jeunes – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Wed, 16 Jun 2021 12:43:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png jeunes – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 « Le Crayon » t’aide à tracer tes contours ! https://www.lapeniche.net/le-crayon-taide-a-tracer-tes-contours/ Wed, 16 Jun 2021 09:54:40 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53343
L’équipe du Crayon. De gauche à droite : Jules, Wallerand, Antonin et Sixtine

Dans la dernière étude du Cevipof de mai 2021, 51% des Français estiment que « Les médias traditionnels répandent de fausses informations sur la Covid-19. » En pleine crise sanitaire, ces chiffres ne font que confirmer la crise médiatique profonde que traversent les journaux papiers, mais aussi les émissions télévisées ou encore les chaînes d’information, souvent pointées du doigt.

Comment raviver la soif d’apprendre, de comprendre et de décrypter l’actualité ?

Antonin, Jules, Wallerand et Sixtine sont quatre jeunes qui ont décidé de traiter sérieusement cette problématique. Pour ce faire, ils ont choisi de créer Le Crayon, un média indépendant prônant le débat d’idées et l’ouverture d’esprit. Leur chaîne YouTube a pour ambition de réconcilier les jeunes (et les moins jeunes !) avec les sujets d’actualité mais aussi avec des thèmes plus ardus liés à la science, l’économie, la démocratie…

Cet article vise à retracer le parcours de ces quatre jeunes qui se sont lancés dans cette aventure folle et osée, qui vient tout juste de débuter. Derrière ces quatre profils, se cachent des parcours personnels et académiques différents, démontrant ainsi que ce genre d’aventure est à la portée de tous… Alors qu’Antonin, 24 ans, est titulaire d’un bac Scientifique et a effectué une classe préparatoire en MPSI puis MP*, Wallerand est davantage dans l’entrepreneuriat. À 24 ans, il a déjà monté une agence d’événementiel, de community management et de musique (Teddy’s Records). Incroyable chemin parcouru qu’il a décidé de continuer avec Le Crayon, aux côtés de sa sœur, Sixtine. À 19 ans, plongée dans des études de communication marketing, c’est à elle que l’on doit l’idée initiale du Crayon… Enfin, Jules, ancien sciencespiste, est passé par le campus de Nancy avant de rejoindre la capitale. La politique imprègne son quotidien, c’est pourquoi l’engagement dans ce média était l’occasion rêvée pour mettre en application ses connaissances théoriques.

La Péniche : Comment l’idée du Crayon vous est-elle apparue ? Pourquoi ce nom et ce slogan « Trace tes contours » ?

Sixtine : Le Crayon, c’était mon idée ! Depuis toujours, j’ai été passionnée par les sujets politiques et par l’actualité. Il faut dire que j’ai baigné dans cela : aux repas de famille, la discussion déviait rapidement vers la politique… Étant la « petite dernière », j’ai dû m’adapter ! Pourtant, j’étais frappée de voir que les seules personnes avec lesquelles je pouvais discuter de ces thèmes étaient mes professeurs de lycée et non pas les jeunes de mon âge. Alors, en classe de terminale, j’ai parlé de mon projet à mon grand frère Wallerand, qui a immédiatement adhéré !

Antonin : « Trace tes contours », c’est un slogan qui me parle énormément. J’aime l’idée que l’on puisse écrire… mais aussi effacer ! À la manière d’un crayon finalement. Il y a cette idée que rien ne doit être figé, gelé ou tenu pour acquis. C’est la volonté d’affirmer et d’assumer sa jeunesse : oui tu es jeune, oui tu peux te tromper, mais ce n’est pas grave, au contraire ! Tu n’as qu’à gommer et réécrire. Bref, tu traces tes contours !

Jules : Il y a un esprit Charlie dans Le Crayon. C’est le crayon de la liberté d’expression, sans concession.

LPN : Concrètement, lorsque l’on a entre 20 et 25 ans et que l’on souhaite monter son projet, son média par exemple, par quoi commence-t-on ? Quels sont les premiers pas à réaliser, les premières initiatives à prendre ?

S : Je pense que la clé, c’est de trouver LES bonnes personnes pour monter le projet. Mais trouver les bonnes personnes, ça veut aussi dire s’ouvrir à la diversité ! Typiquement, nous sommes quatre et complètement différents ce qui permet de nous compléter les uns les autres.

Les premières initiatives, après avoir trouvé le bon pilier, c’est de prévoir le projet au long terme. Quel est le but de ce projet finalement ? Où cela va-t-il nous mener concrètement ? Quelle sera la valeur ajoutée pour notre communauté, pour la société en générale ?

J : En effet, il faut justement tracer les contours du projet que l’on souhaite créer, ce qui revient à faire des rencontres qui vont t’abonder d’expériences et influencer le projet que tu vas faire. Si tu es déterminé à lancer un projet dont tu as déjà une idée précise, alors débrouille-toi pour rencontrer des gens qui peuvent y apporter quelque chose. Si tu ne sais pas où tu vas, alors va en soirée, à des événements (y compris en ligne), parle à des gens : en rencontrant différentes personnalités, tu t’ouvriras des horizons variés.

A : Les « premiers pas à réaliser » ? Le conseil le plus simple et trivial que je pourrais donner : c’est de les faire ! Ne pas hésiter à tenter, se lancer, et voir ce qu’il advient ! Je dis cela en connaissance de causes… Je me souviens des toutes premières vidéos, la qualité de l’image était vraiment « deg », pas professionnelle et pas soignée… Mais on l’a fait parce que ça nous faisait « kiffer » ! Et c’est le point de départ à tout projet selon moi, c’est comme cela que tu peux progresser ensuite.

