Après Anne Roumanoff l’année dernière, François-Xavier Demaison était l’invité d’honneur d’une des huit conférences organisée par le Réseau 27. L’ambiance se veut conviviale et décontractée ; une anthologie des spectacles de Demaison faisant patienter le public. La rencontre est donc bel et bien placée sous le signe de l’humour, mais il s’agit aussi de découvrir comment quelqu’un peut opérer un changement si radical de carrière, passant de fiscaliste à humoriste et acteur.
Après Anne Roumanoff l’année dernière, François-Xavier Demaison était l’invité d’honneur d’une des huit conférences organisée par le Réseau 27. L’ambiance se veut conviviale et décontractée ; une anthologie des spectacles de Demaison faisant patienter le public. La rencontre est donc bel et bien placée sous le signe de l’humour, mais il s’agit aussi de découvrir comment quelqu’un peut opérer un changement si radical de carrière, passant de fiscaliste à humoriste et acteur.
« Tu veux être écrivain, pourquoi ne pas faire Science Po ? tu veux être peintre, qu’est-ce t’empêche de passer par la rue Saint Guillaume ? La culture n’a jamais fait de tort pour exercer ces métiers, bien au contraire » assène Demaison, qui a suivi les enseignements du cours Florent, en parallèle de sa double maîtrise de droit, avant de réussir le concours de la rue Saint-Guillaume. Sa passion mise de côté, il se consacre à ses études d’éco-finance, promotion 1998. Son diplôme en poche, il devient auditeur puis fiscaliste chez PricewaterHouseCoopers. Le manager Demaison devient rapidement un parfait businessman, ce qui lui permet d’obtenir un poste à New York.
Le 11 septembre et l’effondrement des twin towers vont le marquer à vie. « Tout le monde est descendu dans la rue. J’ai marché des heures jusqu’à chez moi en croisant des hommes et des femmes couverts des cendres. C’était l’apocalypse, une vraie vision de fin du monde avec des odeurs de plastique brûlé insupportables. À partir de là, je me suis dit: la vie est trop courte, ma place est ailleurs ». Il s’agit désormais de définir cet « ailleurs ». Pourquoi tout quitter, le confort d’une vie toute tracée ? « Choisir cette voie, c’était forcément prendre un risque » analyse-t-il aujourd’hui. La transition n’est pas si aisée: s’ensuivent trois années difficiles pour le comédien, qui, pour vivre, se résout à jouer dans des publicités pour des casseroles Tefal. Sa rencontre avec Samuel Le Bihan, qui accepte de devenir son producteur, change la donne. Sa deuxième carrière est véritablement lancée par son rôle de Coluche dans le film d’Antoine de Caunes. S’enchaînent ensuite plusieurs rôles : pion dans Le Petit Nicolas (5,5 millions d’entrées), avocat dans Divorces ou encore médecin halluciné dans Le Premier Jour du Reste de ta Vie. Le public commence aussi à s’intéresser aux personnages croqués avec humour par Demaison, dont le spectacle s’envole et devient un véritable triomphe, joue au Casino de Paris comme à l’Olympia. L’acteur qu’il est aussi tourne aujourd’hui avec les plus grands réalisateurs: Emir Kusturica ou encore Jean-Paul Rappeneau. Un nouveau spectacle, prévu pour 2011, est en cours d’écriture.
François-Xavier Demaison assume totalement son héritage, sa formation avec Sciences Po et ses premiers jobs. Ces différentes étapes ont nourri son œuvre et son identité et l’aident à gérer tous les aspects de sa vie professionnelle. « Ma formation m’aide à prendre des décisions rationnelles tout en écoutant mon cœur » déclare-il. « Impossible d’avoir des regrets ! ».
Pouvez-vous nous présenter rapidement les activités de BNP dans le domaine de la banque de détail?
