Auteur : Martin Omnès
“All we can do is try our best and write things that we love. And once they leave our hands they’re in your hands”. Le 3 novembre 2024, devant près de 45 000 spectateurs, Mike Shinoda, chanteur et guitariste du groupe de rock Linkin Park, remercie le public de la Défense Arena d’être au rendez-vous du retour inespéré du groupe. Après 7 ans d’absence, Linkin Park a annoncé son retour le 5 septembre 2024 lors d’un concert diffusé en live. Avec un nouvel album et une tournée mondiale, le groupe relance son activité brutalement arrêtée en 2017, à la mort du chanteur Chester Bennington.
Xero, Hybrid Theory: la genèse d’un groupe novateur
Linkin Park se forme en 1996 à Agoura Hills en Californie, autour de Mike Shinoda (rappeur/chanteur et guitariste), Brad Delson (guitariste) et Rob Bourdon (batteur) à leur sortie de l’université. Ils sont rejoints par Dave Farrell (bassiste), Joe Hahn (DJ) et Mark Wakefield (chanteur), et forment Xero, nom de leur premier album. Mark et Dave quittent le groupe en 1999, l’un définitivement à cause de tensions avec leur manager, l’autre temporairement pour poursuivre des projets persos. Si Xero est de courte durée, il pose les bases du style et de l’identité sur lesquelles s’appuient Linkin Park.
Le véritable tournant se produit en 1999 avec le recrutement, pour remplacer Mark, de Chester Bennington, alors chanteur du groupe Grey Daze. Xero devient Hybrid Theory, puis, pour éviter la confusion avec le groupe Hybrid, se renomme Linkin Park. Leur premier album, Hybrid Theory, sort en octobre 2000 et devient instantanément un succès commercial, avec près de 5 millions de ventes en un an. Linkin Park s’inscrit alors dans un courant émergent du métal, le nu-métal, popularisé dans les années 1990 par Korn, Deftones, System of a Down, etc… Avec Hybrid Theory puis Meteora en 2003, Linkin Park impose sa formule qui fait du groupe un incontournable des années 2000 à 2010. Le groupe s’exporte rapidement à l’international, avec leur première apparition à la télévision dans une émission française, “Nulle part ailleurs”, sur Canal+ en 2001.
Linkin Park construit au début des années 2000 son identité autour d’un mélange de plusieurs genres : porté par le nu-métal, il y incorpore des éléments rock, rap, plus tard électro. Les thèmes abordés s’inscrivent dans une ambiance proche des groupes de métal gothique de l’époque, comme Evanescence avec lequel il partage de nombreux points communs, notamment dans l’atmosphère des clips. Linkin Park évoque souvent des thématiques sombres, autour de la dépression, l’angoisse, la solitude, faisant notamment écho au passé violent de Chester, le chanteur du groupe, qui évoquait la musique comme un exutoire. Ce qui plaît aussi, c’est les innovations apportées par le groupe : des couplets rap qui contrastent avec la puissance du vocaliste, portés par des riffs agressifs bien rock et des éléments électro/ hip-hop, notamment le scratching très présent. En somme, un mélange de plein de genres qui marque la scène musicale : Hybrid Theory est à la fois l’album de nu-métal le plus vendu et le debut album (premier album d’un groupe) le plus vendu du XXIème siècle, tout artiste confondu.
Ascension et transformations
Après Collision Course en 2004, un album de remix en collaboration avec Jay-z, et Minutes to Midnight en 2007, le groupe se rapproche d’un rock plus mélancolique à partir de A thousand suns, leur quatrième album sorti en 2010. Si le succès commercial reste important, ce nouveau style déplaît à une partie de leur communauté : beaucoup y voient une tentative de “commercialisation” de Linkin Park face à un manque de popularité du nu-métal après les années 2010. Le groupe s’expérimente ensuite à un album plus électro avec Living Things. The Hunting Party, le sixième album du groupe, renoue avec les racines rock-métal des débuts, plus travaillé et technique et présentant de nombreuses collaborations (Daron Malakian de System of a Down, Tom Morello de Rage against the Machine, etc…). Avec One More Light en 2017, album à la limite de la pop, dont l’ambiance si différente des premiers albums peut donner l’impression de ne plus être face au même groupe, les critiques se concentrent de nouveau sur l’absence de ce qui faisait l’identité du groupe à ses débuts. Entre Hybrid Theory et One More Light, 17 ans se sont écoulés : les attentes du monde musical ont évolué, les membres du groupe également. L’ambiance violente a laissé place à des sons plus positifs, lumineux, mais les thèmes n’ont que peu changé, avec une omniprésence de la santé mentale comme sujet principal abordé avec un nouvel angle.