Wallerand : Il faut « faire, agir et tester » selon moi. Le risque est de rester dans l’abstrait et le théorique, sans doute par peur… Comme dans le sport, seul le terrain dicte ce qu’il va advenir d’un projet. Il faut tester ses idées, quitte à ce que ce soit un peu brouillon au début… C’est en faisant des erreurs sur les « versions initiales » que les suivantes s’améliorent, puis celles d’après encore, et ainsi de suite…

LPN : Aviez-vous des connaissances préalables pour la création d’un compte professionnel comme celui du Crayon sur Instagram, ou d’une chaîne YouTube. J’imagine qu’il y a des « codes » à adopter, des étapes à respecter pour voir le nombre d’abonnés augmenter… Les connaissiez-vous ? Une formation a-t-elle été nécessaire ?

A : Alors là, je pense que nous pouvons tous les quatre assumer notre amateurisme en la matière ! Nous étions tous novices, et personne ne connaissait véritablement les « codes » à avoir pour ce genre d’aventure. C’est justement en testant que l’on a appris ! On fait parfois des « bides » … Mais on s’en rend compte et on rectifie la ligne de tir. Donc pas de formation pour nous. Ceci dit, on a la chance de vivre à une époque (même si cette époque comporte ses travers aussi…) où tout peut se trouver sur internet. On est jeune et il suffit de faire une recherche, de regarder une ou deux vidéos YouTube pour se faire sa propre formation !

Je pense aussi que le Covid-19 et le confinement nous ont imposé une réflexion et une introspection spécifique sur notre concept du Crayon. Wallerand et moi sommes restés ensemble pour le confinement et on a énormément travaillé sur notre projet. Même s’il faut admettre que le Covid a empêché un grand nombre de nos rencontres avec des invités…

S : Pour Instagram, je pense qu’il faut soigner sa « vitrine », veiller à ce que les couleurs s’accordent bien pour donner envie de cliquer !

W : Je connaissais les codes des réseaux vu mon activité précédente de community management, mais ce qui m’a le plus aidé c’est la passion que j’avais pour le monde de YouTube et d’Instagram. J’aime les formats de « vulgarisation » des sujets d’actualité, les débats politiques et les interviews. Je suis le premier spectateur du Crayon ! Donc on ne fait que façonner le média de la manière dont on aimerait consommer un média. On est des fans inconditionnels de notre industrie et on voulait apporter notre pierre à l’édifice des créateurs de contenus sur les réseaux.

En revanche, entre le moment où on a commencé et aujourd’hui, il y a un fossé. C’est bien le fait d’entreprendre qui nous a formé.

J : Pas de meilleure formation que la pratique !

LPN : Pouvez-vous présenter brièvement aux lecteurs les divers formats adoptés par Le Crayon ? Quel est votre format préféré ?

W : On peut dire qu’il existe trois grands formats dans Le Crayon, et un quatrième qui devrait arriver à la rentrée prochaine. Le premier est l’interview, le second la table ronde et le dernier, le débat (souvent appelé « Ring »). Le format de l’interview couvre différents domaines : celui de la politique, de la culture, de la société, de l’entrepreneuriat.

Arrivent en septembre les vidéos de vulgarisation. Mon format préféré est le Ring car le cœur de notre projet, c’est de permettre des rencontres et des débats entre des personnalités que beaucoup de choses opposent mais dont les thématiques sont les mêmes.

S : C’est vrai que le Ring est le format qui dépeint le mieux les valeurs du Crayon !

J : On peut pousser nos invités dans leurs retranchements : ceux qui défendent la Superligue au foot ou bien ceux ayant une certaine idée de la « culture française » ou encore ceux qui revendiquent les bénéfices de la téléréalité …

Selon moi, le format le plus intéressant est celui de la table ronde, « Au Coeur », parce que j’ai la conviction que réunir autour de la table des personnes différentes est un chemin indispensable vers la vérité.

LPN : Caroline Fourest, Christophe Barbier, Rachida Dati, Arnaud Montebourg, Nicolas Dupont-Aignan, Bernard Cazeneuve, Cédric Villani et même Bob Sinclar… Donnez-nous votre secret ! Comment réussir à faire venir autant de personnalités célèbres, et appartenant aussi bien au monde de la musique qu’à celui de la politique ?

A : Le plus incroyable… C’est qu’il n’y a pas vraiment de « secret ».

S : C’est notre boulot ! Plus sérieusement, je pense que le fait d’être très respectueux, rigoureux et bienveillants aide forcément. C’est même la base. Et c’est d’ailleurs le compliment que nous avaient fait Caroline Fourest et Nicolas Dupont-Aignan : on est différent. On s’adresse aux jeunes, on apporte cette fraicheur au monde des médias, et ça fait du bien. Le temps de parole qu’on leur accorde fait également plaisir, c’est plus intéressant que la ridicule minute trente qu’ils ont sur les plateaux télé traditionnels.

A : On envoie des mails, parfois des « DM » sur Instagram, des Tweets… Et puis, on a aussi beaucoup de chance. En réalité, ce sont les « débuts » qui sont complexes… Mais une fois que la machine est lancée, il n’y a plus qu’à ! Najat Vallaud-Belkacem était l’une des premières à apparaître au Crayon, en tant que personnalité politique, après Jordan Bardella. Or une fois que ces premières personnalités ont accepté nos invitations, on a gagné en crédibilité et en notoriété.

W : Oui on se renseigne au préalable sur nos invités, sur leurs livres, sur leurs travaux : c’est ce qui donne de la légitimité à notre travail et permet de faire venir des invités connus et reconnus. Il arrive d’ailleurs que l’on soit recommandé par d’anciens invités.

À côté de cela, je pense que notre particularité fait notre force. Au Crayon, on ne fait pas dans la complaisance, on propose des débats contradictoires, on confronte des opinions totalement opposées…

LPN : Votre plus belle rencontre/interview ?

