Après un discours introductif de la part de Pauline Bensoussan, responsable pédagogique et coordinatrice des programmes du campus de Paris à Sciences Po, l’amphithéâtre Boutmy a eu le plaisir d’écouter un court récital de piano joué par Hugo Panonacle et Nour Ayadi, étudiants en deuxième année. Puis, durant un discours prononcé par les deux majors de notre promotion, Edmond Huet et Romy Khonaisser, nos invités ont eu l’occasion d’en apprendre davantage sur le projet pédagogique de notre école ainsi que sur les spécificités de la promotion Simone Veil.
À la fin de cet exposé, nos majors ont convié Ruth Mackenzie et Abd al Malik à rejoindre le pupitre de l’amphithéâtre Boutmy, marquant le début de cette leçon culturelle.

Dès les premiers instants de son discours, Ruth Mackenzie montre un engagement marqué par la volonté de révolutionner le rapport des parisiens à la culture. En effet, la directrice artistique du théâtre du Châtelet revendique un théâtre au service de son public et dans lequel chacun participerait activement à l’élaboration du projet. Son intervention incitait notamment les étudiants de Sciences Po à devenir des citoyens actifs en participant à des débats citoyens dans les mairies de Paris. Cette initiative cherche donc à pallier le déficit démocratique de l’accès à la culture en faisant en sorte que le théâtre puisse parler à toutes les strates de la société, car il s’agit, selon les mots d’Abd Al Malik, d’un outil démocratique. À titre d’exemple, Ruth Mackenzie envisage notamment la création de représentations théâtrales au sein de stations de métro afin de pouvoir toucher un public encore plus large et sur le même modèle que les expositions créées avec l’artiste Ai Weiwei durant les JO de Londres.
À ses côtés, Abd Al Malik, second intervenant de cette matinée, a, durant des interventions incarnées, rappelé la visée humaniste du projet. L’artiste, compositeur et interprète, ayant grandi dans les quartiers difficiles de Strasbourg a rappelé à quel point, cette période de sa vie a façonné son regard. Celui ci a notamment rappelé que nous traversons actuellement une période particulière et que “ dans une période de transition, le meilleur comme le pire peut advenir”. Citant l’exemple des migrants, Abd Al Malik rappelle que la culture est le lien qui nous unit tous, “le miroir de l’humanité” et qu’elle permet de dépasser les frontières. Abd al Malik nous met en garde à ce titre : le monde est condamné à réussir cette union, au risque d’échouer collectivement et de céder à l’obscurantisme sinuant au sein de nos sociétés. Cela passe donc bel et bien à intervenir auprès des plus jeunes pour rappeler l’importance de la culture. Il invite ainsi l’ensemble de la communauté étudiante de Sciences Po à venir dans les quartiers dits “difficiles”, afin d’inciter les “exclus” à renouer avec le monde de la culture.
Pour nos “combattants de la culture”, il est devenu essentiel de lier l’ensemble des acteurs d’aujourd’hui et de demain pour créer du lien, partager des connaissances, et ce, afin de s’unir dans un contexte politique où justement, cette solidarité est vulnérable. Cette expression prend aussi son sens dans la mesure où il n’a pas forcément été simple pour nos intervenants d’obtenir leur place dans ce milieu. Ruth Mackenzie évoque notamment le sexisme dont elle a été victime durant sa brillante carrière.
Après un discours d’une bonne heure et quart, les étudiants ont été invités à poser des questions à nos invités afin de marquer d’autant le plus le lien entre les intervenants et notre promotion ainsi que de répondre à certaines interrogations.
Plusieurs questionnements ont été soulevés, à commencer par la question du financement de tels projets. En effet, si l’on pouvait espérer un plan pour rendre les accès aux théâtres gratuits, Ruth Mackenzie explique que le fait de payer un billet, même de manière très modeste, est justement ce qui permet de faire venir les clients et de ne pas (paradoxalement) “vider” les salles de théâtre. Il est toutefois regrettable et regretté que les invités de l’amphithéâtre Boutmy n’aient pas non plus développé l’aspect “pratique” et novateur de leur “révolution” ; à l’heure des budgets municipaux collaboratifs, des initiatives citoyennes et de la volonté d’horizontalité entre les citoyens et les institutions, nous n’avons malheureusement pas ouï de propositions concrètes pour commencer cette grande révolution culturelle.
