Nathalie Kosciusko-Morizet – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:25:08 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Nathalie Kosciusko-Morizet – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Nathalie Kosciusko-Morizet à Sciences Po pour convaincre https://www.lapeniche.net/nathalie-kosciusko-morizet-a-sciences-po-pour-convaincre/ Fri, 07 Oct 2016 09:00:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=35839

Ce mardi 4 octobre, les Républicains Sciences Po organisaient une conférence à laquelle participait Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme engagée dans la bataille électorale de la primaire de droite et du centre. Devant la centaine d’étudiants réunis dans l’amphithéâtre Jean Moulin, elle a souhaité faire part de son programme, de ses idées mais aussi de son vécu.

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Nathalie Kosciusko-Morizet à Sciences Po en janvier 2016. Photographie : Ulysse Bellier

Une campagne loin des polémiques politiques

Elle commence ainsi sa présentation en se remémorant la dernière fois qu’elle avait mis les pieds dans cette salle emblématique, symbole de l’époque où l’ENA était encore située en plein cœur de Paris. C’est ici qu’elle avait appris, en 2009, que son rôle de secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie prenait fin et qu’elle s’occuperait désormais de la Prospective et du Développement numérique.

Sa madeleine de Proust ainsi évoquée, elle s’adresse à nous : « Je suis venue vous parler de vous et du monde dans lequel vous allez vivre ». Le ton est donné. Elle balaye d’un revers de main les débats pernicieux qui ont monté les français les uns contre les autres : terrorisme, déchéance de nationalité, droit du sang, burkini, la liste est encore longue. Elle ne veut pas entrer dans ce jeu de polémiques ayant envahi la sphère politique. Par conviction sûrement, mais surtout car ses soutiens ne se reconnaissent pas dans de tels thèmes, elle n’a donc aucun intérêt objectif à s’en emparer.

« Je suis venue vous parler de vous et du monde dans lequel vous allez vivre ».

Libérale et progressiste dans un monde en mouvement

Elle nous explique que deux droites sont en mouvement au sein des Républicains : une droite de conservation, identitaire, repliée sur ses acquis ; et une droite de mouvement, progressiste et libérale. Se plaçant dans le giron de cette dernière, elle est d’ailleurs favorable à ce que les électeurs, même de gauche, puissent participer à la primaire.

Elle ne manque toutefois pas d’égratigner certains de ses concurrents. Son programme est concis, une douzaine de propositions seulement, contrairement au kilo de mesures proposées par Bruno Le Maire. Exit aussi les polémiques lancées par le chef de son parti : « je ne viens pas pour vous parler des gaulois », nous glisse-t-elle, un sourire en coin. La question centrale à ses yeux n’est pas celle de l’immigration, mais bien celle de l’émigration qui touche la France pour la première fois dans son histoire. Il faut remobiliser les forces vives du pays, surtout la jeunesse, afin d’éviter que notre société ne s’effondre et que la France se réduise à une périphérie du monde globalisé en perpétuelle redéfinition.

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Crédits : Romain Boé/Sipa Press

« Je veux être le porte-parole d’une société en plein bouillonnement, créative et optimiste, parce que je connais les talents des français et je veux les valoriser ». Pour l’élue, notre système est sclérosé par son fonctionnement basé sur la cooptation et une hiérarchie rigide. Elle souhaite redéfinir le système politique, car sa survie dépend de son adaptation à la société et à un monde qu’elle juge plus complexe que jamais, bouleversant les structures héritées du 20ème siècle. « Je veux faire émerger une nouvelle France». A ses yeux, la France des années 1980 a raté la révolution robotique, elle ne doit surtout pas rater la révolution numérique.

« Je veux être le porte-parole d’une société en plein bouillonnement, créative et optimiste, parce que je connais les talents des français et je veux les valoriser. »

Lorsqu’elle commence à nous présenter son programme, elle se défend d’emblée d’être abstraite. Celui-ci est libéral, moderne mais vise aussi à garantir une justice sociale qu’elle ne perçoit plus dans notre société.

