prix philippe seguin – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 16 Mar 2022 19:48:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png prix philippe seguin – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 PPS 2019 #4 – Un Prix Particulièrement Séduisant https://www.lapeniche.net/pps-2019-4-un-prix-particulierement-seduisant/ Wed, 24 Apr 2019 09:00:23 +0000 http://lapeniche.net/?p=39437 Mercredi, c’était le PPS. La Péniche, digne « Pravda de  SPK » comme mentionné durant la reprise des performances des finalistes, se permet de revenir vers vous pour clore sa chronique avec ce dernier volet. Rappelons-le : nous avons eu la chance cette année encore de pouvoir compter sur un jury de grande qualité, composé de personnalités publiques comme la Ministre Brune Poirson, l’ancien Porte-parole du Gouvernement Monsieur Benjamin Griveaux, ou encore Madame Yaël Braun-Pivet, Présidente de la Commission des lois à l’Assemblée Nationale.Au vu de leur appartenance plus ou moins directe avec la sphère politique, nous leur avons demandé s’ils venaient assister à cet événement pour recruter leurs futures plumes. Si Mesdames Vallaud-Belkacem et Poirson ont saisi la blague et ont contre-attaqué innocemment qu’elles venaient voir « quels talents sont en train de pousser, et comment les aider à l’avenir », Monsieur Griveaux nous a sciemment rétorqué « pourquoi pas… D’ailleurs, je sors justement d’un entretien avec une potentielle future plume, peut-être serai-je ici encore plus conquis ! ». Madame Braun-Pivet, elle, a déjà ses plumes, mais nous a rapporté que celles-ci avait justement été « très intéressées par les sujets que Sciences Polémiques avait choisi pour la finale, qu’elles ont trouvé très stimulants ».Les six finalistes, quant à eux, nous ont desservi des discours royaux et pleins d’âme. On rit encore en repensant à la mise en scène d’Antoine. A la manière d’un one man show, sa prestation fut une fois de plus d’une originalité déconcertante, provoquant le rire gras du sciencepiste du 13e rang comme celui du jury : pendant les premières minutes de sa mise en scène, il décida d’interpréter une cigarette, dénommée Ricky, et d’en conter les mémoires.

Abasourdissant d’un même coup le spectateur étonné et le jury charmé, il réussit à ne pas se faire allumer par le jury au moment des questions, notamment par la question de Najat Vallaud-Belkacem qui, rappelant que le jeune homme s’était présenté comme “ayant peur des petits suisses”, lui demanda s’il n’était pas xénophobe. Antoine démontra une fois de plus que l’humour n’inhibe pas l’intelligence, en établissant un savant parallèle entre l’emballage particulier de ces desserts et la position du pays éponyme sur la scène géopolitique internationale.

Antoine, finaliste du PPS 2019

Romane, comme en demi, s’est imposée par son style décapant et brûlant de réalité : axé sur les inégalités et les violences faites aux femmes, son texte poignant s’est emparé des mots pour jongler avec. Des “espoirs avortés de l’Argentine”, aux “mots roses qui devraient être bleus”, notre oratrice poitevine s’est, une fois de plus, illustrée dans la poésie et l’engagement. On a particulièrement apprécié son envolée vers la fin de son discours, presque théâtrale mais en même temps très empreinte de véracité. Et c’est le surgissement furtif d’un foulard vert, comme sorti tout droit de sa poitrine et tendu avec fierté par Romane déclamant “Hasta la victoria, siempre !” qui vint conclure une performance qui nous a marqués. Elle voulut donner un visage aux femmes, avec leurs doutes, leurs peurs, leurs joies et leur refus de l’injustice ; elle le réussit parfaitement.

Romane, finaliste du PPS 2019

Le quatrième candidat à défiler sous nos yeux ébahis n’était autre que Clément, élève en deuxième année et membre de l’association Sciences Polémiques. Ce dernier a pu discourir sur une citation de la poétesse suédoise Karin Boye : « Sens comme est proche la Réalité ; elle respire tout près d’ici dans les soirs sans vent. »

Clément, deuxième prix du PPS 2019

Sa prestation qui lui valut d’atterrir à l’excellente seconde place du podium commença fort avec une imitation du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ivre, rappelant la sortie de celui-ci en boîte de nuit parisienne. De quoi décoiffer Benjamin Griveaux ! Décapant, Clément brilla par ses traits d’esprits tous plus farfelus et spirituels les uns que les autres : se comparant à « Sire lance-l’eau l’hydraté », en passant par Depardieu ou Baudelaire, l’orateur aura su nous faire goûter aux paradis artificiels. Plus sage au niveau des questions, Clément rappela avec justesse un des travers potentiels de l’art oratoire : celui de s’entendre parler. Qu’on le rassure, ce fut loin d’être le cas !

L’élocution de Martha nous a également beaucoup plu. Partie pour donner des conseils avisés sur comment faire du catamaran, l’oratrice s’empara de sujets d’actualités comme ce que certains appellent la crise migratoire : “ aux dernières nouvelles, un texte de loi, ça ne flotte pas” dit elle rageusement à propos des législations européennes qui embourbent l’arrivée et la bonne prise en charge des réfugiés à Lampedusa. Celle qui “aime [se] battre avec les flots pour envoyer au tapis l’idée que le monde est figé” séduisit le Jury, qui lui accorda la première place de l’édition 2019 du Séguin.

Martha, vainqueure du PPS 2019

Last but not least, Hicham, élève en première année sur le campus de Paris, allia poésie et humour sur un sujet de l’autrice libanaise Nadia Tuéni : « Mes yeux ont la couleur ouverte des absences. » Maniant avec brio les codes de l’humour Internet et l’amour des jolies phrases, Hicham délivra une véritable ode aux rêveurs. Si le jeune orateur s’agace volontiers des « à quoi tu penses ? » lorsque celui-ci paraît dans la lune, il se montre plus vulnérable en admettant que dire « je t’aime », c’est « marcher sur des œufs. » Remportant la troisième place du prestigieux concours, Hicham nous montre que son potentiel ne peut que continuer à mûrir en deuxième année, et nous sommes les premiers impatients de le voir délivrer de nombreux autres discours, tous plus pétillants les uns que les autres.