Zacharie Kartener et Alice Lechat
]]>Des discours, encore des discours
Dès lundi matin, les nouveaux sciencepistes se sont vus présenter le collège universitaire. Au programme, conseils, explication de la maquette pédagogique, des critères d’évaluation, sans oublier du fameux parcours civique. Néanmoins, ce sont la rentrée solennelle et la leçon inaugurale qui étaient les plus attendues des étudiants. Les traditionnels discours de Frédéric Mion et Olivier Duhamel ont en effet flatté mercredi dernier. « Monsieur Mion est très charismatique, il a de la prestance. J’avais envie de lui dire ‘apprenez-moi à parler comme vous !’ », admet Dikel, nouvelle sciencepiste. Pour ce qui est de la leçon inaugurale, elle a cette année fait place à une femme de lettres, Yasmina Reza. Accompagnée du journaliste Florent Georgesco, la dramaturge a préféré que sa venue prenne la forme d’un entretien. La conversation, axée sur le rôle de l’écrivaine a beaucoup intéressé. Toutefois, cela n’a pas empêché certains de regretter une rencontre « intéressante mais pas transcendante », comme en témoigne Dauphine. Son camarade, Quentin n’en dit pas moins, relevant « quelques coups de mou ».
Une semaine rythmée par divers ateliers
La pré-rentrée a également été marquée par plusieurs ateliers. Tout d’abord, celui d’art oratoire qui a pour objectif de donner de bons réflexes aux étudiants dans leur expression. Il s’est achevé en fin de semaine par des séances de débat. Bien que les premiers cours puissent être gênants pour certains, les apprentis orateurs ont rapidement oublié leur embarras. Jules, nouveau sciencepiste, déclare d’ailleurs que « dans [s]on groupe, tout le monde a joué le jeu », rendant le cours « stimulant et entraînant ». A tel point que le jeune homme envisage même de rejoindre Sciences Polémiques et de prendre des cours de théâtre au deuxième semestre !
Accompagnés d’enseignants, les nouveaux étudiants sont aussi partis à la découverte de différents lieux parisiens pour réaliser leurs exposés. Il s’agit d’un bon moyen pour faire connaissance et se repérer dans la ville (surtout quand l’on vient de province).
La découverte de la vie sur le campus parisien

Mardi soir, après une sensibilisation au harcèlement sexuel, plusieurs syndicats et associations se sont présentés. L’Association Sportive (AS) a d’ailleurs fait sensation en proposant un clapping aux étudiants. Toute la semaine, la nouvelle promotion a également pu rencontrer d’autres associations présentes en Péniche, ou à l’occasion des nombreux afterworks qui se poursuivent cette semaine.
Dikel a été séduite par plusieurs d’entre elles : « Je me suis déjà inscrite à Melting Potes. Il y a aussi beaucoup d’associations auxquelles je m’identifie, comme Sciences Po pour les Nations Unies, Rhinocéros et le BDA ».
A l’issue d’une semaine bien chargée, la promotion 2023 semble conquise. L’atmosphère, que Dikel décrit comme « chaleureuse », a en effet ravi les nouveaux sciencepistes. « J’ai parlé à beaucoup de personnes et je vois qu’ils sont ouverts, ils ont envie de parler, de discuter, d’échanger. C’est vraiment différent du lycée », déclare la jeune étudiante, le sourire aux lèvres. Tous sont également impatients de découvrir leurs cours et leur triplette. Il ne nous reste qu’à leur souhaiter à nouveau la bienvenue ainsi que de belles années à Sciences Po !
