Organisée sous la forme d’un échange de question-réponse, la conférence s’est distinguée par la pertinence des problématiques soulevées et des débats engendrés.
Tout d’abord, Najat Vallaud-Belkacem a souhaité clarifier un enjeu majeur de la discussion : elle n’aime pas le terme « d’égalité des chances », qui nierait selon elle le contexte social dans lequel baignent les individus.
Si le mérite a pour elle son importance dans la réussite scolaire, il ne fait pas tout et ne suffit pas à balayer à lui tout seul les enjeux de réussite à l’école. Outre ces préoccupations sémantiques et théoriques, nous sommes rentrés directement dans le vif du sujet lorsque l’ancienne ministre a été prise à partie sur la réforme du lycée et la suppression des filières, ainsi que sur la présence d’un grand oral au baccalauréat. L’invitée du soir a souhaité réhabiliter l’utilité des filières au lycée, et mettre en garde contre la réforme actuelle, susceptible d’orienter trop tôt (dès la classe de seconde) les élèves. À15 ans seulement, un âge où l’on manque potentiellement de maturité, des choix effectués trop tôt pourraient influencer le parcours professionnel post-bac de lycéens encore en plein questionnement. Elle juge aussi que le grand oral du baccalauréat est indéniablement discriminant car les élèves n’y sont pas préparés.
La conférence a été aussi l’occasion d’aborder des thèmes tels que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles à l’école ou la réforme des programmes. Constatant l’échec des abécédaires de l’égalité sous François Hollande, accusés d’inculquer la « théorie du genre » à l’école, Najat Vallaud-Belkacem a pu ajouter que le mouvement #MeToo et les récentes affaires de La Ligue du LOL montrent une volonté d’afficher une totale intransigeance envers les violences faites aux femmes, intransigeance encore en bourgeonnement pendant le précédent quinquennat socialiste.
Il faut aussi selon elle réformer les programmes, même si ce sont des réformes passionnelles qui cristallisent les tensions, afin d’inclure plus de femmes et de personnes issues de l’immigration.
La seconde partie de la conférence a été l’occasion pour des associations de Sciences Po en lien avec l’éducation de prendre la parole et d’interroger l’ex-ministre.
Des membres Des Territoires aux Grandes Ecoles, Ariane, Ambition Campus et Prométhée Éducation se sont ainsi succédé sur la scène de l’amphithéâtre Émile Boutmy.
Ces échanges ont permis de mettre en lumière des problématiques telles que l’inégal accès aux grandes écoles dans les territoires ruraux isolés, l’importance du milieu social dans la réussite ou encore la définition même de la « réussite », se cantonnant trop souvent à des trajectoires scolaires rectilignes dans des prépas ou des grandes écoles, niant les filières d’études technologiques et le mérite qui pourrait y être associé.
En bref, la conférence a montré une ancienne ministre sans langue de bois, lucide et clairvoyante face aux problèmes d’égalité dans le milieu scolaire. Si Najat Vallaud-Belkacem a pu montrer que l’école ne peut pas tout résoudre en matière d’égalité des chances, elle réaffirme qu’elle n’en demeure pas moins un vecteur imparfait, certes, mais ô combien nécessaire de mobilité sociale.
Sabine Audelin
]]>Mais qui donc s’apprête à pénétrer dans la salle ? Une rock star ? Un acteur oscarisé ?
Mieux que ça.
Un ancien Président.
L’équivalent à Sciences Po en termes d’aura du Pape ou du dalaï-lama.
L’audience se raidit : il est là.
Passées les acclamations qui étaient à prévoir, l’invité du jour, à savoir François Hollande, prend place sur scène. Il est reçu en ce mercredi 6 février par l’Association de l’Ecole d’Affaires Publiques, afin de donner une conférence sur l’avenir de la social-démocratie en Europe.
Une fois l’effervescence des premiers instants retombée, Boutmy retrouve son calme. François Hollande débute alors son intervention en rappelant une chose : il a lui aussi été assis sur ces bancs. Ce détail a son importance dans la mesure où c’est au sein de Sciences Po qu’il a commencé à s’engager et à cultiver son goût pour la social-démocratie. Les personnes de sa génération se posaient une question principale : quand la gauche parviendrait-elle aux responsabilités ? Aujourd’hui, une multitude d’autres questions sont venues compléter cette interrogation. Parmi elles, les doutes concernant la social-démocratie et plus particulièrement la « crise continue » qu’elle traverse depuis une dizaine d’années.