Elle insiste également sur le fait qu’une nouvelle société doit s’appuyer sur de nouvelles libertés : notre vieille démocratie représentative doit intégrer une part la démocratie participative, par exemple en supprimant le Conseil Economique, Social, et Environnemental au profit d’une plateforme numérique ouverte à tous. La liberté accrue pour les travailleurs indépendants de changer de statut sans perdre leurs acquis est une autre des clefs de voute de son programme.  Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, l’uberisation de la société ne doit plus être une insulte mais le signe de nouvelles opportunités. Enfin, elle plaide pour davantage de flexibilité pour les entreprises croulant sous les charges.

Une refonte du système social

Consacrer de nouvelles libertés doit aller de pair avec la création de nouvelles protections. Elle prône une réforme fiscale urgente pour donner de la lisibilité à un système trop complexe, où tout le monde a l’impression d’y perdre.

« Je ne suis pas libérale pour tout. Je suis pour l’autonomie, mais il y a des sujets pour lesquels il faut une solidarité obligatoire. »

Elle ajoute enfin qu’il faut aller vers l’individualisation des droits : un revenu de base universel, une flat taxe pour l’impôt sur le revenu, payé par tous même s’il s’agit d’un euro symbolique. Elle souhaite réformer le système des retraites, et individualiser les droits familiaux : ce n’est plus de la responsabilité de l’Etat que d’influencer la natalité, et elle défend des allocations similaires pour chaque enfant et plus élevées lorsqu’ils sont adolescents.

Elle synthétise ainsi son programme : « Je ne suis pas libérale pour tout. Je suis pour l’autonomie, mais il y a des sujets pour lesquels il faut une solidarité obligatoire ».

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Crédits : Romain Boé/Sipa Press

Sa conférence aura donc été marquée par des prises de positions divergentes de celles des habituels cadres des Républicains, et c’est ce qui fait la valeur de sa candidature. Entre libéralisme teinté de volontarisme en matière sociale, souhait de modernisation de la société et d’un système politique « plus très sexy », refonte du système des droits et des solidarités et mobilité des travailleurs indépendants, son programme est résolument centré sur les questions économiques et sociales. On peut néanmoins regretter qu’elle ne se soit pas prononcé en matière de défense, de sécurité et de diplomatie, qui, s’ils ne sont pas ses sujets de prédilection, sont le propre des attributions d’un Président de la République.

Retrouvez notre live avec NKM en début de conférence : https://www.facebook.com/lapenichenet/?fref=ts

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L’Ecole républicaine, la jeunesse au chevet du débat politique https://www.lapeniche.net/ecole_republicaine/ https://www.lapeniche.net/ecole_republicaine/#comments Thu, 17 Mar 2016 06:00:35 +0000 http://lapeniche.net/?p=33634 Le 15 février dernier sortait en librairies L’Ecole au chevet de la République, un ouvrage collectif auquel 32 personnalités ont contribué, parmi lesquelles Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Nicolas Sarkozy. Ce livre est le fruit d’un long travail de réflexion mené par l’association « L’Ecole républicaine », une association étudiante dans laquelle de nombreux élèves de Sciences Po se sont impliqués. À l’occasion d’une conférence de presse donnée au 27, La Péniche a tenté d’en savoir plus sur cette initiative de réflexion sur l’école menée par la jeunesse.

© L’Ecole Républicaine

Un projet ambitieux et de longue haleine

L’Ecole républicaine est un collectif étudiant fondé en février 2015, à la suite de la décision du Conseil d’Etat de rétablir les bourses au mérite. L’association s’inscrit en fait dans la continuité du mouvement « Touche pas à ma bourse je la mérite« , qui s’était alors battu pour ces bourses récompensant l’excellence académique. Les effectifs ont ensuite grossi jusqu’à atteindre aujourd’hui 31 étudiants, dont 12 master et 19 élèves de licence. En d’autres termes, 60% des membres de l’association ont moins de 20 ans.

