Léo Castellote – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Tue, 20 Feb 2018 20:21:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png Léo Castellote – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 Tribunes : l’UNEF et l’UNI font bloc contre la réforme de la procédure de reconnaissance https://www.lapeniche.net/tribunes-lunef-et-luni-font-bloc-contre-la-reforme-de-la-procedure-de-reconnaissance/ Mon, 13 Apr 2015 13:27:01 +0000 http://lapeniche.net/?p=28053 photoalex (1)

La direction de la vie universitaire a annoncé début avril aux syndicats de Sciences Po l’existence d’un projet de réduction du nombre d’associations, via une réforme de la procédure de reconnaissance présentée par l’administration. L’UNEF a fait circuler une pétition pour lutter contre ce projet, déjà signée par plus de soixante responsables associatifs. La Péniche donne l’opportunité à l’UNI et l’UNEF de préciser leur position sur le sujet dans une tribune. .

Défendre la richesse associative de Sciences Po, c’est défendre son attractivité !

par Léo Castellote, responsable de l’UNI-MET Sciences Po

Le foisonnement associatif dont jouit notre école est l’un de ses principaux atouts. Il est aussi au coeur de l’identité de Sciences Po. Dès lors, amoindrir cette richesse associative serait dramatique pour les étudiants comme pour l’attractivité de l’école. L’UNI-MET Sciences Po est donc très attachée à ce modèle.

Nous nous opposons à la volonté de l’administration de réduire le nombre d’associations reconnues à Sciences Po. Justifiée par le manque de salles libres pour les événements organisés par ces associations (qui est malgré tout une réalité et entraîne un rationnement de facto du nombre d’événements organisés par chaque association), elle aurait pour but de faire primer la qualité sur la quantité.

Toutefois, cela ne doit certainement pas se faire au détriment des associations de Sciences Po. La qualité et la richesse du débat intellectuel et de la vie culturelle à Sciences Po sont effectivement permis par le nombre important d’associations représentées dans l’école. L’UNI-MET votera donc contre cette réforme de la procédure de reconnaissance des associations.

Cependant, au cas où cette réforme devait malgré tout être adoptée, nous souhaitons clarifier la position que nous adopterions. En effet, il semble aujourd’hui que deux solutions envisagées par l’administration s’opposeraient alors. Augmenter à 250 le nombre de voix nécessaires pour être reconnu ou reconnaître les 60 associations ayant obtenu le plus de voix au cours d’une élection déplafonnée. Et ces deux propositions ne sont pas à mettre sur un pied d’égalité : la première serait bien plus dramatique pour notre vie associative que la seconde.

Devoir obtenir 250 voix serait en effet fatal à beaucoup de petites associations qui n’obtiendraient jamais ce nombre de soutiens très élevé. Le nombre d’associations reconnues s’écroulerait donc probablement et ne subsisteraient que les associations les plus grosses et les plus connues. Au contraire, s’il fallait malheureusement durcir la procédure de reconnaissance des associations, il vaudrait bien mieux décider de reconnaître les 60 associations préférées des étudiants. Ainsi, les 20-30 premières seraient probablement les grandes associations très connues mais cela laisserait aussi une chance aux petites associations et aux projets innovants. Et l’on serait au moins sûr que 60 associations (au lieu de 83 aujourd’hui) auraient la chance d’être reconnues, ce que l’on ne peut absolument pas assurer avec la première méthode.

Dans ce cas, l’UNI-MET opterait donc clairement pour cette seconde proposition afin de défendre les intérêts des associations sciencespistes. L’UNI-MET s’engage donc à défendre la richesse associative de notre école, et ce en toutes circonstances. Car défendre la richesse associative de Sciences Po, c’est défendre son attractivité !

Dessin par Marie Gros

Pour la défense des associations et la suppression de la procédure de
reconnaissance

par Solène Delusseau-Jelodin, présidente de l’UNEF Sciences Po

Depuis plusieurs mois, les représentants d’associations entendaient des rumeurs concernant une réforme à venir de la procédure de reconnaissance des associations, allant de la suppression au renforcement. Malgré leurs nombreuses demandes d’information, les réflexions de la direction n’ont finalement été présentées aux élus étudiants qu’en groupe de travail sur la vie associative il y a deux semaines, groupe de travail demandé par les élus UNEF.

