Un article de Diana Glebova pour le Sundial Press
Once again, the Euram and Euraf teams proved to be strong competitors in the various basketball and volleyball matches against Sciences Po’s Nancy, Le Havre, and Poitiers campuses. Today’s matches were held inside a sports complex, providing warmth and an even more concentrated team spirit. The atmosphere was noteworthy as always, with Poitiers forming a conga line, Le Havre’s K-pop dance party in the middle of the court, and the fierce competition between Nancy and Euram.
The matches began at 9:00 a.m. with a back-to-back performance by the Euram basketball team. Louise Ortlieb, second year student and the team’s co-captain, stated, “offensive was really strong in the first game and good teamwork. The first half of the match against Euraf was great, but in the second half we could feel ourselves losing our concentration.” Through excellent teamwork and strong numbers, the Euram team achieved victory against Poitiers with a score of 33-11 and against Euraf with a score of 29-12. However, this was just the beginning of a long day of matches for the team. The afternoon games against Le Havre and Nancy were the most physical and intense games of the WEIC tournament. The Le Harve match was a nail biter, with Le Havre gaining an early lead and maintaining it for a three point victory against Euram. But the match of the day was the annual Nancy v. Euram face off. The Nancy and Euram teams lined the court, and there was a deafening silence throughout the fierce match. Nancy would unfortunately beat out the Euram team with its precision and strong offense.

Isaac Greenman, second year student and team co-captain, expressed his emotions towards the losses, “I’m still really proud of the team and hope that we will exploit our weaknesses for victory in the future.” He continued with a critique of the Sciences Po administration, stating, “it’s extremely difficult to create a winning team with no infrastructure, and just once a week for two hours in an indoor gym. In a ‘world class institution’ I find it pitiful that we can’t contribute more to our sports”.
« It’s extremely difficult to create a winning team with no infrastructure, and just once a week for two hours in an indoor gym. »
The Euraf basketball team had a decisive 15-point win against Poitiers and fought a hard battle in the other matches. The support was as present as ever, with drums, horns and dancing for every point the team scored. Despite the small size of the Euraf community, the team’s spirit was the loudest and the liveliest. Chahinese Baghdad, a Euraf basketball player commented, “it’s such a great spirit on our team, and I’m so happy to be able to play and be a part of it.”
The Euraf volleyball team, despite its adept coordination, did not win any matches. A Euraf second year player commented that it was due to Euraf’s lack of numbers, since they only had six people and couldn’t substitute anyone throughout the day of intense matches. Despite the fatigue, Euraf’s players maintained a smile through it all. Florian Bobin, second year Euraf and a key supporter of the team commented, “it’s a time to see where we are at, and the Minicrit will be something to train for. We are proud of what we did, and we want to continue our performance from the Minicrit last year.”

The Euram volleyball team was incredibly successful due to its great depth and communication. Earning a victory against Euraf, Le Havre, and Poitiers, Maria Gillin, second year student and member of the team stated, “it all comes down to Nancy. Nancy is also going into the final match undefeated. The Nancy and Euram volleyball game is the most important of every WEIC, as it always goes back and forth every year. We will need to rely on our technique and endurance, since Nancy also has our skill. The most important is the cohesion of the team, we need the whole team to be positive, and keep our heads up. It is cohesion that will bring us ahead of the game.” The game was raging with emotion of the Nancy v. Euram rivalry. However, Euram suffered their first loss of the day at the hands of Nancy.
The second WEIC, held in March, will be more of an indicator to see where each team is at going into the Minicrit. As the Minicrit is being hosted by Reims this year, there is a greater amount of pressure and motivation for the teams to claim victory across the board- the first WEIC is just the beginning of the war to come.
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Simon mène la danse tout en ayant l’air ailleurs. C’est son grand atout. Avoir les pensées qui vont loin, devancer son interlocuteur, être dans un autre monde tout en s’ancrant dans votre regard pour mieux vous captiver. Dans la mesure où ils sont plusieurs à peupler son esprit, comment s’étonner qu’il soit sur tous les fronts ? Admettant être parfois « schizophrène », Simon se délecte de quolibets qui le rendent unique. « C’est un honneur d’être un ovni, rien de plus beau », affirme-t-il dans le plus grand calme.
Simon est côté de la plaque, et surprend en tombant toujours juste. Il fascina aisément le jury par sa nonchalance étonnamment pertinente. Le rêveur refuse le conformisme et vous invite à « suivre votre intuition ». « Tout le monde ayant envie de se lâcher devrait le faire ». Il ne rentre pas dans le cadre et préfère sortir des sillons creusés par ses prédécesseurs. « Tu es un siffleur, un danseur, un orateur », déclara Bertrand Périer lors de la reprise. Simon crée son propre modèle de l’éloquence, couronnée d’un chapeau noir sitôt sorti ; preuve de sa sobriété en dehors de la scène.