C’est donc un projet qui est porté par la jeunesse, issue de tous les milieux socio-professionnels puisque près de la moitié des membres sont boursiers sur critères sociaux. « “certains des membres de l’association ont pu bénéficier de l’ascenseur social républicain, mais ce n’est pas le cas de tous les français. Donc au lieu de profiter du système en laissant les autres sur le banc de touche nous nous sommes mobilisés en menant un projet avec nos valeurs”, explique Anne-Laure Fabre, étudiante en deuxième année.

L’initiative est partie d’un constat simple et assez largement partagé par l’opinion publique : le système éducatif va mal, et il y a urgence à le réformer. Cependant, plutôt que de s’arrêter à de grandes envolées lyriques sur le sujet, l’association a voulu passer des paroles aux actes, ou du moins proposer quelques pistes pour améliorer concrètement la scolarité républicaine.

© L’Ecole Républicaine

C’est ainsi que, pendant près d’un an, l’association a travaillé à la rédaction d’un ouvrage collectif impliquant aussi bien des hommes politiques que des chercheurs. Le but était de poursuivre le combat mené pour les bourses au mérite, mais cette fois en allant plus loin. En effet, “il s’agissait de ne pas uniquement être contre la suppression [des bourses au mérite] et de s’arrêter à ce combat, mais aussi de porter un projet, de démocratiser le débat autour de l’école. Aider 8000 étudiants boursiers, c’est bien, mais qu’en est-il des autres ?” complète Anne-Laure Fabre.

Par ailleurs, comme en témoignent le prix (moins d’une dizaine d’euros) et le format (chacun peut participer à la réflexion en publiant une contribution sur le site de l’association), le projet est complètement pensé pour amorcer un mouvement de réflexion sur l’école plus large au sein de la société française.

 

Une ligne apartisane revendiquée

L’association revendique sa neutralité politique et son détachement vis-à-vis de tout parti politique, deux principes qui sont « l’essence même du livre » selon les mots d’Anne-Laure Fabre. Force est de constater une vraie parité dans la représentation des forces politiques au sein du collectif : « 40% des membres sont à droite et 40% revendiquent une sympathie politique de gauche », détaille-t-on. Et Anne-Laure Fabre d’ajouter : « l’unité républicaine est nécessaire pour un enjeu de cette taille. Cependant, l’ouvrage est comme nous, engagé politiquement – mais de façon transpartisane – et républicainement, puisqu’il mobilise la société civile. »

On retrouve également dans le livre cette volonté d’ouvrir le débat aux idées de droite comme de gauche. Si au niveau politique la majorité des contributeurs sont de droite (citons par exemple Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Luc Ferry ou encore Nicolas Sarkozy), certains apportent leurs réflexions de gauche ou du centre, puisque Jean-Luc Lagarde, président de l’UDI, ou encore le sénateur PS du Loiret Jean-Pierre Sueur ont également contribué. 

© L’Ecole Républicaine

La réflexion du livre porte sur l’égalité des chances, et se divise en cinq temps. D’abord, il est question de l’enracinement historique de l’égalité des chances. La partie suivante aborde la mise en oeuvre de cette idée à l’école. Puis le livre aborde sous un angle plus pratique les solutions qui ont déjà été proposées pour répondre à ce défi. La quatrième partie s’intéresse aux moyens de relancer cette égalité dans le futur. Enfin, la dernière partie dépasse le simple cadre de l’école et ouvre le débat autour de la poursuite de l’égalité des chances dans le monde extrascolaire. Tout au long de leurs différentes contributions, les auteurs développent donc leurs idées autour de cette problématique.

 

Après le succès du projet, quel avenir pour l’Ecole Républicaine ?

Le livre a connu un franc succès lors de son lancement, puisqu’il est en rupture de stock. Toutefois, même si la mission principale a été accomplie avec la publication de l’ouvrage,  l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : il est en effet d’ores et déjà prévu qu’elle soit présente au Salon du Livre de Paris (qui a commence ce jeudi et qui se termine dimanche soir). L’Ecole Républicaine voit même plus loin. Comme le confie Anne-Laure, le collectif compte bien poursuivre son action. 

 

 

Le livre L’École au chevet de la République, Éd. Connaissances et savoirs, 9,95 € est disponible à la librairie de Sciences Po, en face du 27.

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