La Direction de la Vie Universitaire y a annoncé sa volonté de réduire fortement le nombre d’associations présentes à Sciences Po en renforçant la procédure de reconnaissance. L’objectif affiché serait de ne pas dépasser un plafond d’une cinquantaine d’organisations reconnues, alors que ce nombre s’élève actuellement à 83. Cette mesure serait justifiée par la nécessité d’améliorer la qualité des services rendus par l’administration à la vie associative, de rendre plus lisibles les différents projets existants et de pallier le manque de salles disponibles.

Plusieurs pistes ont été évoquées, comme la nécessité pour une association de recueillir 250 voix pour être reconnue, ou l’obligation de faire partie des 50 projets recueillant le plus de soutiens de la part des étudiants. L’UNEF considère que la vie associative est une richesse de Sciences Po et permet à chaque étudiant de s’épanouir en complément de son parcours académique. Alors que le nombre d’étudiants ne cesse de croître, il est normal et sain que les projets se multiplient! Une sélection plus exigeante risque également de tuer des projets dans l’oeuf, et d’empêcher de nouvelles associations d’exister, avec une conséquence néfaste sur la diversité des opinions et des projets publicisés.

Pouvons-nous par exemple imaginer Sciences Po avec la moitié de ses associations politiques non reconnues ? Face à cette menace d’appauvrissement de la vie associative, l’UNEF a publié une lettre ouverte qui a déjà été signée par plus de 60 associations.

Lors d’un prochain groupe de travail et en Commission Paritaire, nous défendrons la suppression de la procédure de reconnaissance des associations telle qu’elle existe actuellement, le nombre de voix nécessaires étant défini de manière arbitraire et posant de vraies questions quant au respect de la liberté associative. L’argument du manque de salles est compréhensible, mais la réduction du nombre d’associations n’est pas la solution. De nombreuses associations ne réservent pas de salles à Sciences Po de façon régulière et la gestion de l’espace demande davantage une meilleure coordination inter-associative pour la planification des évènements que l’avortement pur et simple de projets.

Ainsi, pour assurer la reconnaissance de projets tout de même solides et bénéficiant au plus grand nombre, nous défendrons la nécessité que les porteurs de projets associatifs suivent une formation en début d’année. Si le premier format de la formation n’était pas adapté, l’UNEF s’est battue pour que celle ci soit réformée dès la prochaine rentrée, pour qu’elle soit plus concrète, pratique et sur des créneaux horaires adaptés. Derrière cet argument logistique se cache surtout la volonté de l’administration de se désengager du financement des associations, comme en témoignait la baisse de 25% du budget de la vie universitaire présenté en décembre dernier. Au delà de la procédure de reconnaissance, l’UNEF continuera à se mobiliser contre toute coupe budgétaire dans l’aide que Sciences Po apporte à ses associations, une de ses plus grandes richesses.

Dans la même catégorie : « Comprendre enfin les élections syndicales en 4 points » Ce jour dans l’année qu’évoque Victor Hugo est, à Sciences Po Paris, celui des élections syndicales. Mieux, il ne s’agit pas seulement d’un jour, mais de deux jours – les mardi 10 et mercredi 11 février – durant lesquels le peuple estudiantin de Sciences Po, dans tous les campus, par-delà les mers et les continents, se déplacera tout entier vers l’isoloir pour désigner ses représentants. . Lire la suite.

 

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CEP, frais de scolarité, concours d’entrée : les temps forts du débat des syndicales en vidéo https://www.lapeniche.net/les-10-temps-forts-du-debat-des-syndicales/ https://www.lapeniche.net/les-10-temps-forts-du-debat-des-syndicales/#comments Sat, 07 Feb 2015 11:06:53 +0000 http://lapeniche.net/?p=26267 La Péniche organisait jeudi dernier au café des Vieux Garçons le débat entre Enora Naour, tête de liste de l’UNEF au conseil de direction et Léo Castellote, tête de liste de l’UNI. Retrouvez les temps forts du débat en vidéo. Réalisation : Hugues Seguinet, Nicolas Braud et Olivier Feniet. Montage : Hugues Seguinet. 