François Hollande s’est alors lancé dans une tentative d’explication du déclin de « l’empire social-démocrate ». Quatre causes sont plausibles selon lui :
– Par sa réussite même, la social-démocratie aurait épuisé son projet. Ainsi, elle n’aurait d’autre raison d’être que la défense de ses propres acquis.
– L’ouverture au monde, en particulier du fait de la mondialisation et du projet européen, l’aurait affaiblie.
– L’évolution même de la société, se traduisant par une individualisation des rapports sociaux, contribuerait à son déclin.
– Son éloignement des classes populaires, explication que François Hollande juge la plus sévère.
Face à son déclin et ses difficultés, la social-démocratie est alors devenue la cible de nombreux adversaires. Les libéraux d’une part, soutenant l’idée que les sociaux-démocrates seraient « des amoureux de la fiscalité » contribuant à « spolier les catégories les plus dynamiques de la population au risque de les décourager ». L’extrême droite, les nationalistes et les souverainistes la remettraient également en cause en raison de ses valeurs d’ouverture et de tolérance. Les néo-communistes seraient aussi des opposants du fait du soupçon de trahison qui pèse sur la gauche depuis les années 1930. Enfin, les écologistes constitueraient ses adversaires les plus légitimes selon François Hollande dans la mesure où, même si les sociaux-démocrates prônent des valeurs de tolérance et d’ouverture, ils auraient tendance à négliger des questions essentielles concernant le climat et l’avenir de la planète.
Face à ces défis, François Hollande émet deux hypothèses : nous pourrions être à la fin du cycle historique de la social-démocratie… ou n’assister en réalité qu’à une mutation de sa part – c’est cette dernière hypothèse qu’il privilégie.
Aux yeux de l’ancien président, la social-démocratie doit désormais se restructurer autour de trois éléments principaux si elle veut perdurer. D’une part, ce devrait être autour de l’individu que les réponses aux revendications devraient être données. Jusqu’à récemment, les décideurs politiques raisonnaient par rapport à des groupes, mais désormais, les individus veulent une réponse personnalisée à leurs problèmes. C’est ainsi qu’il faudrait partir des aspirations individuelles, tout en leur donnant un cadre commun pour que « chacun puisse réaliser son destin avec la solidarité des autres ». Par ailleurs, il devient de plus en plus difficile de traiter les citoyens de la même manière du fait de multiples inégalités, notamment territoriales. Il faudrait alors différencier les politiques selon les lieux d’habitats pour afin de répondre au mieux aux besoins de la population. Enfin, la social-démocratie devrait porter une attention croissante aux enjeux planétaires tels que le climat, la paix ou la guerre.
La fin de l’intervention de François Hollande fut consacrée à l’évocation des « défis du siècle ». L’écologie y occupe encore une fois une place très importante, de même que la résorption des inégalités ainsi que la démocratie elle-même. Le plus important pour les décideurs politiques serait de réussir à « impliquer le citoyen » afin de le rendre acteur de son propre changement.
Face à ces défis, la social-démocratie devrait également « faire confiance aux corps intermédiaires », décentraliser le pouvoir ou encore redistribuer les richesses entre les territoires. Sur la question des institutions, François Hollande ne se prononce pas en faveur de changements, mais pour leur clarification et une évolution éventuelle vers un régime présidentiel.
En dernier lieu, François Hollande a abordé la question de l’Europe et plus particulièrement de sa relance, au sein de laquelle la social-démocratie a indéniablement un rôle à jouer. L’Europe des 27 étant un statu quo pour Hollande, il s’est déclaré convaincu qu’une Europe des deux, associant France et Allemagne dans un premier temps, pourrait être bénéfique.
