La question des bâtiments scolaires a par exemple été évoquée par l’UNL (Union Nationale des Lycéens), interrogeant le rôle des éco-délégués, privés selon le syndicat lycéen d’une participation concrète à la prise de décision relative aux enjeux écologiques. À ce sujet, Julien Bayou a évoqué son souhait de mettre en place un « conseil des éco-délégués », réaffirmant l’importance cruciale de la prise de parole des jeunes au sein des institutions. Concernant les bâtiments scolaires, Julien Bayou a regretté le « peu de rénovations » réalisées par Valérie Pécresse. Selon le candidat, la région aurait investi davantage dans les toilettes d’un établissement situé à Saint-Germain-des Prés (75) que dans l’intégralité d’un autre bâtiment scolaire à Coulommiers (77). À cet égard, Julien Bayou a réaffirmé sa volonté d’accélérer la rénovation de ces bâtiments, souvent sujets à l’amiante, à l’origine de nombreux cancers.
L’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) a également mentionné le cas des transports franciliens, exigeant une gratuité à moyen ou long terme. À ce sujet, Julien Bayou a affirmé souhaiter mettre en place une tarification sociale, une gratuité complète étant pour le moment difficilement envisageable en raison de considérations budgétaires. L’AGEP (Association Générale des Étudiants de Paris), exprimant le même souhait quant à la tarification des transports franciliens, a également évoqué les aides d’urgence, jugées trop difficiles d’accès par le syndicat étudiant. Ce dernier a également mentionné l’ouverture du Revenu de Solidarité Active (RSA) aux jeunes de moins de 25 ans, mesure à laquelle Julien Bayou s’est déclaré favorable. Le secrétaire national d’EELV a par ailleurs annoncé souhaiter expérimenter un revenu universel dans une commune de 5 000 habitants, à destination de mères célibataires et de jeunes adultes, projet qu’il partage avec un Benoît Hamon renouant avec la politique, rallié au candidat écologiste dans les Yvelines (78).
D’autres enjeux tels que les logements étudiants ou l’accès à la santé ont été mentionnés par les syndicats présents. À cet égard, Julien Bayou a déclaré souhaiter mettre en place des centres de santé publics gratuits, à proximité des universités, afin d’assurer un meilleur suivi des étudiants. Le candidat à la présidence de la région a également défendu une logique de soutien au gel des loyers tout au long de la situation sanitaire, puis d’encadrement, afin de permettre aux jeunes de disposer de véritables logements plutôt que d’hébergements d’urgence.
Alors, « fin du monde, fin du mois, même combat » ? La Péniche a interrogé Julien Bayou sur les moyens qu’il souhaitait mettre en place à l’échelle régionale pour soutenir les jeunes, particulièrement engagés dans la lutte contre le changement climatique, mais aussi sujets à une précarité croissante. Une enquête réalisée par Monique Ronzeau, présidente de l’Observatoire national de la vie étudiante, affirmait par exemple qu’un tiers des étudiants français interrogés déclarait avoir rencontré des difficultés financières depuis le début de la crise sanitaire (2).

À ce sujet, Julien Bayou a tout d’abord réaffirmé son enthousiasme vis-à-vis de cet engagement croissant de la jeunesse : « Je voudrais ré-insister sur le fait que cet engagement est merveilleux, qu’il nous bouscule. C’est émouvant. Je pense aux générations passées qui [évoquaient des] générations qui aujourd’hui sont dans la rue et dans les urnes. Nous ce qu’on veut, c’est les [inclure] dans les institutions […]. » Le secrétaire national d’EELV a néanmoins insisté sur l’importance de ne pas culpabiliser ceux qui ne sont pas en mesure d’avoir un comportement idéal en matière environnementale : « Côté citoyens et citoyennes, l’action individuelle est importante, mais il faut un continuum, de [cette] action individuelle à l’action des institutions. Parce que si vous et moi [devenons] exemplaires, mais qu’on laisse Total forer au large de la Guyane ou Lafarge rejeter des produits toxiques en toute impunité dans la Seine, on aura raté l’essentiel. Moi, je ne pousse pas et je ne culpabilise pas les gens qui par nécessité ne peuvent pas s’offrir ce qui aujourd’hui malheureusement est un luxe. Par contre, ce sur quoi la région peut intervenir, c’est démocratiser l’excellence ou le bio. Quand on développe le bio dans les cantines, c’est bien sûr d’abord le climat, la lutte contre les pesticides, le soutien aux agriculteurs et à la santé, mais c’est aussi une logique de justice sociale, parce qu’on sait que quand on développe des alternatives végétariennes à 10 centimes, peuvent venir manger des enfants dont les parents n’ont pas les ressources. […] C’est enclencher un cercle vertueux, c’est un peu première classe pour tout le monde si vous voulez. De la même manière, investir dans les détergents les plus propres dans l’entretien des lycées signifie une meilleure santé pour tous. »
