primaires 2016 – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Thu, 26 Jan 2017 15:05:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png primaires 2016 – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Stéphane Le Foll était l’invité du Grand Oral : retour en 5 points https://www.lapeniche.net/stephane-le-foll-etait-linvite-du-grand-oral-retour-en-5-points/ Thu, 26 Jan 2017 11:36:47 +0000 http://lapeniche.net/?p=36333  

Pour sa rentrée, le Grand Oral recevait hier soir Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture et porte-parole du Gouvernement. En cette semaine de primaires de la gauche, l’allié de François Hollande n’a pas quitté son poste et a déroulé une soirée tout en contrôle. Retour en 5 points sur sa prestation !

Un fidèle provincial

Elu un peu « par hasard » conseiller municipal à 23 ans, fils d’instituteur et petit-fils d’agriculteurs, il pense d’abord à replanter des arbres plutôt que de parler ou d’écrire. Stéphane Le Foll devient directeur de cabinet lorsque François Hollande est nommé premier secrétaire du Parti Socialiste en 1997. Directeur de campagne jusqu’en juin 2011, il se définit comme l’un des principaux architectes de la victoire de la gauche aux présidentielles de 2012.

Il a fait « tout ce qu’[il] a pensé devoir faire » au premier poste du ministère de l’agriculture, sans fléchir devant les crises agricoles. « J’ai essayé de faire comprendre que la question écologique n’est plus une contrainte, mais un atout qu’il faut combiner à l’économie ».

Lorsque l’intervieweur de La Péniche Loris Boichot souligne sa grande fidélité, notamment en remarquant sa place dans les records de longévité en tant que ministre de l’agriculture, il répond à demi-sourire : « Notez-le bien, car vous n’êtes pas sûr d’en trouver un autre comme moi. »

L’humanité se nourrit de viande depuis bien longtemps… « C’est un peu l’histoire de la vie, il y a toujours eu des herbivores et des carnivores. »

Les animaux sont-ils doués de sensibilité ? C’est à partir de cette question que Stéphane Le Foll a été amené à s’exprimer sur sa conception de l’animal.

« Mon grand-père avait cinq vaches et un hectare. On tuait le cochon dans le jardin, ça faisait parfois du bruit… je ne parle pas des poules ! ». Ainsi, il estime qu’il est dans l’ordre des choses d’intégrer la viande dans notre alimentation. Il est cependant nécessaire de remettre de l’ordre dans ce système de production, selon lui. Par exemple, les animaux de pâturage ne peuvent pas devenir des animaux qu’on enferme. De son point de vue, il faut aussi renforcer le cadre législatif pour davantage surveiller les différentes étapes de production jusqu’à l’abattage et ainsi éviter la souffrance des animaux.

La précaution de la langue de bois

On ne va pas se mentir, à quelques jours du second tour des primaires, la langue de bois était de sortie et bien annoncée : « En politique, il y a deux positions : celle du commentateur et celle de l’acteur. Je n’ai pas l’intention d’être acteur dans cette primaire. » lance-t-il d’entrée de jeu. Constamment réticent à discuter des présidentielles et à donner des nouvelles du vote du Président, il ajoute : « J’ai pris la décision de prendre du recul, de ne pas m’engager dans la campagne. » Interrogé sur les journalistes, il leur reproche d’enchaîner des questions à un rythme toujours accéléré qui en fait perdre leur sens, tout comme le sens de la réponse : « Il faut essayer de ralentir le système. » Ainsi, il n’hésite pas à reprendre l’interlocuteur Benjamin Duhamel en faisant sourire la salle lorsque celui-ci ne lui laisse pas le temps de finir. De même, lorsque Hugo Travers évoque les « fake news » notamment relayées par Donald Trump : « On balance de l’info, personne ne vérifie, et on passe à la question suivante. On a l’impression que prendre le temps devient insupportable. Il faut garder le temps du recul pour analyser les rumeurs. »

 

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Stéphane Le Foll interviewé par Loris Boichot lors du Grand Oral

 

Une primaire aux deux gauches irréconciliables ?

