Ayant eu la brillante idée de partir en Angleterre l’année du Brexit (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, am I right ?) , je me suis dit que j’allais tenter le coup, et aller leur poser, moi, cette question : et vous, qu’est-ce que vous en pensez du Brexit ? Munie d’un casque de protection et de petites images de licornes au cas où mes interlocuteurs se montreraient trop violents sur le sujet, je suis donc partie mener l’enquête en terres anglaises…
Rappelez-vous : au lendemain du référendum, lorsque les premiers résultats ont commencé à faire le tour de la toile, le constat était sans appel : 51,9% de la population indiquait être pour une sortie de la Grande Bretagne de l’UE. La division des votes, sans surprise, révélait que les grandes agglomérations, notamment celle de Londres, avaient voté massivement pour rester dans l’Union, ainsi que l’Écosse et de façon générale la frange la plus jeune de la population. La campagne anglaise et les plus âgés ont voté pour en sortir, suivant la tendance habituellement constatée en terme de vote anti-européen. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Maintenant que les Britanniques, et notamment les Anglais, se sont rendu compte des conséquences dramatiques qu’une sortie de l’UE pourrait avoir sur leur économie, une partie de la population s’est rétractée : en novembre 2018, une enquête a démontré que 54% des Britanniques souhaitaient désormais rester dans l’Union. Cependant, 46% des Britanniques soutiennent toujours une sortie de l’UE, même s’ils sont divisés sur la stratégie à adopter. Cette polarisation de la société anglaise a pour conséquence un blocage qui dure depuis plusieurs mois autour de tout ce qui concerne le Brexit. Dernier problème en date : le vote sur l’accord de sortie que la première ministre Theresa May avait difficilement conclu avec l’UE : celui-ci a été refusé. La brèche constatée, séparant de façon grandissante les deux camps dans le débat, est l’un des premiers points que les Anglais amènent lorqu’on leur demande leur avis sur le Brexit : beaucoup trouvent toutes les tensions autour de ce thème ridicules, et ont tendance à penser que l’Angleterre ternit sa réputation à l’international en ne sachant pas se décider. Certains souhaiteraient aussi tout simplement arrêter de parler du Brexit, qui occupe le devant de la scène depuis maintenant plusieurs mois. Cela ne veut pas dire que chaque camp est décidé à faire des concessions à l’autre : les partisans d’un no deal, d’un nouvel accord et d’un nouveau référendum campent sur leurs positions, empêchant le débat d’avancer.
Souhaitant avoir le point de vue d’un membre du corps professoral, je me suis tournée vers mon professeur de conférence en politique britannique, qui est qui plus est un chercheur dans ce domaine. Selon lui, les jeunes, plus spécifiquement ceux de l’université de Durham où il travaille, sont en majorité pro-maintien dans l’UE, même si certains supporters d’une sortie de l’Union sont très présents lors des débats. Cela semble donc être en accord avec les sondages au niveau national. De plus, il constate une tendance générale de baisse de confiance de la population envers les politiciens, liée notamment aux tensions autour du Brexit. Il est intéressant de remarquer que l’Union Européenne n’était pas un sujet au centre de la politique britannique jusqu’à la fin des années 1990, moment à partir duquel cela s’est transformé progressivement en l’un de ses thèmes centraux, alors même qu’en parallèle la notion d’une identité britannique revenait dans les débats. Le professeur considère que les discussions autour de l’Union Européenne sont en fait probablement les réceptacles de problèmes plus profonds, tournant autour des inégalités sociales, jamais pris au sérieux en Angleterre de manière satisfaisante. Les régions délaissées par le gouvernement trouvent en l’UE un bouc émissaire facile contre qui se défouler, et les élites anglaises pro-UE ne s’impliquent pas pour essayer de faire valoir leur cause.
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui l’horloge tourne, et il reste peu de temps au gouvernement anglais pour trouver un accord avec l’Union Européenne et éviter une dérive économique annoncée. Comment cela va-t-il évoluer ? Impossible de le prédire, alors que le vote en faveur du Brexit a déjoué les pronostics de tous les spécialistes, mais gardons un œil sur la situation…
Eva Blondel
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Son organisation en chapitres met en évidence les grands domaines dans lesquels l’humanité pourrait améliorer son mode de vie. Des exemples illustrent des solutions concrètes au dérèglement climatique. L’équipe du film est allée s’inspirer en France, passant par la Grande-Bretagne, le Danemark, l’Inde… Un récit du bidonville à l’usine de recyclage, de l’école au jardin merveilleux.
« Nous passons notre temps à faire des films où nous sommes éradiqués par des zombies, des bombes nucléaires, des épidémies, des robots, des extraterrestres, de petits gremlins… Nous adorons ça ! Mais où sont les films qui parlent du contraire ? Ceux où nous nous rassemblons et où nous résolvons les problèmes ? »
Dès l’introduction, Rob Hopkins, grand penseur des villes en transition, expose le problème et sa solution. Si l’humanité est ingénieuse en matière de destruction, elle serait aussi tout à fait capable de prendre le bon tournant.
