
Le Grand Oral faisait son grand retour hier soir dans l’amphithéâtre Boutmy. Un retour placé sous le signe des primaires de la droite et du centre puisque c’est Jean-François Copé qui inaugurait cette nouvelle saison du Grand O à suivre de très près en perspective de l’élection présidentielle.
Pour son retour à Sciences Po un an après avoir été maître de conférences, l’ancien président de l’UMP, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement sous Jacques Chirac a répondu pendant plus d’une heure aux questions de Sciences Po TV et La Péniche sur sa campagne présidentielle, son parcours politique ou encore sa communication.
La confrontation avec Marwan Muhammad -le président du Collectif Contre l’Islamophobie en France- dans le cadre d’un débat contradictoire animé a été le temps fort de cette soirée perturbée en amont par des militants de gauche radicale prompts à réagir contre les voix discordantes. « Il n’y pas de débat possible avec la droite de Zemmour et Copé » nous ont affirmé certains de leurs représentants aux abords de l’amphithéâtre.
Pour tous ceux d’entre vous coincés au 28 rue des St Pères en atelier artistique, la Péniche propose une session de rattrapage en 5 phrases clés de ce premier Grand Oral de l’année universitaire.
1 – “Jacques Chirac m’a appris beaucoup de choses”
Depuis le début de la campagne des primaires, Jean-François Copé ne manque jamais une occasion de comparer sa situation personnelle à celle de Jacques Chirac en 1995. Bien que crédité de 1,5% à 3% d’intentions de vote dans les enquêtes d’opinion, le maire de Meaux est persuadé de pouvoir rééditer la performance de l’ancien président de la République qui crédité de 14% au premier tour de la présidentielle contre 33% pour Edouard Balladur en mars 1994 avait fini par remporter une victoire à laquelle personne ne croyait 6 mois auparavant. A la fin du mois d’août, après le soutien apporté à Nicolas Sarkozy par Christian Jacob, Jean-François Copé avait d’ailleurs fait appel à Jacques Chirac sur Twitter.
Rude semaine ! Après Sarko à Châteaurenard et Jacob mon ami de toujours qui part chez Sarko. Chirac, toi qui as vécu ça en 1995, aide moi !
— Jean-François Copé (@jf_cope) 22 août 2016
Rebelote hier soir dans l’amphi Boutmy : lorsque Benjamin Duhamel lui demande s’il n’est pas trop découragé par les mauvaises enquêtes successives, il concède “que c’est vraiment bas, c’est vrai” mais qu’il a “beaucoup appris de Jacques Chirac qui a commencé avec des sondages épouvantables et qui a fini par l’emporter qu’il faut donner rendez-vous au lendemain du premier tour”. “Je n’ai jamais eu de bons sondages de ma vie !” a-t-il ajouté, restant confiant sur l’issue de la primaire, refusant notamment de se prononcer sur un éventuel second tour Juppé / Sarkozy : « on reparlera du second tour le lendemain du premier tour. Aujourd’hui, je suis mobilisé pour faire campagne, pour défendre mes idées, tout peut se passer ! ».
Quelques minutes plus tard, Jean-François Copé récidive en marquant sa filiation avec l’ancien président de la République qui lui avait confié le porte-parolat du gouvernement Raffarin en 2002. “En matière de campagne électorale, j’ai beaucoup appris de Jacques Chirac : (…) quand j’étais plus jeune, je pensais qu’il suffisait d’être souriant et dynamique, mais la politique c’est bien plus compliqué que ça” affirme-t-il.
2 – “En 2012, Sarkozy n’aurait jamais dû perdre l’élection présidentielle”
Si Jean-François Copé ne tarit pas d’éloges sur Jacques Chirac, il n’a pas manqué une occasion d’égratigner son successeur Nicolas Sarkozy. Dès le début, il assume le droit d’inventaire du quinquennat Sarkozy : « 2012 a été une débâcle : on n’aurait jamais dû perdre en 2012. Il y a eu une désaffection des citoyens qui nous disent à chaque fois :“vous ne faites jamais le programme pour lequel vous avez été élu !” ».
Lorsque Benjamin Duhamel lui rappelle qu’il a été un fervent supporter de Nicolas Sarkozy au lendemain de la défaite de 2012 lorsqu’il était en compétition avec François Fillon pour la présidence de l’UMP, Jean-François Copé assume et ne démord pas : « c’était nul qu’au lendemain de sa défaite, il y ait eu une curée contre Sarkozy absolument minable, de la part de ministres qui reviennent d’ailleurs aujourd’hui se rouler par terre. Mais quand je soutenais Sarkozy en 2012, j’étais persuadé que lorsqu’il reviendrait, il tirerait des leçons des échecs passés. Il ne l’a pas fait, et je retrouve aujourd’hui dans son discours les mêmes accents qu’il y a 10 ans.”