Stéphane Le Foll n’a pas échappé aux questions d’intention de vote et de pronostics. A demi-mot, il a ainsi écarté Benoît Hamon, tout comme il avait écarté Arnaud Montebourg « pour avoir porté la fronde pendant cinq ans. » Au fil de son intervention, on comprend que sa préférence se tourne bien vers Manuel Valls, avec lequel il entretient une relation cordiale mais de confiance, ternie par certains « coups tordus » que l’ancien premier ministre lui aurait portés. « J’ai toujours été correct, donc je reste correct et le resterai toujours ».

Stéphane Le Foll n’a jamais clairement énoncé sa position vis-à-vis des différents candidats à la présidentielle, se justifiant par sa stature de porte-parole du Gouvernement. Lorsqu’il lui est demandé son avis au sujet des deux projets de gauche portés par Manuel Valls et Benoît Hamon, il ne se délie la langue que pour mettre en doute la stature de Benoît Hamon. « S’il s’est présenté, c’est qu’il pense avoir la stature. Mais la stature, ça s’acquiert ». Au sujet des électeurs de Manuel Valls qui s’apprêtent à soutenir Emmanuel Macron dans le cas d’une victoire de Benoît Hamon, il réaffirme sa position d’indifférence à l’égard de ces deux derniers : « Il ne faut jamais être trop pressé, et toujours réfléchir ».

Un débat paisible sur l’Europe menacée de dislocation

Stéphane Le Foll gagne en enthousiasme à l’heure du débat face à Henri Guaino. Ce dernier, bien présent, fait son possible pour tenter quelques confrontations dans ce qui ressemble davantage à une interview en duo. Le sujet de l’Europe a été notamment discuté.

Interrogés par Benjamin Duhamel, les deux hommes politiques partagent une même inquiétude au sujet de l’état du monde.

« Si chaque pays s’estime plus important que l’autre dans un même temps, les seules issues sont le nationalisme et la guerre. Si personne n’est prêt à céder, qui traitera le réchauffement climatique à l’échelle de la planète ? Qui prendra en compte l’intérêt général ? » demande Stéphane Le Foll. L’essence de l’Europe fait aussi plutôt consensus : selon les débatteurs, elle se trouve dans la défense des intérêts des européens au milieu des conflits commerciaux et de la nouvelle économie toujours plus mondialisée, dans le respect des libertés et des droits fondamentaux.

C’est à ce stade que leurs opinions divergent : pour Henri Guaino, il faudrait continuer le projet européen en prenant davantage en compte les particularités de chaque pays : « Il faut que chacun mène la politique de sa société, de sa démographie. C’est la coopération qui compte, il faut jouer sur la complémentarité. » Stéphane Le Foll, quant à lui, souhaite aller plus loin dans l’intégration européenne : « Quels sont les moyens donnés à l’Europe ? On verse le moins possible pour recevoir le plus possible. Certains Etats refusent de céder pour leur souveraineté. Il faudrait davantage s’engager, et sur d’autres sujets ».

Pour qualifier un bon porte-parole du Gouvernement, Stéphane Le Foll choisit la simplicité et la cohérence : « Ce n’est pas une liberté qui m’a été donnée. On m’a plutôt assigné la contrainte de faire passer des messages qui étaient ceux du Gouvernement. Ainsi, j’ai répondu à toutes les questions en essayant de garder la cohérence gouvernementale ». C’est ainsi qu’il se place : coincé dans les sillons du Gouvernement qu’il représente.

Nous vous donnons rendez-vous pour le prochain Grand Oral !

Pour revoir l’intégralité du Grand Oral de Stéphane Le Foll

 

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Ce qu’il faut retenir du débat jeune de la primaire LR https://www.lapeniche.net/retenirdebatjeuneslr/ Sat, 22 Oct 2016 13:51:43 +0000 http://lapeniche.net/?p=35956

Un article d’Albane Miressou-Got et de Thomas Hinzelin

Organisé mercredi 19 octobre par Les Républicains Sciences Po, La Péniche et Sciences Polémiques, le débat a confronté les présidents des mouvements jeunes des candidats à la Primaire de la droite et du centre. Parmi eux, certains étaient déjà lancés dans leur carrière professionnelle, d’autres commençaient leur première année de licence. Certains ont, du point de vue de Bertrand Périer, qui a fait la reprise du débat pour Sciences Polémiques, regardé « comme à Roland Garros », trois ou quatre représentants se lancer des piques et s’emporter dans la défense de leur candidat, en usant de tout leur temps de parole. Un malaise s’est installé dès la première question, car personne n’était vraiment au clair au sujet du caractère sérieux, proposé surtout par le porte parole de Jean-François Copé, ou plus détendu et plaisantin de l’événement, incité par la nature des questions de Sciences Polémiques.