A : Je ne sais pas si les « débuts » sont toujours plus marquants car il s’agit justement de la découverte… mais ma plus belle rencontre reste Najat Vallaud-Belkacem. Elle m’est apparue assez impressionnante tout en étant accessible. Elle a un véritable charisme selon moi, qui transparaît même lors d’une simple discussion ! Mais je dois avouer que ma rencontre avec Cédric Villani était incroyable, surtout pour un mathématicien dans l’âme comme moi… Enfin, Bob Sinclar reste et restera une légende musicale. D’ailleurs, petite anecdote à propos de cette star des platines : lorsque l’on s’est retrouvé dans le minuscule ascenseur tous les deux, après l’interview, il m’a tout bonnement demandé si sa prestation avait été convaincante, en gros, s’il n’avait pas été « trop mauvais ». Ce n’est qu’après que j’ai réalisé que Bob Sinclar m’avait demandé, à moi, s’il était bien passé à la caméra… J’ai trouvé ça fou et me suis dit que j’avais une chance incroyable !

W : Pour moi, c’est l’interview avec le fondateur de SensCritique, Guillaume Boutin, qui m’a le plus marqué. Les sujets sérieux et d’actualité ne sont pas réservés aux politiques ! Dans cette vidéo, on parle de l’avenir du cinéma, avec l’avènement de plateformes comme Amazon ou Netflix… L’analyse de Guillaume est d’une pertinence que j’ai rarement vu dans ma courte vie et je recommande la vidéo à tous ceux qui s’intéressent au cinéma ou aux plateformes. Je glisse également une de ses phrases mythiques, à retrouver dans l’interview : « les mecs qui vendaient des bougies ont fait faillite quand l’électricité est arrivée car ils ont oublié que leur travail n’était pas simplement de vendre des bougies, mais d’allumer la lumière ».

LPN : Quel est le statut juridique du Crayon actuellement ? Et comment imaginez-vous Le Crayon dans 5 ans… voire 10 ans ?

A : Pour l’instant, nous sommes encore une SAS (Société par Actions Simplifiées) « en formation » mais dans quelques semaines, on aura le statut définitif de SAS.

Contrairement à ce que certains pensent, la « YouTube monnaie » n’est pas ce qui nous fait gagner le plus aujourd’hui… Elle ne nous rapporte qu’une centaine d’euros par mois. Cependant, on peut gagner notre vie en faisant de la production de contenus publicitaires, d’émissions, de contenus d’entreprises ou de contenus média.  

Dans dix ans, j’espère que Le Crayon sera un média français reconnu et bien implanté. Un média qui aura plusieurs cordes à son arc, qui produira plusieurs émissions variées et pourquoi pas, qui aura sa propre chaîne de télévision ! Bref, j’aimerais que Le Crayon devienne une marque à part entière, qu’il évoque la diversité d’opinions dans l’esprit des gens. 

Crédit image : Le Crayon. De gauche à droite : Jules, Wallerand, Antonin et Sixtine

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Élections régionales 2021 : Julien Bayou (EELV) présente ses ambitions pour la jeunesse francilienne https://www.lapeniche.net/elections-regionales-2021-julien-bayou-eelv-presente-ses-ambitions-pour-la-jeunesse-francilienne/ Fri, 09 Apr 2021 07:42:47 +0000 http://www.lapeniche.net/?p=53226 Mercredi 17 mars, La Péniche a assisté à une conférence de presse organisée par le parti Europe Écologie Les Verts, dans le cadre de la campagne des élections régionales en Île-de-France. À cette occasion, nous avons rencontré Julien Bayou, secrétaire national du parti écologiste et candidat à la présidence de la région (1). Lors de cette rencontre, plusieurs sujets ont été évoqués par les syndicats invités, puis par Julien Bayou, qui a présenté ses ambitions pour la jeunesse francilienne. Deux enjeux principaux ont émergé de ces prises de parole, le premier lié au climat et à l’éco-anxiété, le second associé à la précarité croissante des jeunes.

Écologie et participation politique

La question des bâtiments scolaires a par exemple été évoquée par l’UNL (Union Nationale des Lycéens), interrogeant le rôle des éco-délégués, privés selon le syndicat lycéen d’une participation concrète à la prise de décision relative aux enjeux écologiques. À ce sujet, Julien Bayou a évoqué son souhait de mettre en place un « conseil des éco-délégués », réaffirmant l’importance cruciale de la prise de parole des jeunes au sein des institutions. Concernant les bâtiments scolaires, Julien Bayou a regretté le « peu de rénovations » réalisées par Valérie Pécresse. Selon le candidat, la région aurait investi davantage dans les toilettes d’un établissement situé à Saint-Germain-des Prés (75) que dans l’intégralité d’un autre bâtiment scolaire à Coulommiers (77). À cet égard, Julien Bayou a réaffirmé sa volonté d’accélérer la rénovation de ces bâtiments, souvent sujets à l’amiante, à l’origine de nombreux cancers.

Précarité étudiante

L’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) a également mentionné le cas des transports franciliens, exigeant une gratuité à moyen ou long terme. À ce sujet, Julien Bayou a affirmé souhaiter mettre en place une tarification sociale, une gratuité complète étant pour le moment difficilement envisageable en raison de considérations budgétaires. L’AGEP (Association Générale des Étudiants de Paris), exprimant le même souhait quant à la tarification des transports franciliens, a également évoqué les aides d’urgence, jugées trop difficiles d’accès par le syndicat étudiant. Ce dernier a également mentionné l’ouverture du Revenu de Solidarité Active (RSA) aux jeunes de moins de 25 ans, mesure à laquelle Julien Bayou s’est déclaré favorable. Le secrétaire national d’EELV a par ailleurs annoncé souhaiter expérimenter un revenu universel dans une commune de 5 000 habitants, à destination de mères célibataires et de jeunes adultes, projet qu’il partage avec un Benoît Hamon renouant avec la politique, rallié au candidat écologiste dans les Yvelines (78).

