nkm – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 04 May 2015 12:27:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png nkm – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Zemmour et Mélenchon : des invités jugés indésirables à SciencesPo ? https://www.lapeniche.net/zemmour-et-melenchon-des-invites-juges-indesirables-a-sciencespo/ https://www.lapeniche.net/zemmour-et-melenchon-des-invites-juges-indesirables-a-sciencespo/#comments Tue, 18 Nov 2014 08:58:49 +0000 http://lapeniche.net/?p=24481 zemmourmelenchon

“SciencesPo nous apprenait à ne jamais rester sec, à parler toujours (…) : cette école est l’ennemie du silence” assurait Marin de Viry -chroniqueur littéraire pour la Revue des deux Mondes- dans la revue Charles du printemps 2013 consacrée à SciencesPo.

Nonobstant le large consensus de centre-gauche qui règne parmi les étudiants foulant chaque jour le sol de la péniche, cette dernière en effet a pris l’habitude de recevoir la visite de quelques personnalités qui s’aventurent bien au-delà des frontières du spectre politique sciencepiste.

C’était le cas en 2012 de Marine Le Pen vociférant contre les “enfants de bourgeois” en train de la siffler devant l’amphi Boutmy ou d’Alain Finkelkraut tentant d’échapper tant bien que mal aux étudiants venus le chahuter lors d’une conférence en 2008.

Mais ce SciencesPo ouvert à tous les vents, aussi clivants et peu consensuels soient-ils, semble désormais engagé dans une voie bien différente.

 

Melenchon relégué au sous-sol d’un bâtiment annexe

Les difficultés éprouvées récemment par le Front de Gauche SciencesPo pour inviter Jean-Luc Mélenchon posent en tout cas certaines questions quant à la politique de l’administration.

Fin septembre, la section sciencepiste du FDG avait formulé une demande de réservation de l’amphithéâtre Boutmy : Jean Luc Mélenchon avait en effet accepté de venir à SciencesPo le 19 novembre à 19h15.

Or, cette demande avait été immédiatement refusée par la direction de la vie étudiante au motif que l’amphithéâtre Boutmy ne pouvait pas être réservé par une association politique. Un argument qui laisse perplexe sachant que l’UMP SciencesPo avait pu inviter sans aucun souci Nathalie Koscizusko Morizet en Boutmy le 13 novembre 2013. D’ailleurs, lorsque Nicolas Thomas, l’ancien président de la section avait “effectué la demande, l’administration ne m’ [lui] a posé aucun problème pour accéder à ma [sa] requête et réserver Boutmy” assure-t-il. Julien Palomo que nous avons interrogé dément toutefois avoir exposé cet argument auprès du Front de Gauche.

Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Thomas, l'ancien président de l'UMP SciencesPo, dans l'amphi Boutmy en novembre 2013. Credits : Pascal Legrand
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Thomas, l’ancien président de l’UMP SciencesPo, dans l’amphi Boutmy en novembre 2013. Credits : Pascal Legrand

 

Mélenchon a donc dans un premier temps été étrangement relégué dans l’amphithéâtre Chapsal. Pourtant, Pierre-Yves Cadalen, membre du bureau FDG, se disait “sûr de pouvoir remplir Boutmy avec un invité pareil, c’est dommage”.

Pas de Boutmy donc, et pas de Chapsal non plus au final. Julien Palomo a en en effet annoncé à Pierre-Yves Cadalen début novembre que Jean-Luc Mélenchon serait finalement déplacé au sous-sol du 13 rue de l’Université, dans l’amphithéâtre Jean Moulin.

La raison avancée était la venue de Jean-Yves Le Drian, l’évanescent ministre de la Défense, le même jour à la même heure  pour une conférence intitulée “Quels choix de défense dans un environnement budgétaire contraint ?” et réservée aux étudiants de l’Ecole des Affaires internationales. “Ca me semblait indigne de faire venir Mélenchon dans cette salle petite obscure donc on a préféré annuler la conférence” explique Pierre-Yves Cadalen.

