Montebourg – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:24:53 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Montebourg – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Primaire à gauche : des sciences-pistes en campagne https://www.lapeniche.net/la-campagne-des-militants-sciences-pistes/ Mon, 23 Jan 2017 09:00:56 +0000 http://lapeniche.net/?p=36293 La politique n’intéresse plus, les gens la délaissent, n’y croient plus, n’y voient plus aucune solution, tous baissent les bras. Tous ? Non ! Une poignée résiste encore et toujours à l’envahisseur. Leur résistance est tellement acharnée que, la veille du premier tour, chacun voit une « bonne dynamique » pour son candidat, même quand il fait 6%. C’est beau, l’espoir des militants.

Au terme du premier tour de la primaire organisée par le PS et ses alliés dimanche 22 janvier, Benoît Hamon arrive en tête avec environ 35 % des voies, suivi par Manuel Valls à 31 %, les deux se qualifient pour le second tour, dimanche prochain. Loin derrière, Arnaud Montebourg, le candidat-marinière, fait moins de 20 %. Parti pour rassembler, Vincent Peillon regroupe environ 6% des électeurs. Les autres candidats font chacun moins de 4 %.

Ils sont au Collège universitaire ou en master, ne veulent pas faire de la politique leur métier ou en font déjà un temps-plein. Dans la primaire de « la Belle Alliance Populaire » – qui, de l’aveu même de l’un d’eux, n’est active qu’à Paris – quatre candidats se détachaient à la veille du scrutin que tous voyait incertain. Maëlle Gelin, pour Montebourg voyait s’esquisser un second tour sans Manuel Valls et avec son champion. Raté.

Benoît Hamon, arrivé en tête au premier tour, lors du Grand Oral, le 28 octobre 2015 à Sciences Po. photographie: Yann Schreiber
Benoît Hamon, arrivé en tête au premier tour, lors du Grand Oral, le 28 octobre 2015 à Sciences Po. Photographie: Yann Schreiber

Militant PS depuis la fin de sa première année, Simon Fauquembergue, en master à l’école d’affaires publiques, soutenait Vincent Peillon depuis l’annonce de sa candidature. Suite au renoncement d’Hollande, il a vu dans le professeur de philosophie « le seul capable de rassembler ». Le rassemblement, c’est son mantra qu’il répète à tout va. Mais tout les militants qu’on rencontre connaissent bien leur discours. Julie Vincent, en deuxième année et soutien de Benoît Hamon, déroule pendant deux minutes un argumentaire parfaitement huilé lorsqu’on la questionne sur le revenu universel, cher à son candidat.

La farine de Strasbourg, révélatrice d’une tension autour de Valls

Même chose chez Margot Antoniazzi, dans l’équipe de campagne de Manuel Valls et fondatrice du mouvement jeune qui l’accompagne. De la tension autour de la candidature de l’ex-Premier Ministre ? « Oui, quelques incidents » nous accorde-elle, lâchant s’être elle-même prise de la farine « dans la gueule » à Strasbourg lors du déplacement du candidat le 22 décembre. Mais malgré ce climat « haineux », « revanchard » de la part de « petits groupes identitaires », l’ex-collaboratrice parlementaire de Carlos da Silva (un très proche de Manuel Valls qui l’a « embarquée » sur la campagne) l’assure  : « il y a quand même une dynamique » depuis le second débat télévisé entre les candidats.

Manuel Valls aux cotés de Yann Algan, le 3 novembre 2015 à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber
Manuel Valls aux cotés de Yann Algan, le 3 novembre 2015 à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber

Les autres ne sont pas tout à fait du même avis, formant ce qui ressemble à un front « tout sauf Valls ». Julie Vincent, celle qui milite pour « Benoît », nous décrit un groupe de jeunes avec Valls ayant reçu de la farine alors qu’ils tractaient. « C’est normal qu’il clive » justifie-t-elle en arguant des revirements sur le 49.3 : « Forcément ça énerve les gens ». Pour Simon Fauquembergue, il est clair que c’est « une candidature qui patine totalement ». Finalement moins que celle de son candidat, qui cumule environ 6 %.

