Marine Denis – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:21:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Marine Denis – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Jean-Christophe Lagarde à Sciences Po, la conférence anti-langue de bois de l’UDI https://www.lapeniche.net/jean-christophe-lagarde-a-sciences-po-la-conference-anti-langue-de-bois-de-ludi/ https://www.lapeniche.net/jean-christophe-lagarde-a-sciences-po-la-conference-anti-langue-de-bois-de-ludi/#comments Fri, 10 Apr 2015 13:03:09 +0000 http://lapeniche.net/?p=27899 FullSizeRender (1)

La conférence organisée hier soir par l’UDI Sciences Po en présence du président du parti, Jean-Christophe Lagarde, concordait avec les demi-finales du Prix Philippe Séguin de Sciences Polémiques et nous pourrions légitimement nous demander au cours duquel de ces deux évènements la beauté de la formule a réellement été mise au service de la sincérité du contenu.

Sans langue de bois, Jean-Christophe Lagarde a probablement surpris une partie de son auditoire par des propos sans concession, ignorant peut-être notre présence dans la salle.

Pour vous qui aviez choisi les sonorités musicales des discours des demi-finalistes du Prix Philippe Séguin ou vous qui deviez écouter le long monologue de vos maîtres de conférences, retour sur une conversation sans filtre avec le président de l’UDI.

 

« Je ne connais pas la politique de Juppé »

« Un UMP, c’est un UDI en devenir » répond ironiquement Jean-Christophe Lagarde à la question d’un militant du parti de Nicolas Sarkozy portant sur les primaires des futurs « Républicains ». D’ailleurs, les oreilles de la rangée de membres de l’UMP Sciences Po ont dû bourdonner un peu plus encore lorsque l’invité centriste prétend d’une voix assurée que « François Hollande a une chance sur deux d’être reconduit dans les fonctions présidentielles » en concluant son intervention par l’avertissement « Méfiez-vous des Français ! »

En réalité, M. Lagarde préfère se garder de faire des pronostics sur les futures élections présidentielles de 2017 ou bien sur l’issue des primaires UMP. « L’UDI n’a pas vocation à être l’arbitre entre Juppé et Sarkozy. » Le président de l’UDI se montre donc plus prudent que François Bayrou, son voisin centriste du Mouvement démocrate qui a d’ores et déjà apporté son soutien à Alain Juppé. Jean-Christophe Lagarde a maintenu hier en effet que le maire de Bordeaux RPR n’est pas centriste, s’appuyant sur les positions de M. Juppé sur l’Europe ou le libéralisme économique.

Mais qu’en pensent les militants UDI ? Comment appréhendent-ils l’hypothèse d’une victoire de Juppé aux primaires UMP quand Jean-Christophe Lagarde met en doute la participation même du ténor de l’UMP à cette étape décisive pour la droite ? Christine Samandel, responsable du pôle conférences dans la section science piste de l’UDI, se détache de la position du président de son parti, jugeant que « la plupart des centristes se retrouvent beaucoup dans la personne de Juppé ». Marine Denis, présidente de la section, se montre plus indécise, n’excluant pas non plus l’hypothèse d’un éventuel « deal » entre Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde. En tous les cas, qu’il s’agisse de l’UDI ou du MoDem, le centre indépendant, ça ne semble pas aller de soi .. 

Jean Christophe Lagarde aux côtés de Marine Denis, présidente de l'UDI Sciences Po et Christine Samandel, responsable du pôle Conférences.
Jean Christophe Lagarde aux côtés de Marine Denis, présidente de l’UDI Sciences Po et Christine Samandel, responsable du pôle Conférences

La fraîcheur du « ventre dur du centre » détonne

Il l’affirme lui-même, le président de l’UDI est un self-made man. Maire de Drancy, député de Seine-Saint-Denis, fraîchement élu à la présidence de l’UDI, il a mis en avant les efforts et le travail qu’il a dû accumuler pour accéder à de telles fonctions.

N’étant passé ni par Sciences Po, ni par l’ENA, il possède d’ailleurs un regard assez dur sur ces formations ; il déplore le profond fossé entre la politique et l’administration et dénonce le carcan administratif et fiscal devenu si lourd selon lui qu’il en est « crétin et débile ». Christine Samandel voit d’ailleurs cette critique envers Sciences Po formulée au 27 rue Saint-Guillaume comme une caractéristique clé d’un homme politique qui ne cherche pas à plaire mais à convaincre. C’est d’ailleurs pour ce franc parler et cette trajectoire originale que l’UDI Sciences Po a tenu à l’inviter, « en espérant qu’il pourra faire ses preuves et convaincre du bien-fondé du projet centriste. »

Un centre enfin « sexy » ? Le terme reste sujet à débats mais pour Marine Denis, il existe clairement une différence en termes d’expériences entre un homme qui exerce sa fonction « les pieds dans la merde dans un département compliqué » face à un François Bayrou qui a été ministre de l’Education et qui mène une vie « tranquille » à Pau.