L’invitation de Jean-Yves Le Drian par Ghassan Salamé, doyen de l’Ecole des Affaires internationales de Sciences Po le même jour et la même heure que Jean-Luc Mélenchon pose en effet question sur la volonté supposée de l’administration d’écarter Jean-Luc Mélenchon du 27. Julien Palomo s’en défend et explique que l’agenda chargé de M.Le Drian a poussé son cabinet à imposer ce créneau horaire là au dernier moment. Mais pourquoi ne pas avoir proposé une autre date au Front de Gauche ? M.Palomo assure que le planning de Boutmy était complètement plein toute la semaine, il n’y aurait apparemment pas un seul créneau horaire disponible. 

Eric Zemmour lors d'une séance de dédicaces du Suicide Français. Crédits : Europe1.
Eric Zemmour lors d’une séance de dédicaces du bucher des vaniteux. Crédits : Europe1.

 

Zemmour : l’administration dit non “pour des raisons de sécurité”

Mais surtout, le cas Mélenchon est loin d’être isolé. Critique de la Raison Européenne (CRE), l’association eurosceptique de l’école qui rassemble souverainistes de gauche et de droite, s’est récemment vue refuser l’organisation d’une conférence avec Eric Zemmour.

Grâce aux contacts d’une des militantes de l’association avec le polémiste, CRE avait obtenu l’accord de principe d’Eric Zemmour pour organiser une conférence qui aurait du avoir lieu la semaine du 24 novembre. L’attachée de presse de Zemmour chez Albin Michel, Isabelle Muller, avait même donné un accord définitif.

Mais lors d’une première visite de Nicolas Pouveau –le responsable de CRE SciencesPo cette année– au bureau de la vie étudiante la semaine du 13 octobre, ce dernier s’est vu imposer un certain nombre de conditions. Pas de dédicaces, pas d’auditoire composé de non-sciencepistes et surtout, pas de Zemmour comme seul et unique intervenant, sa venue devant prendre la forme d’un débat ou d’un échange à plusieurs voix.

L’économiste Jacques Généreux ayant donné son accord pour participer à l’évènement autour du thème “L’U.E : un suicide français ?”, Nicolas Pouvreau est revenu à la charge après les vacances de la Toussaint. Cette fois, le discours de Julien Palomo, responsable de la vie étudiante s’est avéré être beaucoup plus ferme : “pour des raisons de sécurité”, SciencesPo ne peut pas accepter l’organisation d’un tel évènement dans ses locaux. Rebelote la semaine suivante lorsque Raphaël Audoire et Davy Rodriguez, deux membres actifs de l’aile “gauche” du CRE- se sont déplacés une troisième fois au bureau de la vie étudiante.

Des cars de CRS boulevard St Germain pour le forum SciencesPoTV. Photographie : Guillaume Casel.
Des cars de CRS boulevard St Germain pour le forum SciencesPoTV. Photographie : Guillaume Casel.

Avant de conclure précipitamment à une décision d’ordre politique, il faut admettre que les “raisons de sécurité” invoquées par Julien Palomo sont le reflet de deux réalités objectives.

Premièrement, SciencesPo, à cause de l’éparpillement de ses bâtiments et de ses nombreuses ouvertures, est un établissement particulièrement peu sécurisé : la venue d’un intervenant comme Zemmour mobilise donc des moyens humains et financiers conséquents. « SciencesPo est au coeur d’un quartier avec des petites rues étroites, Boutmy a une grande baie vitrée, bref, ce n’est pas idéal en matière de sécurité.  SciencesPo est d’ailleurs obligé de payer un service de sécurité d’une société extérieure régulièrement » affirme Julien Palomo.

Deuxièmement, la médiatisation de l’établissement, sa position particulière, chaque événement potentiellement sensible peut facilement provoquer des mobilisations. Les échauffourées de l’an passé lors de la venue de Walleyrand St Just et de la (non) venue de Florian Philippot en sont la preuve. Et ces débordements ont tendance à sérieusement agacer les appariteurs, obligés une fois par semestre de s’improviser policiers anti-émeutes : cette grogne du côté des agents de sécurité n’est pas non plus étrangère à la réticence de SciencesPo de faire venir Eric Zemmour.