2017 marque également la fin tragique de Linkin Park : Chester Bennington, le chanteur iconique du groupe, se suicide le 20 juillet 2017, deux mois après la sortie de One More Light. Beaucoup de fans voient alors dans l’album des signes de détresse psychologique du chanteur, notamment dans la chanson éponyme dont le clip, qui sort le 18 septembre de la même année, est un hommage au chanteur. One More Light, alors fortement décrié, devient pour les fans un “album-hommage” et acquiert une symbolique forte. De 2017 à 2024, Linkin Park cesse son activité, malgré la sortie de quelques rééditions anniversaire, notamment pour les 20 ans de Meteora en 2022.
Reformation, nouvel album et controverses
En septembre 2024, le groupe se reforme avec l’annonce d’un huitième album, From Zero et d’une nouvelle chanteuse, Emily Armstrong, du groupe Dead Sara. Le batteur Rob Bourdon est remplacé par Colin Brittain, compositeur entre autres pour Papa Roach ou One Ok Rock. Le guitariste Brad Delson annonce le 7 septembre qu’il ne participera pas aux tournées et se concentrera sur la direction artistique du groupe, laissant sa place à Alex Felder, du groupe The XYZ Affair.
Ce retour pose de nombreuses questions, la principale étant celle de l’héritage du groupe. Dans un post Instagram, l’un des fils de Chester Bennington, Jaime, critique le choix de Mike Shinoda de faire renaître le groupe, évoquant une “trahison” du groupe envers ses fans. La question est d’importance : Linkin Park existe-t-il sans Chester Bennington, dont la voix a fortement contribué au succès du groupe ? Car le groupe, en considérant Xero comme son origine, n’a pas débuté avec Chester. D’un autre côté, les chansons qui ont fait le succès de Linkin Park sont pour la plupart portées par sa voix, comme Crawling ou In the End. Et certains internautes ont été très critiques des interprétations de ces titres par Emily Armstrong. Sur un forum Reddit, un internaute décrit la nouvelle formation comme “another cover band” (un autre groupe de reprises).
La nouvelle chanteuse est également sous le feu des critiques en raison de ses liens avec l’église de Scientologie, un courant sectaire ou religieux selon les pays, apparu aux Etats-Unis dans les années 1950. Ses parents y sont des membres importants, et la chanteuse était présente à un gala d’anniversaire organisé par l’Eglise en 2013. Très controversée pour ses pratiques et ses croyances, elle remet notamment en cause la médecine traditionnelle, notamment la psychiatrie, et renie les troubles de la santé mentale. La Scientologie est aussi au cœur de nombreux scandales de harcèlement organisé d’anciens membres et de détracteurs. Chrissie Carnell-Baxer, ex-scientologiste, avait notamment dénoncé les pressions de l’Église après sa plainte pour agression sexuelle contre l’acteur Danny Masterson, lui-même scientologiste, condamné à 30 ans de prison en 2023. L’affaire a refait surface à la reformation de Linkin Park car Emily était présente à un des procès de Danny Masterson, avec qui elle était proche avant sa condamnation. Si Emily Armstrong se défend d’avoir défendu Masterson, elle n’a jamais commenté ses liens avec la Scientologie. Un article de la BBC a interprété certaines des paroles de Dead Sara, son ancien groupe, comme des critiques de la Scientologie. C’est le cas du titre Heaven’s got a back door sorti en 2018, dans lequel le groupe évoque la fermeture de l’Eglise de Scientologie à l’homosexualité:
« I heard the voices of the preacher / Telling me all the reasons why I’d die alone… I’m through feeling sorry / For the things that I can’t choose. »
En dépit des critiques et des controverses, le succès commercial de ce retour reste indéniable. La tournée internationale débutée en octobre dernier est prolongée jusqu’à l’année prochaine, avec deux passages en France, un au Hellfest le 22 juin 2025, un autre au Stade de France le 11 juillet 2025. Linkin Park remporte également deux Billboard Music Awards, pour le meilleur groupe de Rock et meilleur artiste de Hard-Rock. Pour les critiques musicales, From Zero parvient à capturer l’essence du groupe tout en proposant une nouvelle direction. Le magazine Metal Hammer décrit l’album comme un “sérieux hommage” à l’héritage du groupe. Dès sa sortie, l’album devient numéro 1 ou 2 des ventes dans la plupart des pays occidentaux. Il parvient à occuper à lui seul les 10 premières places du classement Hot Hard Rock Songs de Billboard, avec le single The Emptiness Machine à la première place du classement depuis la sortie de l’album.