@jf_cope « Le vrai sujet ce n’est pas la prise de décision, c’est l’application de la décision » à #LGOCopé
— Charbel Jourdain (@OfficielCharbel) 3 octobre 2016
Lors des questions du public, Jean-François Copé s’attaque encore à Nicolas Sarkozy à deux reprises. “Ce qu’a dit Sarkozy sur le réchauffement climatique est une aberration” affirme-t-il au sujet des propos tenus par l’ancien président tendant à minorer la responsabilité de l’Homme sur le réchauffement climatique.
Deux minutes plus tôt, il l’accusait d’avoir “re-verrouillé” le parti après son élection à la présidence de l’UMP en 2014 : “lorsque j’étais président de l’UMP, j’ai tenté de déverrouiller le système politique en investissant des candidats jeunes, modernes et neufs lors des élections municipales 2014. C’est d’ailleurs pour ça que la victoire a été si éclatante ! Lorsque j’ai quitté la présidence du parti, tout ce travail s’est arrêté”.

3 – “Avec Frédéric Beigbeider, on faisait des soirées assez décalées”
Interrogé par Loris Boichot sur ses « années Sciences Po » dans le cadre de la séquence « Comment devient-on ? », Jean-François Copé s’est rappelé avec enthousiasme de sa vingtaine passée sur les bancs de la rue St Guillaume. Membre de la « promotion 86 » à laquelle la journaliste du Monde Ariane Chemin a consacré un essai, il côtoie à l’époque Arnaud Montebourg, David Pujadas, Anne Roumanoff, Isabelle Giordano, Frigide Barjot et … Frédéric Beigbeider.
Entre l’aspirant président de la République et l’auteur de 99 Francs, le courant passe bien : Jean-François Copé se souvient du « caca’s club », le Club des analphabètes cons mais attachants. Chez Castel ou au Palace, « on organisait systématiquement des soirées à thème mais avec des thèmes assez …. décalés ». On ose à peine imaginer Jean-François Copé ivre dans une soirée « Prêtres et prostituées » où la fête « était un mode de vie » comme le rappelle « Le Monde » dans un article consacré à ce Bullingdon Club à la française….
Si Jean-François Copé a appris à se décoincer au contact de ses joyeux acolytes, il peine à citer ce qu’il a appris à Sciences Po et à l’ENA lorsque Loris Boichot l’interroge à ce sujet. Sans aller jusqu’à réclamer sa suppression comme Bruno Le Maire, il attaque virulemment son ancienne école : « les professeurs qui nous forment à l’ENA nous apprennent tout sauf à prendre des risques. Dans leur logique, il faut laisser le poste qu’on a occupé dans le même état que celui dans lequel on l’a pris. Cette mentalité est contraire à l’état d’esprit qui doit animer un pays moderne ! »
@jf_cope sur son expérience à Meaux « J’ai découvert l’état faillible, le non-droit, le communautarisme et la violence » #LGOCopé
— Sciences Po TV (@sciencespotv) 3 octobre 2016
Hors-sol les énarques ? C’est en substance ce que Jean-François Copé affirme : « ce que je n’aurai jamais pu apprendre à l’ENA, c’est mon expérience en tant que maire de Meaux ». Hors-sol également, Emmanuel Macron en prend pour son grade : « Macron, il découvre, il est à un âge de sa vie ou il pense que la politique, c’est quelque chose de facile. Mais il débute. La politique, c’est un parcours initiatique. Il ne suffit pas d’être souriant. Donc aujourd’hui je l’écoute enfiler des perles de platitude et j’ai envie de lui dire : viens voir les gens réels, viens dans les cités de Meaux, tu vas voir ce que les français pensent de la gauche, tu vas voir ce que c’est la vraie vie”.
4 – “Mon engagement contre toutes les formes de rejet, de racisme, d’islamophobie, de xénophobie sont des combats pour lesquels je me suis battu toute ma vie”
C’est par cette remarque péremptoire que Jean François Copé se défend face au directeur du CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France). Suite à l’attaque acerbe de Marwan Muhammad accusant l’homme de droite d’être « incapable de faire de la politique sans stigmatiser les musulmans, sans monter les gens contre les autres », le candidat à la primaire a réaffirmé ses positions tournées vers la tolérance. Une défense qui ne passe pas auprès du grand témoin : suite aux nombreuses polémiques autour de Copé et de l’Islam, le pain au chocolat étant le plus célèbre exemple, le voeu d’ouverture enflamme alors le débat.