Nigel Farage, le leader d'UKIP
Nigel Farage, le leader d’UKIP

 

Une volonté de dé-politiser SciencesPo à l’oeuvre ?

Mais ces raisons techniques ne convainquent pas Davy Rodriguez. “Il est possible qu’il y ait une volonté politique d’empêcher les gens de s’exprimer, d’empêcher que le clivage ne s’exprime”. “Ces deux affaires qui interviennent en même temps nous paraissent symptomatiques d’un rétrécissement du champ des invités tolérés à Sciences Po.« ” ajoute Nicolas Pouvreau.

Car si “les raisons de sécurité” invoquées dans le cas de Zemmour peuvent paraître comme éventuellement légitimes, ce n’est absolument pas le cas de Nigel Farage, le leader d’UKIP, qui a accepté de venir à SciencesPo sur proposition d’Alexandre Loubet, actuellement en stage auprès d’EUDemocrats. Or, là aussi, l’administration ne se montre pas forcément très favorable à l’idée que Farage franchisse les grilles du 27 Rue Saint Guillaume, Julien Palomo ayant indiqué lundi 17 novembre à Nicolas Pouvreau que l’administration allait « étudier la question« . Sans s’avancer plus que ça.

Le britannique, libéral-conservateur farouchement eurosceptique,  ne dispose pourtant pas vraiment d’une notoriété exceptionnelle en France. “ »Zemmour est peut-être quelqu’un de très clivant dans le contexte actuel. Mais Farage, lui, est beaucoup moins médiatisé en France. Pas sûr que les habituels trouble-fête se mobilisent…« ” affirme Nicolas Pouvreau.

Pour Nicolas Pouvreau, ce contrôle drastique des invités n’est pas à mettre au passif de la direction de la vie étudiante : “cela ne vient pas des responsables de la vie étudiante, qui restent toujours aussi disponibles et ouverts. Dans le cas Zemmour, le veto ne venait à mon avis absolument pas de Julien Palomo, même s’il fut obligé d’assumer cette décision devant nous”. Même son de cloche du côté de Davy Rodriguez : “je n’ai rien à reprocher à Palomo, il fait son boulot plus qu’honnêtement”.

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Un appariteur devant l’amphi Boutmy pendant le forum des municipales. Photographie : Amal Ibraymi.

Plus qu’une réticence de la direction d’inviter des personnalités qui s’éloignent du corps doctrinal de SciencesPo, ces trois « affaires » témoignent plutôt d’une volonté d’éviter les remous qu’a pu connaître SciencesPo dans le passé. « Il y a une lassitude générale parmi le personnel à l’idée que chaque événement puisse créer une atmosphère électrique » affirme Julien Palomo, qui assure avoir reçu plusieurs mails d’étudiants excédés parce qu’ils n’avaient pas pu entrer dans l’établissement lors du blocage de l’entrée du 27 pour le forum SciencesPo TV notamment.

Les étudiants seraient en réalité de moins en moins politisés, et l’administration n’aurait pas vraiment envie de « sortir l’artillerie lourde pour assurer la bonne tenue d’une conférence à laquelle cent personnes vont assister au détriment de tout une communauté » ajoute Julien Palomo.

Le refus d’inviter Eric Zemmour à SciencesPo apparaît au fond comme une nouvelle étape dans la business-schoolisation de l’école. Eviter le clivage et les incidents à tout prix pour cultiver une image aseptisée et dépolitisée, tel semble être le mot d’ordre de ces orientations.

Quitte à donner l’impression que l’Institut d’Etudes POLITIQUES de Paris cherche plus à prendre exemple sur l’IPAG des années 2010 que sur la Sorbonne des années 60. Ce serait porter atteinte à l’essence même de l’école : la plupart des sciencepistes n’ont pas candidaté à l’école des sciences politiques pour vivre à l’écart de la politique. Ils ont en partie candidaté pour entendre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour.