« Ca a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. » L.-F. Céline, Voyage au bout de la nuit

L’orateur recouvre un esprit faussement mégalo, avançant « qu’en matière de modestie, je n’ai peur de personne ». Simon l’extravagant est en réalité d’une grande simplicité, et a pour premiers mots concernant sa victoire « ça fait bizarre ». L’expérience lui parait « effrayante ». Ecrire son discours a été un « voyage au bout de la nuit », comme si Céline la hantait autant que son sujet, « ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. » Ce taiseux déclamait en effet « j’étais pas fait pour ça, j’étais pas un beau parleur moi » tout en enjôlant Boutmy. De nouveau ambivalent, pour pallier « le regard des autres » et « demeurer convaincu de ma place en finale », Simon revêt ses habits de lumières comme son assurance travaillée. L’important, avance-t-il, « c’est de rester moi-même », ainsi a-t-il pris « son silence à deux mains » pour affirmer sa singularité.
Avant de les déclamer, Simon était plus doué pour coucher les mots sur le papier « tel un Robin des voix dont il manque la corde vocale », le gagnant possède un indéniable talent d’écriture. Raphaël Charpentier salue d’ailleurs sa plume pendant la reprise. « Il y avait une poésie dans ce discours », sorte d’enchaînement d’images et de sonorités rythmées telles « chapeau de paille-paille-paille, paillasson-son-son, mais en version pléiade ». Fauve n’a qu’à bien se tenir. Adepte de la beauté des mots, il nous offrit quelques perles de traits d’esprit : « le silence n’est beau que s’il est volontaire, le silence n’est beau que s’il exprime la volonté de se taire », « le blanc est synonyme d’engagement, c’est la couleur de la robe de la mariée, c’est la nuit blanche du chevalier, c’est la couleur de l’argent de Platini, de Cahuzac et de Balkany », pour conclure « vous m’avez laissé parler comme une lettre à la poste et j’ai récupéré tous les timbres de vos voix « .

Ne voyez cependant pas dans le gagnant un auteur au-dessus du commun des sciencespistes, alors qu’il ne fait que cultiver son cynisme. Pince sans-rire, Simon ne se prend pas au sérieux tout en le demeurant. Il feint d’être admiratif de son trophée qui « n’a pas de prix, c’est une valeur inestimable, je vais donc le mettre dans mes toilettes, sur le lavabo précisément ». De la même manière qu’il mime son dédain envers la capitale, arguant que « Poitiers c’est beaucoup plus grand, il y a au moins 150 élèves », tout un s’attristant de « l’amphithéâtre plus petit à Paris, même si ça offre une proximité agréable ». Gageons qu’il sortira avec encore plus de panache de cet interlude parisien, déployant son éloquence pour « sortir avec des filles, séduire, mentir, inventer des histoires à dormir debout, puis assis, puis dans leur lit. »
Le gagnant ne se repose pas sur ses lauriers : entre deux éclats de rire qui nous disent « il faut que j’arrête de dire des conneries », le poète nous dévoile son avenir. Plume de l’Elysée ? Siffloteur de renom ? Dompteur de foules ? Son était d’esprit carpe diem l’incite à ne rien considérer comme acquis, à « toujours travailler », car « on verra si j’arrive à préserver ça et à trouver ma voie ». Après avoir remporté le prix Philippe Seguin, Simon s’envole pour l’Argentine l’année prochaine, pour « étudier un peu », beaucoup « apprendre à parler espagnol », afin de rajouter une autre langue à la sienne déjà bien déliée et douée.
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« Casa »
Bien au contraire, la « happy-association » au logo-renard a construit ses projets tout au long de l’année, avec un mot d’ordre, la continuité après le premier week-end réussi à Reims fin septembre.
