelle la « théorie du genre », une position de victime chassée de la conférence : autant dire que Béatrice Bourges, la fondatrice du mouvement « Printemps français », aura réussi son coup médiatique lors de son intervention du vendredi 28 mars. Au début de la conférence « Alliances Emancipatrices : Au-Delà du Queer? », table ronde qui concluait la Queer Week 2014 à Sciences Po, elle a interpellé les participants en dénonçant une opposition « lynchée » au cours de la semaine. Pourtant, au sein de Sciences Po, le débat n’a pas vraiment eu lieu au delà de quelques concernés. Retour sur les événements qui ont marqué cette cinquième Queer Week.

LA QUEER WEEK 2014

Image 1La Queer Week 2014 avait pour thème le plaisir. Accueillant chercheurs tels que Mathieu Trachman, chercheur ayant fait sa thèse sur le travail pornographique, enseignant à l’EHESS, militants et artistes, la semaine a cette année allié conférences, table-rondes, ateliers et performances artistiques un peu partout dans Sciences Po, du lundi 24 au vendredi 28 mars. Dans le contexte d’une société française qui s’est profondément divisée autour du « Mariage pour tous », l’association organisatrice déjà confrontée les années précédentes à des protestations marginales a tenu sa ligne. « Rituel d’Activation de Fétiches », réflexion sur le travail pornographique, « histoire des objets de plaisir », performances artistiques incluant des drapeaux de la Manif pour tous : force est de constater que les thèmes proposés n’étaient pas consensuels.

 

L’IRRUPTION DE BÉATRICE BOURGES

La protestation a été à la hauteur des enjeux. Les années précédentes, seules quelques contestations marginales et solitaires avaient été émises. Cette année, c’est Béatrice Bourges qui a fait le plus parler d’elle en intervenant lors de la table ronde de clôture. Interrogée par La Péniche, celle qui déclare être venue « pacifiquement, pour discuter » est arrivée quelques minutes après le début de la conférence, avec un groupe réduit d’accompagnants (ils étaient huit), et d’une caméra. Elle avait été invitée par Nicolas Bauer, étudiant à Sciences Po qui affirme avoir participé à la Manif pour tous, mais « ne déclare pas » s’il est engagé dans un parti politique. « Le combat à l’intérieur de Sciences Po, on l’a laissé à d’autres » explique-t-il, « mais on aimerait lancer un débat sur le gender à l’université« . Une position précisée par Béatrice Bourges : « Il est important de faire la différence entre les Gender Studies et la théorie du genre, on veut mélanger les choses, et c’est là la malhonnêteté » explique-t-elle,  » Les gender studies sont l’étude sociologique des genres, l’évolution du rôle des hommes et des femmes dans la société. Elles sont importantes, et je ne m’y oppose en rien. En revanche, la théorie du genre est une idéologie qui n’a rien à voir, et qui affirme qu’on choisit son sexe en fonction de son désir ».

Deux vidéos de l’événement sont disponibles (voir ci dessous) : l’une, filmée par un proche de Béatrice Bourges au sein du Jour de Colère qui l’accompagnait, dure un peu moins de 4mn. Elle a été coupée, affirme Nicolas Bauer qui se défend de toute volonté de dissimulation, parce qu’une « vidéo de quatre minutes, c’est bien regardé« . Interrogée sur les raisons de sa présence, on y voit Béatrice Bourges  interpeller les participants à la table ronde, avant d’être prise à parti par l’une des intervenantes qui crie « Ta gueule » et des participants qui vont la bousculer. La vidéo diffusée par la Queer Week montre l’intégralité de la séquence, avec un débat qui semble s’engager au début de l’intervention avant que certains participants décident de faire sortir la responsable du Printemps Français. Cette dernière est finalement escortée vers la sortie par les appariteurs.


 

UNE DÉMARCHE EN INTERNE DE LA PART DE L’UNI-MET

Mais Béatrice Bourges, si elle a été la plus médiatique, n’a pas été la seule à protester. L’UNI-MET de son côté, « a demandé que l’administration fasse un examen pour voir si ce qui s’est passé était en accord avec le droit » affirme Léo Castellote, qui exclut néanmoins tout recours en justice de la part du syndicat. Une action dénoncée en interne par certains membres de l’organisation, qui jugent que le débat n’a pas été respecté. Contactée, Françoise Mélonio, directrice de la scolarité, a confirmé que « la question a été abordée par les étudiants lors d’un groupe de travail”, groupe qui s’est mis d’accord sur la rédaction d’une “note rappelant la réglementation”.