La fraîcheur, le dynamisme, le refus de la langue de bois, des positions qui détonnent à propos par exemple de la légalisation du cannabis, tout cela tend à éloigner de l’UDI l’image traditionnelle que les citoyens possèdent du centre, à savoir des partis bourgeois de notables se complaisant dans leurs convictions libérales.

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La présidente de l’UDI Sciences Po défend la conception revigorante et originale de la politique de « JCL », loin de celle que développe la plupart des étudiants sciences pistes. « A l’UDI Sciences Po, on se bat davantage sur le terrain des idées que sur le terrain physique alors que Jean-Christophe Lagarde s’adresse particulièrement à une nouvelle génération de militants très dynamiques, notamment dans son département du 93» précise Marine Denis.

Un centre « sexy » ? Alors qu’Alain remplit Boutmy, Jean-Christophe peine à faire salle comble en Eugène d’Eichthal. C’est loin d’être une surprise pour Marine Denis : « on ne pouvait pas remplir Boutmy avec Jean-Christophe Lagarde. Même s’il commence à faire son petit bonhomme de chemin, il a commencé par être un élu local et ne jouit pas encore de la même renommée qu’Alain Juppé. » Les prestations des deux hommes politiques à Sciences Po se révèlent dès lors sensiblement différentes : Christine Samandel a jugé le discours du ténor de l’UMP comme « très consensuel, très préparé, formaté pour 2017. » 

 

« Hollande, tu te fous de notre gueule »

Cette intervention de Jean-Christophe Lagarde à Sciences Po a également permis de clarifier le programme de l’UDI, le premier axe demeurant le projet fédéraliste européen, victime de deux blocages actuellement selon lui. Tout d’abord, l’Union européenne est « gouvernée par des gens qui n’y croient pas » et, en second lieu, le contexte historique qui a favorisé la construction européenne, c’est-à-dire la confrontation avec l’Union soviétique, a disparu, ce qui la place dans une situation délicate de désarroi et d’incertitude. « L’Europe est au milieu du gué et l’eau est en train de monter » résume-t-il en ajoutant qu’il est dès lors urgent de changer de rive en précisant que le bord à choisir n’est pas celui voulu par Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, taclant au passage la gauche radicale grecque en train de « baisser son pantalon » face aux exigences de la Commission européenne.

La question européenne est d’ailleurs chère à Jean-Christophe Lagarde et le président de l’UDI défend corps et âmes les Etats-Unis d’Europe, quitte à prendre des positions iconoclastes. Il a ainsi réaffirmé son opposition au traité constitutionnel de 2005 et à l’élargissement de 2004, qui a intégré dans l’UE « une dizaine d’Angleterres qui refusent le fédéralisme« .  

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Un autre axe récurrent dans le discours de Jean-Christophe Lagarde correspond à une féroce envie de lutter contre le carcan administratif jacobin. L’initiative locale, la décentralisation et le fédéralisme européen, voilà la combinaison que souhaite M. Lagarde jugeant le système vertical comme un « système de gouvernance débile. »

Le regard du leader centriste demeure relativement sombre sur la société actuelle : des journalistes qui « travaillent peu », la promesse républicaine non tenue au regard d’une forte endogamie sociale – M. Lagarde salue d’ailleurs au passage l’ouverture de la procédure des CEP par Richard Descoings –, le potentiel pas assez exploité en France et surtout un esprit critique des citoyens français qui disparaît selon lui trois mois avant les élections.

Cela aurait ainsi permis à François Hollande de mener une campagne antisarkozyste faisant du Président sortant l’unique responsable de la crise et expliquerait le revirement de situation quelques mois après avoir gagné contre Nicolas Sarkozy, lorsque M. Hollande déclare avoir mésestimé l’importance de la crise en France. « Hollande tu te fous de notre gueule » lui rétorque crûment M. Lagarde. Dans ces jours de printemps naissant, voilà le Président habillé pour l’hiver. 