Hicham, troisième prix du PPS 2019

Comme le rappela Bénédicte Durand, cet événement qu’est le Prix Philippe Séguin permet à “la joute de devenir un jeu, aux paroles d’être une fête”. Merci donc aux six finalistes pour leur audace, leur talent, leur maîtrise des cordes du vocal, et surtout, pour s’être confiés à nous, seuls sur la scène illuminée, le cœur rayonnant de bon mots.

Sabine Audelin et Etienne de Metz

Photos de Louise Raillard

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PPS 2019 #3 : une finale à la carte https://www.lapeniche.net/pps-2019-3-une-finale-a-la-carte/ Wed, 17 Apr 2019 09:00:39 +0000 http://lapeniche.net/?p=39405 Voici venu le temps de la finale : la chèvre de Monsieur Séguin a presque terminé son combat contre ce loup qu’est le jury, là-haut dans la montagne. Enfin plus exactement, les six chèvres. L’une d’entre elle se démarquera des autres orateurs cornus mercredi soir prochain à 18h, en Boutmy. D’ici-là, retrouvons les dans leur enclos, accaparées par l’exercice de l’écriture de leur dernier discours, broutant les mots à qui mieux mieux. Mais comme l’association de chaque finaliste à une race caprine n’est pas chose facile pour tous, La Péniche a décidé de révéler la vraie nature du Pokémon qui sommeille en chacun d’eux.

Martha – la véhémente Fée des motsS’il est un cheval de course sur lequel tout le monde misait dès les sélections, c’est bien Martha. Saluée pour sa présence certaine au sein de Sciences Polémiques, sa présence en finale reste une surprise pour l’intéressée, qui nous confie que ses amis ont « plus fantasmé sur [sa] capacité à aller en finale [qu’elle-même] ». Elle voulait qu’on l’apparente à Tortipouss, pourtant c’est bien à l’Elément Métal qu’on l’a associée ; sa maîtrise solide des ficelles du jeu du discours la caractérisent tout autant que sa franchise. Grande lectrice, Martha puise depuis peu son inspiration dans le rap francophone ou les textes de grands lyricistes.

Elle aurait bien aimé avoir Christiane Taubira dans le jury, mais son admiration pour la politicienne est telle qu’elle nous confie « qu’elle aurait eut beaucoup trop de pression pour réussir l’exercice sereinement » si cette dernière avait été présente. Son objectif ? Proposer à son auditoire quelque chose qui lui fasse plaisir à elle avant tout. L’émotion risque d’être de la partie pour cette oratrice qui nous livre que « c’est peut être là [son] dernier discours » avant son départ à Londres pour la 3A.

Antoine – l’inattendu et absurde LuronAntoine aime surprendre et faire rire. Proposer dès les sélections, et encore plus en demi-finale, des discours qui renversent les codes de l’éloquence s’est donc imposé comme une évidence pour ce talent de première année. Pour lui, « la liberté d’écriture, dans le cadre d’un discours, est immense, infinie… ce qui permet à l’orateur de participer à un mouvement de parole par l’assemblage de mots qui n’auraient pas forcément grand-chose à voir au début, mais qui finalement provoquent le rire ! ».

C’est parce qu’il s’est livré à cet exercice même au cours de son entretien avec La Péniche, dissertant sur l’objet de la Plante, que nous l’avons associé à cet Elément ; d’apparence tranquille, Antoine se révélera pourtant sur scène, en vous démontrant que les mots du sujets ne traduisent pas forcément ce qu’on attend d’eux, le tout à travers un format atypique : un véritable Bulbizarre.

Elyon – l’Artiste à la grande voixEn digne descendant de Brel, c’est sa voix qui vous marquera dès les premières phrases qu’il prononcera. Son timbre coulera dans vos oreilles comme l’eau vive d’un ruisseau, ou le bruit chaud des rouleaux d’une marée d’été. C’est un peu le poète de cette finale. Lecteur de Zweig ou Kundera, ce qu’il apprécie surtout dans les romans qu’il lit, c’est « quand l’auteur met autant l’Homme à nu qu’il peut le tourner en dérision ». Elyon, c’est aussi celui qui se présentait tout le temps aux élections des délégués sans jamais être élu ; « à force de faire des discours galvanisants en bougeant les mains et en parlant avec animation, les autres choisissent parfois de se tourner vers un élève qui semble plus sain d’esprit », nous confie-t-il.

Il trouve dans l’art oratoire un plaisir qui rejoint sa passion pour le rap. Pour lui, la maîtrise de la parole poétique, l’envie de se soucier au fond aussi bien qu’à la forme, qu’à la manière de dire les choses, est inhérent aux deux formes de parole. C’est pour cette raison qu’il serait heureux de voir dans le jury quelqu’un proche du monde de la musique. On ne peut qu’attendre de lui qu’il donne corps à ses mots comme le chant des grenouilles une nuit d’été. A cet effet, Ptititard, c’est lui !

Clément – le Penseur aux multiples visagesSa moustache et ses lunettes suffisent à elles seules pour décrire le personnage à l’allure de philosophe. Orateur à ses heures perdues, Clément est avant tout un grand lecteur. Lui-même le dira : il ne peut passer un jour sans avoir lu quelques lignes, que ce soit un article de journal, un page de roman ou une recette de cuisine ! « Camus, c’est ma came », nous avoue-t-il au détour de notre conversation, elle-même digne des Chemins de la philosophie sur France Culture. Le travail de l’écriture pour cet étudiant en deuxième année, est une véritable phase d’introspection. S’il se dit de nature assez réservée, Clément n’hésite pas, au moment de discourir, à empoigner le pupitre fermement, et à s’accaparer son texte. Pour lui, « c’est similaire au théâtre ; le rôle de l’orateur est de donner un visage à ses mots, on n’est pas vraiment soit. On présente les idées portées par notre discours plus que l’on ne se présente au public ».