Le candidat à la présidence francilienne a enfin réaffirmé l’importance cruciale des institutions dans la lutte contre le changement climatique : « Clairement, je crois qu’il ne faut pas culpabiliser les gens, parce qu’encore une fois, si vous et moi on est exemplaires mais qu’on laisse la pollution dans cet état, du fait du trafic automobile [par exemple], [ça ne suffira pas]. On sait par exemple qu’il n’y a pas une école en Île-de-France qui est dans les clous en termes de normes sanitaires. Si on veut lutter pour le bien-être, le climat, la santé, on doit agir au niveau structurel qu’est la région. »

On, le journal de l’université La Sorbonne, a également interrogé Julien Bayou sur les violences qui ponctuent l’actualité de ces dernières semaines, en Île-de-France notamment. Comment lutter contre le développement de tels affrontements, qui impliquent des individus souvent très jeunes ? « D’abord, il faut regarder les chiffres en face », a affirmé Julien Bayou. « L’Île-de-France concentre la moitié des rixes recensées. » Le candidat à la présidence de la région a ensuite décliné sa réponse en trois parties : le développement de moyens humains, de logiques de prévention et de moyens matériels.
« Nous voulons d’abord des moyens humains, que la police nationale renforce sa présence sur le terrain. Valérie Pécresse a avalisé le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux : sans surprise, ça se traduit par moins de fonctionnaires de police. […] C’est une logique comptable. [Cependant], […] on ne peut pas considérer la sûreté, le bien-être comme une [valeur] marchande. […] Ensuite, il faut développer une logique de prévention. La suppression de la police de proximité était une erreur. Là encore, c’est une logique comptable qui a prévalu. Nous voulons aller vers le plan Borloo avec des correspondants de nuit et une présence apaisante sur le territoire parce qu’on connaît les acteurs de ces lieux. Enfin, il y a une logique de moyens techniques. Pour schématiser, j’ai rencontré un commissaire à qui on a donné une arme de guerre, mais qui n’a pas la voiture qui va avec. Ça ne lui sert à rien d’avoir une arme de guerre s’il n’a pas les talkie walkies ou une voiture en bon état pour circuler. On revient à la question des moyens techniques. Autour de Drancy ou Trappes, vous avez deux à trois voitures la nuit pour patrouiller sur des zones de plus de 100 000 habitants. Des maires de droite le disent également, il y a un manque de moyens humains et techniques. »
Julien Bayou a également souligné la nécessité de revoir l’aménagements de territoires « qu’on a laissés se dégrader », ainsi que d’investir économiquement « là où il y a un désespoir, de la demande d’emploi et beaucoup de discriminations ». Enfin, le candidat à la présidence de la région est revenu sur un sujet de débats, la légalisation du cannabis, à laquelle il s’est déclaré favorable, avant de conclure : « Je pense qu’il faut prendre le temps de développer ces six axes pour prétendre lutter sérieusement contre ces phénomènes de violences. Si on se contente de [ce que] fait Darmanin, qui envoie des gens pendant deux semaines, et puis ensuite, c’est reparti, non seulement on ne traite pas le sujet mais on arnaque les gens. »
Julien Bayou a cependant complété son intervention, en évoquant d’autres types de violences, trop souvent oubliées selon le candidat écologiste : « Quand on parle de sécurité en acception normale, on a tendance à parler des incidents de sécurité publique, tout en occultant les violences domestiques à l’égard des femmes et des enfants. Pour nous ça relève de la sécurité. Si vous parlez de sécurité mais que vous n’adressez pas les transports et la question du harcèlement à l’égard des femmes, n’investissez pas dans les moyens humains pour assurer une présence, vous êtes disqualifiés à parler de sécurité. […] Ensuite on peut aller sur les questions de l’insécurité alimentaire, l’insécurité dans l’accès aux soins… Tout ça oblige à dépasser les simples slogans et à travailler le fonds du sujet ».