Cette conférence, si elle n’a pas rassemblé les foules sciences pistes, aura en tous les cas su surprendre par un franc-parler politique rafraîchissant. Est-ce le début d’un centre dynamique à défaut d’être totalement indépendant de l’UMP ? Malheureusement, La Péniche est un journal comme les autres, et à en croire M.Lagarde, nous ne travaillons  probablement pas assez pour pouvoir vous en assurer.

Dans la même catégorie : « Pour Juppé, le premier round a été réussi » Anciens collaborateurs parlementaires, férus de marketing, de numérique et de nouvelles technologies, Cyril Courson et Julien Peres ont co-fondé l’Agence Wecare à la rentrée 2014. Ils accompagnent aujourd’hui élus, collectivités, institutions publiques et entreprises dans la définition et mise en oeuvre de leur stratégie de communication digitale. Lire la suite.

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Les femmes à SciencesPo, le réveil politique et associatif https://www.lapeniche.net/les-femmes-a-sciencespo-le-reveil-politique-et-associatif/ https://www.lapeniche.net/les-femmes-a-sciencespo-le-reveil-politique-et-associatif/#comments Wed, 29 Oct 2014 07:40:33 +0000 http://lapeniche.net/?p=23435 « Les femmes, c’est normal qu’elles ne fassent pas de politique. C’est un boulot prenant. Qui serait là pour éduquer les enfants ? ». Dit et entendu à Sciences Po puis retranscrit dans le cahier de doléances de l’UNEF mis en place l’an passé pour la journée de la femme. Ca vous étonne ?

Nous connaissons tous aujourd’hui le Sciences Po de la diversité, mais qu’en est il du Sciences Po de l’égalité ? Avec une majorité d’étudiantes féminines sur ses bancs, on pourrait penser que Sciences Po bouscule les idées reçues sur la place de la femme dans les hautes carrières administratives et politiques. Et pourtant, Sciences Po semble, comme bien ailleurs, reproduire les écueils de la société en matière de parité.

1919: entrée des femmes à Sciences Po
1919: entrée des femmes à Sciences Po

 

Dans les sections politiques, les femmes prennent le pouvoir 

Ainsi, côté politique, il semble qu’il y ait encore beaucoup à faire pour la parité dans les partis. Composés majoritairement d’effectifs masculins, les principaux partis politiques présents à l’IEP comptent peu de militantes, 30% seulement à l’UMP Sciences Po d’après le vice-président du parti Camille Chevalier.

Cette année à l’UMP Sciences Po, les quatre postes à la tête de la section sont d’ailleurs occupés par des hommes. Pour Camille Chevalier, l’un des trois vice-présidents, cette situation n’est la conséquence d’un manque de volonté ou d’un sexisme quelconque, mais bien le résultat du principe démocratique de méritocratie : « nous pensons que toutes les places de responsabilité doivent être pourvues par les personnes les plus méritantes, motivées et travailleuses sans considérations biologiques et sociales. Nous nous opposons à l’instauration de quotas de parité qui constituent en un nivellement vers le bas et ne rendent service à personne. Les quotas étiquettent les personnes qui en profitent comme « assistées, moins méritantes » et dévalorisent donc leur action ; et privent les plus méritants de l’accès aux postes de responsabilité, ce qui ne correspond pas à nos valeurs »

Le constat d’une inégale répartition des postes à responsabilité entre hommes et femmes au sein des partis à Sciences Po est frappant, et, tout comme l’UMP, le PS n’échappait pas à la règle… jusqu’à cette année ! En effet, c’est une jeune femme, Manon Chonavel, qui a tout récemment été élue secrétaire de section au PS, aux côtés de son trésorier Paul Bonmartin. Les postes statuaires au PS Sciences po sont paritaires cette année, tout comme le bureau.

Affiche de campagne de la section PS Sciences Po
Affiche de campagne de la section PS Sciences Po

Malgré un retard persistant en matière de parité en politique, force est donc de constater que quelques changements sont en marche à Sciences Po. L’année dernière, le bureau de l’UMP comptait ainsi deux étudiantes, Diane Kercker-Mourgues et V. L., aux postes de vice-présidentes. Du côté du PS, l’accent a été mis sur une meilleure maitrise du temps de parole lors des Assemblées Générales ou au cours de formations de prises de parole en public.