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Dans la même catégorie : « Comprendre enfin les élections syndicales en 4 points » Ce jour dans l’année qu’évoque Victor Hugo est, à Sciences Po Paris, celui des élections syndicales. Mieux, il ne s’agit pas seulement d’un jour, mais de deux jours – les mardi 10 et mercredi 11 février – durant lesquels le peuple estudiantin de Sciences Po, dans tous les campus, par-delà les mers et les continents, se déplacera tout entier vers l’isoloir pour désigner ses représentants. . Lire la suite.

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UNEF / UNI : blanc bonnet et bonnet blanc ? https://www.lapeniche.net/unef-uni-blanc-bonnet-et-bonnet-blanc/ https://www.lapeniche.net/unef-uni-blanc-bonnet-et-bonnet-blanc/#comments Wed, 04 Feb 2015 01:30:51 +0000 http://lapeniche.net/?p=26207 549397IMG0158

Les syndicales approchent, et ça se sent. Depuis lundi, UNI et UNEF se bousculent – encore plus que d’habitude – en Péniche pour distribuer leurs tracts, en vantant les mérites de leur bilan. Parfois même profitant de l’occasion pour fustiger les propositions adverses. Le choix s’impose comme binaire – Solidaires ne se manifestant que très peu – mais l’est-il vraiment ? Et sur quoi repose-t-il ?

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Deux syndicats loin d’être apolitiques

D’emblée, l’UNI-MET ne se définit pas comme un syndicat : “nous ne sommes pas dans un rôle syndical, explique Léo Castellote président de l’UNI, on ne se bat pas contre l’administration. Notre objectif est de donner aux étudiants les moyens de réussir par eux-mêmes”.

Dès lors, une divergence significative s’installe entre les deux structures. Car pour Enora Naour, présidente de l’UNEF,  “il y a un rapport de force à construire. Il faut parfois aller chercher les droits, ils ne s’obtiennent pas en claquant des doigts”. L’UNEF s’engage alors dans une véritable démarche syndicale s’inscrivant dans l’héritage historique de la gauche.

“L’UNEF est un syndicat apartisan, mais pas apolitique. On se considère comme un syndicat progressiste” explique ainsi Enora Naour. Mais elle réfute tout alignement politique : “On manifeste quand on considère que les droits des étudiants sont en danger, sous un gouvernement de gauche comme sous un gouvernement de droite”. Au contraire, l’UNI-MET se veut un syndicat rassemblant “la droite et le centre” recherchant une véritable alternative à la gauche.

“On manifeste quand on considère que les droits des étudiants sont en danger, sous un gouvernement de gauche comme sous un gouvernement de droite”. Enora Naour, présidente de l’UNEF Sciences Po

Et cette nette opposition se reflète dans les valeurs revendiquées. “Nos valeurs sont comprises dans le tryptique : mérite, responsabilité, excellence” explique Léo Castellote. Attachée notamment aux bourses au mérite et au concours, l’UNI-MET ne compte pas laisser Sciences Po “devenir une fac” et compte perpétuer – si ce n’est renforcer – la sélection à l’entrée.

Beaucoup moins explicites mais sous-jacentes, les valeurs de l’UNEF pourraient se résumer à “égalité des chances, démocratisation de l’enseignement supérieur, émancipation intellectuelle” selon sa présidente. Pourtant, si l’UNEF et l’UNI-MET semblent irréconciliables, la facilitation de la vie étudiante reste de manière évidente leur terrain d’entente..

Manifestation de l'UNEF contre la hausse des frais d'inscription fin 2013. Photographie : Amal Ibraymi.
Manifestation de l’UNEF contre la hausse des frais d’inscription fin 2013. Photographie : Amal Ibraymi.

Un consensus relatif sur la vie des étudiants

On ne compte plus les conflits entre l’UNEF et l’UNI. Les deux structures semblent en perpétuel désaccord, oubliant leur objectif commun : faciliter la vie des étudiants. L’’IELTS est particulièrement parlant à cet égard. Qualifiant l’obtention de son remboursement de “victoire partagée”, l’UNI-MET s’est alors vue vivement attaquée par l’UNEF.

