insolite – La Péniche https://www.lapeniche.net Le Journal Étudiant de Sciences Po Mon, 09 Feb 2015 17:36:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.9 https://www.lapeniche.net/wp-content/uploads/2022/08/cropped-Bitmap-32x32.png insolite – La Péniche https://www.lapeniche.net 32 32 LE MAG – Que faire quand on s’ennuie à Paris parce qu’on est rentré dix jours avant tout le monde ? https://www.lapeniche.net/le-mag-que-faire-quand-on-sennuie-a-paris-parce-quon-est-rentre-dix-jours-avant-tout-le-monde/ https://www.lapeniche.net/le-mag-que-faire-quand-on-sennuie-a-paris-parce-quon-est-rentre-dix-jours-avant-tout-le-monde/#comments Fri, 16 Jan 2015 07:08:38 +0000 http://lapeniche.net/?p=25773 Photographie : http://claireaumatcha.blogspot.fr/
Photographie : http://claireaumatcha.blogspot.fr/

La magie de Noël retombée, les rues de la capitale sont de nouveaux encombrées par le va et vient des travailleurs parisiens. Si vous n’avez pas envie d’attendre le premier jour de cours rue Saint-Guillaume ou l’arrivée du premier flocon pour sortir de votre cocon, voici quelques idées (plus ou moins) bonnes pour profiter comme il se doit de ces derniers jours de vacances.

Faire un tour du monde culinaire au Marché des Enfants Rouges 

S’il pleut ou il gèle vous pourrez flâner dans la multitude de passages couverts parisiens et notamment ceux qui relient le deuxième au neuvième arrondissement : vous y découvrirez des magasins insolites et de petits bistrots sans pour autant attraper la grippe fatidique à votre rentrée. 

Pour profiter de vos derniers repas des vacances avant de devoir retourner manger le même sandwich à la cafet du 27, Le Marché des Enfants Rouges est le lieu idéal pour manger à plusieurs tout en contentant les papilles de chacun. Situé au cœur du 3ème arrondissement,  il propose du mardi au samedi des restaurants de nourritures diverses et variées. 

Pour des prix plutôt raisonnables, vous mangerez dans un lieu pétillant de vie, avec pour seule difficulté de devoir faire un choix entre un repas antillais, créole, italien, un burger, un couscous, des merveilleuses crêpes, un japonais, un libanais ou tout simplement un bistrot. Pour des spécialités internationales dans un cadre joyeux, venez déguster vos derniers repas de vacances qui vous feront voyager.

 

Profiter de la vie culturelle de Paris sans se ruiner 

avocats (1)

Le théâtre est-il vraiment trop cher pour les étudiants ? Pas si vous achetez vos places dans un des 3 kiosques Théâtre de Paris ! A Montparnasse, aux Ternes, ou à la Madeleine, vous trouverez des places à moitié prix pour la plupart des spectacles de théâtre ou cafés-théâtres, à utiliser le jour même. Chaque kiosque dispose d’un minimum de 4 places, ce qui permet une sortie accompagnée. 

Ainsi vous aurez peut-être la chance de voir en première classe « Les cartes du Pouvoir » (et oui… on est Sciences Po ou on ne l’est pas !) au théâtre Hebertot pour 10 euros avec votre carte étudiant. 

Etudiants en droit ou tout simplement amateur d’éloquence, venez assister à la deuxième séance du 1er tour du concours de la conférence du stage. Le 19 janvier à 19h30, des jeunes avocats du barreau de Paris viendront disserter une dizaine de minutes par l’affirmative ou la négative sur des sujets qui font concurrence à ceux choisis par Sciences Polémiques. 

Ainsi si vous cherchez la réponse à des questions existentielles telles que « Peut-il y avoir de la fumée sans feu ? » ou « La perfection est-elle de ce monde? », ou si vous souhaitez simplement entendre les critiques acerbes et souvent pleines d’humour des secrétaires en place, allez assister à ce 1er tour qui se déroulera à la bibliothèque de l’Ordre des Avocats au Palais de Justice. 

Du côté expo, ne manquez pas « Inside », l’incontournable du Palais de Tokyo. Pour profiter pleinement de toutes les œuvres d’art, et réaliser un voyage introspectif étonnant, il vaut mieux arriver à l’ouverture du Palais : vous pourrez ainsi réserver votre place pour entrer dans une œuvre phénoménale qui vous fera parcourir le plafond du hall d’entrée dans 35 km de… scotch. 