Pour attirer un nouveau public, Linkin Park passe également par le domaine du jeu vidéo, dans un partenariat exceptionnel avec Riot Games, développeur de League of Legends. Le single Heavy is the crown est publié le 24 septembre comme bande-son du trailer officiel des Championnats du monde 2025 du jeu, avec une performance live à l’ouverture de l’événement le 25 septembre. Cette collaboration se poursuit avec la saison 2 de la série Arcane sortie le 9 décembre, inspirée de l’univers du jeu, dans laquelle figure une version retravaillée de Heavy is the crown.
From Zero n’apparaît pas comme un album empreint de nostalgie, qui cherche absolument à imiter ce que faisait Linkin Park à ses débuts. Son objectif est d’offrir un nouveau départ au groupe, en faisant appel à la communauté déjà existante tout en s’ouvrant aux nouveaux fans, notamment les plus jeunes qui n’ont pas vécu “l’âge d’or” du groupe.
]]>En sus des voyages « longue distance » d’été et d’hiver, c’est le bien-nommé festival HIT THE ROAD ! qui fait figure de tradition de fin de semestre depuis maintenant cinq ans. Après avoir aménagé l’asinerie d’En Manaou (proche de Toulouse) il y a deux ans et investi le château alsacien du Morimont l’année dernière, c’est au Grenier de la Mothe, à deux pas de Dieppe, que le festival posera ses valises les 18, 19 et 20 mai 2019 sous le soleil normand.
Ce qui fait l’originalité de Hit the Road, c’est d’abord sa manière d’initier au voyage. Pratiquer l’autostop, c’est voyager plus éco-responsable et plus économique, mais c’est surtout aller à la rencontre de l’inconnu et accepter de se laisser surprendre par l’imprévu. Rencontres, aventure, écologie… Comment résister ?
Et sur place (car oui, vous y arriverez !), le thème est au développement durable et au respect de l’environnement ! Au programme, une table ouverte sur la transition énergétique, une conférence sur les éco-villages, des repas bio, locaux et végétariens, un atelier zéro déchet… Bien sûr, pour ne pas vous refroidir le pouce, un rallye en auto-stop dans la région se glissera entre la pièce de théâtre, l’escape-game et le cours de yoga.
« Qu’en est-il de la musique ?! » me demanderez-vous ? À ce propos, difficile de ne pas satisfaire tous les goûts au vu de la variété de la programmation de Hit the Road : entre la pop funkédélique à souhait d’Apaache, l’hybride rap-rock aux kicks tapageurs du Noflipe crew ou les ‘faits divers’ narrés sur fond de riff électrique des Agités du Bocal, chacun y trouvera son compte !
Dernier argument et non des moindres … Il ne vous en coûtera que 30 euros pour trois jours – camping, activités et deux brunchs inclus. Alors rendez-vous les 18, 19 et 20 mai au Grenier de la Mothe !
Armand Peltereau-Villeneuve pour l’association Hit the Road
]]>Un peu de tout : Michael Jackson, musique bolivienne et omnivorisme culturel
En utilisant cette réponse passe-partout, le mélomane lambda affiche une ouverture d’esprit qui se veut exemplaire. Sous-entendu, il est capable de s’enthousiasmer avec dans ses écouteurs le deuxième album de Michael Jackson, les chansons de rappeurs US underground des années 2000 ou les symphonies de n’importe quel compositeur français du XIXème siècle. Celui qui répond « un peu de tout » trouve l’orgasme musical dans n’importe quel style : jazz, pop, folk, trap, métal, classique… Outre cette tolérance bienveillante à l’égard des artistes, cette réponse permet aussi de montrer l’étendue de sa culture. « Un peu de tout », c’est aussi annoncer fièrement « j’ai découvert Soviet Suprem dans un festival en Moselle cet été, mais bien sûr les CDs de Goldman passaient en boucle dans la voiture familiale, et je n’ai rien contre un peu de musique bolivienne en live dans un café littéraire ».