Une étudiante interpelle @jf_cope au sujet du débat avec @Marwan_FX « Ce que vous dites est un écran de fumée. Vous agitez la peur » #LGOCopé
— La Péniche (@LaPeniche) 3 octobre 2016
Marwan Muhammad dénonce “un double langage” et une « utilisation à tort et à travers de la laïcité » qui jouerait en la défaveur de la communauté musulmane pour un gain électoral populiste. Cette contre-attaque a sans nul doute exprimé la position de certains militants extérieurs à la conférence et d’une jeune étudiante plaidant pour la « minorité silencieuse », fustigeant les propos de l’ancien Ministre du Budget.

5 – “Je pense que vous êtes en réalité une sorte de cheval de Troie du discours islamiste »
Face aux accusations de Marwan Muhammed, Copé contre-attaque avec un ad hominem qui a soulevé Boutmy. L’ancien président de l’UMP liste, sans concession, tous les membres ou invités très controversés du CCIF : de Tariq Ramadan à l’imam du Bourget ou de Brest. « Les invités d’honneur de vos événements au CCIF, vous n’avez pas honte ? » martèle alors Copé. Celui-ci renvoie la balle à Muhammad, l’accusant à son tour d’être : « le reflet du double langage ».
En effet, le directeur du CCIF rappelle que « les problèmes sociétaux se régulent par le dialogue » et qu’il n’est pas censé cautionner le propos de ses invités, ceux-ci étant présents seulement pour faire avancer le débat et trouver de réelles solutions.
Cette position de neutralité va être passée au crible par Copé : face aux questions de l’invité sur la laïcité, le port du voile à l’école, l’interdiction du voile intégral, les caricatures du Prophète mais surtout la polygamie, le débat prend une ampleur inattendue. L’amalgame entre le choix personnel d’être polygame ou d’avoir plusieurs partenaires conjugaux ne passe pas. Une opportunité inouïe pour Copé de réaliser son objectif au début du débat : faire tomber les masques.
Le top tweet de la soirée
Bilan du débat de Marwann Muhammad, il ne condamne ni la polygamie, ni la Burqa, ni même l’Imam de Brest … C’est terrifiant ! #LGOCopé
— Max Benard (@maxbenard) 3 octobre 2016
Trop beau @clement_martin_ sapé comme jamais pour #LGOCopé
— Elsa (@Duhamelsa) 3 octobre 2016
La mauvaise foi de @jf_cope contre celle du CCIF #LGOCopé
— Grégoire Lefaivre (@grgr_lfvr) 3 octobre 2016
A sciences Po @Marwan_FX (président du CCIF) « je ne condamne pas la polygamie » on aura vraiment tout entendu ce soir #choquant #LGOCopé
— Claire Hasnier (@chasnier) 3 octobre 2016
.@jf_cope « Mon honneur a été sali de manière ignoble lors de l’affaire Bygmalion » à #LGOCopé
— Sciences Po TV (@sciencespotv) 3 octobre 2016
Distribution de pains au chocolat par des punks à chien devant Sciences-Po pour la venue de @jf_cope. Hyper original. #LGOCopé
— Antoine Lévèque (@Antoine_Lvq) 3 octobre 2016
« Comment devient-on @jf_cope ? » interview par notre rédacteur @lboichot #GrandOral pic.twitter.com/t5S8AHoeM2
— La Péniche (@LaPeniche) 3 octobre 2016
« Copé s’embrouille avec un gars dont on a oublié le nom. On s’en fout, Il est musulman, hein » pic.twitter.com/FAjXc0V59C
— Traduisons Les (@TraduisonsLes) 5 octobre 2016

Notre invité est né le 5 mai 1964 à Boulogne-Billancourt dans les Hauts de Seine. Ce département deviendra le fief de son concurrent Nicolas Sarkozy. Celui-ci, est d’abord élu à la maire de Neuilly-sur-Seine, devenant à 28 ans l’un des plus jeunes maires de France, puis il entre à l’Assemblée en 1988 en tant que député de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine. Pas de chance pour Copé qui choisit donc la mairie Meaux et devient député de Seine et Marne.
En 1981, il obtient son bac ES et rentre à Sciences Po en 1985. En 1987, il fait son entrée à l’ENA dans la promotion Liberté-égalité-fraternité.
Nous non plus on ne sait pas ce que ça veut dire, on vous laisse imaginer.