Son intervention achevée, l’ancien Président de la République s’est livré au jeu des questions-réponses, tout d’abord avec trois intervenants issus de ou invités par l’AEAP, puis avec le public. Les thèmes abordés s’avèrent plus que variés, avec des questions portant sur les territoires ultramarins et notamment la Guadeloupe, le Brexit, la cohésion européenne, les Gilets Jaunes – au sujet desquels Hollande s’étend peu, pointant simplement le fort soutien dont le mouvement a bénéficié de la part de la population française -, ou encore sur les raisons de l’absence de véritables réformes institutionnelles de sa part lorsqu’il était au pouvoir, ce à quoi l’invité du soir répond en soulignant le fait qu’on “en demande trop à la gauche”, et qu’il n’a “pas été élu pour ces réformes-là, qui sont des réformes longues, difficiles, et qui ne sont souvent pas la réponse attendue”.
On retiendra de cet échange l’évocation émue des attentats terroristes par M. Hollande, alors qu’on lui avait demandé ce qu’il restait aujourd’hui de son mandat.
“Ce qu’il restera de mon quinquennat dans vos mémoires, dans l’histoire, ce sont les attentats. Jamais notre pays n’avait été attaqué de cette façon. J’ai été fier d’être président à ce moment-là, parce que j’ai vu le peuple français submerger les rues au-delà des sensibilités politiques. Et quand j’ai vu les chefs d’Etats du monde entier qui défilaient boulevard Voltaire (sans savoir qu’ils n’étaient pas vraiment protégés), j’ai été bouleversé. Tout le monde était là, pour témoigner que la France était le pays de la liberté. On ne peut pas nier les divisions du pays, mais le rôle du président est de se mettre au plus haut niveau pour apaiser et rassembler.”
C’est ainsi qu’après plus de deux heures sur scène, François Hollande quitte l’estrade de Boutmy sous des applaudissements nourris. Il marque ainsi le terme d’une intervention où il est apparu serein, toujours capable de ses petites pirouettes et autres plaisanteries, assez peu chahuté par une assistance plutôt bienveillante, et où il a trouvé l’occasion de réaffirmer ses valeurs : cohésion, solidarité, démocratie, avec pour finir un soupçon d’injonctions à la jeunesse, seul moteur potentiel selon lui d’un changement social et écologique nécessaire.
Charlotte Canizo et Capucine Delattre
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Arthur Moinet (responsable de la Conférence Olivaint à Sciences Po) et Pierre Moscovici le mercredi 12 septembre, photographie d’Ulysse Bellier
Un constat lucide de la social-démocratie en Europe
Au premier rang et sur l’estrade, voici les responsables de la Conférence Olivaint : le président Morgan Bougeard, la vice-présidente Marie Faverjon et Arthur Moinet, en charge de l’association à Sciences Po – qui est d’ailleurs membre du Conseil d’administration.
L’invité de la soirée, avenant comme à son habitude, s’apprête à défendre la social-démocratie à l’approche des élections de mai 2019 avant de répondre aux questions de la salle. Député PS, Ministre des Affaires Européennes sous Jospin, député européen, passage à Bercy et Commissaire Européen jusqu’en 2019, Moscovici semble le mieux placé pour défendre les résidus de socialisme dans l’UE.
Tout d’abord s’introduit un constat amer pour la social-démocratie : “Je me souviens de l’Europe rose, où les Premiers Ministres s’appelaient Tony Blair » regrette-t-il. Et de commenter sur les résultats du PS au niveau national. Pour Moscovici, les socialistes sont-ils responsables ou victimes collatérales de leur chute ? Le commissaire européen reconnaît que les socialistes n’ont pas été capables de distribuer les bénéfices, ni de gérer correctement la crise migratoire. Mais ils ont aussi souffert de ce que le Commissaire Européen appelle le “nationalisme light” – se rapprocher du nationalisme sous l’influence des autres tendances.
Moscovici, malgré un ton serein, ne cache pas son émotion : “ En 60 ans, notre continent a connu bien des crises. […] Mais d’une certaine manière, l’Europe, dans les crises, progresse. Pour la première fois, j’ai peur. Au-delà des populismes, il y a l’illibéralisme […] C’est la démocratie qui tue les libertés”.
Pierre Moscovici sur l’estrade de l’amphithéâtre Boutmy, photographie d’Ulysse Bellier
Certes en opposition avec la démocratie illibérale, quelle vision de l’UE la social-démocratie défend-elle ?