En janvier, ils ont été 16 à remettre le couvert et à voir un peu plus loin. Finies les terres champenoises, le BDE rémois et les chants sciences pistes, place aux routes du Sud avec une semaine d’autostop au programme, jusqu’au sud de l’Espagne, puis une semaine de transports en commun au Maroc. Ils ont un peu triché mais la faute au calendrier de Sciences Po et aux impératifs de rentrée le 20 janvier ! « Paris-Casa » était l’occasion d’expérimenter le principe des villes-étapes qui sera le même pour le voyage jusqu’à Istanbul en mai-juin prochain : Madrid, Cadix, étaient autant d’occasions de faire une pause, de se retrouver, de faire la fête, et de prendre une douche… Si le gros avantage budget est l’absence de la case « essence », pour « Paris-Casa » chacun a mis la main à la pâte et a emballé durant les trois semaines précédant Noël les cadeaux de gosses braillards pour financer l’escapade. Mission réussie puisque les pouces en l’air se sont auto-financés avec les papiers cadeaux de pourris gâtés. Le bilan est net et sans bavure comme un trajet sur l’autoroute qui se passe sans accident : 8 binômes, 18 200 kilomètres combinés, 16 vacanciers pépères et de bonne humeur qui ont traversé en plus de Madrid et de Cadix, Tanger, Chefchaouen, Fès, le Moyen-Atlas, Rabat et se sont enfin arrêtés à Casablanca. Ils sont ro(a)dés.
A peine rentrés, les organisateurs se sont mis à préparer les trois événements qui adouberaient l’association : une soirée binôme sponsorisée par 118-218 – une source anonyme nous a indiqués que c’était le numéro le plus composé par les auto-stoppeurs durant les périples – une excursion en terres poitevines la semaine prochaine, et le grand départ en mai prochain.
Sur les terres de Charles
Du 5 au 7 avril, 70 inscrits accompagnés de 8 organisateurs vont poursuivre la découverte des routes françaises avec un géant « Poitiers » inscrit sur leurs pancartes.
Sur place, le BDE de Poitiers organise les soirées du vendredi et du samedi, auxquelles sont également invités des étudiants du programme Euraf et des sciences pistes des campus havrais et dijonnais.
Parallèlement, dans le cadre du week-end « Art et politique » organisé par le BDA Poitiers, les participants assisteront à quelques représentations théâtrales en plus d’un grand événement la journée du samedi, type rallye. Le staff ne se tourne pas les pouces non plus, puisqu’il organise les trajets en autostop – tout de même – les brunchs du samedi et du dimanche matin et l’hébergement de tout ce petit monde.
« L’Europe autrement »
C’est le nom du projet Paris-Istanbul qui réunit 26 autres joyeux lurons prêts à en découdre avec 3500km de route et 25 jours d’autostop… Oui, il faut en vouloir. L’ensemble de l’équipe se retrouvera chaque deux ou trois jours dans des villes étapes emblématiques comme Munich, Vienne, Budapest et Sofia, traversera au moins huit pays : France-Allemagne-Autriche-Hongrie-Croatie-Bosnie-Serbie-Bulgarie-Turquie. A ces points de passage s’ajoutent des pays optionnels que certains binômes traverseront peut-être selon les aléas de leur bonne humeur et de celle des conducteurs : chacun est en effet susceptible de passer en plus par la Suisse, la République Tchèque, la Slovaquie, le Monténégro, la Macédoine, le Kosovo, la Roumanie ou encore la Grèce. « Tous les chemins mènent à Istanbul », se diront-ils sûrement.
En filigrane sont prévues des études sur l’identité européenne, des conférences et des rencontres avec des étudiants de Sciences Po en échange dans des universités européennes. En plus d’avoir l’immense honneur de somnoler sur la banquette arrière d’un break hongrois ou dans un poids lourd allemand, les auto-stoppeurs dormiront dans des gymnases, campings et pratiqueront le couchsurfing. Fin juin, ils rentreront en avion d’Istanbul. 3h pour rallier Paris dont ils auront mis 25 jours à s’échapper, c’est ce qu’on appelle une belle progression.
Stop and Gold
Le principal problème reste aujourd’hui le financement : l’association a reçu un soutien financier de la part de Sciences Po pour les week-ends en campus et Stop & Go a tenté ce jeudi de remporter le prix organisé par Ernst & Young pour compléter son budget. Le reste est basé sur le financement via les comptes LCL.
Aidons-les donc avec ce petit coup de pub : si vous n’avez pas de compte chez LCL, il vous suffit d’envoyer un mail à Stop & Go (jerome.perrot@sciences-po.org) pour ouvrir un compte associé – sur le même principe que l’accord avec le BDE. Vous gagnerez 90€ et Stop & Go gagnera aussi un petit quelque chose. Un formulaire, une petite heure de paperasse, et 26 joyeux lurons pourront aller gambader gaiment et dans le beau temps, à travers notre Vieux Continent.
Une soirée, deux week-end inter-campus, deux voyages à l’étranger… L’idée née d’un « fantasme personnel » de son Président Mathieu Philippot s’est transformée en association qui réussit à proposer une alternative aux WEI, WER et autres CRIT. Evidemment, Stop & Go ne se mesure pas aux géants BDE et AS mais mais mais… en allant visiter les campus, Stop & Go s’attire les faveurs de l’Administration qui valorise toutes les actions destinées à rassembler Paris et les campus.