D’après le Monde Diplomatique, Jean-François Copé serait membre de deux sociétés secrètes. La première, « Le Siècle », est un club d’influence créé en 1944 et vise à organiser des débats entre plusieurs dirigeants de la société. L’autre est d’envergure internationale. La « Commission Trilatérale », réunit depuis 1973 quelques centaines de personnalités d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord, et d’Asie pacifique pour renforcer la coopération internationale entre les pôles de la triade.
Il donnait un cours de “Lawyering and Governing in a Global World” en duo avec Jean-Yves Gontier. Ce fut une surprise pour les étudiants puisque seul le nom de ce dernier était indiqué lors des inscriptions pédagogiques. Comme le confiait une étudiante à la Péniche (http://lapeniche.net/apparublmletta/ ) : “Je n’avais pas réussi à avoir les électifs que je voulais et l’administration m’a donné ce cours. Mais je ne savais pas de quoi il s’agissait”. Le fameux hasard des inscriptions pédagogiques… “C’était vraiment un bon professeur, affirmait-elle, les sujets abordés étaient très intéressants”.
On a évidemment gardé le meilleur pour lundi soir, et on vous attend nombreux pour compléter ce top 5 !
]]>15 janvier 1884 : Pierre de Coubertin a l’idée d’une immense compétition sportive qui mettrait en concurrence des centaines d’athlètes venues de diverses patries, dont chaque édition se tiendrait dans une ville différente et qui serait organisée par un comité officiel. Alors président de l’AS, il fonde le CRIT.
4 février 1891 : Las de manger des Twix et des Snickers tous les jours, Marcel Proust, en double-cursus avec la Sorbonne, milite pour l’introduction de madeleines dans les distributeurs de la cafétéria.
24 août 1924 : Le modèle kaki à rayures orange de cravate des appariteurs, en vigueur depuis 53 ans, est pour la première fois remis en cause par le jeune Christian Dior, fraîchement admis en Première Année.
30 mars 1935 : François Mitterrand commissionne trois fils d’Arcueil pour faire exploser le local de Sciences Po Environnement.
20 septembre 1951 : Jacques Chirac rentre du Week-End d’Intégration après avoir été élu « Mister WEI » haut la main – le titre de « Miss WEI » ayant été accordé à une certaine Bernadette. Son retour à la réalité s’avère délicat. Convoqué devant la commission de discipline pour une affaire d’exposé fictif dévoilée par Urkund, il évoque une amnésie passagère. De son côté, Jean-Claude Casanova prend la tête du mouvement #OccupyLeroyBeaulieu suite à la nomination très controversée de Chantal à la cafétéria du 56.
16 octobre 1957 : Fondation simultanée de RSP et de l’UMP Sciences Po par Jean-Pierre Elkabbach.
8 mai 1964 : Jugé « pas très bon », Philippe Seguin est refusé au sein du bureau de Sciences Polémiques
3 novembre 1971 : « Oui bonjour Dominique, il parait que tu es allé à la Cash’n’Trash ! Guten tag Dominique, como estas, did you have a great time à la Cash’n’Trash ? » – Nelson Montfort, rédacteur pour le site le27.net, rapporte le plus haut score de l’histoire de la chope-cup réalisé par Dominique Strauss-Kahn à la Cash & Trash. L’événement précipite la rupture du couple que ce dernier formait avec Anne Sinclair.
8 juillet 1974 : Première candidature de David Colon, âgé de 1 an, à la direction de Sciences Po.
13 juillet 1980 : Nicolas Sarkozy est menacé d’être exclu après avoir été défaillant en culture générale et en anglais quatre semestres consécutifs. Heureusement, grâce à sa grande proximité avec Laurence Parisot – activiste au MET – il obtient enfin la validation de sa première année.
26 septembre 1982 : Arnaud Montebourg, président de La Péniche, exige le port uniforme de la marinière à la Bleu Blanc Boat.
11 décembre 1985 : Brice Hortefeux et Eric Zemmour co-rédigent les célèbres chants : « Sciences Po Paris je t’aime, j’encule les provinciaux » et « Ici c’est… PARIS ! »
4 avril 1986 : David Pujadas, le nouveau président de Sciences Po TV, crée la Minute Yep’. Pendant ce temps, ça ne va pas fort chez Jean-François Copé. La Direction de la Vie Universitaire a décidé d’invalider l’élection de sa liste BDE après s’être rendu compte qu’elle avait oublié de comptabiliser les voix des campus délocalisés. Il a extériorisé sa frustration en lançant sur La Péniche un pamphlet contre Salaam Sciences Po, qu’il rend responsable de la pénurie de chocosuisses au 27. Le reste du temps, il se console en enchaînant les pintes au Basile avec Anne Roumanoff, sèchement recalée des qualifications du Prix Philippe Seguin.
C’est à vous d’écrire la suite.
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