D’autres enjeux tels que les logements étudiants ou l’accès à la santé ont été mentionnés par les syndicats présents. À cet égard, Julien Bayou a déclaré souhaiter mettre en place des centres de santé publics gratuits, à proximité des universités, afin d’assurer un meilleur suivi des étudiants. Le candidat à la présidence de la région a également défendu une logique de soutien au gel des loyers tout au long de la situation sanitaire, puis d’encadrement, afin de permettre aux jeunes de disposer de véritables logements plutôt que d’hébergements d’urgence.

« Fin du monde, fin du mois, même combat ? »

Alors, « fin du monde, fin du mois, même combat » ? La Péniche a interrogé Julien Bayou sur les moyens qu’il souhaitait mettre en place à l’échelle régionale pour soutenir les jeunes, particulièrement engagés dans la lutte contre le changement climatique, mais aussi sujets à une précarité croissante. Une enquête réalisée par Monique Ronzeau, présidente de l’Observatoire national de la vie étudiante, affirmait par exemple qu’un tiers des étudiants français interrogés déclarait avoir rencontré des difficultés financières depuis le début de la crise sanitaire (2).

Julien Bayou

À ce sujet, Julien Bayou a tout d’abord réaffirmé son enthousiasme vis-à-vis de cet engagement croissant de la jeunesse : « Je voudrais ré-insister sur le fait que cet engagement est merveilleux, qu’il nous bouscule. C’est émouvant. Je pense aux générations passées qui [évoquaient des] générations qui aujourd’hui sont dans la rue et dans les urnes. Nous ce qu’on veut, c’est les [inclure] dans les institutions […]. » Le secrétaire national d’EELV a néanmoins insisté sur l’importance de ne pas culpabiliser ceux qui ne sont pas en mesure d’avoir un comportement idéal en matière environnementale : « Côté citoyens et citoyennes, l’action individuelle est importante, mais il faut un continuum, de [cette] action individuelle à l’action des institutions. Parce que si vous et moi [devenons] exemplaires, mais qu’on laisse Total forer au large de la Guyane ou Lafarge rejeter des produits toxiques en toute impunité dans la Seine, on aura raté l’essentiel. Moi, je ne pousse pas et je ne culpabilise pas les gens qui par nécessité ne peuvent pas s’offrir ce qui aujourd’hui malheureusement est un luxe. Par contre, ce sur quoi la région peut intervenir, c’est démocratiser l’excellence ou le bio. Quand on développe le bio dans les cantines, c’est bien sûr d’abord le climat, la lutte contre les pesticides, le soutien aux agriculteurs et à la santé, mais c’est aussi une logique de justice sociale, parce qu’on sait que quand on développe des alternatives végétariennes à 10 centimes, peuvent venir manger des enfants dont les parents n’ont pas les ressources. […] C’est enclencher un cercle vertueux, c’est un peu première classe pour tout le monde si vous voulez. De la même manière, investir dans les détergents les plus propres dans l’entretien des lycées signifie une meilleure santé pour tous. »

Le candidat à la présidence francilienne a enfin réaffirmé l’importance cruciale des institutions dans la lutte contre le changement climatique : « Clairement, je crois qu’il ne faut pas culpabiliser les gens, parce qu’encore une fois, si vous et moi on est exemplaires mais qu’on laisse la pollution dans cet état, du fait du trafic automobile [par exemple], [ça ne suffira pas]. On sait par exemple qu’il n’y a pas une école en Île-de-France qui est dans les clous en termes de normes sanitaires. Si on veut lutter pour le bien-être, le climat, la santé, on doit agir au niveau structurel qu’est la région. »

Julien Bayou
Violences et harcèlement

On, le journal de l’université La Sorbonne, a également interrogé Julien Bayou sur les violences qui ponctuent l’actualité de ces dernières semaines, en Île-de-France notamment. Comment lutter contre le développement de tels affrontements, qui impliquent des individus souvent très jeunes ? « D’abord, il faut regarder les chiffres en face », a affirmé Julien Bayou. « L’Île-de-France concentre la moitié des rixes recensées. » Le candidat à la présidence de la région a ensuite décliné sa réponse en trois parties : le développement de moyens humains, de logiques de prévention et de moyens matériels.

« Nous voulons d’abord des moyens humains, que la police nationale renforce sa présence sur le terrain. Valérie Pécresse a avalisé le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux : sans surprise, ça se traduit par moins de fonctionnaires de police. […] C’est une logique comptable. [Cependant], […] on ne peut pas considérer la sûreté, le bien-être comme une [valeur] marchande. […] Ensuite, il faut développer une logique de prévention. La suppression de la police de proximité était une erreur. Là encore, c’est une logique comptable qui a prévalu. Nous voulons aller vers le plan Borloo avec des correspondants de nuit et une présence apaisante sur le territoire parce qu’on connaît les acteurs de ces lieux. Enfin, il y a une logique de moyens techniques. Pour schématiser, j’ai rencontré un commissaire à qui on a donné une arme de guerre, mais qui n’a pas la voiture qui va avec. Ça ne lui sert à rien d’avoir une arme de guerre s’il n’a pas les talkie walkies ou une voiture en bon état pour circuler. On revient à la question des moyens techniques. Autour de Drancy ou Trappes, vous avez deux à trois voitures la nuit pour patrouiller sur des zones de plus de 100 000 habitants. Des maires de droite le disent également, il y a un manque de moyens humains et techniques. »

Julien Bayou a également souligné la nécessité de revoir l’aménagements de territoires « qu’on a laissés se dégrader », ainsi que d’investir économiquement « là où il y a un désespoir, de la demande d’emploi et beaucoup de discriminations ». Enfin, le candidat à la présidence de la région est revenu sur un sujet de débats, la légalisation du cannabis, à laquelle il s’est déclaré favorable, avant de conclure : « Je pense qu’il faut prendre le temps de développer ces six axes pour prétendre lutter sérieusement contre ces phénomènes de violences. Si on se contente de [ce que] fait Darmanin, qui envoie des gens pendant deux semaines, et puis ensuite, c’est reparti, non seulement on ne traite pas le sujet mais on arnaque les gens. »