Moscovici formule quatre piliers idéologiques : une démocratie ouverte, la promotion de la transparence, la lutte contre les inégalités et le combat contre le réchauffement climatique. D’ailleurs, pour financer des projets écologiques, il a proposé, “et ce sera discuté d’ici la fin de l’année, une taxe sur le chiffre d’affaire des grandes entreprises du numérique” . Pour lui, le socialisme, c’est renforcer la compétitivité de l’économie. Il se réjouit donc du CETA, mais aussi de la fin du programme d’aide à la Grèce acté le 20 août dernier.
Dans la même conception, il veut avant tout ériger la social-démocratie (un terme un peu daté, comme il le reconnaît lui-même) contre les europhobes : l’identité pro-européenne ne peut pas être séparée du socialisme, d’où son combat contre les dirigeants anti-européens. Ce même mercredi, rappelons que le Parlement a voté sous l’injonction de la Commission des sanctions contre la Hongrie, une décision importante au sein d’un PPE qui inclut les voix des partis eurosceptiques. “La politique de l’adversaire, c’est l’alternance. La politique de l’ennemi, c’est quand on veut vous détruire. Si l’on combat les libertés, on passe de la politique de l’adversaire à celle de l’ennemi” assène Moscovici.
Pierre Moscovici à la tribune dans l’amphithéâtre Boutmy, photographie d’Ulysse Bellier
Des élections européennes historiques… et toujours le flou du côté des socialistes
Le Commissaire européen prévoit un chamboulement du paysage parlementaire et probablement une hausse de la participation dans ce qu’il voit comme l’enjeu le plus important depuis 1979. « Ne soyez pas les somnambules du XXIe siècle », prévient-il. Mais au sujet de ses volontés de candidature après 2019, on n’en saura pas plus.
Point délicat de la soirée, les réponses aux questions ont parfois frustré. Si son avis est clair sur plusieurs points (« Pour ou contre Dublin ? » « Contre »), Moscovici a à peine évoqué des solutions alternatives lorsque des projets sont bloqués au cours des procédures institutionnelles. Peu de nouvelles du côté des idées phares de sa politique fiscale, comme un budget et un ministre de la zone euro, ou encore l’Assiette Commune Consolidée pour l’Impôt sur les Sociétés, c’est-à-dire une assiette unique pour les entreprises dans l’UE pour éviter l’évasion fiscale. Des réponses parfois courtes et vagues, notamment sur le rôle de la jeunesse dans la construction européenne ou de l’insécurité culturelle. “Un Commissaire n’est pas un bureaucrate” déclare-t-il. Son expérience en atteste. Mais alors pourquoi s’exprimer aussi peu à propos des politiques visibles, ou encore des décisions du PS pour les élections à venir? Peut-être son intervention la veille sur France Inter était-elle moins prudente.
La conférence a donc apporté certaines réponses, mais si les intéressés souhaitent en apprendre davantage, sachez les élections européennes seront discutées à nouveau avec la conférence Olivaint jusqu’à la fin du mois de décembre. A bon entendeur, salut.
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Au premier semestre, les deux principaux partis préparant les primaires à droite et à gauche devront respecter la neutralité de leur section, tout en préparant le terrain à la campagne de la seconde partie de l’année. Chez Les Républicains Sciences Po, un représentant d’institut de sondage sera à Sciences Po mardi pour discuter de la fiabilité des chiffres produits (évènement en partenariat avec la Péniche).
Ensuite, ils recevront juste après la constitution des listes, Thierry Solère, organisateur de la Primaire de la droite et du centre. Ils essayeront également d’inviter tous les candidats aux Primaires, et débattront autour des thèmes qui leur sont cher : « On aime bien parler de sécurité en ce moment », remarque Alexandre Hennion, mais « on verra après ce qui vient sur la table ». Autre initiative notable des Républicains Sciences Po, ils prévoient d’organiser des élections fictives du 20 au 27 novembre, ouvertes à leurs membres et aux étudiants de Sciences Po.