 

NB : article repris sur la page Facebook de Jean-Luc Mélenchon

 

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Les 5 points chauds du forum des municipales https://www.lapeniche.net/les-5-points-chauds-du-forum-des-municipales/ Fri, 14 Feb 2014 14:00:19 +0000 http://lapeniche.net/?p=16750 IMG_53932
Photographie : Amal Ibraymi

« Un peu d’agitation est attendue dans l’après-midi » avait annoncé Frédéric Mion en ouverture du forum des municipales. Le directeur de SciencesPo ne croyait pas si bien dire : le rassemblement contre l’extrême droite ayant été perturbé par la venue de militants antifascistes, c’est une ambiance à mi-chemin entre American History X et Gangs of New York qui a gagné la péniche hier après-midi.

Une véritable démonstration en plein 7ème arrondissement qui n’a toutefois pas perturbé réellement le forum organisé hier par SciencesPoTV avec le Huffington Post : un évènement de grande envergure que tu regrettes bien entendu d’avoir loupé pour bosser ton exposé de science politique sur la violence en politique. Heureusement, LaPéniche a pris des notes pour une séance de rattrapage.

 

1 – SciencesPoTV et Benjamin Duhamel ont relevé le défi

SciencesPo TV est clairement le grand gagnant de ce forum des municipales. En organisant un événement dont la portée dépassait largement le 27 Rue St Guillaume et diffusé en direct sur Public Sénat (peut-être que ton grand père t’a vu à la télé, en bas de l’écran à  droite), l’association a fait preuve d’un réel professionnalisme. Pascal Perrineau, Christian Jacob, Jean-Christophe Cambadélis, NKM, Anne Hidalgo ou encore Arlette Chabot : le plateau proposé par la télé des élèves pour cet événement était d’un très haut standing.

Nicolas Davila, président de l’association s’est dit « très satisfait » du déroulement de l’évènement : « j’ai un peu couru de droite à gauche donc je dois dire que j’ai pas vu grand-chose mais pour nous, c’est clairement l’évènement de l’année ». Il faut dire que pour un président d’asso, après avoir prononcé un discours d’ouverture aux côtés de Frédéric Mion, « on peut mourir tranquille » comme dirait Thierry R.

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Photographie : Lina Skoglund

L’autre personne qui ne regrette pas sa soirée, c’est Benjamin Duhamel. Le présentateur tac-au-tac de l’interview Yahoo SciencesPoTV a interviewé avec brio chacun des candidats, n’hésitant pas à les bousculer à de multiples reprises, demandant à NKM si elle n’est pas trop démoralisée ou si Hidalgo avait conscience de ne devoir sa place qu’à Bertrand Delanoë. L’intervieweur vedette de SciencesPoTV n’a pas non plus hésité à pointer les contradictions ou les faiblesses des programmes des différents candidats.

Pour la journaliste du Figaro présente sur les lieux qui est allée le féliciter à l’issue du débat, Duhamel a relevé le défi avec brio. Pour autant, le sciencepiste assure ne pas vouloir se lancer dans le journalisme et souhaite entamer une carrière politique après un master Affaires Publiques. On en reparlera.

 

2 – Le logement au cœur des débats

Pour Danielle Simonnet, la tête de liste du Parti de Gauche, «  la lutte contre la spéculation immobilière et le montant des loyers sont la préoccupation n°1 des parisiens ». Au vu de la large place qu’a occupé la thématique du logement dans le forum, ce constat semblait être partagé par l’unanimité des candidats présents hier en Boutmy.

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Photographie : Amal Ibraymi

« Le logement, c’est la priorité que j’ai fixée » a ainsi assuré Anne Hidalgo. L’actuelle adjointe à la mairie de Paris a d’ailleurs défini des objectifs très ambitieux, en partie pour répondre aux exigences de ses alliés communistes dans le cadre des négociations avec Ian Brossat, le leader du PCF parisien : 60 000 nouveaux logements en six ans pour atteindre 30% de logements sociaux à horizon 2030. C’est beaucoup. Trop ?