Toutes les œuvres appellent à la réflexion et vous obligent à aller chercher au plus profond de votre esprit et de votre corps, comme par exemple l’œuvre « Installation of Experience » qui vous place dans une situation inédite : après avoir passé l’entrée, la porte automatique se referme et vous voilà seul, dans une petite pièce, avec l’unique solution pour sortir cachée au fond de vous… Chaque œuvre touchant différemment les sensibilités individuelles, l’exposition est unique pour chaque visiteur.

 

Déculpabiliser des millions de calories ingurgitées pendant les fêtes 

gym-suédoise

Il est peut-être temps d’éliminer ce mélange vodka-foie gras qui s’est installé dans votre ventre depuis quelques jours. Si vous êtes plutôt sport individuel et que vous n’êtes pas convaincu que le golf est (réellement ?) un sport, un petit centre de gym suédoise situé 60 rue de Quincampoix près de Beaubourg vous permettra de vous bouger, entre cardio et renforcement musculaire, sur des musiques rythmées. 

Le cours d’une heure est à 10 euros, et plusieurs niveaux de difficulté vous seront proposés selon les heures de la journée. Le mardi soir est toutefois spécial, puisque vous pourrez avoir le plaisir de retrouver un corps tonique grâce à une ancienne élève de Sciences Po (devenue depuis avocate puis juge), qui avec son énergie étonnante ne vous laissera pas souffler une seconde. 

Si vous trouvez la motivation et que vous arrivez miraculeusement à la transmettre à un ami, vous pourrez passer une demi-journée sportive dans un club de squash à Montmartre à l’ambiance très britannique. Au 14 rue Achille Martinet, de 10h à 23h, vous pourrez louez un cours de squash à 12 euros les 40 minutes en période creuse (avec un supplément si vous avez besoin de raquettes, balle et chaussures), mais aussi profiter d’une salle de gym, d’un billard et d’un sauna pour vous détendre. 

Une vie nocturne atypique 

danslenoir

Si la nouba du vendredi soir vous semble répétitive ou que vous n’attendez que les beaux jours pour pouvoir profiter de nouveaux de la terrasse du Wanderlust, voici quelques lieux atypiques pour expérimenter des sensations nouvelles. 

En sortant d’un dur cours de gym suédoise, vous pourrez juste en face redécouvrir la notion de goût en dînant dans le noir le plus complet. Le restaurant « Dans le Noir » situé au 51 rue de Quincampoix vous recevra dans une « salle noire » qui vous permettra de faire abstraction de votre vue pour vous concentrer sur votre palais. Ouvert jusqu’à minuit, une « dégustation à l’aveugle » de deux plats vous coûtera 34 euros (avec votre carte étudiante) et prend en compte vos allergies. L’expérience est aussi sociale  puisque vous êtes placés à une table commune si vous êtes moins de six ! 

Une expérience sensorielle d’un tout autre genre vous est proposée dans un bar plutôt spécial entre la Gare du Nord et la Porte de La Chapelle. Il vous suffira d’oser le plongeon dans un univers givré, entouré de tonnes de glace et d’endurer une température de -15 degrés. 

Durant une séance de 30 minutes forte en émotions, vous aurez de nombreuses surprises qui débuteront par 4 cocktails originaux (dans le bon comme dans le mauvais sens) à bases de vodka. L’Ice Kube est donc un bar où tout monte plus vite, de façon enivrante. Ouvert jusqu’à 1h30, il est conseillé de réserver sa séance à l’avance et de s’y rendre 15 minutes avant. S’il n’est pas nécessaire de se munir de vêtements chauds (car les doudounes sont fournies à l’entrée), il sera cependant nécessaire de ne pas oublier son porte-monnaie car le « grand plongeon » a un coût : 20 euros la séance.

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Nos « petits coins » de paradis https://www.lapeniche.net/nos-petits-coins-de-paradis/ https://www.lapeniche.net/nos-petits-coins-de-paradis/#comments Thu, 21 Mar 2013 18:28:00 +0000 http://lapeniche.net/?p=1085 121617903283528754wariat_Toilet_Signs.svg.med.pngComme ne le disait pas Soren Aabye Kierkegaard, «Montre moi tes cabinets et je te dirai qui tu es». Et bien le danois aurait mieux fait de ne pas se taire, car dans une institution comme la nôtre, plus personne ne doute aujourd’hui de la véracité d’une telle sentence. Il suffit de voir comme tout le monde évite soigneusement de parler des toilettes dans les couloirs pour comprendre à quel point ce silence révèle une obsession permanente sur le sujet. Comment, dans ce contexte, ne pas entreprendre une étude de fond sur la question incontournable du rapport des élèves de Sciences Pot à leurs latrines ? D’autant que des statistiques, assez approximatives, estiment qu’on dénombre plus d’une trentaine de toilettes différentes ouvertes à tous dans l’enceinte de l’établissement.