Au PS Section Jean Zay, d’ici la fin de l’année 2016, des visites d’institutions sont prévues (Assemblée Nationale en octobre, Sénat en novembre), mais également une grande conférence avec un ministre, dont le nom ne tardera pas être dévoilé. Au sein même de la section, l’axe thématique sera celui de l’éducation et de l’enseignement supérieure, « parce que c’est là où le bilan de la gauche est le meilleur actuellement », admet le secrétaire adjoint, avant d’ajouter : « C’est vrai qu’on est dans une période difficile pour le PS Sciences Po comme pour le PS national. Mais on espère qu’avec la présidentielle qui va se lancer, les gens vont prendre conscience qu’il y a une nécessité de rassembler la gauche, et que quel que soit le candidat qui gagnera à la Primaire, il faudra se mobiliser pour faire gagner nos valeurs, et ce en partenariat avec, j’espère, les autres partis de gauche de Sciences Po. » En effet, le PS Sciences Po se réclame « encore plus ouvert que le PS national » et en tant que section de jeunes, souhaite « dialoguer avec les autres forces de gauche ».
Au FN Section Jean Moulin, on compte « faire vivre le message du Front National à Sciences Po », autour d’« Apéros Républicains » ou encore de débats avec des partis, des associations ou penseurs. C’est lors de ces évènements que les membres du FN vous parleront du « projet politique comme les autres » que porte Marine Le Pen. « Le thème principal, c’est la souveraineté » : la sortie de l’Union Européenne, l’écologie-patriote, « la fraternité par la Nation », « la réduction de l’immigration », « l’opposition au néo-libéralisme », l’affirmation de l’autorité « dans le pays comme dans une salle de classe », et la réaffirmation de la laïcité dans l’espace public, « pour nous, tout découle de la souveraineté », explique une militante de la section.
Des idées qu’ils espèrent pouvoir défendre à Sciences Po dans un cadre plus serein que celui de leur première année d’existence : « L’année dernière c’était plus compliqué pour nous car on était moins nombreux, les médias tournaient beaucoup autour de nous, dès qu’on faisait la moindre action, les caméras accouraient », ajoute-t-elle.
les membres du FN vous parleront du « projet politique comme les autres » de Marine Le Pen
A l’UDI Sciences Po, quatre grands thèmes seront défendus : le libéralisme économique, une intégration européenne plus poussée, une action écologique « pragmatique et efficace qui puisse intéresser n’importe quel étudiant dans cette école », et une vision progressiste et humaniste pour la société. Une première conférence avec Louis Giscard d’Estaing se tiendra début octobre, et une autre avec Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, plus tard dans l’année. Des débats également sont à prévoir, avec des associations aux idées proches (Think Libéral avec qui ils partagent « une affection pour le libéralisme »), mais aussi aux positions différentes (comme avec le FN l’an dernier sur la question européenne). En effet, comme l’affirme Benjamin Gilet, « L’UDI peut débattre avec tout le monde, et a son mot à dire sur beaucoup de choses ». Le parti aimerait de ce fait tenir « un rôle de précurseur » d’idées au sein du débat politique à Sciences Po.
« L’UDI peut débattre avec tout le monde, et a son mot à dire sur beaucoup de choses », Benjamin Gillet, président de l’UDI Sciences Po
Sciences Po En Marche, qui vient d’arriver, attend que le bilan de la « Grande Marche » d’Emmanuel Macron soit effectué pour ensuite formuler des propositions plus précises « d’ici un mois et demi » : « beaucoup de gens ont posé la question du programme quand on a fait la réunion de rentrée » relate Paul Fleurance. « Mais je pense que la première chose, c’est la démarche, et c’est ça qui convainc actuellement les français. » C’est donc une fois les équipes de Sciences Po constituées que la réflexion sur les thèmes et activités à mener au sein de l’école se lanceront : « ce sera sans doute lié soit aux domaines de compétences des étudiants à Sciences Po, soit à la vie étudiante, en tout cas aux thématiques universitaires. »
« Mais je pense que la première chose, c’est la démarche, et c’est ça qui convainc actuellement les français. », Paul Fleurance, président de Sciences Po en Marche
De son côté, La France Insoumise Sciences Po annonce d’ores et déjà qu’elle ne se cantonnera pas aux moyens classiques de faire de la politique à Sciences Po : « A Sciences Po, oui on va faire des conférences, comme tous les partis, oui on va inviter tel ou tel membre [du mouvement national] plus ou moins éminent, mais notre but c’est de rendre la politique sympathique ». Cela passera par la diffusions des éditions programmatiques et des universités populaires de La France Insoumise, par l’organisation de soirées étudiantes, et surtout, parce que le « but est vraiment de travailler sur le terrain », par la mise en place de nouvelles Caravanes Insoumises (« Caravanes pour l’égalité des droits ») en Île de France.