Pour la direction du logement et de l’habitat  de la Mairie de Paris, le premier pallier de 25 % de logements sociaux à horizon 10 ans sera déjà très compliqué à atteindre : autant dire que celui des 30% est complètement utopique. Pis, seuls 30 000 logements ont déjà été identifiés et sont tous situés dans des arrondissements où le taux de 30% de logement sociaux est déjà largement dépassé : de quoi renforcer la ghettoïsation de certains quartiers…

Chez les autres candidats, les objectifs fixés en matière de logement ne sont guère plus tenables. Danielle Simonnet compte elle atteindre le seuil des 30% en seulement six ans et décider d’une baisse immédiate de 20% de l’ensemble des loyers, ce qui ne relève absolument pas des compétences du maire de Paris, comme l’a noté Benjamin Duhamel.

Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, n’a clairement pas fait du logement social une priorité. Son objectif principal est de faire revenir les classes moyennes à Paris en facilitant notamment l’accès à la propriété et en s’assurant que chaque logement social crée corresponde à la création d’un logement intermédiaire. Mais pour nombre de spécialistes, construire autant de logements dans Paris est un vœu pieu : « les possibilités de construction en dur dans Paris sont très limitées » affirme Yankel Fijalkow, professeur en urbanisme, d’après qui ce n’est qu’en « raisonnant à l’échelle de Paris Métropole que l’on trouvera des terrains pour construire ».

 

3 – NKM y croit encore

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Photographie : Barnabé Tardieux

Pour NKM justement, présente en Boutmy pour la deuxième fois en moins de six mois, malgré les mauvais sondages qui s’accumulent, rien ne semblait être perdu hier après-midi. «Les parisiens ont un tempérament frondeur vis-à-vis du pouvoir en place et ils n’aiment pas que l’histoire soit préecrite » a-t-elle assuré, ajoutant qu’il y a « un grand sentiment de ras le bol vis-à-vis de ceux qui vivent sur une ville comme une rente ».

Dénoncer la main mise d’une oligarchie socialiste et son système de cooptation sur l’administration municipale depuis près de quinze ans, tel semble être le dernier argument recours de NKM. Cette dernière joue le tout pour le tout pour le mois de campagne à venir, étant bien mal embarquée dans la course à la mairie, en partie à cause des candidatures dissidentes de Charles Beigbeider, écarté par l’ex ministre de l’Ecologie.

NKM assume d’ailleurs totalement : « j’ai voulu impulser un renouvellement, même si ça ne plait pas à des gens qui étaient là et qui voulaient des places sur les listes : je n’ai pas voulu céder à leur chantage même si je comprends qu’ils soient déçus, c’est humain ».

Mais malgré son optimisme, la tâche s’annonce bien difficile. En se basant sur les résultats des dernières élections présidentielles, NKM n’obtiendrait que 38% des conseillers de Paris. Même en inversant complètement la tendance dans plusieurs « swing arrondissements », c’est-à-dire dans le 14ème, le 9ème et le 12ème, Hidalgo l’emporterait.

 

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Wallerand de St Just dans les coulisses du forum des municipales. Photographie : Lina Skoglund.

 

4 – Wallerand de St Just en terrain hostile

Le candidat du Front National, Wallerand de St Just n’arrivait pas en terrain conquis, échappant tant bien que mal aux échauffourées et au rassemblement contre l’extrême droite en péniche soutenu par l’UNEF, le PS Jean Zay ou Solidaires.

Il a néanmoins été mis en difficulté par Benjamin Duhamel au sujet d’Elie Hatem, tête de liste du Front National dans le 4ème arrondissement et anti-républicain assumé, n’hésitant pas à réclamer l’instauration d’ « un système qui garantisse la continuité de la gouvernance du pays, que ce soit les Orléans, les légitimistes ou quelqu’un qui vient à la Bonaparte restaurer une famille. ». Le tête de liste est d’ailleurs membre de l’Action Française, mouvement maurassien ouvertement royaliste et antisémite, ce qui, pour Wallerand de St Just n’est visiblement pas un motif suffisant pour l’écarter …

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Photographie : Barnabé Tardieux

Les questions des étudiants étaient également incisives : le candidat a notamment été interrogé sur son absentéisme record au conseil régional de Picardie, ce qu’il a âprement contesté. A tort puisque sur l’année civile 2011, Wallerand de St Just a été absent à quinze reprises, soit plus que l’ensemble des autres conseillers régionaux de Picardie.