Nous vous donnons dans ce rapporté de débat un bref aperçu de ce qu’ont pu dire les représentants sur leur candidat.

« C’est le meilleur, et les meilleurs ne gagnent pas toujours. » Malgré le fait que Jean-François Copé ne rassemble que 3% de votes dans les sondages, Jordan Jablonka le soutient, d’abord car il n’a pas été convaincu par Sarkozy, ensuite pour son expérience de terrain à Meaux et son concept de « droite décomplexée ». Jean-François Copé veut opérer un tournant sécuritaire, en rétablissant la double peine via une ordonnance ou en embauchant 50 000 fonctionnaires par exemple (policiers, magistrats, gardiens de prison). Durant le débat, Jordan est entré plusieurs fois en conflit avec Charles-Henri (Sarkozy), notamment au sujet du temps de parole. « On a compris tu es ancien élève de Sciences Po et organisateur mais il faut quand même respecter le temps de parole des autres, pas comme Nicolas Sarkozy. »

Malgré ses mille pages de programme, une question s’est tournée sur les écrits érotiques de Bruno Le Maire. Paul Guillot a répliqué au reproche de Sciences Polémiques, une autre question qui interroge sur la transparence et l’honnêteté du monde politique : « Aujourd’hui, quel Homme politique écrit véritablement ses livres ? ». Pour lui, pas de doutes, Bruno Le Maire est l’avenir de la droite française et c’est dans une pique à peine voilée contre Nicolas Sarkozy qu’il a présenté le candidat du renouveau : « Je pense que ce n’est pas dans les rancœurs du passé qu’on va trouver une candidature de renouveau qui permettra de mettre en place un projet très clair avec un calendrier de réalisation extrêmement précis ». Après des applaudissement nourris de jeunes soutiens à M. Le Maire, il s’est amusé : « je suis heureux de voir que l’on recrute à Sciences Po ». Dans sa reprise, Bertrand Périer a cependant souligné des manques dans son propos, notamment concernant les questions européennes où Paul avait répondu : « tant qu’on n’est pas élus, on peut pas savoir ».

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Le débat dans l’Amphi Caquot. Photographie : Thomas Hinzelin

« C’est le seul qui ait une vraie expérience du terrain, il a été maire député et surtout chef d’entreprise dans la métallurgie. Lui n’a jamais gouverné, ce qui peut le distinguer des autres » : c’est avec ces mots que Baptistes Laroche a présenté son candidat, Jean-Frédéric Poisson. Malgré ses dix-huit ans, il a pu être étonnant par son assurance et sa bonne capacité à répondre. Il s’est montré cependant imprécis, notamment au sujet de l’électorat de M. Poisson. « C’est un parti non-confessionnel et il y a même des musulmans au parti chrétiens démocrate ». Au sujet de l’Europe, il a parlé de redonner les compétences de la BCE aux différents États pour que chacun d’entre eux puisse agir sur sa politique monétaire. Le programme de Jean-Frédéric Poisson porte aussi beaucoup sur un renforcement de la maîtrise des frontières.

« Nous sommes la génération du 11 septembre 2001 quand on était enfants, la génération des émeutes de banlieue quand on était adolescents, et du déclassement social pour notre demain ». Charles-Henri Alloncle occupait le centre de la table. Lors de ce débat, il a défendu Nicolas Sarkozy auprès duquel il s’est engagé après 2007. Ce qui l’a attiré, c’était la manière « cash » dont il parle, tout en portant son amour de la France avant le clivage partisan. Pour Charles-Henri, les jeunes d’aujourd’hui sont une génération ayant connu de nombreux changements et événements : c’est comme cela qu’il justifie la nécessité d’un « homme d’action », efficace et lucide.