Pourtant loin de vouloir entrer (à nouveau) dans la polémique, Léo Castellote se contente d’un simple constat : “c’est une des rares batailles qu’on a menées ensemble, qu’on a gagnées. Je trouve que c’est dommage de se battre après”. “Ce n’est pas une victoire partagée, pour qu’il y ait victoire il faut un combat, l’UNI-MET s’est contenté de voter et encore heureux” explique Enora. On retrouve ici le syndicalisme combatif de l’UNEF. “On partage les mêmes valeurs que les syndicats de travailleurs” commente sa présidente.

Ceci explique notamment la position de l’UNEF sur les heures d’ouverture tardives de la bibliothèque ou les vacations étudiantes : “Nous sommes contre le travail le dimanche et le travail de nuit”. L’ouverture de la bibliothèque de 8h à 00h 7 jours sur 7, prise en charge par des vacataires étudiants fait en effet largement partie du programme de l’UNI-MET et semble une solution adéquate en période de révisions. “En plus, cela crée des jobs, c’est une bonne chose” assure Léo Castellote.

Mais l’UNEF reste moins catégorique qu’elle n’en a l’air : “Dans l’absolu, nous ne sommes pas contre une telle mesure mais il faut faire attention à ce que cela pourrait entraîner, on craint les dérives” explique Enora. Selon elle, une ouverture aussi tardive des locaux pourrait signifier à long terme des cours instaurés sur une plage horaire allant de 21h à 23h. Ainsi, l’UNEF plaide plutôt pour une ouverture des salles de cours vides pendant la journée, le premier problème étant le nombre de places limité sur les heures d’ouverture actuelles.

Concernant les inscriptions pédagogiques, UNEF et UNI s’accordent : il faut un système facilitant les attributions de cours. “C’est dans notre programme depuis des années, soupire Enora Naour, il existe en fait deux problèmes : le système informatique et le système d’inscription”. Car pour certains à la difficulté d’obtenir les cours convoités, s’ajoute les beugs de serveur. “Nous proposons une bourse d’échange institutionnalisée par Sciences Po, affirme Léo, les étudiants pourraient ainsi échanger leurs cours après leurs inscriptions pédagogiques”.

« Nous proposons une bourse d’échange institutionnalisée par Sciences Po : les étudiants pourraient ainsi échanger leurs cours après leurs inscriptions pédagogiques”.. Léo Castellote, responsable UNI-MET. 

Dans une approche plus américaine, l’UNEF propose l’instauration d’une semaine “add’n’drop” : la première semaine de cours permettrait d’essayer plusieurs cours auxquels les étudiants s’inscriraient pendant toute une semaine, plutôt que sur une plage horaire de quelques heures seulement. Mais sortir totalement du système “premier arrivé, premier servi” semble compliqué..

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Léo Castellote, responsable de l’UNI et Paul Bernardet, l’ancien président de l’UNEF Sciences Po lors de la campagne du CROUS en 2014.

 

A un long terme, un fossé entre deux visions antagonistes

Finalement, la divergence principale des deux syndicats reste leur vision de Sciences Po sur le long terme. “C’est important que Sciences Po soit une grande école. On est très attaché aux concours” atteste Léo Castellote. L’UNI-MET milite notamment pour la restauration de la culture générale et l’instauration d’un oral de langue au concours. Et d’ajouter “nous ne sommes pas non plus pour l’admissibilité sur dossier, il n’y a rien de plus méritocratique que le concours”.

« C’est important que Sciences Po soit une grande école. On est très attaché aux concours”. Léo Castellote, responsable UNI-MET.

Au contraire, pour l’UNEF, le concours crée un “biais social” favorisant les étudiants ayant bénéficié de prépas ou de la scolarité de grands lycées parisiens.  « La suppression du concours d’entrée s’inscrit dans une vision de l’enseignement supérieur, dans laquelle tous les étudiants pourraient avoir un accès à l’enseignement supérieur de qualité du niveau de Sciences Po et sans différence entre Sciences Po et la FAC parce que les universités auront eu des moyens suffisants pour arriver au niveau de Sciences Po. Donc on est pour une ouverture au maximum du concours, explique Enora Naour.

