Omar Ben Abderahmen – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Fri, 05 Apr 2019 15:20:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Omar Ben Abderahmen – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Bilan d’une année de campagne(s) aux Républicains de Sciences Po https://www.lapeniche.net/bilan_republicains/ Mon, 01 May 2017 09:32:47 +0000 http://lapeniche.net/?p=36962 En cet entre-deux tours mouvementé, une autre campagne a débuté au sein de la section Chaban-Delmas, plus connue sous le nom d’association des Républicains Sciences Po. En effet, le 2 mai prochain, la section élira celui qui sera son président pour l’année 2017/2018. Deux candidats sont dans les starting-blocks : Jason G. et Omar Ben Abderahmen, tous deux en 3A cette année. Pour obtenir les suffrages des membres de l’association, les deux prétendants à la direction de la section ont dû se plier à un certain nombre de règles. Publication d’une profession de foi, débat opposant les deux candidats, militantisme auprès des jeunes étudiants…

Après avoir soutenu la campagne de François Fillon pendant plusieurs mois, Jason G. et Omar Ben Abderahmen n’ont pas hésité à s’investir de nouveau dans cette élection tout aussi déterminante pour l’avenir des Républicains Sciences Po. Mais quelles sont les qualités que doit réunir un étudiant aspirant à diriger une section politique de 168 adhérents ? Selon Camille Chevalier, actuel président de l’association, ce sont « le dynamisme et la motivation qui l’emportent », bien qu’il soit également nécessaire d’avoir « des contacts au niveau national, pour convaincre les élus de venir à Sciences Po ».

 

« Nous sommes des étudiants, pas des ministres ! »

Les deux candidats à la présidence peuvent en tout cas s’appuyer sur un CV plutôt bien rempli et sur plusieurs années de travail sur le terrain. Au-delà de son investissement à Sciences Po, Omar Ben Abderahmen est actuellement engagé en politique dans son département, la Haute-Loire. Il y est devenu le « plus jeune délégué de circonscription de France », travaillant auprès du député Jean-Pierre Vigier. Le jeune candidat, qui revient d’une 3A à Bangkok, déclare avec enthousiasme : « Je me suis engagé dans cette association dès le premier jour de ma scolarité ». Pourtant, après deux ans de militantisme au sein de la section, l’étudiant considère que celle-ci est parvenue « à la fin d’un cycle » et que « l’association doit avoir une image beaucoup plus sympa, beaucoup plus ouverte ». Comment y parvenir ? En mettant en place des événements susceptibles d’intéresser des élèves qui ne seraient pas forcément de droite. Omar Ben Abderahmen souhaite par exemple organiser des visites de start-ups, ainsi que des conférences en anglais afin d’y convier des hommes politiques étrangers. Le délégué de circonscription prône donc un renouvellement des activités de la section Chaban-Delmas. Après 2 années de militantisme de la section, il considère que si l’ association des Républicains Sciences Po veut préserver son rang au sein de l’école, cette dernière doit avoir une meilleure image. L’année prochaine serait donc l’occasion de débuter un nouveau cycle. Mais la condition sine qua none est de maintenir une ambiance paisible et bon enfant au sein de l’association. Omar Ben Abderahmen l’affirme lui-même : « Nous sommes des étudiants, pas des ministres ! »

 

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Omar Ben Abderahmen ( 3A )