Lucie Dupressoir
]]>De l’euphorie à la curiosité
Cette année, les candidats ont appris leur résultat en se connectant sur leur espace candidat, et non
plus en consultant une liste. Plusieurs stratégies : réactualiser la page de façon compulsive, ou attendre
stoïquement l’annonce de la publication des résultats. « J’étais très heureuse mais j’ai mis un peu de
temps à comprendre », raconte Léa, qui se projetait par sécurité en classe prépa, son plan B. Comme
le souligne Violette, « la surprise incroyable de l’admission » clôt un véritable parcours du
combattant, fait de beaucoup d’embûches mais surtout d’entraide. Avant même d’avoir le temps de
réaliser, un groupe Facebook est créé par le nouveau BDE. « Promotion 2023 Sciences Po Paris »,
s’intitule-t-il. De celui-ci en découlent plusieurs autres, selon les campus et les cursus : un sobre
« SPIV Promotion 2018-2021 », ou encore « All I Want for X-SMASS is you », plus décalé pour
les élèves en double cursus SMASS. Ils permettent de réunir les futurs étudiants autour
d’informations de la vie étudiante : présentation des associations, trucs et astuces pour mieux
comprendre l’école, mais aussi revente de livres, un vrai business !
Les premiers pas
Viennent ensuite les premières démarches : inscriptions administratives, premières visites du
campus organisées par l’UNEF… autant d’éléments qui permettent aux futurs étudiants de découvrir
l’endroit où ils mettent les pieds ! Heureusement, les plus anciens veillent au grain. Lauren,
présidente de l’association du bi-cursus SPIV, explique : « Il y a un pôle spécialement dédié à
l’intégration. Nous nous assurons d’être disponibles pour toute question ou interrogation qu’ils
pourraient avoir dans les débuts de leur procédure d’inscription. Nous organisons, tout au long de
l’année, des événements qui sont l’occasion de rencontre entre 1A/2A. » L’association est aussi à
l’origine de « binômes de parrainage entre tous les 1A et 2A, donnant aux 1A une personne de
référence pour tous leurs doutes ou questions, aidant dans le premier temps durant les fameuses
inscriptions pédagogiques. »
Les « Hunger Games » : le choix des cours
Les fameuses inscriptions pédagogiques, si redoutées mais si préparées ! L’enjeu en 1A réside dans
le choix des triplettes. Sarah explique : « J’avais choisi la triplette 23 mais elle était très cotée. J’ai
pris mon plan B par sécurité, la 24 ». Quelques mauvaises surprises surviennent, comme être
changé de triplette après les inscriptions par manque de place. Illiès reconnaît : « Les anciens
parlaient d’Hunger Games, je pensais que c’était pour rire, mais je n’ai pas choisi ma triplette, ni mes
autres cours. Pour des 1A ce n’est peut-être pas l’idéal. ». Kévin est aussi déconcerté : « Il ne restait
plus beaucoup de choix. Heureusement, une triplette coïncidait avec mes autres cours. » D’autres,
comme Violette, sont plus chanceux : « En bi-cursus, les IP ont été très faciles, seuls les horaires de
langue étaient à choisir. ». Rapidité et vivacité du clic restent de mise : « Je tenais à faire du latin,
mais les places ont été prises en cinq minutes ! » regrette Shanese. Comme Mathieu, beaucoup se
sont informés « grâce aux vidéos proposées par Sciences Po et aux témoignages des 2A », et sont
satisfaits du résultat. Tous devront s’organiser à la rentrée, selon leur nouvel emploi du temps.
En attendant le 27 août… au 27 !
Une fois toutes ces démarches effectuées, il ne reste plus qu’à profiter des vacances en attendant la
prérentrée du lundi 27 août, « avec impatience » pour Violette, curieuse de « voir ce que ça donne ».
Les premiers contacts avec l’école sont très appréciés : « J’ai trouvé vraiment sympa les groupes
Facebook avant même d’être dans l’école, c’est une super façon d’intégrer les nouveaux et ça met
tout de suite dans l’ambiance, ça m’a agréablement surprise ! », explique Zoé. En parallèle, les
vacances sont pour certains, comme Shanese, l’occasion « de lire un maximum, de se détendre après
la recherche de logement ». Flore, admise en bi-cursus SMASS, se prépare à « la charge de travail
et sa difficulté » mais ne s’inquiète pas trop : « nous sommes très bien encadrés par nos aînés ».