Julien Bayou a cependant complété son intervention, en évoquant d’autres types de violences, trop souvent oubliées selon le candidat écologiste : « Quand on parle de sécurité en acception normale, on a tendance à parler des incidents de sécurité publique, tout en occultant les violences domestiques à l’égard des femmes et des enfants. Pour nous ça relève de la sécurité. Si vous parlez de sécurité mais que vous n’adressez pas les transports et la question du harcèlement à l’égard des femmes, n’investissez pas dans les moyens humains pour assurer une présence, vous êtes disqualifiés à parler de sécurité. […] Ensuite on peut aller sur les questions de l’insécurité alimentaire, l’insécurité dans l’accès aux soins… Tout ça oblige à dépasser les simples slogans et à travailler le fonds du sujet ».

Concernant le harcèlement scolaire, Julien Bayou a exprimé la volonté de développer des correspondants dans les lycées, pour former à l’usage des réseaux sociaux, soulignant l’importance de la « formation de cette jeunesse à l’exposition et à la mémoire qui survit sur les réseaux sociaux, quand les générations précédentes y échappaient », mais aussi du corps enseignant et des forces de police. « Là encore on retombe sur des questions de harcèlement et de violences sexistes et sexuelles, parce que pour porter plainte, il faut pouvoir être accueilli et cru et ça n’est pas le cas. Donc il y a une logique que nous expliquent les associations féministes de terrain de former non seulement les lycéens et les lycéennes, mais aussi tout le corps enseignant et les agents à repérer des signaux de fragilité, de détresse… »

Finalement, cette rencontre entre Julien Bayou et les syndicats présents s’est articulée autour d’enjeux divers, écologiques bien sûr, mais aussi sociaux et politiques. À cet égard, la critique du candidat écologiste envers le gouvernement s’est animée dans la dénonciation régulière d’une jeunesse « abandonnée », menée par une Ministre de l’Enseignement Supérieur à « l’emploi fictif ».


Crédit images : Elise Ceyral

Image de couverture : Julien Bayou entouré des représentants syndicaux présents (de gauche à droite : Bérangère Poncet, Vice-Présidente de l’AGEP, Adrien Lienard, Vice-Président de l’UNEF et Mathieu Devlaminck, Président de l’UNL).

(1) Liste L’Écologie

(2) PAIRO-VASSEUR, Alice. « Précarité étudiante : une crise ‘sans précédent’ ». Le Point, [en ligne], 26/02/2012. URL : https://www.lepoint.fr/societe/precarite-etudiante-une-crise-sans-precedent-26-02-2021-2415544_23.php

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L’engagement politique des jeunes à Sciences Po https://www.lapeniche.net/lengagement-politique-des-jeunes-a-sciences-po/ Wed, 30 May 2018 09:00:02 +0000 http://lapeniche.net/?p=38513

Un article rédigé par Alice Bergoënd et Capucine Delattre

Sommes-nous une génération molle ?

On ne parle plus que de ça, le côté rouge de Macron bleuit à sa lumière et Cohn Bendit est sur toutes les radios (soit France Inter et France Culture) : mai 68 fête son anniversaire.

Et pendant que l’on célèbre les actes de courage d’une jeunesse engagée qui se battait pour réaliser ses rêves, tu te demandes peut-être ce que tu fais, toi, de tes jeunes années. Si ton plus bel acte de rébellion en date fut de noter “Moyen” dans la catégorie “utilisation du matériel pédagogique” pour ce maître de conférence sans gêne qui osa qualifier ton PowerPoint d’insuffisant, alors tu dois te demander toi aussi si tu fais partie d’une génération sans cause fédératrice  et sans courage politique.

Notre génération a-t-elle cessé de s’engager ? Sommes-nous si dénués de passion et de créativité que nous avons fini par accepter de concert des valeurs qui ne nous semblent en réalité pas si satisfaisantes que cela ? Ou sommes-nous trop en désaccord pour faire émerger une cause qui vaille la peine que l’on se batte pour elle?

Sciences Po met particulièrement  l’accent sur l’engagement de ses élèves, qu’il soit associatif, politique, militant ou encore citoyen. Qu’en est-il alors de la ferveur politique des sciencepistes ? En quoi Sciences Po est-il – ou non – un vivier particulier d’engagement ? 

 Pour tenter de répondre à ces questions, La Péniche a décidé de s’entretenir avec des jeunes de Sciences Po qui contredisent cette vision stéréotypée d’une jeunesse apathique. On dit que les jeunes défendent en général leur intérêt, eux militent pour défendre l’intérêt général : Antonin Ferreira, membre du parti LR SciencesPo, Camille Étienne, élue du syndicat NOVA, et Jean-Bastien Payet, membre du mouvement Génération.s.  Pour faire connaissance avec ces trois étudiants, nous avons d’abord souhaité comprendre ce qui les avait poussés à sortir de leur canapé et militer pour leurs idées.

 Antonin Ferreira est fils d’élu d’un petit village, et du fait de son éducation influencée par la fonction exercée par son père, il est amené à “s’intéresser tôt à la vie de sa commune, et à celle des communes alentours”, vers l’âge de 12 ans.

“J’ai pu rencontrer mon député et mon sénateur, échanger, et quand je suis arrivé à SciencesPo je savais que c’était pour m’engager.”

Il précise, au vu du nombre d’étudiants engagés qu’il côtoie, qu’il ne pense pas représenter la norme : “Il existe une grande diversité de profils, certains s’engagent par hasard, d’autres par amitié”.