Son autre atout, que pointent du doigt ses camarades finalistes, c’est sa capacité à délivrer un discours à la teneur certainement sociale, sans pour autant verser dans la moralisation. Il vient plus partager une réflexion, quelque chose d’injuste ou de paradoxale, dont il a envie de discuter avec son auditoire. Sa facilité à donner des imitations de n’importe quel politicien ou personnalité publique sur demande, autant que son approche intelligente des mots, se couple à une grande humilité. C’est un peu la flamme bleue de la gazinière : discrète, mais efficacement ardente. C’est le Pyroli de notre finale.

Romane – la Fougue au galopRomane est vraiment inspirée par son sujet de discours ; vraiment beaucoup. Les mots de la poétesse argentine Alejandra Pizarnik trouvent un écho en notre finaliste, qui apporte à cette finale une franche fraîcheur poitevine. Sa rencontre avec l’art oratoire se produisit durant ses premiers jours à Sciences Po. Pour s’introduire auprès des premières années durant la semaine d’inté, SPK Poitiers leur projetta le discours de Simon Hervé, (vainqueur du PPS 2016). Romane fut immédiatement charmée ; depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et elle occupe la coprésidence de l’antenne poitevine de Sciences Polémique avec Noé (qu’on salue pour sa performance en demi-finale 2019). Pour Romane, tout le monde doit pouvoir s’exprimer ; c’est d’ailleurs un des ses chevaux de bataille à Sciences Polémique Poitiers. En organisant le Descoings 2019, l’association a effectivement choisi de sujets qui puissent être porteurs d’engagements. Romane est pareillement pleine d’engouement pour cette course à l’émancipation de la parole féminine à Sciences Po. Elle veut apporter la lumière sur des réalités tues, avec autant d’étincelles que la crinière de Ponyta.

Elle déplore une chose en revanche ; elle dit ne « pas réussir à faire rire dans [ses] discours. Mais justement, la finale n’est pas le moment de s’inventer une nouvelle identité dans l’éloquence ». Si provoquer le rire du public lui semble un défi de trop grande taille, elle peut toutefois compter sur son sens de l’engagement qu’elle a déjà réussi à exprimer en demi-finale. Elle aurait bien aimé voir Florence Foresti siéger parmi les jurés, elle qui « a su prendre la parole dans un monde d’hommes ». Pour l’avoir vue performer en demi-finale, on ne peut qu’avoir confiance en sa capacité à partager ses doutes et convictions, avec une esthétique proche du sentimental.

Hicham – le Cadet rayonnantOn ne vous le présentera plus… Tout le monde le connaît… En fait non. Ce n’est pas parce qu’on remporte avec brio les triplétades et qu’on s’impose rapidement comme un bon orateur qu’on peut se passer de présentation. Hicham est en première année, et son sourire communicatif et son sens de l’humour ne masquent pas un réel talent, à l’image du reste des finalistes. Pour lui, « c’est toujours un plaisir de faire des discours avec des sujets drôles. Si j’écris peu d’habitude parce que je n’en ressens pas le besoin, cela me plaît d’interpréter, de me mettre en scène derrière les mots. ». En vue de la finale, il se dresse toutefois un autre challenge, celui d’écrire un discours qui « change de d’habitude ». Il se prépare à la finale avec l’idée de ne pas rester dans un moule, et de s’accommoder à la formalité de l’exercice.

Hicham vient d’une famille où on parle beaucoup ; pas surprenant que « trop bavard » soit la mention que l’on retrouve sur tous ses bulletins ! Parler donc, oui, mais blaguer, encore plus. On retient en tout cas pour le moment des discours d’Hicham un contraste recherché par rapport aux codes préétablis. Un parti est pris, quand il nous fait voyager dans notre enfance, en colorant ses textes de références à nos bêtises et autres questionnements d’écolier. Et c’est avec la diction « inconsciemment empruntée » à Nora Hamzaoui – qu’il verrait bien dans le jury – qu’il nous délivre des paroles d’un parfait angélisme, avec le regard de Psykokwak.

Une chose nous est garantie : chacun de ces finalistes a un style différent, propre à lui-même, qu’il ne manquera pas de mobiliser pour vous transporter dans son discours et vous faire vibrer de sa parole. Tous les six ont un message à vous faire passer, il ne leur manque qu’un auditoire – vous – pour que mercredi soit mémorable. Vous êtes donc attendu pour passer la soirée en bonne compagnie, que ce soit pour admirer le talent de nos éloquents camarades, ou découvrir les membres d’un jury de qualité qui les attend de pied ferme.

Etienne de Metz

Photos de Louise Raillard

NB : La Péniche ne se tient pas responsable de l’outrageuse méconnaissance des Pokémon de ses rédacteurs.

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PPS 2019 #2 : Derrière chaque grand orateur, il y a de grandes organisatrices https://www.lapeniche.net/pps-2019-2-derriere-chaque-grand-orateur-il-y-a-de-grandes-organisatrices/ Tue, 16 Apr 2019 09:00:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=39392 Mercredi prochain + Boutmy + 1 jury d’exception + 6 talents + des mots à en faire oublier les maux de chacun = la finale du Prix Philippe Séguin. On ne vous la présente plus. Vous avez évidemment compris où vous êtes convié, que vous soyez ancien concourant, demi-finaliste, vainqueur d’une édition précédente, ou même étudiant international souhaitant parfaire sa maîtrise de la langue de Clemenceau ou de Taubira, de Piaf ou de Brel.