Les futurs élèves sont avant tout passionnés par les disciplines qu’ils vont étudier, comme Flore, pour
qui les disciplines du bi-cursus SMASS « semblaient primordiales à un enrichissement personnel et
de solides connaissances en mathématiques utiles à une intention future de financer des projets
culturels » ou encore Léa, qui souhaitait « une formation en maths/info mais aussi en sciences
sociales, indispensables pour de futurs acteurs du monde de demain ». Un enthousiasme qui
permet d’envisager la rentrée de façon positive.
Merci à Flore, Kevin, Iliès, Lauren, Léa, Mathieu, Sarah, Shanese, Violette et Zoé pour leurs témoignages.
Océane Lang
]]>Après un été passé à écouter votre grande-tante Marie-Germaine, selon laquelle votre entrée à Sciences Po signifie automatiquement que vous deviendrez Président.e de la République, vous avez peut-être l’impression que votre titre flambant neuf de sciencepiste va faire de vous un être à part promis à un destin exceptionnel. Il paraît hélas bien compliqué que chaque élève de la nouvelle promo 2023 accède aux fonctions suprêmes de la République. Mais une vérité demeure : à défaut de prendre le pouvoir, vous allez bel et bien changer pendant votre séjour au 27 rue Saint Guillaume, pour devenir bientôt – et peut-être plus tôt que vous ne le pensez – de véritables Sciencepistes
.
Face à cette annonce déstabilisante, et pour que vos premiers pas dans l’inconnu se passent au mieux, nous avons dégagé quelques pistes pour vous préparer à ce qui vous attend, ainsi que quelques conseils qui peuvent vous aider à vous fondre dans le décor.
Un lexique particulier
Pour commencer, votre vocabulaire va bientôt s’enrichir de dizaines de mots compréhensibles uniquement par vos camarades. Comme dans toute startup nation qui se respecte, et puisque vous êtes plutôt libéral – si ce n’est pas encore le cas, pas de panique, ça ne saurait tarder ! -, votre lexique va s’enrichir de termes anglais et autres néologismes décrivant des concepts plutôt obscurs que vous allez découvrir pendant vos premières semaines. Aussi incroyable que cela puisse paraître, vous utiliserez bientôt les mots « paper », « slide», « 13U », « appariteur », ou « triplette» presque quotidiennement !
Notre conseil : utilisez les équivalents français de ces termes lors de vos conversations avec votre famille. Vous éviterez ainsi les regards d’incompréhension qui suivent immanquablement des déclarations du style : « Oui, elle est dans ma triplette, l’autre jour on s’est même croisées en Péniche devant Boutmy, elle tablait pour SPE ».
Des citations à connaître
Dans la suite logique de votre processus d’intégration, vous vous mettrez à citer plus que de raison les œuvres-cultes connues de tout.e bon.ne sciencepiste. Nous ne parlons pas ici du Prince de Machiavel, des Bernstein et Milza ni du Core Economics de Yann Algan – même si à tout bien y réfléchir savoir en parler de temps en temps vous sera utile -, mais bien de ce qui fait la grandeur de notre cinéma national, à savoir Astérix et Obélix mission Cléopâtre, et des deux volets d’OSS 117. C’est comme ça, pour survivre dans cette jungle aux lois sans pitié, être capable de raconter que vous venez de tuer un croco ou que vous ne laisseriez pas Larmina conduire est indispensable.
Notre conseil : apprenez tout de même une autre définition des dictatures que « Une dictature c’est quand les gens sont communistes, déjà. Qu’ils ont froid, avec des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair. ». Les correcteurs des copies d’examen ne partagent pas toujours notre amour du 7ème art.
Parler pour ne rien dire
En plus de ce merveilleux lexique, vous allez très vite apprendre la spécialité locale de la rue Saint-Guillaume, à savoir être capable de tenir dix minutes à parler de n’importe quel sujet, avec un plan en 2 parties – 2 sous-parties. Bientôt, vous ne saurez plus vous exprimer autrement qu’avec ce balancement, “ni oui, ni non”. Assez pénible quand la question posée est “Peux-tu me passer le sel?”, cela reste la formule gagnante d’une copie réussie.