Cédric Rivet-Sow était présent pour représenter François Fillon, « celui qui a écouté les Français, qui à partir d’un constat, peut arriver à des solutions chiffrées et peut permettre aux jeunes d’avoir un emploi ». Lorsque Sciences Polémiques a mis en doute les chances de l’ancien premier ministre de l’emporter, il a répliqué : « Les réunions publiques et les meetings sont pleins, donc on continue ». Cédric est cependant resté un peu en retrait entre les affrontements de Charles-Henri et de Romain ce qui a amené Périer à ironiser sans demi-mesures : « le mec est complètement neurasthénique, tout comme son candidat, il est allé fumer chez NKM. »

Alain Juppé était représenté par Romain Millard. Pour ce dernier, le maire de Bordeaux « a montré par son expérience locale qu’il avait la capacité de faire approuver et comprendre un projet par ses citoyens et l’a fait appliquer sur la durée (…) C’est le candidat de l’équilibre entre identité heureuse et ambition pour l’avenir ». Romain s’est fait remarquer par un sens de la répartie à toute épreuve qui lui a été utile face à Charles-Henri. Lorsque ce dernier a accusé Alain Juppé de séduire l’électorat de gauche il a répliqué avec humour : « c’est très drôle, les sarkozystes sont ultra nerveux, ce sont visiblement les seuls qui souhaitent ne pas avoir d’électeurs. »

Gabrielle Amzal était la représentante jeune de Nathalie Kosciusko-Morizet. L’étudiante à Paris-Dauphine a d’abord remercié les organisateurs de la conférence et Sciences Po pour l’accueil. Elle a surtout insisté sur les nouvelles idées de sa candidate : « NKM propose des solutions pour les problèmes d’aujourd’hui et de demain, et pas des solutions pour les problèmes d’hier avec des moyens d’avant-hier ». Le programme de la candidate contient un soutien aux nouvelles formes de travail et une attention particulière à l’environnement, dont elle est la seule à porter au cœur du débat.

Un mot sur la reprise de Bertrand Périer.

Il a su faire rire l’amphithéâtre et les participants au débat, dont certains étaient très bon public, à en pleurer et en rougir jusqu’aux oreilles. D’une voix forte et portante, il a repris ses notes. Chaque candidat est passé sous les critiques de son regard amusé. Il a repris les formulations ratées, comme la nouvelle expression « les fonctionnaires de la fonction publique », les hyperboles comme « Juppé est attendu dans le monde », et a décrit chaque jeune, du pin’s au T-Shirt aux manches rouges.

Parmi les candidats, le choix se situe entre prise en compte ou non de l’environnement, le choix du renouveau, prôné par beaucoup d’entre eux, ou choix du déjà-vu, le choix d’un renforcement de l’autorité de l’État, de la prise d’ordonnance ou non.

Bertrand Périer a conclu dans sa reprise, que les jeunes n’étaient pas la reproduction identique de leurs aînés. Quelques drôles similitudes pouvaient être cependant relevées, comme un caractère rapproché des jeunes et de leur candidat (Charles-Henri semblait aussi trépignant que Nicolas Sarkozy). De plus, on pourra noter qu’il y avait autant de femmes parmi ces jeunes que dans le monde politique, en d’autres mots, une minorité frappante.

 

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Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à être candidat en 2017 ? https://www.lapeniche.net/nicolas-sarkozy-parviendra-t-il-a-etre-candidat-en-2017/ https://www.lapeniche.net/nicolas-sarkozy-parviendra-t-il-a-etre-candidat-en-2017/#comments Tue, 07 Oct 2014 11:58:37 +0000 http://lapeniche.net/?p=22915 maxfaf
Alex Baptiste Joubert et Camille Chevalier, vice-président de l’UMP SciencesPo. Photographie : Maximilien Bouchet

« Le patron ». Voilà comment les militants et sympathisants sarkozystes surnomment parfois leur grand gourou, a mi-chemin entre fascination et culte de la personnalité. Pour autant, si une part importante des sympathisants UMP désire actuellement voir Nicolas Sarkozy gouverner le parti et se positionner en candidat pour la présidentielle de 2017, quelques poids ralentissent son fameux coup de pédale.