En amont de la demie, La Péniche est donc partie à la rencontre de Salomé Lecroc (Présidente de Sciences Polémique et ancienne finaliste 2016), et Manon de Cabarrus (Vice-présidente organisatrice du Prix 2019, et ancienne finaliste 2018). La troisième organisatrice, Lucie Truchet, n’était pas présente, mais ses deux collègues ont tenu à rendre hommage à son travail.

La Péniche : Un PPS, ça prend combien de temps à organiser ?

Manon : Ça se prépare toute l’année, mais le gros du travail commence en janvier. Il y a toute une partie administrative à faire, puis il reste à contacter les jurés, créer les formulaires… A partir du moment où on lance les événements, le boulot s’intensifie : il faut répartir, donner un sujet à chacun, trouver un créneau pour chaque personne… On ne réutilise (presque) jamais les mêmes sujets.

Salomé : Le PPS, ça occupe ton esprit tout le temps parce que tu sais que ça va être la plus grosse douille de ton année associative ! Concrètement, on commence en janvier pour le calendrier et les partenaires. Dès début février, ça devient plus intense encore, avec le contact des campus pour organiser les sélections, il faut réfléchir aux visuels, programmer la communication sur Facebook… Je dirais que ça prend trois mois, et un an de charge mentale. Nos partenaires sont Vae Solis et La Française qui nous accompagnent depuis maintenant 7 ans, et EY depuis 2 ans. Ces partenaires promeuvent eux-mêmes au sein de leurs entreprises la prise de parole ; soutenir le Prix Philippe Séguin est un moyen concret de le faire à l’extérieur. Ils sont absolument essentiels, parce que sans eux on ne pourrait rien faire, on a besoin d’eux pour envoyer nos jurys dans les campus, faire venir les étudiants en région à Paris pour la demie et la finale, pour financer le trophée… Ce dernier est réalisé par Bernard Venet, et gravé chaque année avec une phrase en hommage à l’éloquence. C’est un objet assez prestigieux !

LPN : Et les sujets, où les dénichez-vous ?

M : Pour les qualifications, ils sont issus de la conférence du Barreau, et ont été utilisés par des apprentis avocats. Ça nous permet d’avoir de bons sujets, sachant que c’est compliqué d’en trouver 150 différents ! Pour la demie et la finale, on prend chaque année un thème qui nous tient à cœur. Cette fois, nous avons choisi la Poésie. Pour la demie, les candidats étaient confrontés à des poètes, et la finale, ce seront des poétesses…

LPN : Justement, on a ouï dire que les sujets de la finale sont inspirés de femmes célèbres, pourtant on constate qu’il y a toujours plus de candidats que de candidates, même si on connaît l’existence des formations l’Oratrice, ces modules mis en place par Sciences Polémiques… Quel est votre message à toutes ces talentueuses étudiantes qui s’auto-censurent ? Et encore plus, en tant qu’anciennes finalistes ?

M : C’est vraiment dommage, parce qu’on a eu des soirées de sélections avec très peu de filles… et beaucoup de garçons qui prenaient vraiment de la place. C’est regrettable parce que je pense qu’il y a derrière un vrai problème : une fille va se sentir moins légitime de prendre la parole devant une assemblée, de se dire « je mérite d’être écoutée ». C’est quelque chose que je déplore énormément, surtout quand on voit le ratio homme/femmes à Sciences Po : plus de femmes que d’hommes dans l’école […]. D’ailleurs on n’a jamais eu de finale paritaire. Chères candidates, vous n’êtes pas moins légitimes que vos confrères ; votre parole compte, votre parole sera écoutée, et vous avez un message à faire passer. Chaque expérience vécue va nourrir votre pensée, votre discours, et vous servira toute votre vie. Si je m’étais pour ma part posé trop de questions, ça m’aurait freinée : aujourd’hui encore j’ai une sorte de réflexe d’autocensure, et je dois me répéter que si je me suis retrouvée en finale, c’est que ma parole avait autant de valeur que celle d’une autre personne. Tout le monde mérite d’être écouté.

S : Je leur dirais qu’il faut faire un pas dans le vide, parce qu’un pas dans le vide, c’est déjà un pas en avant ! On aura beau faire preuve d’exemplarité, essayer nous même de nous montrer en tant que femmes qui prennent la parole en public, c’est aussi à elles de le faire. On a été à leur place : moi-même en première année j’étais extrêmement inhibée, je ne voyais que des références masculines en tant qu’orateurs, et c’est vrai qu’il faut quand même parler. Commencez par choisir un domaine qui vous est cher et dans lequel vous vous sentez à l’aise ; par exemple faites un premier discours engagé, très sérieux si c’est là que vous trouvez votre confort. C’est à mesure que vous vous sentirez à l’aise que la poésie et l’humour viendront. Mais il faut que vous vous lanciez parce que c’est en montrant que vous parlez que vous encouragerez d’autres femmes à parler à leur tour. C’est pour ça justement que le thème de la finale est bien « les poétesses d’ici et d’ailleurs ». Pour nous, c’est un moyen de mettre la parole féminine en exergue.

LPN : On parle beaucoup du PPS en ce moment. Selon vous quelle place occupe-t-il déjà à l’école, et quelle place voudriez-vous lui donner cette année, en tant qu’organisatrices ?