Plus de concours sur le long terme donc, mais une sélection sur dossier privilégiant le parcours scolaire des candidats. Sortir de la sélection s’inscrit dans une conception selon laquelle “la valeur du diplôme vient de la qualité de l’enseignement et non de la compétition à l’entrée”. À très court terme, l’objectif de l’UNEF est donc de réduire les biais sociaux en donnant notamment moins de poids à l’écrit et aux langues étrangères au concours.

« La suppression du concours d’entrée s’inscrit dans une vision de l’enseignement supérieur, dans laquelle tous les étudiants pourraient avoir un accès à l’enseignement supérieur sans différence entre Sciences Po et la FAC parce que les universités auront eu des moyens suffisants pour arriver au niveau de Sciences Po » Enora Naour, présidente de l’UNEF Sciences Po

Second point sujet à discorde : le financement de Sciences Po. “Dans l’état actuel, le financement privé baisse et les frais de scolarité augmentent, il faut donc un financement de l’État” affirme Enora Naour. Mais pour Léo Castellote c’est inenvisageable : “Avec la conjoncture économique le financement public est forcément amené à diminuer, il faut donc faire appel au financement privé notamment au mécénat des anciens et des entreprises”. L’idée est alors de payer des étudiants pour établir des partenariat.

Aujourd’hui le financement privé représente 9% du budget de Sciences Po ce qui est très peu comparé aux universités américaines – à titre d’exemple en 2008, Harvard était financée par donation privée à hauteur de 34%. Mais outre les questionnements sur l’indépendance idéologique et la concurrence grandissante entre établissements, c’est la stabilité du financement qui pose problème et par conséquent, la part allouée aux frais de scolarité.

Les frais de scolarité ont en effet encore augmenté dans le budget 2015. Ce qui n’a pas empêché l’UNI-MET de le voter. “Il y a eu une hausse de 0,9%, ce qui équivaut à un alignement avec l’inflation notamment sur les locaux et le personnel. Cette hausse est au maximum de 120 euros pour la dernière tranche en master” explique Léo Castellote.

Qu’est-ce qui a donc valu une mobilisation si significative de la part de l’UNEF ? “Les tranches les plus hautes sont les étudiants les plus aisées ET les étudiants internationaux, et eux ne sont pas forcément les plus riches” répond Enora. Et d’ajouter “l’argument de l’inflation est fallacieux”, les revenus des parents, déjà indexés sur l’inflation, conduisent à une progression positive du niveau de frais de scolarité dus à Sciences Po. “Multipliés par la nouvelle indexation des frais de scolarité eux-mêmes sur l’inflation, l’augmentation est double” assure-t-elle.

Mais elle admet que l’opposition virulente à la hausse de ces frais était également stratégique : “À partir du moment où on vote pour quelque chose, on a peu de marge de manœuvre de négociation”.

Dans la même catégorie : « Comprendre enfin les élections syndicales en 4 points » Ce jour dans l’année qu’évoque Victor Hugo est, à Sciences Po Paris, celui des élections syndicales. Mieux, il ne s’agit pas seulement d’un jour, mais de deux jours – les mardi 10 et mercredi 11 février – durant lesquels le peuple estudiantin de Sciences Po, dans tous les campus, par-delà les mers et les continents, se déplacera tout entier vers l’isoloir pour désigner ses représentants. . Lire la suite.

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Cette année, l’UNI est droit dans ses bottes https://www.lapeniche.net/cette-annee-luni-est-droit-dans-ses-bottes/ https://www.lapeniche.net/cette-annee-luni-est-droit-dans-ses-bottes/#comments Tue, 03 Feb 2015 07:55:42 +0000 http://lapeniche.net/?p=26182 UNIsciencespo

“Etudiant de droite, rejoins le mouvement”. Dans la succession des combats d’images et de communication qui anime le paysage syndical, ce slogan de l’UNI est une droite bien placée. Il n’aura échappé à personne au début de l’année.

Depuis, tel un compétiteur sportif, l’UNI a continué à affiner le style, mais prospecte toujours à droite. Le verdict électoral tranchera sur son efficacité. Petite mise en perspective d’un changement de méthode en attendant.