 Sur le fond, le candidat frontiste, ancien membre du GUD et qui a occupé Saint Nicolas du Chardonnet avec les catholiques intégristes en 1977, a dénoncé à cœur joie « la pourriture du Parti Socialiste, un des mouvements les plus corrompus qui existe ». Avant d’ajouter évidemment un couplet sur la sécurité, déplorant que le « maire de Paris soit dans une situation inférieure à celui des autres villes : il faudrait que le maire de Paris puisse créer sa propre police municipale ».

 

5- Deux têtes d’affiche puis le néant ?

Les deux favorites des élections ont clairement monopolisé l’attention hier après-midi : lorsque le candidat d’Europe-Ecologie Les Verts Christophe Najdovksi est arrivé sur l’estrade, l’amphithéâtre s’est considérablement vidé. Il a fallu attendre la venue de NKM pour que les rangs de Boutmy se resserrent.

Une bipolarisation extrême, à l’image des échéances à venir ? Les trois concurrents aux deux dames fatales peinent en effet à trouver leur place. Pour autant, le rôle qu’ils joueront lors des prochaines élections pourrait être décisif.

Wallerand de St Just, qui a affirmé hier « vouloir dépasser les 10% dans le plus grand nombre d’arrondissements » aurait en effet les moyens de se maintenir au second tour dans plusieurs arrondissements, provoquant ainsi des triangulaires potentiellement désastreuses pour NKM. Dans le 14ème et le 15ème, les sondages indiquent que les listes FN pourraient se maintenir et ainsi ruiner toute chance de victoire pour la droite dans deux arrondissements indispensables à la reconquête de l’hôtel de Ville.

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Christophe Najdovski, tête de liste d’EELV Photographie : Barnabé Tardieux

A gauche, Anne Hidalgo devra également tenir compte du score réalisé par les listes du Parti de Gauche, en particulier dans le 20ème arrondissement où Danielle Simonnet pourrait dépasser les 20% des voix : Jean-Luc Mélenchon avait réuni 17% des suffrages exprimés dans l’arrondissement lors des dernières présidentielles.

Chez Europe-Ecologie Les Verts, l’objectif sera de dépasser les 5% des suffrages exprimés pour pouvoir fusionner avec les listes socialistes au second tour et obtenir ainsi le maximum de conseillers de Paris. Dans le 2ème arrondissement, l’écologiste Jacques Boutault tentera de conserver la seule mairie d’arrondissement tenue ni par l’UMP ni par le PS. La vraie mairie, elle, sera  jouera bel et bien entre deux femmes uniquement : verdict dans un peu plus d’un mois.

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Les 5 points à retenir de la conférence de NKM https://www.lapeniche.net/les-5-points-a-retenir-de-la-conference-de-nkm/ https://www.lapeniche.net/les-5-points-a-retenir-de-la-conference-de-nkm/#comments Thu, 14 Nov 2013 18:45:08 +0000 http://lapeniche.net/?p=14082 Pascal Legrand - http://www.flickr.com/photos/nk_m/sets/72157637664931506/
Nathalie Kosciusko-Morizet dans l’amphithéâtre Boutmy le 13 novembre 2013

Nathalie Kosciusko-Morizet était hier soir invitée par l’UMP SciencesPo dans l’amphithéâtre Boutmy.  Ancienne ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, actuelle députée de l’Essonne et candidate à la mairie de Paris,  elle donnait une conférence intitulée « Quelle droite pour demain ? ».

La Peniche a récapitulé les 5 points essentiels de son intervention, pour toi, mauvais sciencepiste qui contrairement à ce que tout étudiant de la Rue St Guillaume devrait faire naturellement (d’autant que tu l’avais promis à ton oral), n’est pas passionné par la politique, ne petit déjeune pas devant les replays de C dans l’air et préfère franchement aller aux cafés concerts du BDA qu’assister à un meeting d’Anne Hidalgo.