Notre conseil : n’en abusez pas. La légende raconte qu’un ancien élève aurait étendu cette technique ancestrale au domaine du politique, et que les conséquences furent irréversibles.
Aimer l’administration de l’école… pour le meilleur et pour le pire
Dès les premières réunions, vous verrez que – hélas – parler pour ne rien dire n’est pas un sport exclusivement réservé aux élèves ! Vous serez vite confrontés à un nombre alarmants de discours qui vous paraîtront aussi importants que flous, et qui évoqueront régulièrement des concepts mystérieux tels que « l’engagement pour la Cité », « la pluridisciplinarité » ou « l’ouverture à l’international ». Vous serez peut-être sceptiques quand l’on vous demandera de “construire la construction de votre cursus”. Pas de panique, tout est normal, il faut savoir que les objectifs du Parcours Civique restent encore à ce jour le plus grand mystère irrésolu de notre école…
Notre conseil : comme ce projet est en période test, les conférences sont nombreuses et un peu longues. Pour faire face à l’ennui, profitez-en pour lire les nombreux articles de La Péniche, disponibles sur notre site.
Un réseau hors du commun
« Sciences Po va vous apporter un réseau » sera l’une des phrases que vous entendrez le plus. Et ce n’est pas tout à fait faux : pendant la semaine d’intégration, vous rencontrerez plus de personnes différentes que vous n’en avez vues depuis votre naissance – à peu près. Vous ferez connaissance avec vos futur.es ami.es aux nombreux pique-niques de rentrée, aux afterworks, dans les associations que vous intégrerez ou même en cours, car vous serez parfois mélangé.es avec les élèves d’autres promotions. Un avantage à cette richesse de l’école : sortir en soirée n’est plus une perte de temps mais l’entretien de votre business plan.
Nos conseils : vous ne vous souviendrez pas des noms de toutes les personnes que vous aurez rencontrées, mais n’hésitez pas à les ajouter sur Facebook après avoir discuté ! Et souvenez-vous surtout que toute la promo est aussi stressée que vous à l’idée de ne pas réussir à s’intégrer.
Un engagement à deux vitesses
Tout comme vos nombreuses rencontres, les associations seront au cœur de votre scolarité. D’une part, il y a beaucoup de chances pour que vous vous retrouviez engagé.e dans cinq associations à la fois au début de l’année – ne sous-estimez pas le talent des sciencepistes en matière de com -, mais aussi parce que la plupart d’entre elles proposent une offre importante de conférences et d’événements en tous genres, et qu’il n’est pas rare d’y voir des célébrités.
Notre conseil : dans le cas d’une soirée, il est préférable de se renseigner à l’avance sur l’association organisatrice. Vous pourrez alors éviter les dix minutes de présentation des spécificités de chaque pôle par un.e de ses membres, et passer plus directement à l’essentiel. Dans le cas d’un afterwork, toujours valoriser celui de votre journal étudiant préféré : pour cela rendez-vous mardi 28 août à 19h au Basile (3,80€ la pinte !)
Une orientation politique à géométrie variable
Savoir parler politique, et en particulier avec vos maîtres de conférences, sera un incontournable de vos futurs nouveaux acquis. À ce sujet, il existe deux écoles. L’orientation politique d’un.e professeur.e peut être facile à deviner : le combo particule-chevalière-mocassins ne trompe pas, tout comme la manifestation d’un amour immodéré pour Thomas Piketty, Karl Marx ou le port d’un t-shirt du Che. Certain.es seront alors tenté.es d’adapter leur discours en fonction du cours dispensé, et d’autres se lanceront toutes voiles dehors dans la défense de la cause qui leur tient à cœur.
Notre conseil : Même si un engagement franc est tout à fait louable, évitez de laisser vos opinions politiques prendre le dessus sur le contenu de vos exposés et présentations. Une conclusion telle que “C’est donc les cocos qui sont la cause de la chute de la IIIème République” pourrait être mal prise.