« Recréer du lien » entre les adhérents

Si Omar Ben Abderahmen souhaite donc voir un renouvellement au sein de la section, son opposant va plus loin en parlant d’une véritable rupture. Adhérent aux Républicains depuis son adolescence, Jason G. partage le diagnostic de son adversaire : les Républicains Sciences Po commencent « à s’essouffler ». Après un an passé à Bruxelles, où l’étudiant a travaillé en tant qu’assistant parlementaire de l’eurodéputé Philippe Juvin, Jason G. brigue la présidence de l’association avec une priorité : recréer « du lien entre les étudiants ». Le dialogue sera donc au cœur de son projet pour la section. Jason G. déclare notamment à ce sujet : « Je veux que mon bureau puisse me mettre en minorité : si un vote du bureau dit non à l’une de mes propositions, c’est non. » On l’aura compris, celui qui fut vice-président des Jeunes avec Fillon à l’occasion de la campagne présidentielle ne se voit pas en monarque despote et tyrannique. Loin d’être laissés à l’écart, les adhérents de la section seraient au contraire partie prenante du processus de décision. Par ailleurs, Jason G. ambitionne de « faire de la section l’une des plateformes de la nouvelle politique ». Comment y parvenir ? En consultant régulièrement les adhérents de la section en ligne pour une politique plus participative, mais aussi en organisant par exemple un « concours annuel de l’idée politique la plus novatrice ». Le leitmotiv de Jason G. semble être le suivant : « mettre en place une politique qui soit attrayante ». Sur ce point, les visions des deux prétendants à la direction convergent.

Un bilan « très satisfaisant » pour 2016/2017

« Je pense que ce qui est important, c’est l’unité de la section», Camille Chevalier

La course à sa succession étant ouverte, Camille Chevalier peut quant à lui faire le bilan de cette année 2016/2017 où il a été à la tête de la section Chaban-Delmas. Un bilan qu’il estime « très satisfaisant ». Il est clair que le travail accompli au sein de l’association science-piste est loin d’être fictif. En cette année électorale, l’association a tablé, tracté, milité, et multiplié les événements, avec des invités tels que Valérie Pécresse, Jérôme Chartier, Bernard Accoyer ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce large panel d’intervenants a permis de « déjouer le piège de la division à l’intérieur de la section pour que chaque courant puisse s’exprimer », selon le président des Républicains Sciences Po. Et ce dernier d’ajouter, satisfait : « Je pense que ce qui est important, c’est l’unité de la section. Ce n’était pas gagné d’avance, cette année, que ce soit avec les divisions autour de François Fillon au second semestre ou autour de la primaire au premier ».

Finalement, en dépit de la tempête traversée par le navire de la droite, aucune défection n’a été à déplorer au sein de la section Chaban-Delmas. Avec 168 adhérents, celle-ci est à ce jour l’une des premières forces politiques de Sciences Po en termes d’adhésions. Qu’en sera-t-il l’an prochain ? Un début de réponse sera apporté le 2 mai prochain, lorsque les membres de l’association choisiront de porter Jason G. ou Omar Ben Abderahmen à la tête des Républicains Sciences Po.

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Militant à Sciences Po, le mode d’emploi https://www.lapeniche.net/militant_sciencespo/ Fri, 04 Dec 2015 05:00:23 +0000 http://lapeniche.net/?p=32147

Un article d’Alice Brogat et de Malte Penot-Lacassagne, avec l’aide de Martin Lewandowski.

Les 6 et 13 décembre prochains auront lieu les prochaines élections régionales. Le scrutin, a priori peu prisé, n’a pourtant rien d’anodin. Il s’agit non seulement des premières élections régionales depuis la réforme territoriale, mais aussi de la dernière échéance électorale avant les présidentielles de 2017. Dans les partis politiques comme au sein des sections à Sciences Po, la campagne prend des airs de répétition générale. La Péniche a voulu en savoir plus. Petit guide du militant du 27.

 

Une mobilisation à géométrie variable

Tous les partis politiques représentés rue Saint-Guillaume ne participent pas à la campagne des régionales. C’est notamment le cas de la section de Nouvelle Donne, dont le parti national ne présente aucun candidat en Ile-de-France. « Les adhérents ne se sont pas mis d’accord sur le choix d’un candidat en Ile-de-France, aucun ne répondait à leurs exigences, explique Alexandre Louradour, président de Nouvelle Donne Sciences Po. Nous pensons par ailleurs qu’il y a un autre enjeu plus important dont on doit parler à Sciences Po en ce moment : la COP 21″.