 

1. A Sciences Po, NKM n’arrivait pas en terrain conquis

NKM n’était pas forcément la bienvenue en plein cœur de ce véritable bastion ouvriériste que constitue le 7ème arrondissement, ce dernier ilot d’authentiques et irréductibles prolétaires qui résistent avec ardeur contre la gentrification  et où la classe populaire avait plébiscité avec près de 71% des suffrages Nicolas Sarkozy au deuxième tour des dernières élections présidentielles.

Plus sérieusement ;  dans une école où avouer sa fibre copeiste est aussi mal vu que faire son coming out en plein conclave, la candidate UMP à la mairie de Paris n’arrivait pas forcément en terrain conquis, d’autant qu’elle n’a pas forcément de très bons souvenirs à Sciences Po.

En avril 2012, pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy lui avait délégué le soin de venir visiter notre charmant et hospitalier IEP dans le cadre du forum ELLE, qui avait invité l’ensemble des candidats à la présidentielle (oui, oui, même Nathalie Arthaud). NKM -qui était alors la porte-parole de la campagne du président sortant- n’avait pu rester qu’une dizaine de minutes, le temps d’essuyer de nombreux quolibets, une intervention sauvage de quelques féministes émoustillées du collectif « La Barbe »  et de dénoncer le « traquenard » dont elle avait été victime en amphi Boutmy.

Hier soir, les retrouvailles ont été moins conflictuelles sans être vraiment chaleureuses, malgré un applaudissement inexpliqué soudain venu tout droit des premiers rangs UMPistes après une question sur les rythmes scolaires. La candidate à la mairie de Paris a dû faire face à quelques questions peu cordiales, notamment celle posée par une responsable de l’UNEF  insinuant que le financement du projet qu’elle défendait ne pouvait pas conduire aux baisses des dépenses publiques promises sans « payer les fonctionnaires comme des esclaves ».

 

2. NKM n’est pas venue pour parler d’autre chose que des municipales

NKM était clairement venue dans l’optique de faire campagne : pas question de disserter longtemps sur d’ataviques querelles idéologiques et conceptuelles concernant l’avenir de la droite en France sans digresser abondamment sur la mairie de Paris. Dès les cinq premières minutes, elle glisse non sans sous-entendu en évoquant la politique locale qu’elle «espère qu’on y viendra tout à l’heure ».

Avant que le modérateur de l’UMP affublé de sa plus belle cravate bleue du dimanche ne daigne (enfin !) lui poser une question à ce sujet aux alentours de 20h (une heure sans faire campagne, c’est long), NKM avait tout de même réussi à rebondir sur une question relative aux transferts de souveraineté pour ….. parler de son projet pour les municipales. Même la question portant sur le travail dominical fut l’occasion de dénoncer le préjudice subi pour l’industrie touristique parisienne.

La question qui a clos le débat fut un aperçu parfait de l’optique dans laquelle NKM a abordé la conférence : interrogée sur sa volonté de s’imposer comme une troisième voie à l’UMP et d’éventuellement créer un nouveau parti pour damer le pion à Fillon et Copé, NKM répondit que sa campagne municipale parisienne peut en fait être vue comme une manière de créer justement un mouvement alternatif, indépendant de l’UMP. La boucle était bouclée et le leitmotiv bien assumé.

 

3. Le projet dont vous êtes le héros

Pascal Legrand - http://www.flickr.com/photos/nk_m/sets/72157637664931506/
NKM en plein discours en Boutmy

Par conséquent, NKM a largement eu le temps d’exposer son projet dévoilé il y a tout juste dix jours, non sans abuser d’un certain nombre d’éléments de langage aux relents légèrement américains tels que «Paris est la ville qui doit vous aider à conquérir votre rêve » ou « mon projet est un projet dont les parisiens sont les héros ». Qu’est-ce que c’est beau.