Te voilà donc fin prêt.e pour cette première année à Sciences Po qui s’annonce haute en couleur et en nouveautés. Peut-être te sens-tu confiant.e, et te vois-tu déjà au sommet de la pyramide sociale de Sciences Po… mais si tu as peur pour ton intégration malgré cette préparation express, souviens toi d’une chose : “Il n’y a pas de bonne, ou de mauvaise situation…”
Alice Bergoënd et Céleste Relave
]]>En bon sciencepiste, vous avez lu Pierre Rosanvallon, avez piqué du nez sur Duverger et bavé sur Weber : l’idéologie politique n’a de fait plus aucun secret pour vous. Mais les 13 et 15 mars prochain, c’est le moment de passer à la pratique. À vous donc, de prouver à la face de la bibli du 27 que ces logos « Antifa » ne sont pas là que pour décorer votre Mac Book Air, ou de relever les manches de votre chemise en lin pour aller choisir ceux en qui vous croyez. Et si vous êtes heureux et que vous n’avez pas d’opinion, c’est le moment de faire comme tout le monde : voter. Mais au fait, comment ça marche ?
Pour cette élection, chaque syndicat présente deux listes : la première est pour le Conseil de la Vie Étudiante et de la Formation, en charge de la vie associative et étudiante. L’autre est pour le Conseil de l’Institut, en charge du volet administratif. Huit sièges sont à pourvoir dans chacun des conseils, et ce pour un mandat de deux ans.
À l’aube de ce marathon électoral marqué par le divorce de The Alliance, qui cette année ne sera pas de la partie, la Péniche est allée leur poser quelques questions, afin de faire connaissance avec ceux qui, peut-être, changeront SciencesPo en votre nom.
Qu’est ce qui change dans votre programme cette année par rapport aux années précédentes ?
UNEF : Plus qu’un programme, nous défendons une vision de ce que devrait être l’enseignement supérieur. Nos combats concernent la démocratisation de l’enseignement supérieur, notamment par le biais des frais d’inscription, la lutte contre toutes les discriminations, la défense d’un enseignement pédagogique de qualité pout toutes et tous, l’intégration des étudiant-e-s étrangèr-e-s dans l’enseignement supérieur, et l’information et la défense au quotidien de tou-te-s les étudiant-e-s de manière individuelle et/ou collective.
UNI : Ce qui a changé dans notre programme, c’est d’abord l’esprit. Autour d’une équipe nouvelle, nous souhaitons mettre au premier plan la question de l’égalité des chances car il va de soi qu’une école qui entend incarner le mérite républicain, doit s’assurer que chaque étudiant possède les moyens de réaliser ses rêves. Concrètement, cet esprit s’incarne par la création d’une prépa en ligne gérée par Sciences po et dont le prix sera déterminé selon un barème linéarisé, comprenant la gratuité pour les boursiers. Mais cela passe aussi par le blocage des frais de scolarité, une amélioration du concours afin de le rendre moins socialement discriminant et la gratuité des prépa ENM et prep ‘ENA.
NOVA : Notre programme se base sur quatre piliers, à l’image des quatre lettres de NOVA : nourrir une ambition d’égalité, c’est notre pilier social ; organiser, enfin, la baisse des frais, c’est notre pilier économique ; vouloir une école durable, c’est notre pilier écologique ; et assurer à chacune et chacun respect et épanouissement, notre pilier sociétal.
Solidaires étudiant-e-s : Notre syndicat a procédé à un renouvellement d’équipe cette année, et nous avons, pour les deux ans qui viennent, un programme axé autour des points suivants : émancipation de l’enseignement supérieur, lutte contre les discriminations, antifascisme, accompagnement des étudiant-e-s et des associations, écologie et ancrage dans les luttes nationales concernant l’enseignement supérieur, mais également les luttes interprofessionnelles.
Quelle est la valeur la plus importante de votre syndicat ?