 C’est aussi par le bais d’une rencontre que Camille Étienne raconte la naissance de son engagement au syndicat NOVA. Avec un camarade de SciencesPo, elle projette la création d’un “journal collaboratif, Court-Circuit (…)”. Au cours des discussions le projet se transforme en la création du nouveau syndicat transpartisan .

“(…) il m’a branchée là-dedans, et je me suis dit qu’il avait raison : pour savoir à SciencesPo si on avait besoin de plus de place en bibli, comment gérer la cafet ou les IP, on a pas besoin de couleur politique.”

Moins pragmatique, c’est un parcours bien différent que raconte Jean-Bastien Payet, membre de Génération.s depuis septembre 2017. Son engagement politique est assez récent, mais selon lui intimement lié à son engagement citoyen passé.

“Le mouvement est aussi jeune que mon engagement. En entrant à SciencesPo je m’étais dit dès le début “pas de parti politique, pas de syndicat, ce n’est pas ce qui me correspond”. Je suis plus dans l’associatif, pour moi c’est du politique autrement. (…) Et puis je m’étais intéressé à ce mouvement de Benoît Hamon pendant la campagne, et en arrivant à SciencesPo, je me suis dit que ça ne coûtait rien d’aller voir à un after work. Et puis je me suis laissé embrigader (rires), et ça m’a plu car c’était un travail de fond (…)”.

Mais qu’est-ce que ça apporte de s’engager ?

 Camille Étienne est aussi présidente de Amnesty International à SciencesPo. Elle retrouve dans son engagement syndical (qu’elle a commencé au lycée dans le cadre de l’UNL) des préoccupations restreintes aux problèmes des étudiants : “Quand on s’engage pour le lycéen, cela me semble un engagement plus accessible car on réfléchit à partir de nous”. Comparant son engagement à NOVA avec sa lutte pour le respect des droits de l’Homme, elle déclare :

“ Quand on s’engage pour les droits des LGBT, ou les droits des migrants par exemple, il s’agit de demandes plus restreintes, c’est un challenge qui me paraît plus grand même si nécessaire, alors que quand on s’engage pour les droits des lycéens c’est presque plus simple, car on est impliqué directement dans le problème dont on cherche des solutions”.

Pour Antonin Ferreira, les atouts de son engagement sont avant tout des connaissances pratiques, et une maîtrise du milieu institutionnel que les cours ne permettent pas d’acquérir. L’étudiant est également collaborateur parlementaire au Sénat, et il raconte que cela lui a permis de “voir comment fonctionne le système politique”, de comprendre les enjeux d’une campagne, et “observer toutes les nuances du rapport exécutif/parlementaire”. Il affirme avoir pu découvrir “tout un tas de nuances que l’on ne voit pas dans la théorie”. Bien qu’on puisse imaginer le contraire, quand on évoque le sujet du réseau qu’il est en train de se former, il répond révérencieux que c’est un apport certain, mais “pas plus que dans d’autres milieux”, et qu’il recherche avant tout une vision d’ensemble plus qu’un carnet d’adresses.  

Enfin, Jean-Bastien Payet estime que son engagement lui a permis de prendre conscience de l’importance du service public, et d’expérimenter le caractère stimulant du collectif. Il “se projette plus en tant que mouvement qu’en tant que personne” : “… même si c’est intéressant de prendre de la place, de montrer qu’on a des choses à dire, je ne me projette pas comme ça.” L’enjeu est d’avantage pour lui et ses camarades de “créer quelque chose de nouveau” sans recréer ce qui a déjà été fait, et réfléchir à l’avenir d’un mouvement encore jeune, et qui a les mêmes prétentions que beaucoup, reconnaît-il. Le politique lui permet de “penser global et sur le long terme”, au contraire de “l’engagement associatif qui avance différemment, petits projets par petits projets”.

Il ne conçoit pas son avenir à Génération.s dans l’horizon d’une progression hiérarchique nécessaire, et ne se voit pas d’ailleurs en élu. “…du moins pour l’instant”, déclare-t-il.

“Je m’y plais, je m’y épanouis, j’y découvre ce qu’il n’y avait pas forcément dans l’associatif : une camaraderie, pendant les réunions, les séminaires.”

Quel regard faut-il dès lors porter sur un engagement qui semble statistiquement faire défaut chez les jeunes aujourd’hui ? Les soulèvements étudiants dans les facultés laissent-t-il au contraire présager un nouveau souffle de l’engagement notamment politique des jeunes ?

Un nouveau mai 68 est-il possible ? 

Le jeune militant de gauche que nous avons interrogé ne pense pas que les jeunes soient en manque de volonté, ou dépolitisés. L’abstention croissante qu’on observe chez les 18-25 ans est selon lui davantage due au fait “[qu’]on ne leur parle pas, et [qu’]on ne leur propose rien de satisfaisant”. Sur ce point, le vice-président de LR SciencesPo acquiesce :

“Les jeunes ne s’engagent pas moins qu’avant, on observe une multitude d’associations dans une multitude de domaines autres que que le domaine politique (religieux, culturels), et cette forme nouvelle d’engagement est à prendre en compte dans le débat”.

Mais si Jean-Bastien Payet voit avec les blocus récents dans les universités françaises la manifestation d’une « une colère qui dort« , du fait que « ça bouge”, Antonin Ferreira, lui, considère que “si les mobilisations ont pour espoir de faire renaître les évènements de mai 68, les conditions n’ont rien à voir aujourd’hui avec celles qu’elles étaient jadis, et beaucoup ne se sentent pas concernés”.

 Le fait qu’il existe un problème d’autocensure chez la jeunesse est une opinion partagée par les trois interviewés. L’entité mise en cause par Antonin Ferreira est le système politique dans son ensemble, qui ne laisse pas assez de place aux jeunes, ce qui expliquerait le fait qu’ils “se mettent des barrières dans la tête”. Pour la syndicaliste de NOVA, le manque de place laissé à la jeunesse dans le processus législatif se doit d’être contesté. Elle revient sur son engagement au lycée :

“On n’avait pas notre mot à dire et on trouvait ça dommage, car ce sont des choses (le bac, les réformes des lycées, ndlr) qui nous concernent tous et qui devraient nous rassembler. (…) Les jeunes ne s’engagent pas moins aujourd’hui mais différemment, et il faut tenir compte du fait que la participation est différente de l’engagement”.