Ce dernier, depuis son engagement auprès des Jeunes avec Peillon, enchaîne tractage entre Paris et la Vienne de ses parents « pour convaincre les indécis ». Pas des plus optimiste, il concède que son candidat « n’est pas celui qui fait lever les foules » face à Valls « qui clive » face à Hamon et Montebourg, « très établis dans les médias ». « C’est dur de mobiliser autour de lui, on essaye de faire de la pédagogie », conclut-il.

Du tractages à la rédaction d’argumentaires

Maëlle Gelin, secrétaire de section du PS Sciences Po, est engagée depuis la fin du printemps aux côtés d’Arnaud Montebourg. Après quelques années de tractage, elle avait envie de « passer à autre chose », et préfère « travailler ici sur du fond ». Au pôle argumentaire de la campagne, elle rédige des notes et des éléments de langage pour l’ex-Ministre de l’économie. Quelques jours avant le premier tour, elle voyait déjà la « bonne dynamique » autour de Benoît Hamon, “il faut être prudent”.

Arnaud Montebourg, le troisième homme de cette primaire, lors du Grand Oral, le 18 octobre dernier à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber
Arnaud Montebourg, le troisième homme de cette primaire, lors du Grand Oral, le 18 octobre dernier à Sciences Po. Photographie Yann Schreiber

Beaucoup regrettent une campagne trop courte, où seulement quelques portes-à-portes ont pu être organisés, les vacances ayant coupé la campagne. Margot Antoniazzi ne s’est pas arrêté jusqu’à ce samedi, « seule journée de libre » depuis des semaines. Mais qu’a-t-elle fait au siège du candidat ? « La mobilisation des élus, de la coordination… », un peu gênée, elle ne souhaite pas donner plus de détails. Heureuse d’avoir pris sa césure en cette année électorale, « c’est une certitude », elle s’engagera pour son candidat si celui-ci vient à gagner, tous comme les autres jeunes militants.

Quel impact sur la section PS de Sciences Po ?

Cette primaire touche-elle l’unité de la section PS de Sciences Po ? Sa secrétaire, Maëlle Gelin, assure de l’absence de tension : « Ça a toujours été comme ça ». Avec un centre de gravité plus à gauche que le parti, les militants s’unissent autour de l’opposition à la politique du gouvernement. Aucun militant actif de la section ne s’est rapproché de l’ancien Premier ministre. « Il y un une ligne contre Valls », une « fracture » nous confiait-elle. Quelle positions alors de la section en cas de victoire de Valls au second tour ? Réponse dimanche prochain.

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5 choses à savoir sur Arnaud Montebourg https://www.lapeniche.net/5-choses-a-savoir-sur-arnaud-montebourg/ Mon, 17 Oct 2016 09:00:02 +0000 http://lapeniche.net/?p=35894 Arnaud Montebourg a répondu présent à l’invitation de Sciences Po TV et la Péniche, il débarque en Boutmy mardi prochain. Le candidat à la primaire socialiste a accepté de se livrer à l’exercice, difficile mais non moins passionnant, du Grand Oral. Ce trublion, avant d’être un ministre atypique, est un homme aux visages multiples, et aux formules assassines. Une personnalité haute en couleurs : la preuve en cinq points.

montebourg
Arnaud Montebourg est l’invité du second Grand Oral de l’année le 17 octobre


1. Un habitué des coups d’éclat

Sa capacité à agiter la sphère médiatico-politique est l’une de ses forces, affirme-t-on dans son entourage. C’est sa griffe, sa marque de fabrique. Et ses coups d’éclats sont nombreux. « Tu gères la France comme le conseil Municipal de Nantes ! » : lançait-il au chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault, quand celui-ci refusait de nationaliser le site industriel de Florange, propriété d’ArcelorMittal.

L’ancien élève de la Rue Saint-Guillaume, quand bien même ministre de l’économie en 2014,  tient à son indépendance. Parti gonflé à bloc à la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse en juillet, il déclare « Je vais lui envoyer une bonne cuvée du Redressement au Président ! ». Avec la marinière, le vin est décidément un redoutable outil politique. Les caméras, l’attention des journalistes, l’emballement médiatique sont les premiers amateurs des frasques du tonitruant Montebourg. Après la levée de boucliers au sein du gouvernement, le premier ministre, Manuel Valls, obtiendra l’éviction du ministre renégat.