A commencer par les conflits à répétition entre juppéistes, coppéistes et fillonnistes, détériorant véritablement le climat stable si nécessaire à l’UMP ; en cause, notamment, la polémique sur la primaire ouverte en 2017 qui pourrait se voir abandonnée. De plus, les bien nombreuses « affaires » jalonnent le chemin parcouru par l’ancien président : l’affaire des écoutes, le supposé financement libyen de la campagne de 2007, l’affaire Bygmalion, l’affaire Tapie, Karachi etc. Pour l’heure, la reconquête que convoite ardemment Nicolas Sarkozy devra nécessairement passer par un renforcement de sa crédibilité. Alors, Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à être candidat en 2017 ?

 

Sarkozy a raté son retour et son avance va s’effondrer

par Alex Baptiste Joubert, rédac’ chef de La Péniche

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Avant toute chose, précisons que la question qui est posée ici n’est pas de savoir si le retour de Nicolas Sarkozy est une bonne ou une mauvaise chose. La question nous invite à nous prononcer objectivement, au-delà de tout préférence partisane, sur la probabilité de voir Nicolas Sarkozy être le  candidat de la droite républicaine au premier tour des prochaines élections présidentielles.

Or, contrairement à Camille Chevalier, je ne pense pas que l’ancien président de la républicaine soit en position d’obtenir cette investiture aujourd’hui. Je pense même que cette position va se dégrader d’ici la tenue des primaires qui auront lieu en 2016, c’est à dire dans deux ans.

 

Sarkozy a raté son retour et se retrouve dans une position délicate

Deux ans, c’est un siècle. Dans deux ans, l’UMP n’existera d’ailleurs peut-être plus. Il serait ainsi bien malaisé d’avoir des certitudes trop affirmées sur l’état du paysage politique français à l’horizon 2016. A une exception près : pour être investi candidat, pour battre François Fillon et Alain Juppé, Nicolas Sarkozy devra très certainement remporter des primaires ouvertes.

Son retour n’ayant pas été le vol d’Aigle espéré et les grognards fillonistes et juppéistes ne s’étant pas soumis comme le 5ème régime d’infanterie à Laffrey, Nicolas Sarkozy n’aura pas le droit à un retour triomphal de l’île d’Elbe. Il n’a pas réussi à revenir en messie, et de ce point de vue là, c’est un retour qui a le goût de l’échec.

Nicolas Sarkozy sera très probablement élu président de l’UMP, certes. Mais au vu de son retour décevant, de la dynamique de campagne de Bruno Le Maire et de la résistance de bon nombre de barons, son avance risque d’être insuffisante pour avoir la stature lui permettant d’annuler les primaires comme François Baroin l’a suggéré la semaine passée.

Or, dans la perspective de ces primaires de l’opposition ouvertes à tous les sympathisants de droite, Nicolas Sarkozy n’est pas en bonne position. Selon un sondage Harris Interactive pour LCP publié le 11 septembre, il est crédité de 37% d’intentions de vote chez les sympathisants de droite. 37%, c’est autant qu’Alain Juppé.

 

Il ne peut que s’effondrer d’ici 2016

Nicolas Sarkozy ferait donc aujourd’hui jeu égal avec Alain Juppé en vue de la primaire de l’opposition. On est loin de la position du candidat naturel et pour le prétendu messie Sarkozy, la campagne des primaires risque d’être avant tout un long chemin de croix. Il y a tout d’abord la question des affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est impliqué et qui ne manqueront pas de plomber sa campagne.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy ne bénéficiera plus de l’effet d’attente et d’éloignement dont il a savamment pu profiter depuis mai 2012. La présidence de l’UMP va lui imposer un retour aux réalités de la politique politicienne qui peut lui porter préjudice. L’ancien président de la république qui prend soin de distiller ses interventions et dont la parole se fait rare était nettement plus populaire que le futur chef de parti d’opposition.

Enfin, pour palier ces deux failles, pour éviter de perdre du terrain sur Alain Juppé, Nicolas Sarkozy pourrait théoriquement compter sur son meilleur atout, c’est à dire lui-même et son énergie. D’aucuns me diront qu’il saura bénéficier de l’incroyable engouement charismatique qu’il sait susciter et qu’on lui reconnaît à gauche comme à droite.

Mais le monstre de campagne qui est passé près d’une “remontada” hors du commun en 2012 est-il l’ancien président de la république aux cheveux grisonnants que l’on a vu s’adresser sans beaucoup de verve à Laurent Delahousse il y a quinze jours ? “« Le «tigre» Nicolas Sarkozy prépare son retour », titrait il y a peu Le Figaro. C’est un chat d’appartement, les griffes coupées, que nous avons vu.”. C’est Laurent de Boissieu qui le dit, et on ne peut pas faire meilleur constat.