UNEF : La solidarité des étudiant-e-s qui s’organisent ensemble pour défendre leurs droits fondamentaux et l’accès à l’éducation. Solidarité avec toutes les minorités dans la lutte contre les discriminations, qu’elles soient de nature sexiste, raciste, homophobe, transphobe, validiste ou autre. Solidarité d’une jeunesse qui devient une variable d’ajustement pour le budget gouvernemental. Solidarité de nos militant-e-s également, qui donnent beaucoup de temps et d’énergie pour défendre les droits étudiants.
UNI : En premier lieu, toutes les valeurs sont importantes, notre projet est un tout. Il repose sur notre confiance attentive mais profonde en Sciences po et en l’excellence de l’enseignement qui y est dispensé. C’est pour cette raison que nous croyons en les valeurs d’excellence, de mérite, de vivre ensemble, de liberté d’esprit et de solidarité qui sont déclinées dans notre programme.
NOVA : La valeur des femmes et des hommes qui le composent et s’y engagent avec sincérité et envie ! Toutes et tous, dans leur diversité, ont apporté une pierre à notre programme. Pour la première fois, une liste est l’émanation de différentes personnalités et non l’inverse, car nous avons cherché à construire une équipe plutôt qu’à remplir des places.
Solidaires étudiant-e-s : La solidarité est notre valeur principale : nous sommes solidaires des luttes des étudiant-e-s salarié-e-s, victimes de sexisme, d’homophobie, de racisme ou de transphobie, des autres universités dans leur lutte pour un enseignement supérieur gratuit et émancipateur, ainsi que des luttes interprofessionnelles contre les politiques de précarisations menées par le gouvernement Philippe.
Vous avez tous les trois détenus un ou plusieurs siège(s) lors du précédent mandat. Qu’avez-vous concrètement apporté à SciencesPo ?
UNEF : Nous accompagnons les étudiant-e-s, pour des recours administratifs comme en Commission de Suivi Social, ou des cas plus personnels comme auprès de la cellule de veille contre le harcèlement sexiste et sexuel. Nous avons obtenu l’embauche d’une nouvelle psychiatre au Pôle Santé du campus parisien, fait voter un amendement pour inclure les étudiant-e-s salarié-e-s dans la demande de reconnaissance des activités étudiantes, et un second pour faire descendre le minimum de travail requis à 250h par semestre. Nous avons remporté une récente victoire concernant les frais d’inscription, victoire qui est la création d’une tranche supplémentaire, un relèvement de 50€ des seuils des différentes tranches, un gel des frais d’inscription pour les cinq premières tranches, la création d’une nouvelle bourse de 370€ pour les étudiant-e-s non boursièr-e-s de la première tranche, la hausse des bourses Boutmy pour les étudiant-e-s hors UE et la création d’un fond d’aide pour les stages du parcours civiques.
UNI : En effet, nous avons détenu deux sièges dans les deux conseils lors de la précédente mandature. Il ressort de notre bilan 2017-2018, une volonté de faciliter la vie des étudiants et de leur offrir de nouvelles perspectives. Par exemple, avec la création du master joint droit et finance, la créditation des activités artistiques du BDA et la publication sur le site de la bibliothèque de Sciences Po des amphis ouverts aux étudiants. Cette année encore, nous prévoyons de continuer dans cette logique de simplification.
Solidaires étudiant-e-s : Nous avons détenu un seul siège dans les conseils lors du précédent mandat, et n’avons que peu siégé. Néanmoins, depuis la rentrée, nous avons renouvelé notre équipe, qui est engagée à prendre part aux réunions des conseils pour les deux ans à venir. Nous avons conscience que nous serons en position de minorité, et qu’il sera difficile de peser sur les votes. Pourtant, depuis la rentrée, nous fournissons un travail de soutien aux associations dans leurs rapports avec l’administration, nous avons aidé des étudiant-e-s qui étaient dans des situations complexes vis-à-vis de leur scolarité, et nous avons participé à des groupes de travail avec d’autres associations et syndicats, et avec l’administration.
Question posée spécifiquement à NOVA : vous êtes le petit nouveau dans la cour des grands, que pensez‐vous apporter qui n’existe déjà, et comment comptez-vous vous imposer dans cette campagne ?