Concernant le harcèlement scolaire, Julien Bayou a exprimé la volonté de développer des correspondants dans les lycées, pour former à l’usage des réseaux sociaux, soulignant l’importance de la « formation de cette jeunesse à l’exposition et à la mémoire qui survit sur les réseaux sociaux, quand les générations précédentes y échappaient », mais aussi du corps enseignant et des forces de police. « Là encore on retombe sur des questions de harcèlement et de violences sexistes et sexuelles, parce que pour porter plainte, il faut pouvoir être accueilli et cru et ça n’est pas le cas. Donc il y a une logique que nous expliquent les associations féministes de terrain de former non seulement les lycéens et les lycéennes, mais aussi tout le corps enseignant et les agents à repérer des signaux de fragilité, de détresse… »
Finalement, cette rencontre entre Julien Bayou et les syndicats présents s’est articulée autour d’enjeux divers, écologiques bien sûr, mais aussi sociaux et politiques. À cet égard, la critique du candidat écologiste envers le gouvernement s’est animée dans la dénonciation régulière d’une jeunesse « abandonnée », menée par une Ministre de l’Enseignement Supérieur à « l’emploi fictif ».
Crédit images : Elise Ceyral
Image de couverture : Julien Bayou entouré des représentants syndicaux présents (de gauche à droite : Bérangère Poncet, Vice-Présidente de l’AGEP, Adrien Lienard, Vice-Président de l’UNEF et Mathieu Devlaminck, Président de l’UNL).
(1) Liste L’Écologie
(2) PAIRO-VASSEUR, Alice. « Précarité étudiante : une crise ‘sans précédent’ ». Le Point, [en ligne], 26/02/2012. URL : https://www.lepoint.fr/societe/precarite-etudiante-une-crise-sans-precedent-26-02-2021-2415544_23.php
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Si vous vous êtes déjà fait la réflexion que le Grand débat national brillait par son absence dans notre établissement, c’est désormais chose rectifiée par Sciences Po TV. Mercredi 20 mars, les partis et les étudiants étaient conviés à des échanges sur les thématiques proposées par Emmanuel Macron. Certes, l’événement a lieu 5 jours après la clôture officielle du débat pour des raisons pratiques, et tous les partis n’étaient pas présents faute de représentant, mais en tout cas, le PS, LR, LREM et LFI étaient bien au rendez-vous. Top départ pour un débat très condensé sur les enjeux de démocratie et de représentation, les questions fiscales, sans oublier les solutions pour la transition idéologique !Réforme des institutions: des pistes et des disputes
Les sections des partis ont clarifié leur plan d’action pour renforcer la démocratie et la participation citoyenne. LREM s’empresse alors de rappeler les avancées du quinquennat dont la représentation féminine à l’Assemblée, et le projet de loi de proportionnelle partielle portée par le gouvernement. Chez les Républicains, on défend clairement la ligne de François-Xavier Bellamy et Bruno Retailleau, celle d’un retour au local en allouant plus de moyens aux collectivités. On enchaîne : du côté du PS, un référendum d’initiative citoyenne encadré est vu d’un bon œil, et l’on propose la généralisation des budgets participatifs. Puis, c’est au tour de La France Insoumise qui revient sur les violences policières et les échanges de plus en plus virulents entre policiers et civils. Dans la salle, quelques accusations s’élèvent et le débat se cristallise rapidement sur la gestion de la crise par le gouvernement.
Une opposition gauche/droite marquée pour les propositions de fiscalité
Quelques altercations plus tard, place au débat sur la fiscalité : le PS défend l’automatisation du RSA pour éviter les non-recours, tandis que les Insoumis demandent la fin de l’indexation de l’Allocation Adultes Handicapés sur les revenus du conjoint, une proposition de loi pourtant rejetée par la majorité au Parlement. Dans sa défense, LREM donne le bilan de la revalorisation de la prime d’activité et rappelle le projet de réduction des cotisations pour les entreprises, propos aussitôt contestés par les Républicains qui signalent la hausse totale des prélèvements obligatoires depuis le début du quinquennat. S’ensuivent dans le public des débats sur la privatisation de l’aéroport de Paris, entre ceux qui défendent la création d’un fonds pour l’innovation grâce à la privatisation, et ceux qui y voient la perte d’un patrimoine public rentable.Le débat sur l’écologie encore très partisan
Dans un climat un peu âpre et pressé par le temps, les questions écologiques sont désormais sur la table. Les militants de LR prônent une transition pas à pas pour éviter la division, tout comme LREM qui veut amortir les perturbations liées à un changement de mode de vie, mais qui veut également fermer l’ensemble des centrales à charbon et créer une banque européenne du climat. Alors que le PS revient sur la proposition de taxer le kérosène, LFI appuie en critiquant la réforme de la SNCF qui vise à supprimer les petites lignes peu rentables pour les remplacer par des véhicules… Le débat revient à nouveau sur les réformes contestées du gouvernement, laissant peu d’occasions pour discuter d’alternatives.