Ce phénomène de prudence et d’ouverture musicale a un nom : l’omnivorisme culturel. Ce phénomène, théorisé par le sociologue Richard Peterson, décrit le passage d’un système fermé de snobisme culturel à « un capital culturel qui apparaît de plus en plus comme une aptitude à apprécier l’esthétisme différent d’une vaste gamme de formes culturelles qui englobent non seulement les arts, mais aussi tout un éventail d’expressions populaires et folkloriques ». En clair, l’omnivore musical ne se contente pas de fréquenter l’Opéra Garnier et les concerts de jazz. Pour mieux se distinguer culturellement, il insiste aussi sur des goûts plus populaires et éclectiques. C’est ainsi que fleurissent sur les playlists les tubes de Claude François pour les bons souvenirs, le nouvel album d’Aya Nakamura pour être dans le vent et les « musiques du monde » pour éviter l’ethnocentrisme. Les catégories sociales les plus concernées par cette grosse tendance ? Les étudiants et les cadres, selon le sociologue français Philippe Coulangeon. De quoi deviner que les omnivores sont légion du côté de la Rue Saint-Guillaume…
Noms inconnus et syndrome Télérama
« Un peu de tout » n’est souvent qu’une réponse préalable, annonçant une liste forcément non-exhaustive d’artistes considérés comme des génies. Il est conseillé de commencer cette liste par des noms peu connus, histoire de plonger l’interlocuteur dans ses propres lacunes. Ainsi sont cités Robert Cray, Holllie Cook et Albin de la Simone, insufflant perplexité et respect à l’interlocuteur qui commence à se demander pourquoi il a voulu parler de musique. L’omnivore enfonce le clou en confessant qu’il adore Stromae, aime bien Xxxtentacion mais moins depuis sa mort, et trouve Orelsan moins percutant depuis qu’il a du succès.
On retrouve dans les travers des omnivores culturels certains aspects moqués chez les critiques musicaux français. Un petit détour par le site de l’hebdomadaire Télérama fait échos aux goûts de ces mélomanes qui, perdus dans la diversité de la musique contemporaine, ne peuvent se résoudre à ne pas écouter un chanteur et souhaitent toucher à tout. Le magazine déclare ainsi, dans ses dernières critiques, « aimer passionnément » (et sans beaucoup de surprise) les CDs d’Éric Le Lann, Fred Nevché et Bixiga 70, un big band afro-brésilien. Ce qui ne s’invente pas. Derrière tout cet éventail musical, regroupé autour de la fameuse formule « j’écoute de tout », semble se reformer un snobisme musical, englobant tout sauf ce qui a du succès. Un succès à fuir, déconseillé et contagieux, qui fait déguerpir les titres de M.Pokora, Rihanna et Maître Gims des playlists des omnivores. Le troisième album de ce dernier, pourtant prolifique, ne fait même pas l’objet d’une critique par Télérama.
Un peu de tout, beaucoup de pas grand-chose
Le « un peu de tout » est donc peut-être un modèle qui tient la route pour se sortir d’une question embarrassante, mais ne donne qu’une image déformée des goûts d’un individu. Pire, il participe à un renouveau de la distinction des forts capitaux culturels. Pourtant il pose question. S’il est exclu du « tout » tout ce qui passe sur NRJ et Skyrock, on se doute bien qu’il faut quand même deux ou trois omnivores égarés pour que les dix premières places du Top France soient autant trustées par Dadju, Soprano et MHD.
Enfin l’ambition du « tout » musical est une utopie souvent contraire à nos habitudes culturelles. Si les plateformes de streaming comme Deezer ou Spotify semblent nous ouvrir les portes de l’infini musical, chacun finit toujours par écouter les vingt mêmes chansons, les cinq mêmes albums. Si l’on se prend à devenir « fan » de beaucoup d’artistes, on continue à n’aller en voir que deux ou trois en concert, pas plus. La diversité musicale est souvent une réalité, mais dans une mesure bien moindre que celle promise par le « un peu de tout ». Aznavour, Thérapie Taxi et Pink Floyd cohabitent certes dans les playlists savamment concoctées. Mais c’est toujours « Oops I did it again » de Britney Spears qu’on finit par écouter compulsivement en sortant des cours, dix fois, quinze fois de suite.