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121617903283528754wariat_Toilet_Signs.svg.med.pngComme ne le disait pas Soren Aabye Kierkegaard, «Montre-moi tes cabinets et je te dirai qui tu es». Eh bien le danois aurait mieux fait de ne pas se taire, car dans une institution comme la nôtre, plus personne ne doute aujourd’hui de la véracité d’une telle sentence. Il suffit de voir comme tout le monde évite soigneusement de parler des toilettes dans les couloirs pour comprendre à quel point ce silence révèle une obsession permanente sur le sujet. Comment, dans ce contexte, ne pas entreprendre une étude de fond sur la question incontournable du rapport des élèves de Sciences Pot à leurs latrines ? D’autant que des statistiques, assez approximatives, estiment qu’on dénombre plus d’une trentaine de toilettes différentes ouvertes à tous dans l’enceinte de l’établissement.

Alors oui, classiquement, les toilettes du 27 rue Saint Guillaume ont tendance à être les premières auxquelles on pense. Celles où des hordes de barbares à mèche viennent chaque jour se soulager sans conviction, et font ensuite ostensiblement semblant de se laver les mains alors même que tout le monde sait pertinemment depuis la nuit des temps que les hommes ont une conception bien trop transcendante de leurs attributs pour envisager un seul instant qu’un contact avec ces derniers nécessitent un quelconque nettoyage ; le tout dans l’unique but d’admirer leur trogne mal rasée en se recoiffant pour leur prochaine apparition publique (c’est-à-dire hors des toilettes). Celles aussi où des légions entières de femmes impatientes attendent leur tour dans une interminable file et ne peuvent que jalouser la fluidité qui règne chez ceux qui en face se sont intelligemment dotés d’un chromosome Y. Celles encore où les plus terribles corsaires n’hésiteront pas à squatter les toilettes handicapé sans la moindre légitimité, tandis que les plus malignes auront l’immense sagacité de réaliser qu’au lieu de patienter douze heures dans une queue, elles pourraient avoir la folle audace d’utiliser un des 34 autres cabinets de toilettes se situant à moins de deux minutes à pied et 15 secondes en camionnette électrique. Celles enfin où ceux qui conçoivent Sciences Po comme une passerelle vers l’Elysée ne peuvent s’empêcher, chaque fois qu’ils ouvrent leur braguette, de penser qu’il n’est pas offert à n’importe qui de pouvoir tous les jours se délester au même endroit que Jacques Chirac.

Et pourtant, comme je l’ai habilement laissé deviner dans la section précédente, se cantonner au 27 rue Saint Guillaume pour traiter des cabinets de Sciences Po serait comme ne traiter que de Michel Boujenah dans une dissertation sur l’âge d’or de l’humour français. Changeons ainsi radicalement de perspective et prenons, par exemple, le 27 rue Saint Guillaume. Abrutis par le mouvement des masses, la plupart d’entre vous n’ont probablement jamais eu le culot de monter les 218 marches menant jusqu’aux amphis Sorel et Leroy-Beaulieu pour y exercer une activité WC. Et bien c’est grand tort. Car à cet étage vous attendent dans le plus grand secret des cuvettes d’Ali Baba, dans des conditions que Conrad Hilton lui-même envie toujours à Sciences Po : non seulement il vous faudra quelques minutes pour accepter la réalité d’un matériel si moderne et si propre, mais en prime vos yeux seront rapidement éblouis par un panorama qui rend obsolètes toutes les visites à la butte Montmartre du monde, à savoir une vue imprenable sur le jardin de Sciences Po, puis sur les toits alentours, puis enfin sur le Clocher de Saint-Sulpice se détachant au loin tel un clocher d’église qui se détache au loin. On raconte même que c’est ici que Marc Lévy est venu écrire les plus belles pages de la littérature romantique française.