En définitive, le débat de Sciences Po TV, c’était un bel effort de transposer le Grand Débat dans un milieu où bien des étudiants ne se sentent pas les premiers concernés par les revendications des mouvements sociaux, où l’on croit deviner à l’avance ce que les sections politiques vont raconter, bref, où l’on regarde parfois le phénomène national avec un brin de cynisme. Dommage que la discussion se soit concentrée autour des partis, mais il est bien difficile de libérer les échanges en si peu de temps.
]]>Bien des étudiants de Sciences Po ont ressenti un dégonflement de la vie politique pour l’année qui se clôt, comme en attestent deux récents articles, le premier de la Péniche (http://lapeniche.net/lengagement-politique-des-jeunes-a-sciences-po/), le second des Echos (https://start.lesechos.fr/continuer-etudes/vie-etudiante/sciences-po-paris-la-vie-politique-a-beaucoup-decline-12280.php).
L’engagement politique bat de l’aile pour beaucoup de militants et l’école n’échappe pas à la restructuration de la période post-élections. Mais d’autres facteurs entrent aussi en compte : ce qui est parfois considéré comme un dispersement politique avec les campus de région, la part des étudiants internationaux, et dorénavant la mise en place d’un parcours civique qui avantage l’engagement public face à l’action partisane, tout cela concourt à ce sentiment de déclin. Certains y voient un militantisme plus « pragmatique », dédié à une cause par laquelle on se sent touché, plutôt qu’un militantisme professionnel. Et si les cafés politiques attirent plus de curieux – intellectuels ou militants – que le traditionnel tractage, quelles sont alors les actions de la rentrée ?
Le bilan d’une année creuse ?
Quel ressenti vis-à-vis de l’année pour les associations partisanes ? Certaines se revendiquent très actives dans leurs interventions. Alexandre Freu, Président des Républicains Sciences Po, énumère le bilan de sa formation : « un Campus d’Hiver avec un maximum de représentants des campus délocalisés, un déplacement à l’étranger [à Bruxelles], un partenariat avec les conservatives de UCL à Londres, une soirée de section, une moyenne d’un événement toutes les deux semaines… ».
De son côté, plus d’un an avant les échéances européennes, l’organisme transpartisan des Jeunes Européens Sciences Po a non seulement organisé un voyage dans la capitale européenne et fait vivre son partenariat avec la section londonienne, mais s’est aussi consacré au programme de sensibilisation « l’Europe Par les Jeunes ».
Son association « concurrente » Critique de la Raison Européenne a pour sa part convaincu Marcel Gauchet, Emmanuel Todd, Hélène Carrère d’Encausse – entre autres intellectuels et politiques – d’exposer leurs idées aux étudiants. De plus, « Nous avons considérablement développé nos liens avec certains médias proches de notre ligne [tels] Le Figaro.Vox, Marianne, Polony.tv. » se réjouit Joachim Imad de la CRE.
En ce qui concerne la section FI de Sciences Po, aux conférences de députés insoumis (Eric Coquerel, Danièle Obono) se sont ajoutés de nombreux moments militants, entre départs de manifestations et Assemblées Générales.
LREM a naturellement plutôt orienté son projet dans l’explication de la politique gouvernementale : « Créée en septembre 2016, deux mois avant la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron, l’association s’est très vite engagée dans une campagne électorale particulièrement intense. À l’issue, notre association, comme l’ensemble du mouvement d’ailleurs, a vécu une transition, qui n’est jamais simple effectivement », déclare un membre de la section sciencepiste.
Pour d’autres associations partisanes, l’année post-électorale n’a naturellement pas été trépidante. Si les partis de Sciences Po ne sont pas un miroir de la vie politique nationale, il est bien clair qu’ils n’ont pas échappé aux restructurations. Le PS s’est montré notoirement silencieux : « après une défaite subite, beaucoup d’étudiants ont été démobilisés avec la reconfiguration des offres politiques. Puis avec l’émergence de Générations, il y a une offre beaucoup plus concurrentielle à gauche » reconnaît Joseph Thomas, le secrétaire général de la section PS.