Après une brève rétrospective sur le sens que représente en France le fait de « monter à Paris » (l’occasion d’expliquer que monter à Paris était source d’espoir dans le temps pour « les provinciaux qui avaient faim », une réplique saluée par les Fils d’Arcueil), NKM a pris le temps d’exposer les grandes lignes de son projet (que vous pouviez consulter en détail dans les tracts distribués par l’UMP à la sortie), notamment concernant son projet de couverture du périphérique.

Elle a ainsi  eu l’occasion d’expliquer le fait que Paris s’était agrandi par étapes, en débordant de ses murailles successives et que le périphérique s’inscrivait ainsi dans la continuité des précédentes enceintes parisiennes comme le mur des fermiers généraux ou celui de Philippe Auguste. La perspective de dépasser cette frontière du périphérique est clairement le projet phare de long terme de NKM, qui a insisté sur sa détermination à franchir cette nouvelle barrière, d’abolir cette frontière physique pour grandir, comme Paris l’a fait par le passé à l’image d’Haussmann franchissant l’enceinte du mur des fermiers généraux en 1860.

 

4. Face à la droitisation, l’impossible numéro d’équilibriste

Égérie d’une droite qui ne se reconnaît pas dans la croisade décomplexée menée par J-F Copé pour la défense des pains au chocolat, NKM a évidemment été interrogée sur sa place dans la droite actuelle et sur son positionnement face à la droitisation de l’UMP. Au fond, l’essentiel était de se demander comment NKM -arrière-petite-fille d’André Morizet, membre fondateur du Parti Communiste Français, mariée à un ancien maire socialiste de l’Isère- pouvait continuer à cohabiter avec la Droite forte alors que sa sensibilité la pousserait plus naturellement à rejoindre les rangs de l’UDI : a-t-elle réellement plus de points communs avec Lionnel Luca et Guillaume Peltier que Chantal Jouanno ?

NKM a préféré éluder la question, admettant toutefois avoir regardé avec intérêt le mariage entre l’UDI et le MoDem et affirmant qu’à « d’autres moments de l’Histoire, elle n’aurait pas été de droite ». Au risque de choquer son propre camp, elle a même admis apprécier les tweets de la socialiste Michèle Delaunay. Au final, l’ancienne ministre de l’Ecologie s’est contentée d’assurer que si la droite traversait une période difficile, tout cela était naturel car il ne s’agissait au fond que d’une  recomposition post-défaite et qu’elle avait dès lors toute sa place à l’UMP tant que la limite de la « compromission avec le Front National » n’était pas franchie.

 

5. Le couple franco-allemand, la potion magique européenne

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NKM face aux étudiants

Interrogée à deux reprises sur les questions européennes et ainsi invitée à trancher entre les tendances fédéraliste et souverainiste qui cohabitent tant bien que mal à l’UMP, NKM a soigneusement botté en touche et peut-être donné une indication en vue de la campagne électorale de l’UMP pour les échéances européennes de juin prochain. La campagne s’annonce en effet délicate pour un parti où cohabitent des fédéralistes convaincus comme Bruno Le Maire ou Michel Barnier et d’authentiques souverainistes eurosceptiques du courant de la Droite Forte. La recherche du plus grand dénominateur commun -indispensable à la bonne tenue de la campagne- pourrait avoir été trouvée avec la thématique du renforcement du couple franco-allemand.

C’est en tout cas le discours développé ad nauseam hier par NKM : « l’avenir de l’UE passe par une refondation du couple franco-allemand autour du droit du travail et de la fiscalité ». Elle a réclamé des politiques plus fondamentales avec les allemands qui permettraient de reconstruire « des forces d’attraction, des forces centrifuges » pour tous les pays de l’Union : c’est « l’association de deux personnalités » qui sauvera l’Europe. Force d’avouer qu’il n’est pas malhabile de se rappeler au bon souvenir de « Merkozy » quand les relations entre François Hollande et Angela Merkel ne sont pas au beau fixe …

 

Au final, invitée pour parler de l’avenir de la Droite, NKM a donc surtout profité de ces retrouvailles avec l’amphithéâtre Boutmy pour enfiler le costume de candidate à la mairie de Paris : à quand la venue d’Anne Hidalgo pour lancer la campagne des  municipales à SciencesPo ?

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