 

L’UNI, un retour aux sources

Le Mouvement des ETudiants (ou MET) est né à Sciences Po en 2010, d’une fusion entre deux syndicats qui existaient alors : l’UNI et Nouvelle Donne. Pour Pierre Bornand, ancien étudiant en affaires publiques et responsable du MET en 2012, le premier relevait alors de “la droite dure” et le second d’une “UMP modérée”. Cet équilibre devait se poursuivre au niveau de la succession du bureau.

C’est pourtant un poids et deux mesures qui ont pris le pas. L’ancien élu regrette que “ça n’ait pas été une fusion, mais une acquisition. Le bureau national de l’UNI a fagocité la nouvelle structure.”

Aujourd’hui, près de 70% des militants de l’UNI seraient encartés dans un parti de droite, à l’image de Léo Castellote et de Camille Chevalier, les deux têtes de liste de l’UNI-MET, tous deux … vice-présidents de l’UMP Sciences Po. En dépit de clivages institutionnalisés au sein de l’UNI, Pierre Bornand se souvient (NDLR : un an avant l’arrivée de L.Castellote et C.Chevalier à Sciences Po) de déclarations plus ou moins radicales lors de réunions, sur les politiques sociales notamment : “Les pauvres, on les aide assez.” Il commente : “Il y avait de vrais libéraux. (…) On m’a regardé bizarrement  lorsque j’ai dit qu’on allait mettre des gens du centre et des femmes…”.

Aujourd’hui, le MET semble avoir fait son temps et la marque UNI revient en force en Péniche. Sur les tracts et les affiches, le blanc et le rouge de l’UNI ont fait complètement disparaître le bleu et rouge du MET. 

Pierre Bornand, ancien responsable du MET à Sciences Po, aujourd’hui membre du bureau national de l’UDI Jeunes.

Un ancrage fort à droite, sur le style et les valeurs

Sur le plan juridique, au même titre que l’UNEF, l’AS, le BDE, ou le club de rami du quartier qui n’attend que vous, l’UNI est une association loi 1901. Or pour de nombreux sciencespistes, la politisation des syndicats n’est donc toujours justifiée, du moins comprise.

Léo Castelotte, responsable du syndicat assume totalement la politisation du mouvement : “On va parler aux étudiants de sujets concrets à partir de valeurs qui sont les nôtres : mérite, responsabilité, excellence. On n’est pas là pour défendre des syndicats corporatistes mais pour représenter un mouvement de droite dans l’éducation.”

Si l’opposition n’est pas systématique, le clivage droite-gauche trouve en effet un écho dans de nombreuses questions étudiantes. L’UNI a ainsi confirmé un style et une idéologie à droite notamment autour d’un symbole, celui de la bourse au mérite. Défendant d’abord un principe de méritocratie, Léo Castelotte déplore que “le gouvernement considère que ce soit injuste car elle s’adresse déjà à des boursiers sociaux. L’UNEF a soutenu la suppression. Les 12 millions d’euros auraient été réinvestis, soit une moyenne de six centimes supplémentaires sur les autres bourses, ce qui ne change rien pour ceux qui les reçoivent mais prive les boursiers au mérite de leurs 180E mensuels. Heureusement, nous avons réussi à les rétablir.”

Depuis deux ans, le style s’est durci. “Pierre Bornand a considéré qu’il était un syndicat centriste. Or, cela ne correspond pas à mon positionnement politique qui rassemble toutes les composantes de la droite et du centre.. On doit promouvoir l’engagement politique, notamment à Sciences Po, en adoptant une com’ plus coup de poing.” explique Léo Castellote.

Fatima El Ouasdi, étudiante en 3A ayant siegé pour l’UNI en conseil de direction, rappelle que les fondements du programme n’ont pas changé : “d’un côté on soutient bec et ongle le maintien des bourses au mérite et de l’autre une hausse injustifiée de frais de scolarité (…) Le positionnement à droite n’est qu’une image, que de la communication pour attirer de nouveaux militants. Et ça marche, puisqu’ils sont plus nombreux cette année !”