« Notre but c’est de rendre la politique sympathique », La France Insoumise Sciences Po
De manière générale, leurs actions tourneront autour des sept grands points qui guideront les conventions programmatiques de Jean-Luc Mélenchon : le partage des richesses, la planification écologique, la convocation d’une assemblée constituante et le passage à une VIème République, la sortie des traités européens, la restauration de l’indépendance de la France pour la paix, une réflexion sur le progrès humain et sur les frontières de l’humanité. De plus, ils tiennent à rappeler que « La France Insoumise n’est pas une affaire de parti mais d’individus » et que « tout parti, toute association, tout syndicat ou tout citoyen, qui souhaite soutenir la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et surtout son projet, est le bienvenu ».
« Faire de la politique autrement », c’est également le but des Ecolos Sciences Po qui souhaitent poursuivre leurs actions sur le modèle des techniques d’éducation populaire. « A Sciences Po, on a organisé ce qu’on appelle des auto-formations » : « ce sont vingt personnes qui échangent ensemble leurs idées, leurs solutions, et une personne spécialiste apporte des outils pour la réflexion » explique Lucas Rochette-Berlon. Cela s’est fait l’année dernière sur des sujets comme la légalisation du cannabis, le fonctionnement du revenu de base, ou encore sur la désobéissance civile. « La Semaine des Alternatives » est également un projet qu’ils aimeraient reprendre cette année, en collaboration avec les autres partis et mouvements de gauche.
Alors, prêt(e) pour 2017 ?
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Les Républicains Sciences Po, le PS Section Jean Zay, l’UDI Sciences Po, le FN Section Jean Moulin, et les Ecolos Sciences Po…ils étaient déjà là l’an dernier, ils reviennent cette année. Ce ne sera pas le cas du Front de Gauche ni de Nouvelle Donne qui se sont récemment dissous. Dans le même temps, deux nouveaux mouvements politiques font leur entrée à Sciences Po en tant qu’« initiative étudiante » (http://lapeniche.net/reforme_reconnaissance_associations/) Il s’agit de Sciences Po En Marche, lancé à la fin de l’été, et de La France Insoumise, groupe d’appui à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Du côté des Républicains Sciences Po et du PS Section Jean Zay, leur calendrier politique est déjà rythmé par les primaires, la présidentielle puis les législatives. Une véritable année de campagne donc, qui à Sciences Po, sera divisée en deux temps majeurs : jusqu’à fin décembre, les deux partis devront respecter « l’obligation de neutralité » vis-à-vis des candidats à leur primaire, et c’est ensuite « en bloc » qu’ils soutiendront la candidature du candidat désigné.
Au FN Section Jean Moulin, une militante déclare que le parti sera « à 100% derrière Marine ». Il s’attachera également à « déconstruire les clichés sur les militants du Front National”, et à cultiver un « impact national » en se déplaçant à travers la France et en encourageant la création d’antenne FN dans les autres écoles, ce qui n’est pas forcément aisé « lorsqu’on est parfois seuls contre tous », souligne une militante.
A l’UDI Sciences Po, l’objectif sera naturellement de diffuser les idées du parti national, mais aussi, avance son président Benjamin Gilet, d’être un véritable « émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat » au sein de l’école. Quant à Sciences Po En Marche, le président Paul Fleurance souhaiterait que le mouvement de Macron à Sciences Po amène avant tout «de nouvelles manières de débattre de la politique ».
L’UDI Sciences Po veut être « un émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat. »
A La France Insoumise Sciences Po, les quatre membres du bureau, J., Clément, Victor et Cassandre, voudraient plutôt défendre un projet de société plus large, hors parti et au-delà des programmes, c’est à dire également « ré-humaniser la politique » dans une école où « elle reste quand même assez froide ».