Alors pas de panique. La prochaine fois qu’on vous demande ce que vous écoutez, ne répondez pas « un peu de tout », sous peine d’être catalogué de dangereux snob élitiste. Répondez « les chansons de Britney Spears ».
Simon Le Nouvel
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Comme à chaque rentrée, ce samedi 6 Octobre 2018, Paris vivra toute la nuit au rythme des Arts. Des événements amateurs ou professionnels se produiront dans tous les quartiers de la capitale, pour le plus grand bonheur de toutes et tous. Parmi tous ces événements, la musique sous toutes ses formes occupe une place prédominante : voici donc une liste des des lieux où passer votre Nuit Blanche en Musique(s) !
La musique a une histoire aussi longue que celle de l’humanité, et quel meilleur moyen de commencer notre tour des événements musicaux de cette Nuit Blanche que de remonter à l’aube du monde en musique ? C’est la proposition du compositeur Zad Moultaka de 19h à 2h au Planétarium du Palais de la Découverte, qui a imaginé une reconstruction visuelle et sonore de la « Première Nuit du Temps Humain », d’il y a 300 000 ans. Ce chant « matri-ciel », qui imite les sons naturels allant du clapotis de l’eau aux murmures du vent vous fera voyager à la naissance des sons et de la première musique : celle de la Nature elle-même.
Après cette introduction originelle, continuant notre voyage musical dans l’histoire humaine et dans Paris, chacune et chacun pourra trouver musique à son ouïe. Que vous préfériez la musique composée il y a quelques siècles de cela, la musique disco ou la musique électronique, cette musique n’aura jamais parue aussi vivante et aussi proche de vous que pendant cette Nuit Blanche.
Pour toutes celles et ceux que la musique dite « classique » intéresse et qui ont envie de la (re)découvrir d’une autre manière, le rendez-vous est donné sous la Canopée des Halles à partir de 19h pour un concert dont la qualité du répertoire (Beethoven, Ravel notamment) n’a d’égale que l’originalité de l’orchestre (formation éphémère composée d’une centaine de musiciens amateurs ne se connaissant pas).
En marge de ce rendez-vous, si la musique de chambre a votre préférence, vous pourrez bénéficier d’une Nuit des Quatuors au Musée de l’Orangerie, avec 1 concert par heure, entre 19h et 4h. Pour celles et ceux que la création « contemporaine » branche, le rendez-vous est donné à l’Eglise Sainte-Claire de Paris, où l’Orchestre National Electroacoustique collabore avec Hubert de Chalvron de 20h30 à minuit pour un Cadavre-Exquis musical basé sur la Danse des Morts.
Enfin, vous n’aviez peut-être pas encore osé franchir ses portes jusqu’alors, mais à l’occasion de la Nuit Blanche, la Philharmonie de Paris, elle, a décidé de s’ouvrir à vous ! Avec entre 19h et 6h du matin pas moins de 4 concerts en simultanés, disséminés dans toutes les salles du grand ensemble parc de la Villette, tout le monde y trouvera son compte. Vous pourrez au choix découvrir les plus belles œuvres de Debussy, Saint-Saëns et Mahler au piano mécanique dans le Studio, vivre une « Nuit Américaine » dans la salle des concerts, et enfin vous plonger dans l’intégrale d’Erik Satie au piano (soit 8h30 de concert) dans la Grande Salle Pierre Boulez, tandis que la façade de la Cité de la Musique se transformera en Machine à Rêve. C’est une occasion véritablement unique de déambuler gratuitement à votre guise dans la Philharmonie de Paris, de tester différents placements dans les salles de concerts et d’accompagner musicalement votre nuit. Tout le programme de la nuit à la Philharmonie est disponible ici.Pour les personnes friandes de musiques plus contemporaines, et qui voudraient profiter de cette Nuit Blanche pour fêter dignement leur week-end, sachez que le club « La Folie » organise une soirée Disco, scénarisée par l’artiste Tony Regazzoni et que le Cabaret Sauvage vibrera au rythme jamaïcain de minuit à 5h30.