4535731552_dff7cbe80c.jpgPour rester dans des considérations romantiques, le devoir m’oblige donc à signaler à tous que le temps est fini où les conditions sanitaires des établissements d’éducation français interdisaient formellement aux hommes d’envisager d’exercer aux toilettes une activité impliquant un contact entre leur épiderme postérieur et le cercle de plastique creux. Pour ceux qui sont un peu durs de l’allusion, comprenez qu’en plus d’être le seul à offrir à ses élèves une bibliothèque désignée par Steve Jobs, Sciences Po est l’un des rares à offrir des conditions décentes à ses élèves pour assouvir un besoin naturel inhérent au processus de digestion et ne s’exprimant pas par le canal des reins. Mais attention, n’allez pas croire que ce repère perché est le seul cabinet haut de gamme de l’école. Mis à part les toilettes de la nouvelle bibliothèque dont chacun a eu l’occasion de saluer l’hygiène, Sciences Po recèle un autre « petit coin » de paradis au 13 rue de l’université, que les moins curieux n’auront pas manqué de ne pas découvrir tant elles sont discrètes. Je parle ici des petites portes rouges qui se trouvent à droite dans le hall du bâtiment, de part et d’autres de la porte menant aux escaliers. Dans ce recoin qui a toutes les chances d’être plus vaste que votre appartement, vous ne trouverez pas 10, ni 11, ni même 12 toilettes, mais bien une seule misérable place. Mais alors quelle place. Pour l’équivalent du salaire annuel de Gérard Holtz, les architectes s’en sont donné à cœur joie : lumière et robinet automatiques, miroir dernière génération, propreté maniaque, sièges massants, cuvette en cuir, abri anti-atomique, four à chaleur tournante, piste de bowling… et j’en passe. Bref, un haut lieu de l’école, à conseiller à tous les amateurs de latrines pittoresques et bucoliques, qui cherchent une salle discrète et confortable dotée d’une selle haut de gamme, notamment s’il s’agit d’aller à cette dernière, dans un contexte un peu plus court que bucolique.

Hélas, ce qui est cher est rare, et les murs de l’institution ne nous offrent pas toujours pareille idylle. En témoigneront tous ceux qui, occasionnellement ou régulièrement, ont la malédiction de se pointer aux WC du 56 rue des Saints-Pères. Au rez-de-chaussée de ce bâtiment persiste un vestige formidable, des cabinets de toilette qu’Emile Boutmy avait probablement inauguré en personne. Des locaux à vous faire aduler doucement les toilettes pestilentielles du bar PMU de Crozon-sur-Orgne, voire à vous faire regretter celles du Parc des Expositions de Villepinte. N’allez pas avoir l’idée loufoque de chercher là-bas un verrou sur les portes, la moitié ayant été soigneusement arrachés, ni une cuvette sur vos toilettes, la même proportion ayant subi le même sort funeste. Heureusement qu’une odeur de renfermé sale se mélange à quelques effluves de Cillit Bang périmé pour venir vous rappeler que vous êtes bien là où vous croyez. D’autant que les murs délavés ont au moins l’avantage de vous offrir un peu de lecture grâce aux brillants usagers qui ont jugé bon d’y écumer toutes les plus déplorables blagues du milieu étudiant français au feutre noir. Enfin, avec un peu de chance, en balayant les toilettes respectives des 4 étages du bâtiment, qui tiennent presque toutes un même standing, vous aurez peut-être la chance de tomber sur une place dotée d’un rouleau de papier demi-épaisseur, que vous pourrez alors dérouler frénétiquement pendant deux bonnes minutes pour en obtenir une quantité suffisante, à raison de 23 feuilles pour essuyer une goutte d’eau.

Oui, force est de l’admettre, nous sommes plutôt bien lotis. Des toilettes à ne plus savoir qu’en faire, partout à portée de braguette, une variété architecturale et stylistique incontestablement travaillée et recherchée, nous sommes même carrément chanceux. Et il ne fait nul doute, au terme de ce papier, que cette diversité sanitaire montre et démontre que l’identité et la splendeur de notre école ne tiennent pas qu’à la qualité de ses enseignements. Et qu’on ne vienne pas nous chanter que quelques cabinets par-ci par-là viennent ternir le bilan : ils ne font, bien sûr, que le magnifier, en préservant sporadiquement le charme incontestable de la toilette universitaire lambda, pour que nous aussi, le jour où nous ne feront plus que pisser sur dentelle nous puissions revendiquer avoir à une époque mis les mains dans la mer… la merveille de la précarité. Un papier témoin donc, un papier autotélique peut-être, mais un papier toilette assurément.

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