Bref, l’UNI prend un virage à droite, et ne s’en cache pas. Même jusque dans les messages Facebook que quelques rares étudiantes ont pu recevoir, pour rejoindre l’une des deux listes, l’UNI, faute de candidates suffisamment nombreuses, ayant besoin de “filles à droite”… 

Camille Chevalier, tête de liste de l'UNI en Commission Paritaire et Léo Castellote, tête de liste de l'UNI au Conseil de Direction.
Camille Chevalier, tête de liste de l’UNI en Commission Paritaire et Léo Castellote, tête de liste de l’UNI au Conseil de Direction.

Un syndicat centriste : le tiercé gagnant ?

Alors que les interventions en Boutmy et les séances de tractage en Péniche prennent parfois des allures de guerre de clans, les sciencespistes semblent relativement éloignés de leurs syndicats. En témoigneront des taux de participation assez décevants et la faible part d’étudiants syndiqués.

Si l’on assiste à une forme de défiance, c’est notamment parce que l’offre syndicale ne répond pas forcement aux attentes de tous les étudiants, que le clivage UNI-UNEF ne séduit pas beaucoup, et que l’administration communique peu sur les enjeux électoraux.

Pierre Bornand ajoute qu’“il manque une force centrale qui puisse regrouper ceux qui ne sont pas trop à gauche ni trop à droite. Beaucoup ne votent pas car il ne sont pas représentés par l’un ni par l’autre.” Derrière la question d’être d’accord, ou non, avec un syndicat se cache surtout un clientélisme qui ne dit pas son nom : un bulletin pour un coup de main. Or “la section a le mérite de travailler énormement avec peu de moyens (financiers ou humains), par rapport à l’UNEF” indique Fatima El Ouasdi.

Un déficit pas évident à combler donc. D’où les efforts au niveau de la communication pour tenter de mobiliser et d’élargir l’éléctorat. Reste à savoir jusqu’où ils trouveront réponse à droite…

Dans la même catégorie : « Comprendre enfin les élections syndicales en 4 points » Ce jour dans l’année qu’évoque Victor Hugo est, à Sciences Po Paris, celui des élections syndicales. Mieux, il ne s’agit pas seulement d’un jour, mais de deux jours – les mardi 10 et mercredi 11 février – durant lesquels le peuple estudiantin de Sciences Po, dans tous les campus, par-delà les mers et les continents, se déplacera tout entier vers l’isoloir pour désigner ses représentants. . Lire la suite.

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Elections syndicales 2014 : large succès pour l’UNEF, le MET se console https://www.lapeniche.net/large-succes-pour-lunef-le-met-se-console/ https://www.lapeniche.net/large-succes-pour-lunef-le-met-se-console/#comments Fri, 07 Feb 2014 09:00:32 +0000 http://lapeniche.net/?p=16374 resultats

Une large victoire pour l’UNEF

71% des voix au Conseil de Direction, 69% à la Commission Paritaire : ces élections syndicales sont un vrai succès pour l’UNEF. C’est un véritable plébiscite pour le syndicat majoritaire qui obtient ainsi son meilleur score en dix ans, exception faite de la performance chiraquienne réalisée l’an passé (76% des voix). L’UNEF conserve ainsi ses sept sièges au conseil de direction et en garde 6 sur les 7 qu’il avait gagnés l’an dernier à la commission paritaire.

Pour Paul Bernardet, le leader comblé de l’UNEF que nous avons interrogé à la sortie des locaux de SciencesPo Avenir où avait lieu le dépouillement, « le réflexe des étudiants a été de voter pour le syndicat qui les défend au quotidien. Ce qui fait qu’on a fait 70% c’est qu’on a prouvé notre efficacité. » « Face à un tel paysage syndical, face à Solidaires, face à l’UNI-MET, faire un tel score, c’est fort » ajoute-t-il.

Par ailleurs, l’UNEF peut également se réjouir de sa performance au conseil scientifique, qui ne concernait que les doctorants, où il l’a emporté très largement, obtenant cinq sièges sur six, l’autre revenant à Solidaires. L’UNI-MET, lui, ne présentait pas de liste.

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Une première étape pour l’UNI-MET

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Léo Castellote et Paul Bernardet en Boutmy lors du débat inter-syndical

Pour autant, les têtes d’affiche de l‘UNI-MET affichaient une mine réjouie à la sortie des locaux de SciencesPo Avenir hier soir.   « Clairement, on est contents parce qu’on regagne un élu » assure Léo Castelotte, tête de liste de l’UNI-MET à la commission paritaire, qui ne sera donc pas seul face à l’UNEF, accompagné par Céline Bentz, à l’inverse de Lorraine Monclar qui devra donc faire face à sept élus UNEF au conseil de direction.