Enfin, pour celles et ceux qui voudront s’ambiancer tant musicalement que visuellement, les Invalides accueilleront la scène électro scandinave du moment avec des interventions de Lindstrøm, Axel Boman et Kornél Kovács, qui bénéficieront de l’installation scénographique Physis, pour une formidable expérience de lumières et de formes (dont voici le trailer).
En résumé, ce sont donc une multitude d’événements musicaux qui auront lieu samedi soir à l’occasion de la Nuit Blanche pour vous faire vibrer. Parallèlement à cela, il y a beaucoup d’autres scènes déployées partout dans Paris (dans les musées, les théâtres, les monuments) qui n’attendent que vous (la liste complète est disponible ici).
Enfin, il est à noter que le service RATP s’adapte pour la Nuit Blanche : certaines lignes fonctionnent toute la nuit, d’autres sont gratuites et les Noctiliens sont adaptés et renforcés. Certaines stations se parent même de leurs plus beaux atours (comme à Porte de Vincennes ou à Gare de Lyon). Toutes les infos sont disponibles sur le site de la RATP.
Martin Niedziela
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Si la cinquième édition de cet événement va pouvoir avoir lieu mercredi, c’est avant tout grâce à la mobilisation des bénévoles. Qui sont ces bénévoles ? Il y a, évidemment, les étudiants et les étudiantes membres de l’association Sciences Po Refugee Help. Mais pour cette soirée, ils ne seront pas seuls : les artistes qui se produiront à cette occasion le feront également gratuitement. Les seuls bénéfices seront ceux engendrés par la vente de billets, et ils permettront le financement des actions menées par l’association.

Parlons des artistes, justement. Ils seront nombreux à se présenter devant vous ce soir-là. Les rythmes touaregs de Salam Désert et son groupe d’amis sauront, sans aucun doute, vous inviter au voyage et vous faire danser sur la piste du Génie d’Alex. Ils ne seront pas seuls, puisqu’avec eux se produira également Agathe Iracema, compositrice et interprète de jazz franco-brésilienne. Là encore, le duo qu’elle formera avec le guitariste Eneas Santana vous transportera loin de la scène et de la Seine parisienne. Les accents brésiliens d’une musique samba-funk devraient faire de cette soirée une fête où les invités ne formeront qu’une masse unie par les mélodies. Enfin, le DJ set de Guido Minisky, l’une des têtes du duo d’Acid Arab, se joindra à Kenzi Bourras pour faire vibrer les participants au son d’une musique techno à laquelle se mêleront des mélodies orientales ensorceleuses. C’est la recette qui a fait le succès des quatre éditions précédentes : une ambiance cosmopolite et des artistes survoltés, le tout dans un cadre inhabituel.
La « Beats Across Borders », au-delà de son caractère festif, est également un événement nécessaire pour Sciences Po Refugee Help. Alors que l’Hiver arrive, les recettes engendrées par la soirée permettront à l’association d’être présente sur tous les terrains durant les mois à venir. Aujourd’hui, un millier de personnes environ dorment dans les rues de Paris, parmi lesquelles on trouve des centaines de mineurs non accompagnés. La poursuite des actions menées par Sciences Po Refugee Help, association qui vient en aide à ces personnes en grande difficulté, est donc indispensable.
La soirée « Beats Across Borders » doit, précisément, permettre de lever les fonds nécessaires à la conduite des maraudes, collectes de biens de première nécessité et cours de français. L’idée est de garantir non pas seulement la survie, mais également l’intégration des réfugiés. Sur les 1000 places qui ont été mises en vente par l’association, 200 leur sont, à ce titre, réservées. En se joignant au groupe des étudiants et des étudiantes venues pour faire la fête, ces derniers pourront oublier leur statut le temps d’une soirée. Même si, évidemment, le but de cette dernière n’est pas d’occulter le combat au long cours mené par l’association. Au contraire, l’enjeu est fondamental, puisqu’il s’agit d’assurer sa subsistance.
En résumé, si vous avez envie de faire la fête avec les réfugiés, pour les réfugiés, et que vous souhaitez vous échauffer avant la Cash and Trash, la soirée « Beats across Borders » n’attend que vous !
]]>Les tickets pour l’événement sont toujours disponibles ici : https://www.facebook.com/events/835498759957211/