M : Cette année c’est la neuvième édition du prix, et je crois que c’est la première fois qu’il est organisé par trois femmes. C’est quelque chose que je trouve vraiment beau. Au sein de l’école, le PPS est déjà une Institution ; je me souviens l’avoir vu la première fois en 5e ! Et quand j’ai rencontré Fatoumata (deuxième prix en 2017), j’ai totalement paniqué, j’étais super intimidée ! Je pense que ce PPS 2019, je vais tout autant l’aimer, même si il aura forcément une saveur différente : l’année dernière j’étais dans la course, j’étais candidate, je ne dormais plus, je révisais mon discours jusqu’à point d’heure… Cette fois-ci, je pense avoir gagné en maturité, je vois les choses différemment. Ce que j’aime particulièrement cette année, c’est le coaching ! Chaque demi-finaliste a un coach, et hier soir par exemple, on a fait une répétition sur les quais de Seine jusqu’à minuit… Cela me permet de garder les pieds sur terre, sur ce que c’est le PPS, et ne pas de me perdre dans l’organisation. Le PPS était extrêmement bien géré l’année dernière, cette année on veut faire au moins aussi bien, et j’espère que ça sera mieux encore ! Pour moi de toute façon, ces deux éditions sont très différentes, mais les deux auront été exceptionnelles.

S : Pour moi, le Prix a une importance profonde. J’aimerais qu’il symbolise la démocratisation de la prise de parole. Comme on peut le voir dans les résultats de la demi-finale, il y a beaucoup plus de personnes du Collège Universitaire qu’auparavant, il y a un peu plus de filles… ça fait plaisir de voir que l’art oratoire, ça plaît aux gens, et que ce Prix est une plateforme pour s’exprimer de différentes manières. C’est-à-dire qu’on n’attendra pas un type de discours ou une forme d’éloquence en particulier. Pour Sciences Po, c’est LE concours d’éloquence de l’année, c’est quelque chose d’officiel, d’instauré, et l’école attend un certain standing que nous nous efforçons d’atteindre chaque année.

LPN : Si le PPS était une chanson, qu’est ce que ça serait ? Ou un animal ? Une couleur ?

M [réflexions et reformulation de la question à voix haute, puis] : Extrêmement mauvais ça, si un candidat commence à répéter la question, c’est que ça va pas ahah ! Je ne trouve rien !

LPN : Et pourquoi pas Paroles, Paroles, Paroles ?

M : Justement pas ! J’y ai pensé, mais moi je veux arrêter avec Paroles, Paroles, Parole. Je pense qu’il y a plus que ça derrière : je préfèrerais Paroles, Réflexions, Femmes ! Et pour la couleur, rouge évidemment.

S : Pour moi, ça serait Je ne mâche pas mes mots de Camille. Pour l’animal, ça serait une panthère noire, et pour la couleur comme Manon, rouge passion.

LPN : Même si vous connaissez déjà la composition du jury de la finale, quelle personnalité aimeriez vous voir trôner parmi les jurés ?

M : J’aimerais énormément qu’il y ait Michelle Obama.

S : J’ai une femme et deux hommes en tête. Premièrement j’aimerais bien Fabrice Luchini : on le sait, c’est un virtuose des mots. Après ça n’est peut-être pas le genre de spectacle auquel il voudrait se prêter, il y a un côté un peut trop trivial à son goût la dedans sûrement. La deuxième personne c’est Gaël Faye, une personnalité engagée, qui a pareillement une maîtrise absolument époustouflante des lettres. Et enfin Virginie Despentes. C’est une grande figure, une femme qui a de la gueule, qui a de la force, une grande autrice que j’admire énormément… Mais de même, je ne sais pas si le contexte se prêterait à elle et à ce qu’elle porte.

LPN : Pourquoi avez-vous accepté cette mission d’organisation du Prix ?

M : On m’a beaucoup donné l’année dernière, et ce prix m’a énormément apporté. Ça me tenait à cœur de donner aux autres ce qu’on m’avait transmis.

S : Cette mission, elle est un peu inhérente au poste de Présidente ; ce que j’en attends c’est un bel événement avant tout, auquel les gens prennent plaisir à participer. Je veux que tout le monde le tente. S’essayer aux sélections, c’est une belle opportunité de prendre la parole en public, puis en demie et en finale, c’est l’occasion de venir voir des camarades qu’on ne s’attend pas forcément à voir sur l’estrade. Je souhaite aussi à chacun de venir entendre les textes des discoureurs, parce qu’ils ont une dimension profonde qui peut faire écho en nous. J’ai personnellement été marquée, alors que je préparais Sciences Po, par le discours d’une ancienne finaliste, discours que je n’oublierai pas !

LPN : Dernière question, avez-vous un petit conseil à donner aux six finalistes ?

M : C’est un des meilleurs moments de votre scolarité, alors profitez-en vraiment !

S : No limit ! No limit dans le respect des uns et des autres !

La Péniche : Et PS ?

Manon et Salomé : PS ? PPS !

Propos recueillis par Etienne de Metz

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PPS 2019 #1 : Qu’est-ce que le PPS ? Témoignage des anciens https://www.lapeniche.net/pps-2019-1-quest-ce-que-le-pps-temoignage-des-anciens/ Tue, 09 Apr 2019 09:22:15 +0000 http://lapeniche.net/?p=39386 Depuis un moment, l’armée rouge rongeait son frein. Les triplétades ? Un premier moyen de se présenter. Le Mirabeau ? Une façon comme une autre de rappeler à la Province que Paris reste impériale. Le Descoings ? Une manière de s’affilier entre campus et de s’entraîner une fois de plus. Car le grand affrontement, la bataille finale, s’annonce plus clairement en cette fin de semestre. Alors que le printemps paraît, les cordes vocales s’accordent, et les mains s’acharnent fébrilement sur les claviers et les feuilles petits carreaux A4, pour faire sortir des têtes des participants du Prix Philippe Séguin les plus belles des merveilles orales.

La finale du PPS risque d’être, une fois de plus, l’un des événements majeurs de l’année. Rassemblant orateurs de talents et jury d’exception, elle promet une soirée enflammée par les mots mercredi 17 avril au soir. Mais avant de s’asseoir dans l’amphi emblématique de l’école pour se délecter des paroles de six élus parmi plus de trois cents participants aux sélections, intéressons nous d’abord à la demi-finale, qui se tiendra ce soir. Pour l’occasion, nous avons fait appel à d’anciens finalistes des précédentes éditions, qui ont accepté de nous délivrer d’éloquents témoignages, gages d’une nouvelle édition du Prix de qualité.