NOVA : Nous voulons apporter la preuve que l’on peut travailler ensemble pour Sciences Po au-delà des clivages partisans et des étiquettes. Là où les syndicats actuels ont fonctionné depuis deux ans par purges, nous voulons fonctionner par ouverture et pluralisme, tout en formulant toujours des propositions précises et ambitieuses. Dans cette campagne nous mettrons en avant nos idées. Il serait étrange de vouloir s’imposer par autre chose. Notre raison d’être est notre programme, et la conviction que nous avons que celui‐ci peut s’appliquer et qu’il peut changer très concrètement les choses à Sciences Po.
Que reste-t-il à faire, selon vous ?
UNEF : Notre principal combat sera d’obtenir la linéarisation par le bas des frais d’inscription. Nous serons concentré-e-s sur les problématiques d’égalité de genre, en continuant à revendiquer un distributeur de protections hygiéniques dans les toilettes, et qu’un amphithéâtre porte le nom d’une femme. Enfin, nous resterons vigilent-e-s sur l’application de la réforme du collège U, notamment dans les campus délocalisés, grâce à notre représentant nancéen. À plus long terme, nos combats concerneront la réforme des inscriptions pédagogiques, les étudiant-e-s étrangèr-e-s exclu-e-s du système des frais d’inscriptions, les campus dont les spécificités régionales ont été négligées par la réforme, et le concours d’entrée à Sciences Po.
UNI : Nous voulons réformer les inscriptions pédagogiques en créant d’une part, un sondage qui permettra d’évaluer le nombre d’élèves potentiels dans un cours et d’autre part, en créant une liste d’attente pour celles et ceux qui n’auraient pas vu leur choix satisfait. Nous voulons en finir avec le manque de place en bibliothèque. À cet égard, nous proposons qu’elles soient ouvertes 24h/24h, 7 jours/7 et que des salles supplémentaires soient disponibles pour travailler. Le bien-être des étudiants est pour nous, une priorité, il nous paraît important qu’ils puissent évoluer dans un environnement écologique, agréable et pratique, par exemple en installant de nouveaux micro-ondes.
Solidaires étudiant-e-s : Nous voulons aller plus loin dans l’aide que nous apportons aux associations pour améliorer les conditions de vie des étudiant-e-s. Cela passera par la lutte pour un enseignement supérieur gratuit, de qualité et émancipateur, afin de permettre à toutes et à tous d’étudier dans les meilleures conditions. Nous continuerons à accompagner les étudiant-e-s et les associations qui ont besoin de nous afin d’être un appui dans leurs rapports à l’administration. Par ailleurs, la posture de notre syndicat est de donner aux étudiant-e-s une plus grande transparence sur les débats et décisions prises en conseil.
Il restait cependant une question des plus fondamentales à poser. Pourquoi aller voter, alors que chacun aura trois exposés cette semaine-là et que l’on sait très bien que de toute façon Sciences Po vote à gauche ?
Pour l’UNEF, une « participation à la hausse » est un élément déterminant, car il permet à un « rapport de force de s’imposer de fait à l’administration ». L’UNI quant à elle considère que « c’est une question qu’on ne devrait pas se poser », tout en reconnaissant avec critique le manque d’information dont disposent les étudiants. Pour Solidaire.s, c’est « un moyen de continuer de se battre pour l’émancipation de l’enseignement, lutter contre les discriminations (…), garantir une vie associative riche et développée, et s’ancrer dans un combat plus large pour l’enseignement supérieur libre, gratuit, et accessible à tous-tes ». Mais NOVA va plus loin encore, et voit en cette année 2018 « comme jamais auparavant, (…) une chance d’ouvrir de nouvelles perspectives pour Sciences Po ( programme « Retour de soirée », parcours avenir CEP, Campus de la Mer, Conseil des Campus et des Formations…), et d’en finir avec la hausse continue des frais, grâce au nouveau mode de calcul et de financement » par eux proposé.
À vous de jouer maintenant ! Ainsi, les 13 et 15 mars, vous pourrez invalider la thèse d’un ancien ministre français, qui déclarait que si la majorité a toujours raison, la raison a bien rarement la majorité aux élections.
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