Un article de Mariam Ben Slama pour le Sundial Press
Equations, derivatives and vectors are things most students thought they left behind after finishing high school, and who can blame them? After all, aren’t we in a Social Sciences university ? Yet students are still required to take a Math class that is worth 3 credits during the first semester of their first year.

It might not seem like much and most people might think that just because Math is not as important as History or Political Institutions it must be easy, however through Yik Yak posts, complaints in the Glass Hallway or constant help asked on the SciencesPo Trade page, it is undeniable that students are struggling with their Math classes whether introductory, intermediate or advanced. In fact, what most students have observed is that the level they chose didn’t matter that much because they were studying the same things and for those who have not studied Math for the last two years, it was indeed frustrating.
When asking students if they felt that Math was useless in SciencesPo one of them answered: “I think math in general is a useful thing to have and it’s more practical than a lot of people would think, especially for Economics and other social sciences that use a more empirical or quantitative approach. However, if people want to go into Law then it’s unfortunate that they have to take it” In terms of the way it is taught, another 1A explains “I feel like it’s subpar. There could be a lot of improvement concerning how it’s taught, but in terms of requirements to take it, I think it’s justified.”
One of many peculiarities concerning Math on campus is that failing students don’t need to retake it at the end of the year like they would do for any of the main courses. One could argue that if it isn’t that important, why even take it in the first place? However, for their third year students can expect partner universities to still pay attention to their Math grades which isn’t the best news for all of us. This is even more serious for certain dual degree students that are also expected to validate a certain level in Math in order to pursue their education in their already-chosen school.
Multiple encounters with 2As showed that unlike this year’s 1As, they didn’t have to take a Statistics class during the second semester which was a huge relief for a lot of them. All these changes have been implemented with no justification from the administration which means that no one knows the reason behind this new curriculum. A look at the Statistics’ class course description, might give us an idea regarding its necessity. It is indeed applied to the Social Sciences and can be related to the Sociology field research all 1As have to complete this semester. However, this only constitutes a shot in the dark and no explanation from the administration was given.
Needless to say that this equation is one with many unknowns and no one has managed to resolve it.. yet.
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Dans la logique de l’enseignement pluri-disciplinaire proposé par SciencesPo, les étudiants en première année du collège universitaire sont amenés à suivre un cours de mathématiques pendant deux heures par semaine. Mathématiques d’accord, mais pas seulement. Si la matière est importante, elle ne vaut que pour seize points lors de l’examen final. Comment sont évalués les quatre derniers points ? Par des « exercices à la Fermi ». Le principe est assez simple (l’exercice beaucoup moins) : se poser des questions pour le moins… originales et tenter d’y répondre sans posséder la moindre information numérique, quantitative ou qualitative sur le sujet.
Fermi s’est ainsi rendu célèbre (entre autres) pour sa question : « Combien y a-t-il d’accordeur de pianos dans New-York ? ». Il nous a également été demandé tout au long du premier semestre : « Combien de gouttes de pluies sont-elles tombées sur le sol français en un an sachant qu’il y en a 20 dans un millimètre cube ? », « Combien de cadenas sont-ils accrochés sur le Pont des Arts à Paris ? », « Combien y a-t-il de kilomètres de trottoir dans Paris ? », ou encore « Combien y a-t-il de cheveux sur la tête d’un être humain à l’âge adulte ? ».
Les élèves peuvent alors se découvrir une vocation pour deviner combien de balles de ping-pong peuvent entrer dans la cathédrale Notre-Dame de Paris ou encore combien de piscines olympiques a-t-il plu sur la France depuis qu’Hannibal a passé les Alpes. Il va donc sans dire que Sciences Po Paris fait l’objet de nombreux clichés et autres idées-reçues que les exercices à la Fermi ne viennent pas forcément démentir.
En effet, au-delà de la singularité et de l’originalité de ces exercices, les questions à la Fermi soulèvent une autre interrogation qui nous ramène à un débat central concernant Sciences Po Paris : ses élèves peuvent-ils vraiment parler de tout, sans connaitre rien ? Parce qu’évidemment, au bout d’un semestre à réfléchir sur le moyen de dénombrer les cadenas sur le pont des Arts ou la superficie occupée par les hommes s’ils étaient réunis en une foule compacte, peut émerger une forme de prétention à savoir répondre à n’importe quelle question sans même posséder d’informations au préalable.

Mais aux yeux de Rémi Chautard, professeur du cours de Statistiques Inférentielles dispensé en première année, ces exercices ne sont ni futiles ni inutiles : “l’objet des exercices à la Fermi est avant tout de former les étudiants à une réflexion pragmatique sur un problème chiffré. Il s’agit de simplifier au maximum un problème en apparence compliqué, en distinguant les paramètres essentiels des paramètres négligeables. Cet exercice impose un raisonnement structuré, argumenté et rationnel; ce qui est très formateur, et permet d’affiner très sensiblement la compréhension d’un problème et l’esprit critique devant une donnée chiffrée.”
D’après lui, ils seraient même fondamentaux pour comprendre le monde qui nous entoure et développer son regard critique : “ils semblent essentiels dès qu’on s’intéresse à l’actualité. Les médias diffusent de nombreuses données chiffrées, parfois absurdes, parfois opaques si on ne considère pas le contexte dans lequel ces données ont un sens. ». C’est dans ce contexte qu‘ « il est devenu indispensable d’être capable de comprendre ces données très précisément et être capable de les questionner. Pour cela, il est souvent nécessaire de conduire des raisonnements tels que les exercices à la Fermi le sollicitent.”
Mais alors, ce type d’exercice ne risque-t-il pas de rendre les élèves arrogants ? Ne pousse-t-il pas à parler de tout sans réellement savoir de quoi on parle ? Pour Rémi Chautard, “c’est en effet un risque auquel il faut prêter attention”. En effet, “l’aspect ludique de ces exercices peut donner une sensation grisante d’être capable de répondre à toutes les questions possibles en mettant en œuvre une méthode « à la Fermi ».”
Le maître de conférence met donc en garde, “soyons prudents ! Ces exercices permettent de mettre en œuvre des méthodes qui éclairent certains problèmes, mais pas tous. De plus, tout exercice du type « Fermi » ne peut pas être résolu avec les méthodes enseignées. Il faut donc rester lucide sur les intérêts et les limites de ce genre d’exercices, et ne surtout pas s’imaginer que les méthodes mises en œuvre sont la clé à tous les problèmes chiffrés. Il faut être capable de dire « je ne sais pas répondre » si c’est le cas.”
Ainsi, si l’on se repose notre question initiale, l’idée ne serait pas de nous faire parler de tout sans connaitre rien ou encore de nous poser des questions futiles ou sans intérêt le moindre; mais plutôt, d’être capable d’argumenter sur nos réponses et de savoir défendre nos prises de positions. L’accent est mis sur la cohérence du propos et sur sa pertinence. A la lumière de ces éléments, les exercices à la Fermi semblent donc s’inscrire parfaitement dans la pédagogie mise en place à Sciences Po Paris; à savoir, former des professionnels aptes à la décision et au raisonnement. Alors, parler peut-être, mais parler bien, parler juste.
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