Tous nous ont prévenus : le PPS est un événement de « longue haleine » : écrire un discours par semaine pendant près d’un mois tout en conservant sa verve insolente, son ingénieuse répartie et son sens de la séduction, n’est pas chose que toutes et tous sont capables de réaliser. Lola, finaliste en première et deuxième année au Collège U et ancienne Présidente de SPK, parle de l’expérience de l’écriture en amont comme de « quelque chose de chaotique », en insistant sur le fait « qu’un bon discours est un discours bien préparé ». Avec un regard différent sur la forme mais similaire sur le fond, Simon (finaliste de l’édition 2016) nous confie que pour lui, « la phase d’écriture comporte une première phase très personnelle à base de nuit blanche et de scepticisme, suivie d’une phase de relecture et de partage à base d’alcools blancs et d’altruisme avec les potes ». Gabriel pense, quant à lui, qu’il est important de laisser une belle place au jeu, et de « s’amuser au sein des consignes auxquelles on répond ».

Il ajoute en effet, en guise de conseil pour nos demi-finalistes, qu’il leur faut « se faire plaisir sur leurs sujets sans se tracasser et chercher à plaire à tout prix, ou à coller à un discours-type, car au PPS, ce n’est pas ce qui est attendu. Ce que les gens retiennent, c’est la manière dont on s’affirme, nous et notre style ». Ainsi, autant ne « pas avoir de regrets et bien rigoler ». Pour Simon, le mieux à faire est de « ne demander aucun avis extérieur mais de tous les écouter. Ou l’inverse, [il] ne sai[t] toujours pas ! ». Il préconise aussi aux demi-finalistes d’ « inviter leurs amis s’ils en ont! Dans le cas contraire, ne pas hésiter à louer des figurants ». Lola conseille par ailleurs de rester, durant son discours, à l’écoute de son public, et de s’adapter à ses réactions : en somme, le dorloter pour se le mettre dans la poche. Car lors de sa deuxième performance en finale, c’est grâce au soutien du public qu’elle est sortie la tête haute d’une joute verbale l’opposant au journaliste Aymeric Caron, alors membre du jury.

Cette finale amena Simon pour la première fois sur le campus de Paris, et force fut pour lui d’admettre que « lorsque l’on vient de la mégalopole poitevine, l’amphithéâtre vous apparaît petit et sans envergure aucune mais convivial ». Lola ajoute malicieusement à propos des lieux, que « Boutmy c’est comme le reste, ça passe beaucoup mieux la deuxième fois »,  que comme deux chances d’aller en finale à la suite ne se présentent pas à tout le monde, il faut donner le plus possible dès la première fois.

Si nous savons que la tradition est généralement de discourir sur une phrase plutôt métaphysique, ou une citation de personnalité célèbre, nous ne savons pas encore des mots de qui les six finalistes devront faire l’apologie – ou la calomnie. Lola eut pour sa part à traiter des sujets tels que « Faut-il mener la Dolce Vita ? » et « Le passé est un pays étranger, on y fait les choses autrement qu’ici » (références respectives au film éponyme et au livre Le Messager), quand Gabriel a dû partir d’une citation de Sartre, et Simon d’un extrait de Voyage au bout de la nuit.

Pour les trois vieux loups du Prix, une chose est sûre, cette expérience s’impose comme une pierre angulaire de leur parcours d’étudiant au Collège U, un des « plus beaux moments de leur scolarité à Sciences Po », une soirée « marquante » dont ils gardent un souvenir heureux. Le PPS, du reste, c’est l’opportunité de récolter à la fois un baiser et un numéro de Michèle Alliot-Marie pour Simon, de se mesurer impunément à son jury pour Lola, ou encore de manquer de craquer sa cravate pour Gabriel, dans une tentative de simulacre de pendaison en guise de réponse à la question d’un juré.

Ainsi, le risque que vous ne vouliez pas assister à la finale est, nous en conviendrons, minime. Mais d’ici mercredi prochain, il y a la demi-finale ce soir, qui n’attend que vos yeux de spectateurs et vos oreilles d’amateurs de beaux mots, pour vous nourrir de rimes, de métaphores, de jeux de mots, et parfois d’humour.

Etienne de Metz

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Le flambant retour du Prix Philippe Seguin https://www.lapeniche.net/pps_8eme_edition/ Mon, 03 Apr 2017 15:00:04 +0000 http://lapeniche.net/?p=36589 Comme le veut la tradition, Sciences Polémiques en partenariat avec le Bureau des Elèves est de retour pour sa 8ème édition du Prix Philippe Séguin d’art oratoire. Cet événement, au cœur de la vie étudiante de Sciences Po, revient en grandes pompes cette année. Après avoir rassemblé 258 élèves en lice et des centaines d’autres présents en spectateurs lors des deux semaines de sélections, le « PPS »  – pour les intimes -,  verra s’affronter six candidats mercredi soir pour la finale en Boutmy. Un jury prestigieux, des candidats survoltés, tous les éléments sont rassemblés pour faire vivre et acclamer le beau verbe. La Péniche revient sur cet événement et présente ses six finalistes.