Des émissions politiques au programme…
Avec les quelques dates politiques de l’année, les médias sciencepistes ont déjà prévu leur coup. Sciences Po TV annonce la reconduction de son partenariat avec l’Emission Politique sur France 2, tandis que le journal interuniversitaire La Gazelle poursuit son cycle de conférences du Séminaire et dévoilera prochainement ses invités. De même, Radio Germaine a prévu une programmation politique ambitieuse. L’année dernière, Jean-Christophe Cambadélis, Nicolas Dupont-Aignan et Thierry Solère sont passés dans le studio de la radio. « « Ondes politiques » est reconduite pour la troisième année consécutive. Cette année, c’est Louis Dutheuil, qui connaît bien la maison puisqu’il était déjà sur Radio Germaine à l’émission politique lors de la saison 2015/2016, qui animera l’émission et qui sera chef du service politique, avec autour de lui, une équipe de cinq à dix personnes. » explique Maxime Martinez, le directeur de rédaction. « Nous pourrons compter notamment sur plusieurs étudiants en journalisme, qui nous permettront d’avoir un œil plus pointu sur la politique ». Les étudiants désireux pourront écouter la diffusion les vendredis à 19 heures.
… et des indices d’événements prévus par les associations
Du côté des associations partisanes, les projets se mettent en place pour les élections européennes. Valérie Pécresse, la marraine des LR, interviendra lors de l’assemblée générale de rentrée mi-septembre, puis un café politique avec des députés suivra. Quelques initiatives se mettent en place : « peut-être plus que lors des autres années, plusieurs intellectuels seront invités » promet Alexandre Freu, qui souhaite aussi développer la formation des militants.
Des députés aussi pour LREM, qui souhaite avant tout organiser des conférences techniques pour expliquer les projets de loi.
A l’opposé, grande rupture souhaitée par les socialistes. Pour Joseph Thomas, « le but cette année, c’est de tourner la page. On a réussi à tisser un fond militant assez important cet été qui va permettre de proposer aux étudiants de Sciences Po des événements divers et variés ». Avant d’inviter des personnalités, les socialistes veulent « changer le logiciel de la section, en faire une section beaucoup plus productive, produire des contenus, réfléchir, avoir des débats sur un certain nombre de sujets. On ne veut pas forcément d’une section qui invite des gens pour réfléchir à sa place, on a envie qu’une réflexion parte des étudiants parce qu’on estime qu’à Sciences Po, il y a un un vivier d’idées ». Programme, donc : une Assemblée générale de rentrée, une séquence de réflexion sur l’identité sociale-démocrate, et , surtout au second semestre, des conférences sur les politiques publiques européennes méconnues ou marginalisées (précisions à venir au courant de l’année).
Chez Génération.s, des conférences, comme celles avec Benoît Hamon et Cohn-Bendit l’année-dernière, et des débats sur l’UE sont prévus : « On a pas mal d’idées, que ce soit sur les sujets, les intervenants. Il y a la matière, que ce soit dans l’actualité : l’affaire de l’Aquarius, l’affaire Benalla… ou dans nos « thèmes » de prédilection, comme l’Europe » commente Paul Surel.
L’Union des Etudiants Communistes est par ailleurs « impatient[e] de renouveler la Semaine de La Pensée Marxiste ». Et de promettre de tout faire pour que les sciencepistes soient présents dans les mobilisations à venir.
Sur le débat européen, la Critique de la Raison Européenne annonce un emploi du temps chargé. Pour la rentrée, on peut s’attendre à une conférence cruciale pour l’association, dont le contenu demeure une surprise jusqu’à présent. Plus tard en avril, ce sera un grand débat entre partis souverainistes (FI, DLF, UPR, LP, RN). « Il faut aller plus loin, continuer à nous construire intellectuellement et surtout à être cohérents dans notre démarche. […] Il est de plus en plus facile de s’assumer comme souverainiste, détracteur du libéralisme, voire conservateur à Sciences Po, et je crois que cela est essentiel. La pensée que beaucoup ont longtemps qualifiée d’unique ne l’est plus vraiment », estime Joachim Imad.
Ce à quoi répondent les JE par une autre table ronde prévue avec des représentants de partis politiques. Des éditions spéciales pour le journal le « Taurillon en Seine », et le lancement de « Taurillon Radio » sont aussi à l’agenda.