Même son de cloche chez les Ecolos Sciences Po. « Nous préférons axer notre communication sur la COP 21, plutôt que sur la campagne des régionales, une grande partie de nos adhérents venant de la société civile, et n’étant pas impliqués dans le parti », confie Amélie Gaillat, membre du bureau collégial. La structure de l’association ne joue pas en sa faveur. « Nous ne sommes pas une section, mais une association politique visant, entre autres, à relayer la communication du parti EELV et des Jeunes Ecologistes, qui représentent le mieux nos idées. Chaque militant-te peut décider librement de mener la campagne d’EELV où il-elle veut en France. »

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© Ecolos Sciences Po

Les sections impliquées directement dans ces élections demeurent en règle générale assez indépendantes de leur maison mère. Leurs représentants rappellent qu’ils ont décidé de s’impliquer dans la campagne de leur plein gré. Côme Delanery, militant du Front de Gauche, explique ainsi que « toutes les initiatives viennent des étudiants qui décident spontanément de leurs événements et des thèmes traités. » Tiphaine Armand (UDI) ajoute que cette mobilisation spontanée « est un acte remercié et applaudi par le parti. »

En revanche, du côté du FN, il semblerait que la mobilisation soit une manœuvre politicienne et une décision de parti : « Notre section à Sciences Po est clairement là pour nourrir le programme de Marine Le Pen en 2017 et pour la faire gagner. Tous les éléments de Sciences Po, comme grand établissement de l’enseignement supérieur sont utiles [à Marine Le Pen] pour son programme », explique Thomas Laval, président du FN Sciences Po. Cette démarche demeure une exception à Sciences Po.

 

Des militants très impliqués

Malgré un emploi du temps d’étudiant chargé, le militant de Sciences Po défend ses convictions avec passion et s’implique intensément dans la campagne de son parti. Pour ce faire, tout est calculé pour convaincre le maximum de personne en un minimum de temps. Les militants du PS nous présentent par exemple les avantages du porte-à-porte : « des études comparatives menées durant la campagne de Hollande ont montré que cette manière de faire campagne est beaucoup plus efficace que le tractage« , explique Séraphin Élie, secrétaire de la section. À l’inverse, Omar Ben Abderahmen, vice-président des Républicains Sciences Po, rapporte que les militants des Républicains privilégient le tractage dans Paris, tout comme les militants de l’UDI.

Du côté du Front National, l’action prend une toute autre forme : en quête de légitimité à Sciences Po, la section se concentre sur des actions militantes au sein même de l’école : « Nous avons tenu une table pour faire connaître le programme de Wallerand de Saint-Just (Note de la rédaction : le candidat FN en Île-de-France) » explique Thomas Laval, qui rajoute : « nous allons placarder des affiches de Florian Phillipot et de Wallerand de Saint-Just, distribuer des tracts et des goodies. »

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© FN Sciences Po

Toutefois, les actions du militant sciencepiste ne se limitent pas aux seules actions de terrain. En effet, elles passent aussi par des conférences ou des débats : le Front de Gauche a par exemple invité Eric Coquerel, tête de liste du rassemblement FDG à Paris, à Sciences Po.

Par ailleurs, du côté des Républicains, la section est presque directement impliquée dans l’élaboration du programme de son candidat : « Nous faisons un travail de fond : nous avons un groupe de travail qui produit des fiches sur des projets, des propositions des étudiants de Sciences Po. Elles sont ensuite transmises à l’équipe de Valérie Pécresse (NDLR : la candidate LR en Île-de-France) » , détaille Omar Ben Abderahmen.

Séraphin Élie, résume parfaitement cet état d’esprit. « Je considère que participer à la campagne des élections régionales est une question de responsabilité vis-à-vis du parti. Si on ne participe pas, on n’a pas la possibilité de rencontrer les hommes politiques. Il est essentiel de connaitre le candidat pour qui on milite. On ne peut pas dissocier la politique du militantisme. »

© PS Sciences Po

Un travail autonome, utile et applaudi par le parti

Les sections de Sciences Po bénéficient d’une grande autonomie dans leur travail militant. « En tant qu’organisation étudiante indépendante, on a toute la latitude de réflexion que l’on veut », confirme Côme Delanery (FDG). Toutes les sections s’accordent d’autre part sur les bénéfices que les cadres du parti retirent de l’investissement de la jeunesse. « Ils ont besoin de confronter leurs idées aux nôtres. Hervé Morin est très enclin à l’échange et il respecte, écoute et met en oeuvre quand cela vaut le coup les idées des jeunes qui représentent l’avenir à ses yeux. Les jeunes en politique sont une espèce rare et nos aînés ont besoin de nous pour rester dans la réalité des générations, c’est pourquoi ils nous poussent à continuer », souligne Tiphaine Armand (UDI).