Fatoumata Diallo, l’explosive jeune première

Son sujet de finale : « Serait-il à propos, et de la bienséance, de dire à mille gens tout ce que d’eux, on pense ? » Le Misanthrope, Acte I, Scène 1, Molière

PPS 6

Cadette de la compétition, Fatoumata, étudiante en première année ne compte pas se laisser faire. Férue de théâtre, de chant et de danse, elle met l’interprétation au cœur de ses discours. Encore surprise d’être arrivée à ce niveau de la compétition, elle le rappelle: « pour moi c’est plutôt un grand jeu avec des grandes étapes où le plus important reste de faire un discours qui nous ressemble, où on reste soi-même ».  Elle compte sur sa personnalité et sur son humour décapant pour faire la différence mercredi soir, même si elle affirme modestement « je ne suis jamais confiante sur mes discours ».  Raphaël Charpentier, lauréat du Prix Philippe Séguin et jury en demi-finale salue son originalité : « Elle a fait pleurer de rire la salle en sélections et fait sensation en demi-finale. Elle a un style tout à fait unique mélangé d’un phrasé inimitable et d’un humour politique en général réussi ». Guillaume Courvoisier, également membre du jury en demi-finale le rappelle : « elle s’engage à fond dans ses discours, et varie réellement le ton ce qui rend ses discours toujours intéressants pour le public. Avec elle, on est sûr que personne ne va s’endormir ! ». Tous deux lui conseillent de maintenir un fil rouge au long de son discours pour la mener vers la victoire.

Gabriel Calvet, from Régie to Boutmy

Son sujet de finale : « C’est drôle d’être libre, ça donne le vertige » Les mains sales, Premier Tableau, Scène 1, Sartre

PPS Gabriel

Etudiant en deuxième année en double-diplôme Lettres avec La Sorbonne, Gabriel, vice-champion de France de bridge en 5ème espère ne pas avoir perdu la main et jouer les bonnes cartes pour la finale. Habitué des événements de Sciences Polémiques depuis sa première année, Raphaël Charpentier l’affirme « cela fait plaisir de le voir enfin se révéler : il a été remarquable en sélection comme en demi ». L’intéressé prend énormément de plaisir dans cette compétition où l’important, dans sa vision de l’humour, est de divertir et faire passer aux gens un bon moment, autant dans ce qu’il fait et ce qu’il vit. Lui qui l’an dernier était en régie et avait « l’immense privilège de manipuler le powerpoint des finalistes de l’an dernier », prend aujourd’hui beaucoup de plaisir à faire ses discours, véritable nouvelle aventure où, à chaque fois il part de zéro et exerce un travail de longue haleine : « je ressors souvent exténué de mes discours mais toujours extrêmement heureux ». Vis-à-vis de son sujet de finale, l’étudiant d’origine marseillaise le rappelle « dans le classico OM/PSG comme dans le classico Camus/Sartre je ne choisis jamais ceux qui viennent de Paris… », malgré tout, il salue ce sujet riche en images évocatrices où il pourra beaucoup s’amuser. Brillant dans sa répartie, Guillaume Courvoisier salue sa pertinence dans le jeu des questions, là où certains font défaut. Le président de l’association applaudit ses discours « drôles et bien construits » et les deux membres de Sciences Polémiques espèrent voir un discours hors des sentiers battus en finale.

 

Clément Gandibleux, le grandiloquent nouveau venu

 Son sujet pour la finale : « Les coupables, il vaut mieux les choisir que les chercher » Topaze, Acte I, scène 5, Pagnol

PPS 4

Cet étudiant de Master 2 en Droit Economique mention « Entreprises, Marchés, Régulations », un sujet prégnant dans son discours de demi-finale, s’affirme comme véritable outsider de la compétition. Il l’affirme lui-même : il n’a pas beaucoup participé aux événements de la vie associative de Sciences Po, si ce n’est sa participation à l’organisation de la première édition du concours de plaidoirie de l’Ecole de Droit (« la Comparution »). C’est peut-être lors de cet événement qu’il a développé cette appétence pour la compétition en art oratoire, n’étant présent qu’à un seul événement de Sciences Polémiques, au débat de rentrée. Or, que ce soit par son humour empli d’autodérision et son fervent public déployant des affiches « Yes We Gan-Dibleux », l’étudiant en M2 a su s’hisser jusqu’en finale, alors qu’il s’agit de sa première participation au concours. Clément est satisfait de son sujet de finale qui « permet de dire beaucoup de choses et d’adopter une position un peu ridicule ». Bien qu’il ait un peu du mal à saisir ses points forts, Guillaume et Raphaël sont unanimes : il s’agit de la « révélation des sélections » selon Guillaume et Raphaël apprécie ses discours « très drôles et plein d’autodérision » comme celui de la demi-finale. Les deux patriarches de Sciences Polémiques espèrent non seulement que son public soit encore une fois au rendez-vous, mais qu’il parvienne également à se démarquer au maximum lors du discours et des questions.

 

Adrien Berquez, l’ambitieux OVNI

Son sujet pour la finale : « Il y a des choses qui viennent à l’esprit même de ceux qui n’en ont pas. » Rhinocéros, Acte I, Ionesco

PPS Adrien

C’est ainsi qu’Adrien se présente : « 19 ans, toutes ses dents, sait compter deux par deux et lasser ses chaussures ». On le sent dès le début, Adrien est là pour blaguer. En deuxième année en bi-cursus en Histoire à La Sorbonne, cet étudiant a fait preuve d’immenses prouesses pour accéder aux portes de la finale. Présent dans la liste complémentaire l’année dernière, il a suivi assidument les événements de Sciences Polémiques où il a pu « travailler toutes les facettes de son discours ». S’il avait un discours à retenir, ça serait celui de la demi-finale : « c’était le premier discours devant ma mère… ». Fier de ses réponses aux sélections et de son discours en demi-finale :  l’étudiant sait qu’il devra concilier les deux pour cette finale endiablée. Ses discours rocambolesques ont su marquer notre jury selon Guillaume Courvoisier : « Adrien vit sur la planète Mars » et pour Raphaël Charpentier il s’agirait d’un « OVNI… La diction est très rapide et les idées s’enchaînent sans qu’on sache vraiment ce qui les lient. Et pourtant, à la fin on se dit : « mais c’est tout à fait dingue ce qui vient de se passer ! » ». Adrien, passionné d’athlétisme, malgré une certaine appréhension face à son sujet et à son passage (en dernier) sait qu’il pourra compter sur son équipe et son public pour le soutenir : « ce sport, ça me donne une mentalité de winner, je vois le prix Philippe Séguin comme un Championnat de France où le temps que l’on met pour arriver n’est pas le plus important ». Il veut miser à tout prix sur un discours original comme son sujet avec comme mot d’ordre « rester soi-même ». Raphaël Charpentier espère une chose : «que le jury rentre dans son jeu ».