Alors, vers quelle cause se tourner ?

La cause qui devrait nous fédérer selon le membre de Génération.s est celle de l’écologie, mais il constate avec étonnement qu’elle “ne le fait pas”, ce qu’il explique par ce qu’il appelle un “éparpillement des volontés”.

“Celle qui fédère est celle des inégalités sociales : ce qu’on pensait endormi est toujours brûlant”.

Camille Étienne est plus optimiste : alors qu’elle conjecture la même hiérarchie des causes, elle voit une réelle “prise de conscience croissante” dans les mentalités, et déclare que “de toute façon nous n’aurons bientôt plus le choix, car tout va être relié à cela, des mouvements de migrations aux crises économiques”. Plus qu’une et unique cause cependant aujourd’hui, elle voit des “tendances” ayant pour origine des scandales médiatisés, à l’image du droit des femmes ou de la crise des migrants. Elle explique cela par le fait que nous sommes dans une “ère du buzz et des réseaux sociaux”. Antonin Ferreira qui reconnaît avoir une même utilisation politique des outils numériques, souhaite pousser les étudiants à “s’engager pour démystifier l’engagement”. Il regrette (hors micro) qu’on lui demande assez souvent en écarquillant les yeux comment il a fait pour obtenir tel ou tel stage, alors que ceux qui lui demandent n’ont bien souvent pas même essayé d’en obtenir. “Il ne faut pas hésiter à tenter, nous n’avons jamais eu autant les moyens pour le faire”.

 Si l’associatif est surreprésenté à SciencesPo, il y a de multiples motivations qui poussent les étudiants à défendre leurs idées. Comme le dit Camille Étienne, on peut militer “pour rendre fier son copain ou sa maman, pour son CV, mais cela ne doit jamais prendre le dessus. Bien que cela nous apporte des opportunités et des contacts, (…) si cela devient la raison de notre engagement alors il tombera à l’eau. Il faut que cela soit quelque chose qui vienne du fond de nous, sinon on n’y mettra pas l’énergie nécessaire.” Et de cette pluralité des engagements, qu’ils soient complémentaires ou opposés, intéressés ou non, il est de notre ressort des les faire compter parmi les formes de participations politiques reconnues, et piège à cons ou pas, ne pas laisser les élections être le seul critère de notre participation à la démocratie. La jeunesse n’est pas morte, elle se cache derrière des idéaux nouveaux et encore trop dispersés. Prenons aussi en compte le biais générationnel qui veut que chaque génération décrie la précédente, et ne voie dans ses innovations que des dégradations. L’engagement des jeunes aujourd’hui n’est pas le même parce que le monde qui les entoure n’est pas le même. Alors désapprenons à nous taire, réinventons nos combats, et si tu trouves cet article chiant et que tu es avachi dans ton lit, lève toi et ose déclarer que c’est lui la chienlit.

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Ce qu’il faut retenir du débat jeune de la primaire LR https://www.lapeniche.net/retenirdebatjeuneslr/ Sat, 22 Oct 2016 13:51:43 +0000 http://lapeniche.net/?p=35956

Un article d’Albane Miressou-Got et de Thomas Hinzelin

Organisé mercredi 19 octobre par Les Républicains Sciences Po, La Péniche et Sciences Polémiques, le débat a confronté les présidents des mouvements jeunes des candidats à la Primaire de la droite et du centre. Parmi eux, certains étaient déjà lancés dans leur carrière professionnelle, d’autres commençaient leur première année de licence. Certains ont, du point de vue de Bertrand Périer, qui a fait la reprise du débat pour Sciences Polémiques, regardé « comme à Roland Garros », trois ou quatre représentants se lancer des piques et s’emporter dans la défense de leur candidat, en usant de tout leur temps de parole. Un malaise s’est installé dès la première question, car personne n’était vraiment au clair au sujet du caractère sérieux, proposé surtout par le porte parole de Jean-François Copé, ou plus détendu et plaisantin de l’événement, incité par la nature des questions de Sciences Polémiques.

Nous vous donnons dans ce rapporté de débat un bref aperçu de ce qu’ont pu dire les représentants sur leur candidat.

« C’est le meilleur, et les meilleurs ne gagnent pas toujours. » Malgré le fait que Jean-François Copé ne rassemble que 3% de votes dans les sondages, Jordan Jablonka le soutient, d’abord car il n’a pas été convaincu par Sarkozy, ensuite pour son expérience de terrain à Meaux et son concept de « droite décomplexée ». Jean-François Copé veut opérer un tournant sécuritaire, en rétablissant la double peine via une ordonnance ou en embauchant 50 000 fonctionnaires par exemple (policiers, magistrats, gardiens de prison). Durant le débat, Jordan est entré plusieurs fois en conflit avec Charles-Henri (Sarkozy), notamment au sujet du temps de parole. « On a compris tu es ancien élève de Sciences Po et organisateur mais il faut quand même respecter le temps de parole des autres, pas comme Nicolas Sarkozy. »

Malgré ses mille pages de programme, une question s’est tournée sur les écrits érotiques de Bruno Le Maire. Paul Guillot a répliqué au reproche de Sciences Polémiques, une autre question qui interroge sur la transparence et l’honnêteté du monde politique : « Aujourd’hui, quel Homme politique écrit véritablement ses livres ? ». Pour lui, pas de doutes, Bruno Le Maire est l’avenir de la droite française et c’est dans une pique à peine voilée contre Nicolas Sarkozy qu’il a présenté le candidat du renouveau : « Je pense que ce n’est pas dans les rancœurs du passé qu’on va trouver une candidature de renouveau qui permettra de mettre en place un projet très clair avec un calendrier de réalisation extrêmement précis ». Après des applaudissement nourris de jeunes soutiens à M. Le Maire, il s’est amusé : « je suis heureux de voir que l’on recrute à Sciences Po ». Dans sa reprise, Bertrand Périer a cependant souligné des manques dans son propos, notamment concernant les questions européennes où Paul avait répondu : « tant qu’on n’est pas élus, on peut pas savoir ».