Il faut bien sûr avoir à l’esprit que la jeunesse est aussi un argument de campagne. « Beaucoup d’électeurs sont réceptifs quand les jeunes s’engagent », ne cache pas Séraphin Élie (PS). 

Le militant du 27 est efficace, et le parti duquel il dépend sait le lui faire savoir : « Valérie Pécresse est reconnaissante [de notre travail], d’ailleurs nous l’avons reçue pour notre assemblée générale et elle était très contente du boulot que l’on fournit à Sciences Po », se réjouit Omar Ben Abderahmen (LR).

© Les Républicains Sciences Po

Le militantisme étudiant : démarche désintéressée ou tremplin de carrière ?

La détermination et la ténacité des militants de Sciences Po au service de leur section est indéniable, et celui qui la remettrait en cause aurait bien du mal à trouver des arguments pour soutenir son affirmation. Mais quels sont les motifs qui poussent les étudiants à militer ? À première vue, leur démarche semble désintéressée. « Si on ne le fait pas, qui le fera ? A 20 ans, on a le temps et l’énergie pour rencontrer les gens. Il faut y croire. La moitié des gens ne croient plus en la politique, donc le travail que l’on fournit lors des élections locales est important », affirme Séraphin Élie (PS). « A posteriori, on se rend compte que c’est utile. On parle à des gens à qui on ne parle jamais autrement. Cette confrontation nous permet aussi d’affiner notre argumentaire » renchérit Milan Malik, responsable du pôle mobilisation externe de la section du PS à Sciences Po.

Les raisons avancées par les Républicains sont sensiblement les mêmes. « Il faut aimer le contact avec les gens si l’on s’engage. On ne s’investit pas parce que l’on est obligé de le faire, d’ailleurs nous le disons aux militants de notre section », confirme Omar Ben Abderahmen. Tiphaine Armand (UDI) va dans le même sens. « S’investir dans une campagne quand on est étudiant, c’est comme vouloir s’investir dans une association ou accomplir un projet humanitaire. C’est une volonté personnelle de s’engager pour les autres qui s’explique principalement par le plaisir que cela procure. Ainsi l’investissement au sein d’une campagne est motivé par des valeurs, des idées et un avenir commun meilleur à nos yeux. »

© UDI Sciences Po

Toutefois, l’engagement militant via une section sciencespiste est-il toujours mu par des objectifs uniquement altruistes ou ne répond-il pas parfois à des desseins plus personnels ? C’est du moins ce que dénonce Alexandre Louradour (ND) : « Je reproche l’opportunisme de certains lors des campagnes. Il s’agit d’une minorité, mais certains cherchent à se placer, à créer des liens au niveau local et national. Pour moi, le but premier d’une association politique à Sciences Po n’est pas de s’assurer un avenir via le réseautage et le placement. Les associations ne servent pas à faire campagne mais à produire du débat dans l’école. »

Les sections les plus à gauche défendent un militantisme désintéressé. C’est le cas du Front de Gauche : « En s’engageant on ne cherche pas à faire carrière. On fait cela pour défendre les idées qui nous tiennent à coeur et qui sont centrales dans la lutte aujourd’hui : égalité, démocratie, progrès social, écologie, etc. » se défend Côme Delanery. Même réponse chez les Ecolos Sciences Po, puisqu’Amélie Gaillat confirme que « l’idée est surtout de faire ce qui nous plait et de trouver des moyens de changer les choses à notre échelle. »

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© Front de Gauche Sciences Po