Avant de partir en troisième année, les membres, principalement des 2A, auront à penser succession. On ne se fait pas trop de soucis.
C'est une grande année que 2010-2011 pour les « campus en régions » de Sciences Po. Après l'ouverture du Campus euro-américain de Reims, le campus de Nancy vient de fêter son dixième anniversaire, et celui de Poitiers s'apprête à célébrer le sien. De plus, un programme euro-africain sera ouvert à Paris sur le même modèle que ceux des campus en régions l'année prochaine à Paris. Que savez-vous, vous parisiens, de vos camarades d'outre-périphérique, et que savez vous, vous poitevins, nancéens, havrais, mentonasques, dijonnais, rémois, ou même toi qui veux intégrer Sciences Po, des autres campus ? LaPéniche a décidé de faire le point sur la question, et sur les relations entre les différents campus, qui font aujourd'hui l'objet d'une attention toute particulière des BDE et des Associations sportives.]]>
C’est une grande année que 2010-2011 pour les « campus en régions » de Sciences Po. Après l’ouverture du Campus euro-américain de Reims, le campus de Nancy vient de fêter son dixième anniversaire, et celui de Poitiers s’apprête à célébrer le sien. De plus, un programme euro-africain sera ouvert à Paris sur le même modèle que ceux des campus en régions l’année prochaine à Paris. Que savez-vous, vous parisiens, de vos camarades d’outre-périphérique, et que savez vous, vous poitevins, nancéens, havrais, mentonasques, dijonnais, rémois, ou même toi qui veux intégrer Sciences Po, des autres campus ? LaPéniche a décidé de faire le point sur la question, et sur les relations entre les différents campus, qui font aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière des BDE et des Associations sportives.
Les campus en régions de Sciences Po, c’est 6 villes de petite et moyenne taille, qui accueillent des promotions réduites de l’ordre de la centaine d’étudiants par année. Chacun de ces campus est spécialisé dans une région géographique du monde, c’est ce qui fait leur spécificité. Une autre particularité de ces campus est la population d’étudiants étrangers qu’on y trouve: la procédure internationale permet aux étudiants ayant passé leur bac dans un autre pays que la France d’intégrer l’IEP et de venir étudier avec des étudiants français sur un campus en région. Faire travailler des étudiants de différentes nationalités, dans le but de créer une éducation multiculturelle et plurilingue de ces étudiants, et pour qu’ils développent une intimité culturelle avec l’aire géographique qu’ils étudient, est l’objectif principal de ces campus. Le but est aussi de favoriser la visibilité de Sciences Po à l’international, en accueillant des étudiants internationaux pour l’intégralité de leurs études, et pas simplement pour leur semestre ou leur année de mobilité.
Lorsqu’on l’interroge sur le choix de ces régions du monde, Richard Descoings répond que Sciences Po a opté pour les zones de pouvoir de demain, qui feront perdre du poids sur la scène internationale à l’Europe ou aux Etats-Unis. Le couple franco-allemand de Nancy semble faire exception à cette logique. Comme c’est le « laboratoire » de l’enseignement dispensé sur les autres campus, il était en fait naturel de commencer pour ce premier campus par la proximité géographique, et en même temps par un des impératifs les plus cruciaux de la politique française actuelle – sans vouloir ressortir la tarte à la crème du « moteur franco-allemand » de la construction européenne que l’on nous assène depuis le lycée – celui de la nécessaire entente des « élites » françaises et allemandes.
Les villes, quant à elles, sont sélectionnées d’abord parce qu’elles entretiennent avec la zone en question des relations privilégiées. Cela peut paraître évident pour des villes comme Menton ou Nancy, mais les raisons sont parfois moins connues pour d’autres zones géographiques : Dijon, par exemple, et la Bourgogne entretiennent depuis plus d’un siècle des relations étroites avec l’Europe de l’Est. Mais de l’aveu du directeur, c’est également une question de relation avec l’administration locale ou régionale qui est en jeu. Alors que certaines villes, comme Montpellier, ne sont pas envisageables à cause d’une municipalité ou une région trop réticente, d’autres partenariats et la motivation de certains élus tels qu’Adeline Hazan à Reims rendent l’installation possible. Le but est également de dynamiser ces villes à la démographie souvent en difficulté et à la vie étudiante peu développée : sur place, les étudiants parlent de leur promo comme d’une « coloc’ géante », un groupe soudé dans les études comme dans le divertissement. Le côté petite promo peut cependant avoir quelques inconvénients, de l’aveu de certains : « attention aux potins ! » ironise-t-ton. Mais ces groupes réduits d’étudiants n’en donnent pas moins une taille plus humaine à la promotion.