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Crédits : Paris Match

 

Sarkozy prêt pour les trois nages qui l’attendent

par Camille Chevalier, vice-président de l’UMP SciencesPo

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Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat en 2017, parce qu’il est un politicien/sportif surentraîné, habitué aux compétitions.

Après son retour en politique annoncé sur Facebook et par interview télévisée sur France 2, Nicolas Sarkozy se présente à la tête de notre famille politique. La question de sa candidature en 2017 fait peu de doute mais elle mérite qu’on s’y intéresse. Plusieurs obstacles pourraient en effet bloquer son accession à l’élection présidentielle mais il se prépare depuis l’été 2012 à trois grandes épreuves :

 

Les 50 mètres brasse ou l’obstacle des élections internes en 2014

C’est la première épreuve à surmonter. Il doit se plier aux règles établies et dispose de peu de temps. Alors que ses deux adversaires s’y préparent depuis quelques mois, l’ancien Président entre dans la course sans échauffement. Pourtant, 8,5 millions de téléspectateurs étaient présents dimanche 22 septembre au 20h de Laurent Delahousse pour regarder son départ en live.

C’est une course éprouvante et à enjeu très important puisqu’il doit convaincre les militants UMP qu’il est la bonne personne pour diriger notre mouvement. Il connaît les campagnes politiques et les meetings : il s’est entouré d’une équipe de jeunes et apparaît comme renouvelé.

De plus, il jouit d’une médiatisation plus importante que ses deux adversaires. Nicolas Sarkozy est de loin la personnalité que les sympathisants UMP (68%) souhaitent pour diriger le parti, devant Bruno Le Maire (18%) et Hervé Mariton (1%) selon un sondage publié par le Journal du dimanche (Ifop – dimanche 5 octobre).  Il a deux fois plus de parrainages d’adhérents et de parlementaires que les autres et devrait remporter cette petite course haut la main.

 

Les 10 km en eau libre ou l’obstacle de la crédibilité entre 2014 et 2016

Le plus grand risque dans cette longue période de deux ans est l’essoufflement. Il doit utiliser ses atouts pour réussir sa présidence de l’UMP. D’abord, grâce à sa victoire éclatante à la première course il aura l’autorité nécessaire pour placer ses fidèles aux postes de commande, moderniser les structures de notre parti et taire les voix discordantes. L’UMP paraîtra véritablement rassemblée. Cette union contrastera avec les clivages grandissants de la Gauche divisée entre socio-démocrates et Frondeurs.

A côté, l’ancien Président pourra s’appuyer sur des intellectuels divers, des jeunes, des think-tanks : il proposera aux primaires ouvertes de 2016 un programme novateur et convaincant aux yeux des Français. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a déjà commencé à développer des thématiques nouvelles lors de ses meetings (sur le gaz de schiste par exemple).

Enfin, l’omniprésence médiatique montre bien que sa parole présidentielle est toujours écoutée (plus que celle de tous ses concurrents) : il restera la seule voix qui porte au niveau national et mondial. Les affaires judiciaires qui le poursuivent relayées (à tort, exemple du faux document de Médiapart sur le financement libyen) par tous les médias ne l’empêcheront pas de se présenter  aux élections successives.

 

Le relais 4×100 mètres nage libre ou l’obstacle des primaires ouvertes en 2016

C’est l’épreuve la plus dangereuse pour Nicolas Sarkozy avant l’accès à la candidature présidentielle. Mais il réussira à rassembler autour de lui les principaux ténors de l’UMP. Il proposera son programme original aux Français et réussira à s’imposer en principal adversaire de la Gauche et du Front national. Il gardera une portée médiatique supérieure de très loin à celle de ses futurs concurrents Alain Juppé, Bruno Le Maire ou François Fillon. De plus, ce sera le seul à pouvoir réconcilier les différentes ailes de notre parti (de la Droite populaire à la France Droite de NKM) comme il réussit à le faire depuis 2004.

Auréolé des victoires dans ces trois courses différentes, Nicolas Sarkozy pourra mettre le cap vers les élections présidentielles de 2017.

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