On peut également souligner cette année l’élection d’une seconde femme au poste de Présidente de parti : il s’agit de Marine Denis, à la tête de l’UDI. Entrée en tant que Secrétaire générale à la création de la section UDI à Sciences Po, cette dernière a progressivement su se faire sa place au sein du parti. Toutefois cela n’a pas toujours été sans difficultés, et elle regrette aujourd’hui que la nomination d’une femme à la tête d’un parti politique soit encore et toujours source d’étonnement. Selon elle, « la question de la parité ne doit plus uniquement être abordée du côté des femmes, mais aussi et surtout à travers les mentalités et les comportements masculins. »

 

Politiqu’elles, association féministe phare à Sciences Po

Qui n’a pas encore aperçu les tracts et affiches de Politiqu’elles en Péniche ? Créée en 2013 par Fatima El Ouasdi,  Alice Liogier et Alexandre Larnicol, Politiqu’elles est une association féministe citoyenne, qui agit pour la promotion des femmes dans la vie politique, et qui, seconde au classement, a d’ailleurs brille ment été reconnue début octobre.

L'équipe de Politiqu'elles pour l'année 2014-2015
L’équipe de Politiqu’elles pour l’année 2014-2015

Ce qui a poussé Fatima El Ouasdi à créer Politiqu’elles, c’est avant tout « des petites choses du quotidien » explique t-elle. Des petites choses, qui, agrégées ensemble, ont éveillé en elle un sentiment de malaise vis à vis de la position des femmes à Sciences Po. Pourquoi n’y a t’il pas de de Présidente du BDE ? Pourquoi cette amère sensation du pouvoir conjugué uniquement au masculin dans les partis politique ? Nombreuses sont pourtant les étudiantes à savoir se distinguer par le verbe rue Saint Guillaume.

L’objectif de Politiqu’elles est de créer un réseau de jeunes et d’ouvrir un dialogue le plus large possible autour du rôle des femmes dans l’univers politique. L’initiative est innovante et comme le rappelle Fatima El Ouasdi : « il faut changer les mentalités, mais par la force de l’esprit. »

Côté associatif, le vent du changement souffle donc sur Sciences Po ! Un bel exemple : l’année dernière et après trois années consécutives de victoires masculines, le prix Philippe Seguin pour les arts oratoires a été remis à Irina Kratz, qui a su prouver que l’éloquence n’est pas qu’une affaire d’hommes.

 

La parité au coeur de l’enseignement

Sur un tel débat de société qu’est l’égalité des sexes, Sciences Po se veut en avance sur nombre d’établissements de l’enseignement supérieur. Toutefois, l’égalité des sexes n’a pas toujours été d’une telle évidence à Sciences Po. Il a fallu attendre 1919, soit 47 ans après la création de l’Ecole libre, pour voir les premières femmes franchir les portes de l’école. Du côté des enseignants, c’est seulement en 1941 que la première, et unique enseignante jusqu’en 1968, Suzanne Bastide, accède à la chair de Sciences Po. Aujourd’hui, Sciences Po peut se vanter de compter parmi ses étudiants près de 60% de femmes.

Présence de Najat Vallaud Belkacem à Sciences Po à l'occasion d'une conférence sur la parité en 2012
Présence de Najat Vallaud Belkacem à Sciences Po à l’occasion d’une conférence sur la parité en 2012

La question de la parité reste en effet centrale au sein de l’IEP, et les enseignements proposés aux étudiants sont les premiers à le démontrer. En partenariat avec l’OFCE, Sciences Po développe depuis 2010 un programme pluridisciplinaire de recherche et d’enseignements autour de la question du genre.

De plus, dès la deuxième année du cursus universitaire et tout au long de leur master, les étudiants sont invités à assister à des cours électifs d’économie, de sociologie ou de droit centrés sur la question du rôle et de la place de l’homme et de la femme dans notre monde contemporain: «Initiation aux problématiques de genre à travers l’histoire de l’émancipation des femmes et des féminismes », le cours de Clémentine Autain, en est un très bel exemple. Enfin, on peut également souligner la création d’un poste de référent égalité femmes-hommes en mai dernier dans l’administration.

Nombreuses sont les questions qui restent encore à être posées sur l’épineuse question de la parité: quelles perspectives de carrières pour hommes et femmes ? Pour quelles différences de salaire ? Quelle place pour les hommes et les femmes dans l’enseignement et l’administration à la sortie de l’école ?

Si l’heure a longtemps été à la réflexion, aujourd’hui c’est l’action qui est de mise. Mesdemoiselles, pour vous, un seul mot d’ordre : osez ! Et pour vous, Messieurs, il me semble que l’on cherche encore des effectifs masculins chez les PomPoms…

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