UNE LETTRE CONFIDENTIELLE A FRÉDÉRIC MION

Des initiatives de plus petits groupes encore ont vu le jour telles cette lettre envoyée à Frédéric Mion, rédigée par des membres du Centre Saint Guillaume (CSG) à titre personnel, et signée par une vingtaine de personnes — sans que le CSG ne s’associe à la démarche. Alexandre Masson, président de l’association, précise que le CSG “désapprouve totalement l’intervention de Mme. Bourges”. La lettre visait plutôt à exprimer le « désarroi » de certains étudiants, blessés dans leur foi par certaines manifestations de cette semaine, même si les signataires de la lettre respectent la liberté d’expression et ne prônent pas l’interdiction de la Queer Week.

Nicolas Bauer et Béatrice Bourges ont une position plus tranchée : ils affirment avoir été choqués par une provocation anti-catholique récurrente et imposée lors des manifestations artistiques : “Quand on utilise des croix inversées, des chapelets, dans des rites chamaniques, il ne faut pas mentir. Ils n’assument pas la théorie du genre, ni les rites clairement anti-chrétiens”. La Queer Week dément l’utilisation de croix inversées. Si Jean Leydier, président de Plug and Play explique qu’il « s’agissait plus de création artistique et d’attaques contre la Manif pour tous plutôt que de véritables parodies de messes noires« , la Queer Week a néanmoins écrit sur sa page Facebook  “on les avait pourtant exorcisés avec notre messe noire”, une phrase interprétée comme une attaque directe par l’autre partie.

Le CSG défend pour sa part une approche plus équilibrée de ces questions, en soutenant par exemple la conférence organisée par Coexister Sciences Po et Plug’n Play mercredi dernier, sur le thème : « Les religions condamnent-elles l’homosexualité ? ».

 

« LA POSITION DE L’ADMINISTRATION, ELLE EST TRÈS CLAIRE » FRANCOISE MELONIO

Une affiche de la Queer Week qui a provoqué la colère de Béatrice Bourges.
Une affiche de la Queer Week qui a provoqué la colère de Béatrice Bourges.

Face à ces troubles qui ont atteint une ampleur inédite, Françoise Mélonio tient à clarifier la position de l’administration : « Le principe a été réaffirmé par tous que Sciences Po était favorable à la liberté d’expression, mais à la liberté d’expression dans le cadre de la loi” explique-t-elle. L’association Queer Week se défend quant à elle de toute violation du droit, affirmant que Béatrice Bourges « n’est pas intervenue pour débattre du thème de la conférence : alliance émancipatrice. Elle était clairement là pour provoquer, et ses premiers mots ont d’ailleurs été accusateurs : elle parle d’une semaine de l’intolérance et de l’hétérophobie. Le mariage pour tous n’était pas le thème. Elle a été évacuée car sa présence provoquait de la discorde« .

La Queer Week, hétérophobe? Béatrice Bourges accuse les organisateurs d’être allés trop loin : “Quand sur la page facebook, et dans le hall, on voit une photo où de la bouche d’un enfant, sort “être hetero c’est la loose” : n’est-ce pas agressif ? Imaginez leur réaction si nous tenions les mêmes propos concernant l’homosexualité“. Un discours qui peut sembler ironique au vu de ses récentes déclarations où elle affirmait que la France devrait prendre exemple sur la Russie en matière de droit homosexuel, bien qu’elle soutienne ne se référer qu’à leur vision de la famille. Et qui peuvent expliquer, sans excuser, le rejet massif de sa présence lors de cette table ronde de clôture.
Jean Leydier, président de Plug’n Play, qui soutient la Queer Week, explique “qu’il était donc compliqué de contenir [leurs] émotions”, même si « répondre par la violence était inutile et regrettable pour la Queer Week, notamment parce que c’était exactement ce que Béatrice Bourges attendait« .

 

UN DIALOGUE DE SOURDS

La Queer Week a donc ressemblé, à bien des égards, à un dialogue de sourds. D’un côté, l’intervention de Béatrice Bourges était plus un coup médiatique qu’une véritable tentative de débat — sinon pourquoi ne pas être intervenue plus tôt dans la semaine alors que les organisateurs étaient présents en péniche ? De l’autre, certains interlocuteurs ne lui ont même pas permis de s’exprimer, laissant peu de place au débat contradictoire et lui permettant de se poser en victime. Au centre, des sciences-pistes qui, pour une large majorité, sont restés plutôt à l’écart des polémiques. Il est à craindre qu’au terme de cette semaine, ces querelles n’aient permis le débat ni avec les uns, ni avec les autres.

Paul-Emile Delcourt et Claire Manzano

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