Les projets communs entre partis sont-ils envisagés ? Oui, tous s’accordent à le dire. Génération.s en a déjà fait l’expérience avec sa conférence en partenariat avec LREM l’année dernière. De même, la section PS imagine une coopération, notamment des discussions sur la présentation du budget par le gouvernement. Pour les Républicains, « à ce stade de l’année, des contacts personnels ont déjà été pris, et les élections européennes auront vocation à être au cœur des débats cette année, y compris entre les différentes associations politiques de l’Ecole ».
Maria Popczyk des JE confie : « on compte créer de nombreux partenariats pour ouvrir la thématique européenne à un public le plus large possible, que ce soit avec des associations (Sciences Po Environnement, Association des Polonais de Sciences Po…) ou des sections de partis ».
Des mesures sur le long-terme pour s’adapter aux chamboulements
Un bon recrutement chez les 1A est attendu. La plupart des associations partisanes se déclarent d’ailleurs optimistes malgré le prochain déménagement du campus. Pour rappel, l’acte II du Collège U déplacera le programme général de Paris à Reims, un changement qui concerne les deux premières années excepté, bien sûr, les bicursus. Les étudiants en 1A et 2A s’occupant souvent d’une grande part du travail associatif concret, les militants ont peur d’une forte baisse de la vie politique sur le campus de Paris.
Pourtant, Paul Surel (Génération.s) ne croit pas à une dépolitisation. « Les Master ne sont pas absents des associations militantes. Ils ont cependant une autre façon de faire vivre la vie politique : […] plutôt des événements comme des conférences, ou du style think-tank ; quoique quand on regarde ceux qui étaient le plus engagés lors de l’occupation des bâtiments de Sciences Po, on remarquera que beaucoup d’entres eux étaient en Master, et c’était les plus motivés, les plus investis ».
Le même avis est partagé par le PS, qui rappelle que la création du Collège U est finalement récente dans l’histoire de Sciences Po.
Les LR ont quant à eux anticipé les changements : « Un membre du bureau [est] spécialement dédié à ces questions, comme l’année dernière. Sur les campus délocalisés, un rapprochement des antennes de campus avec des élus locaux et régionaux est déjà en cours, notamment à Dijon et Menton ». Même voie pour LREM, qui a créé le poste de vice-président en charge des campus, et veut attirer les masters : « si les étudiants en Master sont moins investis dans les associations politiques, c’est aussi parce qu’elles ne leur offrent pas suffisamment de raisons de le faire. Cette année, nous ambitionnons de nous adresser plus particulièrement à eux en développant des conférences plus techniques qui pourraient faire écho à leurs spécialisations, avec des invités pas forcément politiques qui pourraient les aider dans leur projet professionnel futur ! ».
Voilà pour un dessin de la rentrée politique : élections européennes, mid-terms américains… restez alertes cette année !
N.B : Les partis et les associations politiques évoqués ne constituent pas une liste exhaustive, de même que les événements prévus. Il s’agit plutôt d’un petit panorama de la rentrée 2018 avec une attention accordée aux élections européennes.
Aude Dejaifve
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Les Républicains Sciences Po, le PS Section Jean Zay, l’UDI Sciences Po, le FN Section Jean Moulin, et les Ecolos Sciences Po…ils étaient déjà là l’an dernier, ils reviennent cette année. Ce ne sera pas le cas du Front de Gauche ni de Nouvelle Donne qui se sont récemment dissous. Dans le même temps, deux nouveaux mouvements politiques font leur entrée à Sciences Po en tant qu’« initiative étudiante » (http://lapeniche.net/reforme_reconnaissance_associations/) Il s’agit de Sciences Po En Marche, lancé à la fin de l’été, et de La France Insoumise, groupe d’appui à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Du côté des Républicains Sciences Po et du PS Section Jean Zay, leur calendrier politique est déjà rythmé par les primaires, la présidentielle puis les législatives. Une véritable année de campagne donc, qui à Sciences Po, sera divisée en deux temps majeurs : jusqu’à fin décembre, les deux partis devront respecter « l’obligation de neutralité » vis-à-vis des candidats à leur primaire, et c’est ensuite « en bloc » qu’ils soutiendront la candidature du candidat désigné.
Au FN Section Jean Moulin, une militante déclare que le parti sera « à 100% derrière Marine ». Il s’attachera également à « déconstruire les clichés sur les militants du Front National”, et à cultiver un « impact national » en se déplaçant à travers la France et en encourageant la création d’antenne FN dans les autres écoles, ce qui n’est pas forcément aisé « lorsqu’on est parfois seuls contre tous », souligne une militante.