« ré-humaniser la politique », l’objectif de la France insoumise.
Quant aux Écolos Sciences Po, association qui attire principalement des sympathisants des Jeunes Ecologistes et d’EELV, ils poursuivront leur travail de sensibilisation et de formation aux questions de justice sociale et climatique : « Notre génération est à la fois celle qui va vivre le réchauffement climatique, et la dernière à pouvoir l’empêcher » rappelle Lucas Rochette-Berlon, co-président des Écolos l’an dernier.
Si certains déclarent leur indépendance vis-à-vis du parti national, le PS Section Jean Zay, lui, entretient des liens directs avec le PS national et doit respecter ses règles de militantisme. « La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS», note le secrétaire adjoint du PS Sciences Po. Également affiliée à la Fédération de Paris du Parti Socialiste, la section de Sciences Po dispose de trois groupes de travail organisés autour des priorités de la Fédération (éducation et enseignement supérieure, questions de société, écologie), et peut de ce fait contribuer à leur développement : « Certaines de nos propositions pourront peut-être remonter au niveau national et devenir des thèmes de campagne pour la présidentielle. »
« La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS.»
Du côté de l’UDI et des Républicains Sciences Po, les associations politiques en elles-mêmes ne reçoivent cette année « ni financement, ni pilotage, ni instruction » de la part du siège. Cependant, cela n’exclut pas des liens forts entre leurs membres et les partis nationaux. En effet, nombre des membres de l’UDI Sciences Po, ont « leur carte à l’UDI, au Bureau Jeunes, des rôles de campagne, ou auprès d’élus », nous dit Benjamin Gilet. Chez les Républicains, répartis au sein de groupes de travail en fonction de leurs affinités personnelles, « des étudiants travaillent directement avec des élus, des anciens ministres, des députés, des sénateurs ou avec même avec des candidats à la Primaire pour les aider à monter leur programme », explique le secrétaire général, Alexandre Hennion. Des liens personnels également présents chez le FN Section Jean Moulin dans lequel « la plupart des élèves de l’association ont déjà des postes au sein du parti, notamment des élèves en master de Politiques Publiques », rapporte une militante de la section.
A Écolos Sciences Po, le rapport au parti et surtout à la présidentielle est moins évident. Il est encore question de savoir s’ils participeront ou non à la campagne des élections présidentielles, dans la mesure où les Écolos Sciences Po tiennent à ne pas être confondus avec une antenne politique d’EELV ou des Jeunes Écologistes. «Même si depuis plusieurs années les jeunes écologistes sont enfin acceptés parmi les mouvements associatifs, l’écologie politique repousse un peu », confie Lucas Rochette-Berlon.
Quant à Sciences Po En Marche et La France Insoumise – Sciences Po, ils sont avant tout en des émanations de leur mouvement national. La France Insoumise Sciences Po s’est créée suite à la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon en février 2016, et s’est structurée en juin dernier à partir de l’élection d’un bureau de quatre étudiants de Master et du Collège Universitaire, dont ils soulignent le caractère paritaire : « Pour être reconnu par l’administration de Sciences Po, on a décidé d’élire un bureau, même si au niveau national il n’y a pas cela », reconnaissent-ils. Ce mouvement consiste surtout en un groupe d’appui à la candidature hors parti de Jean Luc Mélenchon qui n’adhère pas à la structure hiérarchique des partis politiques. De plus, s’il reste dépendant sur le plan matériel du mouvement national, ce groupe d’appui sciencespiste se déclare « complètement libre de ses actions, du moment qu’il respecte la Charte des groupes d’appui ».
Vous l’avez compris, ils sont déjà installés, et fougueusement prêts à agir. Comment vont-ils vous convaincre ? Ils vous le confient dans notre second volet du décryptage, à paraître dans quelques jours !
Tu peux également suivre les associations politiques de Sciences Po sur leur compte Facebook et Twitter: @UDIscpo / @PSSciencesPo / @FNSciencesPo / @EcolosSciencesP / @Fr_In_ScPoParis /@scpoenmarche /@LesRep_ScPo
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