Autrement, nous pourrions assister à la sixième extinction de masse de l’histoire terrestre, et une partie de l’humanité disparaitrait d’ici la fin du siècle. Les conséquences du réchauffement climatique sont en effet étroitement liées. C’est par exemple le cas de la montée des eaux qui entrainera bientôt des migrations de masses, qui elles-mêmes seront sources de raréfaction des ressources, etc…
Le film pointe ainsi quelque chose d’absurde dans notre comportement quotidien. Nous sommes trop peu enclins à nous remettre en cause. « Un véhicule de 1500 kg pour transporter un individu de 70 kg », près d’un million de panneaux publicitaires lumineux dans les métros parisiens consommant chacun l’équivalent en énergie de deux foyers, sont autant de dérangeantes comparaisons…
Le chapitre de l’agriculture montre la priorité d’éradiquer la monoculture, excessivement fragile et contre-productive. Il faut laisser de nouveau place à une symbiose entre les cultures. Le documentaire présente ainsi la Ferme du Bec Hellouin, dirigée par une ancienne juriste et un ex-marin. Eux deux ont décidé de tirer profit des différentes fonctions et propriétés des plantes, au-delà de leur productivité. Ils donnent l’exemple du basilic : sa forte odeur repousse les animaux nuisibles. Il est d’ailleurs planté au-dessous des tomates, elles-mêmes cultivées au-dessous des vignes qui forment une toiture et gardent en même temps l’humidité. Tout un programme…qui marche !
En matière d’énergie renouvelable, parmi de multiples exemples, le Danemark semble déjà bien avancé. Les habitants y ont mis en place un financement participatif pour l’achat d’éoliennes. L’objectif de certaines villes et pays est de s’affranchir totalement des hydrocarbures et de l’énergie nucléaire. Une transition est donc engagée partout par l’utilisation de panneaux solaires, d’éoliennes, et aussi par la combinaison de l’agriculture biologique et de la production d’énergie (en installant des panneaux solaires sur des serres, par exemple).
Les transports sont par ailleurs évoqués dans le chapitre sur l’énergie. Pour encourager les personnes à abandonner leur voiture, le film plaide pour plus de pistes cyclables, davantage de routes piétonnes. Il faudrait aussi adapter les transports, les interconnecter, comme à Copenhague par exemple, qui permet à ses habitants de se déplacer à vélo sur un rayon de 80 km.
Concernant l’économie, la solution des monnaies locales est notamment mise en avant pour empêcher l’évasion fiscale. Le système monétaire global est comparé à une monoculture de sapins. Il suffit d’une étincelle et tout flambe, sans exception. Les monocultures se détruisent vite, nous rappelle-t-on. Il faudrait non seulement une monnaie nationale ou européenne, mais une autre mondiale, et encore une, locale, à l’échelle de notre quartier.
Le documentaire montre l’intérêt d’une démocratie participative et de la formation d’assemblées citoyennes comme il en existe en Inde dans l’état du Tamil Nadu par exemple. Ces assemblées permettent d’impliquer les différentes castes et tous les citoyens dans l’amélioration des conditions de vie et du bien-être de chacun. On met en œuvre des programmes auxquels tout le monde participe : construction de maisons dans les bidonvilles, d’égouts… L’exemple de l’Islande permet aussi d’illustrer la participation des citoyens dans l’activité politique. 25 d’entre eux ont ainsi été tirés au sort pour participer à la rédaction d’une nouvelle constitution visant à sortir de la crise et à remédier aux erreurs de gestion du pays. Le projet n’a pas encore abouti puisqu’il n’a toujours pas été soumis au vote du Parlement.
L’éducation constitue enfin un domaine capital pour apprendre les bons réflexes. En Finlande, les écoles ont recours à une diversité de méthodes pour apprendre à lire et écrire. Les programmes comportent, en plus des matières fondamentales, d’étonnants enseignements comme : la cuisine, le rangement, la musique, l’entretien du linge, la fabrication des vêtements, le travail du bois, le nettoyage…
On découvre au travers de Demain que bien des personnes, des associations, des collectivités, des Etats ont déjà réfléchi à leur rôle dans l’économie d’énergie, la limitation de la pollution. L’objectif est bénéfique pour tous, pour les entreprises, pour la planète. Il faut en retenir que chacun peut s’investir à son échelle. Il reste environ vingt ans pour prendre le bon tournant, sans pour autant garantir le succès du changement aux générations futures. Mais c’est maintenant qu’il faut montrer les solutions à mettre en place.
Rendez-vous sur le site du film pour en savoir plus.
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