A Poitiers, les élèves sont amenés à se spécialiser sur le monde ibéro-américain. A Menton, c’est la zone méditerranéenne qui est privilégiée, l’Europe de l’Est à Dijon, l’Asie au Havre et enfin le monde nord-américain à Reims. Du point de vue de la maquette pédagogique, ces campus sont caractérisés par un enseignement intensif dans les langues concernées, auxquelles s’ajoute à chaque fois l’anglais. 4h de chaque langue, les étudiants étant dispensés de leur langue natale (un brésilien à Poitiers sera donc dispensé de portugais, mais suivra des cours de français). Chaque dispense amène à un cours électif supplémentaire. D’un point de vue professionnel, cette formation polyglotte représente indéniablement un atout majeur.
Aujourd’hui, ce modèle éducatif est au stade expérimental, dans ces campus en régions, dits « délocalisés » voire « de province » par les Parisiens. Le succès de ce système étant désormais avéré, alors que 40% des élèves du collège universitaire se trouvent sur ces campus de région, il n’est pas exclu de proposer dans un avenir plus ou moins proche d’étendre ce modèle aux Parisiens qui le souhaitent. Le directeur reste assez évasif sur la question. Nous avons tous eu vent de la rumeur qui court parmi les étudiants d’une éventuelle délocalisation de l’intégralité du Collège Universitaire sur le campus de Reims, mais rien ne permet de l’affirmer pour l’instant. Toujours est-il que l’intention immédiate pour ces campus est une meilleure information pour les candidats à l’entrée du collège universitaire. « Il reste un tropisme parisien incroyable ! » affirme M. Descoings. Sciences Po reste, il est vrai, extrêmement associé à son campus historique parisien de Saint-Germain, et l’information sur ces campus en régions pour un candidat ne faisant pas la démarche de chercher l’information est très limitée.
Ce « tropisme parisien » de Sciences Po se manifeste également par le manque de communication et de relations entre Paris et les autres campus. Le Minicrit’ reste pour beaucoup de parisiens un « parent pauvre » du Crit’, et la fréquentation des germanopratins à cet événement est assez faible. Pourtant, cet événement est une réelle innovation de l’Association Sportive pour favoriser l’échange entre les différents campus et créer une solidarité de promotion transcendant la distance géographique. Si il est de taille plus réduite que le Criterium, il se déroule dans une autre ambiance, plus « bon enfant« , et ce sont directement les campus en régions qui sont chargés de son organisation. Quand on demande aux Poitevins qui en ont la charge cette année quels sont leurs objectifs pour cette rencontre, ils répondent « Que les gens s’en souviennent, que Paris ramène ses fesses, que Reims lance la machine ! ». De l’ambition, donc, pour le premier Minicrit’ des Rémois, et une volonté de sortir les parisiens de leur septième arrondissement. Il y a là quelque chose d’essentiel de la vie de l’école, puisque tous les campus seront amenés à travailler ensemble dans les locaux parisiens à l’occasion de leur master.
Le Minicrit’ n’est pas (plus) la seule initiative dans ce domaine. Depuis cette année, le BDE a mis en place ce qui était déjà imaginé depuis plusieurs années dans les campus en régions, dans ce qui est peut-être l’élément le plus innovant du programme du nouveau Bureau des Élèves: le BDE National Tour. Si certains critiquent le nom, et si certains étudiants des campus de régions trouvent que cela ressemble à une visite de l’équipe principale à ses remplaçants, c’est néanmoins quelque chose de nouveau qui se joue ici. Le but: une collaboration des différents BDE pour emmener des étudiants des différents campus voir leurs congénères dans une autre ville. Les Étudiants ainsi conviés sont logés chez des étudiants du campus local, et une sorte de « weekend de cointégration » est organisé, alliant visites culturelles et grosses soirées, pour favoriser le rapprochement entre les différents élèves. Le projet n’en est encore qu’à ses débuts (seuls Paris et Nancy étaient représentés à Reims fin novembre) mais de nombreuses dates sont prévues pendant le second semestre: Poitiers, le Havre et Nancy en février, Menton et Dijon en avril, Paris recevra, elle, en mars. Le but est aujourd’hui d’élargir le nombre d’Étudiants conviés (15 Parisiens et 40 Nancéens à Reims) et de faire de cet événement un rendez-vous annuel, afin de créer dans le Collège Universitaire un réel esprit de promotion fédérant tous les campus, ce qui semble manquer à l’école aujourd’hui.