Avec 20,3% des suffrages exprimés, l’UNI-MET est certes sèchement battu mais retrouve des couleurs par rapport à l’année dernière avec une progression de 1,7 point de pourcentage. « On ne s’est pas axés sur des batailles politisées mais sur des thématiques fortes, des idées concrètes et des valeurs, comme la valeur travail, qui était au centre de notre projet, notamment concernant la bibliothèque » note Léo Castellote.

La stratégie de rupture par rapport à l’année dernière où le MET avait opéré un net recentrement a donc payé. Etrange alors qu’on pourrait penser que l’échiquier politique scienpiste aurait plus tendance à pencher en faveur du centre que d’une droite décomplexée…

Ce score s’explique en grande partie par le dynamisme des militants du MET : « ils ont été très actifs cette année » reconnaît Paul Bernardet. Cet engagement a notamment permis de mobiliser la base des sympathisants de droite, comme ceux de l’UMP Sciences Po, qui n’avaient pas forcément fait la démarche de se déplacer pour le MET l’année passée.

Pour l’UNI-MET, le constat reste malgré tout mitigé : avec un seul représentant au CD, l’objectif fixé par le syndicat (voir article) n’est pas atteint. Mais le rebond est là. « Clairement, c’est une première étape réussie pour la reconquête » affirme Léo Castellote. L’UNI-MET a en effet bénéficié d’un très large renouvellement cette année sur lequel il pourra s’appuyer l’année prochaine : deux de ses trois élus sont des 1A. A l’UNEF, aucun des quatre premiers candidats sur la liste de la commission paritaire n’est en première année. Pis, sur les seize candidats, seuls six seront à SciencesPo pour faire campagne l’année prochaine : la relève s’annonce compliquée.

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La participation et Solidaires, vaincus du jour

Le taux de participation, lui, est de 22,21%. Un score faible mais qui reste largement au-dessus d’une moyenne nationale d’environ 7%. Il faut par ailleurs nuancer la faiblesse de ce taux qui prend en compte les 3A partis à l’étranger et les étudiants en échange qu’il n’est pas facile de mobiliser. Il reste par ailleurs stable en comparaison à l’année passée, où le contexte interne était nettement plus favorable à la mobilisation des étudiants.

Les listes présentées par Solidaires sont également battues : avec seulement 8,5% des suffrages exprimés, le syndicat n’obtient aucun élu, ni à la commission paritaire, ni au conseil de direction. Toutefois, le score reste très honorable : le suffrage de plus de 200 étudiants s’est porté sur les listes Solidaires. Lors de ses deux dernières participations aux élections étudiantes, le syndicat avait obtenu des scores équivalents : 8,2% en 2008 et 8,7% en 2009. C’est donc clairement sa capacité à mobiliser une base de sympathisants très soudée qui constitue la force de Solidaires. Un constat partagé par Paul Bernardet, pour qui le syndicat n’a pas su convaincre les étudiants et élargir son cercle de sympathisants.

Le constat chez l’UNEF est d’autant plus amer que c’est grâce à Solidaires que l’UNI-MET obtient son deuxième siège à la commission paritaire. En effet, sans candidature de Solidaires, et en pariant sur un report logique de voix vers l’UNEF, la CP aurait été composée d’un seul membre de l’UNI-MET et de sept élus de l’UNEF. « Drôle de façon de combattre l’extrême droite » note Paul Bernardet.

Dans la même catégorie : « Comprendre enfin les élections syndicales en 4 points » Ce jour dans l’année qu’évoque Victor Hugo est, à Sciences Po Paris, celui des élections syndicales. Mieux, il ne s’agit pas seulement d’un jour, mais de deux jours – les mardi 10 et mercredi 11 février – durant lesquels le peuple estudiantin de Sciences Po, dans tous les campus, par-delà les mers et les continents, se déplacera tout entier vers l’isoloir pour désigner ses représentants. . Lire la suite.

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