Nicolas Sironneau, le fin orateur

Son sujet pour la finale : « Qui est là ? » Hamlet, Acte I, scène 1, Shakespeare

PPS Nicolas

Ce M1 en Finance et Stratégie sort clairement de l’ordinaire. Nicolas ne fréquente plus les événements Sciences Polémiques par manque de temps, mais se rappelle chaleureusement de son activité intense au sein de l’association en deuxième année. Avec beaucoup d’humour, il regarde avec nostalgie ses sélections perpétuelles en première année et en deuxième année en demi-finale, sans succès. « Enfin une finale ! Et c’est mérité ! » s’exclame Raphaël Charpentier. Jamais deux sans trois, Nicolas est particulièrement motivé pour cette finale où « la compétition est très homogène » et s’estime chanceux de pouvoir concourir avec les autres candidats « tous très doués avec des styles différents et humainement des gens tops ». Son sujet lui remémore, de manière amusante, ses comédies musicales lors de sa 3A dans son université d’échange où il chantait déjà du Shakespeare avec Roméo Et Juliette. Son sujet, cette année, très ouvert, est à la fois particulièrement excitant par sa liberté « qui donne presque le vertige », selon le concerné.  Mais le candidat n’a pas à s’en faire :  les deux jurés sont unanimes, la force de Nicolas réside en sa parole, sans prise de note. Selon Raphaël Charpentier, « il parle remarquablement bien. L’écouter, c’est reposant, les phrases s’enchaînent bien, il n’y a pas de trou, pas d’hésitation », Guillaume Courvoisier souligne « la victoire d’un acharné : il parle sans note de manière très fluide et sort 300 jeux de mots à la minute ». Ainsi, Nicolas peut compter sur certains de ses talents, le jury de demi-finale espère cependant qu’il essayera de « faire plus simple » et de « ne pas tomber dans la caricature » en essayant de se « libérer ».

Benjamin Duhamel, de l’intervieweur à l’interviewé

Son sujet pour la finale : « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer » Le Barbier de Séville, Acte I, Scène 2, Beaumarchais

PPS Benjamin

Cet étudiant en cinquième année en Master Affaire Publiques (Politique Publique) a une expérience exceptionnelle. Ancien président de Sciences Po TV et aujourd’hui intervenant de la partie politique du Grand Oral, il se définit comme « sorte de compagnon de route de Sciences Polémiques » : avec une absence de résultat en première année, un accès à la liste complémentaire en deuxième année, une demi-finale en 4A, cette finale en 5ème année se veut comme l’achèvement d’une grande ascension. Cette année, ce qui a su faire la différence, c’est sûrement sa maturité : « quand on écrit tu t’inspires de ce que tu faisais avant, tu relis, tu ne reprends pas les conneries que tu faisais… tu gagnes une forme d’expérience ».  Benjamin a réellement son propre style : une base solide emplie d’un ton mordant comme soulève Raphaël Charpentier : « la structure du discours est assez classique mais l’humour qu’il y déploie est souvent plus noir et provocateur s’il y va à fond, il peut obtenir un gros succès en salle ! ». Guillaume Courvoisier rappelle l’un des points forts de Benjamin : sa gestion du stress « il bénéficie d’une solide expérience en passant cinq années dans l’école à interviewer toute la classe politique ». Benjamin reconnait certes « son vieil âge », mais il maintient que même s’il connait Boutmy, il n’en reste pas moins que l’exercice est totalement différent. « Quand tu interviewes quelqu’un, tu n’es pas l’objet central de l’attention, alors qu’un discours c’est une forme de mise à nu totale : la peur de l’échec tout comme la sensation d’euphorie, tout cela est décuplé ». Même si on peut trouver des points communs, Benjamin le maintient : « toucher la corde sensible des gens ce n’est pas du tout la même chose que d’informer ». En ce qui concerne son sujet, Benjamin a la sensation d’être bien tombé, lui qui aime développer une argumentation cohérente et « faire rire, réfléchir, toucher les gens ». Son credo : continuer à faire ce qu’il faisait d’habitude, avec ses camarades de Sciences Polémiques qui espèrent qu’il « osera poursuivre à fond pour la finale »

 

PPS couv

Le PPS avec ses centaines de spectateurs, ses milliers de vue sur Youtube et en live est sûrement l’un des plus grands concours d’éloquence étudiant. Guillaume Courvoisier, Président de Sciences Polémiques se félicite de « l’engouement vraiment historique pour le Prix cette année » faisant encore plus honneur aux arts oratoires et à Philippe Séguin, homme politique du XXème siècle brillant par son éloquence, comme le rappelait déjà Bertrand Perrier. Malgré tout, le président de l’association déplore d’une part le surdosage des blagues politiques auprès des candidats, qui ne savent faire mouche que très rarement, mais surtout la faible représentation des filles avec « seulement un tiers de candidates sur la ligne de départ ».

Néanmoins, cette finale avec ces six candidats risque d’être encore une fois remarquable avec son jury de marque, notamment Jean-Pierre Raffarin, Anne Roumanoff, Me Patrice Spinosi ou encore Alessandra Sublet, avec la reprise attendue de Bertrand Périer. En somme, un événement de qualité vous attend !

 

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