Néanmoins, quand l’on se déplace vers la droite de l’échiquier politique, le carriérisme semble plus présent, ou du moins plus avoué. Séraphin Élie est conscient que « le phénomène de réseautage existe ». « Certaines personnes ont vraiment envie de se montrer, mais il ne faut pas non plus tout condamner. Il s’agit souvent de personnes qui croient en la possibilité de changement, qui ont envie de faire des choses concrètes. Or il n’y a pas de miracle : il faut être sur une liste pour être élu. » Chez les Républicains, ce phénomène n’est pas non plus mal considéré. Au contraire, Omar Ben Abderahmen reconnait que participer à une campagne permet de « s’ouvrir une porte dans le monde politique. C’est ainsi que cela marche, en faisant ses preuves, en montrant l’envie de s’impliquer. Et c’est une bonne nouvelle, la section veut que les gens aient l’opportunité de s’impliquer en dehors de la section des Républicains de Sciences Po. »

Déterminé et enthousiaste, le militant du 27 défend avec conviction ses opinions. Jamais à court de temps ni de volonté pour promouvoir sa section en Péniche, il se bat avec passion pour faire vivre le débat public à l’échelle de Sciences Po. Même s’il est souvent déconsidéré par ses camarades, il reste une figure incontournable de la vie étudiante de notre école.

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Mais qui sont les jeunes pousses de la politique sciencepiste ? (1/2) https://www.lapeniche.net/pousse1/ https://www.lapeniche.net/pousse1/#comments Wed, 29 Apr 2015 08:53:40 +0000 http://lapeniche.net/?p=28725 Ils sont jeunes, ils sont en première année à Sciences Po et déjà engagés dans une des nombreuses sections politiques de l’école. Têtes d’affiche politiques de la promo 2019, vous les avez forcément vus en péniche, tracter, tenir une table, discuter, et tout laisse à penser que vous les verrez encore pendant quelques années. Voici la première série de nos portraits des jeunes pousses de la politique sciencepiste.

Omar Ben Abderahmen (UMP)

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Omar Ben Abderahmen. Photographie : Capucine Personnic.

Etais-tu engagé avant d’entrer à Sciences Po?

J’ai été engagé à l’UMP un an avant d’entrer à Sciences Po, je militais dans mon département, dans ma ville du Puy en Velay en Haute Loire.

Quels ont été les temps forts de ton année ?

Déja l’entrée à Sciences Po : moi je viens d’un lycée en milieu rural, j’étais complètement surpris par le melting pot extraordinaire qu’il y a ici.  

Au niveau politique, j’ai eu de nombreux moments forts : le grand moment politique de mon année, c’est quand j’ai été reçu, avec l’association Touche pas à ma bourse, je la mérite, dont je suis un des principaux responsables, par Nicolas Sarkozy. C’était vraiment un grand honneur d’être reçu par l’ancien président de la République, que je soutiens en plus dans la période actuelle : c’était un vrai moment fort.

Quelques mots sur les syndicales?

Un syndicat permet de souder les liens. C’est ça que j’aime en politique, que ce soit à l’UMP Sciences Po ou à l’UNI Sciences Po, c’est que l’on est vraiment une vrai famille. Quand quelqu’un a un problème il peut compter sur les autres et vice versa. La politique c’est aussi ça.

Qu’est ce que ça fait d’être de droite dans une école de gauche?

Et bien au début ça fait un peu bizarre. Surtout qu’ici c’est la vrai gauche quand même, je dis pas tous, mais beaucoup sont de la vraie gauche. Après ça te motive, ça te pousse sans cesse à chercher de nouveaux arguments, à convaincre toujours, et d’un point de vue intellectuel c’est très intéressant. Et puis au moins, on ne s’ennuie pas. Il y a  tout le temps des choses à faire quand on est de droite à Sciences Po.

D’autant que Sciences Po n’est pas non plus sectaire : l’UMP Sciences Po est la première association politique de l’école, la première association reconnue, et l’UMP Sciences Po a fait vraiment un très bon travail, un travail de fond. Donc je pense qu’être à droite Sciences Po ce n’est pas la même chose en 1968 qu’en 2015.

Quels sont tes projets au sein de la section UMP pour l’année prochaine?

Développer le pôle formation à l’UMP Sciences Po, qui n’est peut être pas assez travaillé et pourquoi pas une visite de l’Assemblée nationale, d’autres associations le font, je pense que c’est une bonne chose pour faire venir les étudiants de 1A.