A l’UDI Sciences Po, l’objectif sera naturellement de diffuser les idées du parti national, mais aussi, avance son président Benjamin Gilet, d’être un véritable « émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat » au sein de l’école. Quant à Sciences Po En Marche, le président Paul Fleurance souhaiterait que le mouvement de Macron à Sciences Po amène avant tout «de nouvelles manières de débattre de la politique ».
L’UDI Sciences Po veut être « un émulateur d’idées, une force de proposition et un acteur de débat. »
A La France Insoumise Sciences Po, les quatre membres du bureau, J., Clément, Victor et Cassandre, voudraient plutôt défendre un projet de société plus large, hors parti et au-delà des programmes, c’est à dire également « ré-humaniser la politique » dans une école où « elle reste quand même assez froide ».
« ré-humaniser la politique », l’objectif de la France insoumise.
Quant aux Écolos Sciences Po, association qui attire principalement des sympathisants des Jeunes Ecologistes et d’EELV, ils poursuivront leur travail de sensibilisation et de formation aux questions de justice sociale et climatique : « Notre génération est à la fois celle qui va vivre le réchauffement climatique, et la dernière à pouvoir l’empêcher » rappelle Lucas Rochette-Berlon, co-président des Écolos l’an dernier.
Si certains déclarent leur indépendance vis-à-vis du parti national, le PS Section Jean Zay, lui, entretient des liens directs avec le PS national et doit respecter ses règles de militantisme. « La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS», note le secrétaire adjoint du PS Sciences Po. Également affiliée à la Fédération de Paris du Parti Socialiste, la section de Sciences Po dispose de trois groupes de travail organisés autour des priorités de la Fédération (éducation et enseignement supérieure, questions de société, écologie), et peut de ce fait contribuer à leur développement : « Certaines de nos propositions pourront peut-être remonter au niveau national et devenir des thèmes de campagne pour la présidentielle. »
« La section du PS Sciences Po a les mêmes pouvoirs et le même fonctionnement qu’une section territoriale du PS.»
Du côté de l’UDI et des Républicains Sciences Po, les associations politiques en elles-mêmes ne reçoivent cette année « ni financement, ni pilotage, ni instruction » de la part du siège. Cependant, cela n’exclut pas des liens forts entre leurs membres et les partis nationaux. En effet, nombre des membres de l’UDI Sciences Po, ont « leur carte à l’UDI, au Bureau Jeunes, des rôles de campagne, ou auprès d’élus », nous dit Benjamin Gilet. Chez les Républicains, répartis au sein de groupes de travail en fonction de leurs affinités personnelles, « des étudiants travaillent directement avec des élus, des anciens ministres, des députés, des sénateurs ou avec même avec des candidats à la Primaire pour les aider à monter leur programme », explique le secrétaire général, Alexandre Hennion. Des liens personnels également présents chez le FN Section Jean Moulin dans lequel « la plupart des élèves de l’association ont déjà des postes au sein du parti, notamment des élèves en master de Politiques Publiques », rapporte une militante de la section.
A Écolos Sciences Po, le rapport au parti et surtout à la présidentielle est moins évident. Il est encore question de savoir s’ils participeront ou non à la campagne des élections présidentielles, dans la mesure où les Écolos Sciences Po tiennent à ne pas être confondus avec une antenne politique d’EELV ou des Jeunes Écologistes. «Même si depuis plusieurs années les jeunes écologistes sont enfin acceptés parmi les mouvements associatifs, l’écologie politique repousse un peu », confie Lucas Rochette-Berlon.
Quant à Sciences Po En Marche et La France Insoumise – Sciences Po, ils sont avant tout en des émanations de leur mouvement national. La France Insoumise Sciences Po s’est créée suite à la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon en février 2016, et s’est structurée en juin dernier à partir de l’élection d’un bureau de quatre étudiants de Master et du Collège Universitaire, dont ils soulignent le caractère paritaire : « Pour être reconnu par l’administration de Sciences Po, on a décidé d’élire un bureau, même si au niveau national il n’y a pas cela », reconnaissent-ils. Ce mouvement consiste surtout en un groupe d’appui à la candidature hors parti de Jean Luc Mélenchon qui n’adhère pas à la structure hiérarchique des partis politiques. De plus, s’il reste dépendant sur le plan matériel du mouvement national, ce groupe d’appui sciencespiste se déclare « complètement libre de ses actions, du moment qu’il respecte la Charte des groupes d’appui ».
Vous l’avez compris, ils sont déjà installés, et fougueusement prêts à agir. Comment vont-ils vous convaincre ? Ils vous le confient dans notre second volet du décryptage, à paraître dans quelques jours !