Provocateur, et assassin par les mots, Arnaud Montebourg l’est depuis ses débuts dans les campagnes présidentielles. En 2007, il quitte l’équipe de campagne de Ségolène Royal après avoir déclaré : « Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut. C’est son compagnon ». En 2011, alors qu’il est candidat à la primaire socialiste, il compare Angela Merkel au chancelier Bismarck. Il connait l’importance de la phrase qui marque les esprits et frappe les imaginaires, et s’adapte avec aisance à la médiatisation grandissante de la vie politique.

 

2. Le chantre de la démondialisation

Au printemps 2011, il publie un essai virulent Votez pour la démondialisation ! dans lequel il dénonce la mondialisation néolibérale, tout en esquissant des propositions préparant une démondialisation, basée sur « la mise en place d’un nouveau système d’échange fondé sur des règles universelles de protection de l’environnement et des standards sociaux et sanitaires ». Vaste programme.

Contre le capitalisme mondialisé, il s’érige en défenseur d’une politique protectionniste. Il promeut ainsi l’idée d’un Etat fort, régulant la finance et les services bancaires. C’est donc sans surprise qu’il défend le « made in France », qui lui tient particulièrement à cœur. Allant même jusqu’à faire la couverture que chacun connait du Parisien Magasine du 19 octobre 2012. La communication est le nerf de la guerre, Arnaud Montebourg a compris la leçon.

 

3. Un entrepreneur assumé

Agitateur d’idées, tribun, avocat, essayiste, professeur invité à Princeton, Arnaud Montebourg se plait à endosser plusieurs casquettes. Celui que la presse allemande qualifie de « colbertiste » ou de « protectionniste » est également un entrepreneur. Après un rapide passage dans les salles de classe de l’INSEAD, il est nommé le 19 mars 2015, vice-président du conseil de surveillance de la chaine d’ameublement d’Habitat.

En mars 2015, il siège dans le comité d’orientation stratégique de la société Talan, groupe de conseil pour les entreprises dans la transition vers de nouvelles technologies et systèmes d’information. Début octobre 2015, ce défenseur farouche du nucléaire annonce qu’il prend des actions chez New Wind, start-up qui conçoit des éoliennes domestiques. C’est donc au gré d’allers et venues entre mondes politique et économique qu’Arnaud Montebourg forge son image singulière dans le paysage politique hexagonal.

 

4. Un mitterrandien nouvelle génération

Depuis plus de dix ans, Arnaud Montebourg se lance à l’assaut du mont Beuvray, dans le massif du Morvan, au coeur de sa Bourgogne natale, accompagné de ses plus fidèles soutiens. Cette année, il a effectué ce pèlerinage en compagnie des députés frondeurs Christian Paul et Philippe Baumel, assumant clairement ses divergences avec la ligne politique gouvernementale. Revenons sur la symbolique. Chaque lundi de Pentecôte, comme un rituel immuable, il escalade ce lieu à la façon d’un certain François Mitterrand à la roche de Solutré, également située en Bourgogne. Comme une façon de s’identifier à cette figure tutélaire de la gauche, Arnaud Montebourg continue son ascension montagneuse et politique. Mais plus le sommet se rapproche, plus la chute peut être douloureuse.

5. Il a rencontré l’amour au gouvernement

Non, la politique n’est pas qu’affaire de requins aux dents longues, de jeunes (vieux ?) loups aux crocs affutés. Les salons feutrés des ministères sont aussi le lieu idéal pour rencontrer l’amour. Arnaud Montebourg démissionnera en effet en aout 2014 avec celle qui deviendra sa compagne, Aurélie Filippetti, ministre de la culture et proche des Frondeurs.

C’est aux cotés de celle-ci que l’ancien ministre entend remporter la primaire socialiste qui s’annonce plus tendue que celle de 2011, car reposant sur la critique du quinquennat de François Hollande. Cette dernière s’occupe de tisser un réseau de soutiens au sein de la majorité socialiste à l’Assemblée, tandis que lui court les routes de France pour présenter son « Projet France ». Les « Bonnie and Clyde du PS », comme les surnomme Manuel Valls, sont bien partis pour jouer les troubles fêtes au sein de cette primaire socialiste. Affaire à suivre mardi soir en Boutmy.

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