Omar Ben Abderahmen avec Nicolas Sarkozy
Omar Ben Abderahmen avec Nicolas Sarkozy

Quelles sont les qualités importantes selon toi pour faire de la politique?

Avoir des capacités intellectuelles, être capable de réfléchir, ne pas être sectaire, aller à la rencontre des gens. Et la deuxième chose c’est la passion, la foi d’être sur le terrain, de tracter. Le tractage c’est la base, je ne conçois pas la politique sans être un peu sur le terrain. C’est bien de faire Sciences Po, l’ENA et d’être parachuté, mais moi c’est à l’opposé de ma conception de la politique. La politique c’est d’abord les tripes, il y a la raison, les capacités, mais c’est d’abord les tripes. Si on a envie, on peut tout faire.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

Le terrain, le mérite et l’honnêteté.

Tu comptes rejoindre le bureau l’année prochaine ?

Ce n’est pas moi qui décide. Et moi je ne fais pas de la politique forcément pour les places. Mais je pense que le système de renouvellement du bureau de l’UMP est très bien, c’est un système qui récompense les 1A selon une seule chose : le mérite. Si le bureau me juge apte à être vice-président, bien évidemment j’accepterai cela, avec plaisir, pour agir. Mais s’il ne me propose pas je ne serai pas forcement déçu, je continuerai à militer dans tous les cas. Je ne pense pas à ça matin midi et soir.

Tu ne penses pas à ça en te rasant?

(rires) Certainement pas ! Si on s’engage en politique, c’est aussi pour ne pas ressembler aux anciens !

Lucile Bourre (MJS)

Lucile Bourre
Photographie : Capucine Personnic.

 

Parle-moi de ton parcours, étais-tu engagée avant de rentrer à Sciences Po par exemple?

Oui j’étais engagée avant d’entrer à Sciences Po, je suis entrée au MJS en juin 2012, lorsque j’étais en seconde, donc assez tôt. (…) J’ai d’abord milité pour la campagne des législatives avant d’aller à l’université d’été. Puis j’ai coordonné mon équipe dans le 7ème et et le 15ème arrondissement, j’ai été coordinatrice d’équipe pendant trois mois et maintenant je suis au collectif fédéral à Paris. 

Pourquoi avoir choisi le MJS?

Si je suis au MJS et pas au PS ou dans un autre parti , c’est que précisément pour moi, le mouvement, comme il n’a pas de visées électorales, a pour but de réfléchir et de proposer un projet de société et des idées alternatives. C’est plus ce format là qui me plaît justement, le fait de ne pas être une machine à gagner des élections que tu réactives quand tu es en campagne. Je préfère la perspective qui consiste à travailler son argumentation politique, à porter un projet sur le long terme. 

Qu’est-ce que tu penses de la vie politique sciencepiste ?

Le problème de cette école, c’est qu’il faut la repolitiser. J’ai l’impression que lorsque je m’adresse à des sciences pistes, je tombe souvent sur des gens qui n’ont pas pris le temps de la réflexion politique.

Quelles sont selon toi les qualités à avoir pour militer et pour “faire de la politique”? 

Je sais pas si c’est une qualité, mais je pense qu’il faut être un minimum idéaliste, surtout quand tu es jeune. Les vieux viendront toujours te dire “ce que tu veux faire c’est pas réaliste, ça n’arrivera jamais” et je pense que nous en tant que militants, en particulier en tant que jeunes, c’est une qualité pour nous de pouvoir penser en dehors du modèle des adultes, des politiques, de pouvoir leur proposer des choses alternatives auxquelles ils n’auraient pas forcement pensé par eux-mêmes. 

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour représenter ce en quoi tu crois? 

Egalité, justice, avenir. 

Pourquoi militer, pourquoi faire de la politique, surtout aussi tôt, et penses-tu continuer après Sciences Po? 

J’ai commencé tôt parce que j’ai besoin d’exprimer mes convictions, j’ai besoin d’en parler, j’ai besoin de convaincre les gens. Quand j’ai commencé  je ne pouvais pas aller voter, donc je suis dit que j’allais envoyer les autres voter à ma place.