Tu peux également suivre les associations politiques de Sciences Po sur leur compte Facebook et Twitter: @UDIscpo / @PSSciencesPo / @FNSciencesPo / @EcolosSciencesP / @Fr_In_ScPoParis /@scpoenmarche /@LesRep_ScPo
]]>Néanmoins, je me dois de saisir également cette opportunité afin éclaircir certains points.
Depuis plusieurs années maintenant, le Front de Gauche s’est établi à Sciences Po. Il a réussi son pari de réunir en masse les partisans d’une alternative au néolibéralisme et à l’austérité. Nos effectifs n’ont fait que croître au fil des ans et ceci de manière exponentielle. Hélas, un certain nombre d’interprétations erronées – dans le meilleur des cas – et de propos quasi-calomnieux ont surgi depuis plusieurs sur LaPéniche. Je ne me permettrai pas de juger si ces dires ont été détournés sciemment ou s’ils sont simplement le fait de premiers pas hésitants dans le monde journalistique. Il est tout de même nécessaire que j’apporte mon opinion, ma part de vérité et ma vision afin de rétablir un peu l’exactitude des faits rapportés par le site sur lequel je publie aujourd’hui.
Quand j’évoquais des interprétations erronées voire des propos à la limite de la calomnie, je pensais avant tout aux articles sur l’UMP Sciences Po et le FN.
Dans son article « Le FN à Sciences Po, histoire d’une bête traquée », l’auteur se permet une vive critique des journalistes de RSP ayant eu comme invité Florian PHILLIPOT. C’est son droit, que l’on me permette donc d’en faire de même concernant son travail. C’est donc d’abord motivé par l’idée bienfaisante de protéger les partisans du Front National à Sciences Po – sans doute menacés par les hordes socialo-communistes – que l’article semble avoir été écrit.
Dépeignant un parti « exclu du débat » et victime d’un campus composé majoritairement d’étudiants anti-démocratiques, la rédaction n’hésite pas à suggérer que le Front de Gauche ainsi que l’UNEF et le NPA pourraient avoir un poids moral sur la direction de l’établissement afin de faire interdire le Front National en ses murs. Il est pourtant clair que l’importance des forces politiques de Gauche à l’IEP a permis depuis maintenant de nombreuses années l’établissement du parti unique, l’expropriation de Jean-Claude Casanova ainsi que la mise en place de la Terreur pour les ennemis politiques. En somme, la première méthode journalistique de l’auteur réside dans l’usage du fantasme.
Ce n’est évidemment pas le seul moyen de s’en prendre au Front de Gauche Sciences Po, mais c’est tout de même celui qu’affecte tout particulièrement La Péniche dans cet article. Dans un deuxième papier nommé « L’UMP Sciences Po ne connaît pas la crise » – notez les intitulés impartiaux – l’auteur nous fait découvrir les « incessants appels du pied au Front de Gauche » de la section du Parti Socialiste Sciences Po. Soyons honnêtes en précisant que ce ne sont que les paroles rapportées d’un militant de l’UMP, mais soyons le totalement en apprenant au média qu’est LaPéniche qu’un article de presse ne peut être simplement un amas de citations collecté sans discernement. Peut-être l’auteur aurait-il pu songer – mais ce n’est qu’une suggestion – à consulter les principaux intéressés ?
Faisons lui grâce d’autant de recherches, certains ont sans doute été inquiétés par les milices bolchéviques anti-démocratiques que nous constituons à ses yeux.
Le Front de Gauche Sciences Po reste ouvert au débat comme il est facile de le constater chaque jour en Péniche. Lors des élections syndicales, plusieurs membres du Comité ont échangé avec des représentants de l’UNI, formation de droite plus dure que le MET, et ce sans incident. Pas plus qu’avec les militants de la Manif Pour Tous qui diffusaient leurs tracts au 27 Rue Saint Guillaume. Au quotidien, nous côtoyons les militants de l’UMP Sciences Po comme ceux du PS Sciences Po car contrairement à ce que laissent ressortir ces articles, nous n’avons aucun problème avec le débat démocratique, et ce avec quelque force politique que ce soit.
Il est profondément regrettable qu’aucun témoignage de membres du Front de Gauche Sciences Po ne figure dans ces articles qui en traitent pourtant. Etant la force politique la plus active
à l’IEP – fait universellement reconnu par les étudiants – il n’est pas difficile de nous trouver.
Militant du Front de Gauche Sciences Po.
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