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Le débat dans l’Amphi Caquot. Photographie : Thomas Hinzelin

« C’est le seul qui ait une vraie expérience du terrain, il a été maire député et surtout chef d’entreprise dans la métallurgie. Lui n’a jamais gouverné, ce qui peut le distinguer des autres » : c’est avec ces mots que Baptistes Laroche a présenté son candidat, Jean-Frédéric Poisson. Malgré ses dix-huit ans, il a pu être étonnant par son assurance et sa bonne capacité à répondre. Il s’est montré cependant imprécis, notamment au sujet de l’électorat de M. Poisson. « C’est un parti non-confessionnel et il y a même des musulmans au parti chrétiens démocrate ». Au sujet de l’Europe, il a parlé de redonner les compétences de la BCE aux différents États pour que chacun d’entre eux puisse agir sur sa politique monétaire. Le programme de Jean-Frédéric Poisson porte aussi beaucoup sur un renforcement de la maîtrise des frontières.

« Nous sommes la génération du 11 septembre 2001 quand on était enfants, la génération des émeutes de banlieue quand on était adolescents, et du déclassement social pour notre demain ». Charles-Henri Alloncle occupait le centre de la table. Lors de ce débat, il a défendu Nicolas Sarkozy auprès duquel il s’est engagé après 2007. Ce qui l’a attiré, c’était la manière « cash » dont il parle, tout en portant son amour de la France avant le clivage partisan. Pour Charles-Henri, les jeunes d’aujourd’hui sont une génération ayant connu de nombreux changements et événements : c’est comme cela qu’il justifie la nécessité d’un « homme d’action », efficace et lucide.

Cédric Rivet-Sow était présent pour représenter François Fillon, « celui qui a écouté les Français, qui à partir d’un constat, peut arriver à des solutions chiffrées et peut permettre aux jeunes d’avoir un emploi ». Lorsque Sciences Polémiques a mis en doute les chances de l’ancien premier ministre de l’emporter, il a répliqué : « Les réunions publiques et les meetings sont pleins, donc on continue ». Cédric est cependant resté un peu en retrait entre les affrontements de Charles-Henri et de Romain ce qui a amené Périer à ironiser sans demi-mesures : « le mec est complètement neurasthénique, tout comme son candidat, il est allé fumer chez NKM. »

Alain Juppé était représenté par Romain Millard. Pour ce dernier, le maire de Bordeaux « a montré par son expérience locale qu’il avait la capacité de faire approuver et comprendre un projet par ses citoyens et l’a fait appliquer sur la durée (…) C’est le candidat de l’équilibre entre identité heureuse et ambition pour l’avenir ». Romain s’est fait remarquer par un sens de la répartie à toute épreuve qui lui a été utile face à Charles-Henri. Lorsque ce dernier a accusé Alain Juppé de séduire l’électorat de gauche il a répliqué avec humour : « c’est très drôle, les sarkozystes sont ultra nerveux, ce sont visiblement les seuls qui souhaitent ne pas avoir d’électeurs. »

Gabrielle Amzal était la représentante jeune de Nathalie Kosciusko-Morizet. L’étudiante à Paris-Dauphine a d’abord remercié les organisateurs de la conférence et Sciences Po pour l’accueil. Elle a surtout insisté sur les nouvelles idées de sa candidate : « NKM propose des solutions pour les problèmes d’aujourd’hui et de demain, et pas des solutions pour les problèmes d’hier avec des moyens d’avant-hier ». Le programme de la candidate contient un soutien aux nouvelles formes de travail et une attention particulière à l’environnement, dont elle est la seule à porter au cœur du débat.

Un mot sur la reprise de Bertrand Périer.

Il a su faire rire l’amphithéâtre et les participants au débat, dont certains étaient très bon public, à en pleurer et en rougir jusqu’aux oreilles. D’une voix forte et portante, il a repris ses notes. Chaque candidat est passé sous les critiques de son regard amusé. Il a repris les formulations ratées, comme la nouvelle expression « les fonctionnaires de la fonction publique », les hyperboles comme « Juppé est attendu dans le monde », et a décrit chaque jeune, du pin’s au T-Shirt aux manches rouges.

Parmi les candidats, le choix se situe entre prise en compte ou non de l’environnement, le choix du renouveau, prôné par beaucoup d’entre eux, ou choix du déjà-vu, le choix d’un renforcement de l’autorité de l’État, de la prise d’ordonnance ou non.

Bertrand Périer a conclu dans sa reprise, que les jeunes n’étaient pas la reproduction identique de leurs aînés. Quelques drôles similitudes pouvaient être cependant relevées, comme un caractère rapproché des jeunes et de leur candidat (Charles-Henri semblait aussi trépignant que Nicolas Sarkozy). De plus, on pourra noter qu’il y avait autant de femmes parmi ces jeunes que dans le monde politique, en d’autres mots, une minorité frappante.

 

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SONDAGE – 5ème Université des Gracques https://www.lapeniche.net/sondage_gracques/ Thu, 12 Nov 2015 06:00:53 +0000 http://lapeniche.net/?p=31665 couv copy

Dans le cadre de la 5ème Université des Gracques, La Péniche vous propose de donner votre avis sur une vingtaine de questions. Ce sont vos réponses qui lanceront les débats. Merci pour votre participation !

 

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