Maintenant je continue parce que je pense que j’ai affiné mon raisonnement politique et je pense que la politique, une fois que tu y es entré, c’est très compliqué d’en sortir. Même si je  ne veux pas forcément en faire ton métier, je pense que j’aurais énormément de mal à m’arrêter de militer simplement parce que c’est un peu comme tout : au début tu le fais en dehors de tes cours, en dehors de tes hobbys, quand t’as le temps. Ensuite ça devient ton hobby. Et après ça devient tes cours. 

Christine Samandel (UDI)

Christine Samandel. Photographie : Capucine Personnic.
Christine Samandel. Photographie : Capucine Personnic.

Est-ce que tu étais déjà politiquement engagée avant d’entrer à Sciences Po ?

Le problème c’est qu’en Corse, l’UDI est inexistante, donc je me suis encartée en juin dernier seulement, même si auparavant je suivais ça avec beaucoup d’attention, j’allais aux meetings quand je venais à Paris. Mais c’était compliqué car pour moi l’engagement politique ne peut pas se baser que sur l’envoi de messages par internet, il faut vraiment avoir une expérience de militantisme. (…) Quoiqu’il en soit je savais qu’en venant à Paris l’année suivante, je m’investirai pour l’UDI.

Tu milites pour l’UDI mais aussi pour le MET, pourquoi avoir fait ce choix?

Déjà, je rappelle je rappelle que l’UNI-MET à Sciences Po était historiquement centriste puisque c’est Pierre Bornand qui a dirigé le syndicat il y a quelques années. Et puis je connaissais Léo Castellote, responsable de l’Uni Met Sciences Po, avec qui on ne se rejoint pas sur toutes nos idées politiques, loin de là, c’est pour ça qu’il est à l’UMP et moi à l’UDI. On est vraiment assez opposés sur de nombreuses questions. Mais je rejoins sa conception de la méritocratie et j’apprécie cette forme de militantisme syndical qu’on ne retrouve pas dans les partis, mais plus dans les organisations comme l’UNI-MET ou l’UNEF. 

Bien entendu, je ne rejoins pas du tout le programme national de l’UNI, mais sur des questions étudiantes spécifiques à Sciences Po je pense que l’on peut additionner nos différences. La méritocratie et le programme que l’on a défendu sont des points qui me correspondent totalement. 

Jean Christophe Lagarde aux côtés de Marine Denis, présidente de l'UDI Sciences Po et Christine Samandel, responsable du pôle Conférences.
Jean Christophe Lagarde aux côtés de Marine Denis, présidente de l’UDI Sciences Po et Christine Samandel, responsable du pôle Conférences

Quel est ton rôle au sein de la section et quels sont tes projets?

Cette année j’ai géré le pôle conférence : lorsque les membres du COMEX avaient un invité, c’est moi qui m’occupait du choix des thèmes, de la logistique, des descriptifs, mais je travaillais aussi avec le pôle communication. Et puis au fur et à mesure de l’année la présidente Marine Denis m’a fait de plus en plus confiance, et m’a permis de travailler sur d’autres projets, (…) notamment un micro trottoir en novembre avec Antoine Gastinel, le trésorier de l’Udi Sciences Po. Je pense que c’est important de toucher un petit peu à tout. 

Pour l’année prochaine, je suis candidate à la présidence de la section. Présider une section politique en deuxième année, c’est un challenge. Mais je ne manque pas d’expérience. Je ne serai pas présidente pour un poste, pour un titre, pour être déconnectée de la base militante. Si je suis présidente, je dirigerai la section de manière collégiale, en contact permanent avec les militants, en ayant en permanence à l’esprit la volonté de créer une dynamique de groupe et une synergie collective. Je veux que l’UDI Sciences Po devienne une vraie association de sciences-pistes mobilisés, soudés, avec un véritable esprit de groupe, avec une dynamique interne où chacun se sente libre de porter ses projets !

Quelles sont selon toi les qualités à avoir pour faire de la politique?

L’engagement à toute épreuve, le respect des autres et l’honnêteté . Ce n’est pas forcement ce que l’on observe en politique, mais l’honnêteté est fondamentale pour moi. Ensuite on voit qui est méritant, disons que pour une section par exemple, ce n’est pas ceux qui font des coups bas qui gagnent toujours. Il y a un bilan qui permet d’avoir une légitimité. Mais avant tout, pour s’engager il faut être passionné : que l’on soit en politique ou dans le milieu associatif, le plus important, c’est d’être passionné, de pouvoir aller au fond des choses. Si on a ça, on peut créer une dynamique et générer chez les autres le même élan. 

Séraphin Elie (PS)

Photographie : Capucine Personnic
Photographie : Capucine Personnic

Etais-tu engagé avant d’entrer à Sciences Po?

Non je n’étais pas vraiment engagé avant d’entrer à Sciences Po : j’avais un peu milité lors des municipales pour une liste de rassemblement de la gauche PS-EELV-PCF sur laquelle mon père était présent. Mais je suis bien le premier de la famille à avoir franchi l’étape de l’adhésion à un parti lors de mon entrée à Sciences Po !

Quel est ton rôle au sein de la section Jean Zay ?

Au premier semestre, j’ai fait beaucoup de tenue de table en Péniche, puis un membre de la section a quitté le bureau pour aller militer dans une section d’arrondissement donc j’ai eu l’occasion de rentrer au bureau où je suis aujourd’hui responsable de la mobilisation.

J’ai notamment coordonné la campagne des départementales durant laquelle nous sommes allés militer dans le 93 pour soutenir une ancienne élève de Sciences Po, conseillère régionale et candidate au conseil départemental de Villetaneuse. Elle a été élue et est aujourd’hui vice-présidente du conseil départemental.

Quels sont tes projets pour l’année à venir ? Est-ce que tu souhaites ramener plus de monde aux évènements ? 

Oui! Nous avons vraiment des difficultés à faire venir du monde, c’est une situation que l’on retrouve dans beaucoup de partis. L’UMP y arrive encore car ils arrivent à avoir des noms sur leurs évènements. Nous on a essayé de privilégier les débats de fond, sans forcément inviter des personnalités, afin de ne pas annihiler le débat avec les invités. Notre débat sur la formation professionnelle n’a pas forcément eu un grand succès mais il était passionnant.

C’est paradoxal d’avoir du mal à mobiliser alors que Sciences Po est une école de gauche !

Je pense que nous avons beaucoup de sympathisants et les scores de l’UNEF montrent que l’école est plutôt à gauche. Mais on a un peu de mal à déplacer les gens pour nos évènements. Sans doute parce qu’il y a beaucoup d’associations de gauche, ce qui complique les choses pour mobiliser.

Nos adhérents sont aussi très impliqués dans d’autres associations comme Terra Nova,l’Unef, Plug’n Play ou Open Diplomacy. Et puis le fait que nous soyons un parti gouvernemental jouent aussi en notre défaveur, mais cela tourne: j’imagine qu’il y a trois ans l’UMP avait davantage de mal à mobiliser qu’aujourd’hui ! 

Quelles sont les qualités importantes selon toi pour s’impliquer en politique ?

Pour être militant, il faut savoir travailler en équipe, remplir son rôle et savoir déléguer, on ne peut jamais tout faire. Il faut aussi être toujours sympathique et croire en ce que l’on fait. Il ne faut pas agir par pur opportunisme.

Quel candidat pour 2017 pour le PS ?

Pour le PS je pense que Martine Aubry serait une bonne candidate, elle parviendrait à rassembler le parti, c’est une figure nationale. Mais elle n’a pas su s’imposer en vue du Congrès donc cela me semble compliqué.

Pourquoi t’être engagé au PS ?

Même si j’ai des déceptions, je crois sincèrement aux valeurs du PS et à l’équilibre entre capitalisme libéral et régulation excessive. Mais je ne suis pas fermé aux autres partis : l’union de la gauche est indispensable. La journée des gauches était à ce titre tout à fait intéressante : on était pas d’accord sur tout, mais on peut se ressembler sur des convictions.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

La politique, l’Europe, l’avenir. 

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