‘Le pôle Banque de Détail de BNP Paribas a pour objectif de proposer à ses clients une large gamme de produits et services, de la tenue du compte courant jusqu’aux montages complexes en matière de financement des entreprises ou de gestion patrimoniale. Notre objectif est de servir au mieux le client, en lui donnant la possibilité de rencontrer des spécialistes de sa problématique. Nous offrons ainsi des conseils financiers de qualité aux particuliers et accompagnons les entreprises__ dans le développement de leurs projets.’
Comment recrutez-vous en général, quels sont vos critères de recrutement ? qu’est ce qui est « rédhibitoire » à la lecture d’une candidature ? qu’est ce qui est apprécié/valorisé ?
‘Le plus important pour nous est de déceler un fort « sens du client » et un bon tempérament commercial chez les personnes dont nous retenons la candidature. Nous veillons ainsi à recruter des professionnels capables de comprendre nos clients et de leur proposer les produits correspondant précisément à leurs attentes. Nous recevons la majorité des candidatures par internet mais organisons également des procédures originales permettant d’aller au delà d’une simple analyse de candidature par CV (Opérations Entretiens Immédiats; recrutement sur Second Life).
Même si la première étape du processus de recrutement consiste à étudier le CV des candidats, nous recherchons avant tout des personnes ayant des qualités commerciales. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études de finance, sauf pour des postes qui comportent une forte dimension technique et ce d’autant plus que nous avons une école de formation interne appelée « Ecole du Commerce » qui permet d’intégrer en formant au mieux des personnes aux backgrounds très différents de la banque.
Nos critères de recrutement permettent donc à des personnes qui ont un parcours « atypique » de tenter leur chance. Plus que le parcours des candidats, ce sont leurs aptitudes commerciales ainsi que des dynamiques professionnelles fondées sur des qualités précises -réactivité, créativité, engagement et ambition- qui sont prises en compte durant le processus de recrutement. ‘
Quelle image avez-vous de SciencesPo et de ses étudiants ? de l’étudiant de SciencesPo ?
‘Les étudiants de Sciences Po sont des personnes d’un très bon niveau, mais qui manquent souvent de spécialisation. Il nous arrive néanmoins de recruter des jeunes diplômés de Sciences Po au sein de la Banque de Détail en France même si la plupart intègrent la Banque de Financement et d’Investissement. Il est à noter que des parcours professionnels riches à fortes perspectives d’évolutions existent pour les Sciences Po en Banque de Détail. Ainsi le poste de Directeur d’agence permet-il de concilier des responsabilités managériales ainsi que la gestion des enjeux patrimoniaux ou corporate des principaux clients d’une agence. ‘
Avez-vous des préjugés –positifs ou négatifs- sur les SciencesPo ?
‘Même si je n’adhère pas à la notion de ‘préjugés’- c’est le coeur du métier de recruteur d’aller au delà de cette barrière nuisant à un bon recrutement- et que toute généralisation est évidemment abusive, on peut noter deux perceptions, l’une négative et l’autre positive au sujet des étudiants de Sciences Po.
On peut a priori dire des étudiants de Sciences-Po qu’ils sont parfois trop généralistes et théoriques et manquent de connaissances concrètes directement utiles en entreprises. Mais d’un autre côté, ils ont des capacités d’écoute, d’analyse et de synthèse certaines, une rigueur intellectuelle porteuse également. Ils sont de fait capables de comprendre rapidement un problème dans sa globalité. Je tiens à dire que la récente réorganisation de Sciences Po impulsée par Richard Descoings contribue de plus en plus largement à gommer cette ancienne image du Sciences Po loin de l’entreprise même si des efforts restent à fournir. ‘
Êtes-vous familier des différents masters de Sciences Po ? Quels masters connaissez-vous le plus/le moins ? Pourquoi ?
‘Nous ne connaissons pas forcément les spécificités de tous les masters professionnels de Sciences Po, mais la formation dispensée étant de qualité, c’est toujours le diplôme de l’école qui nous intéresse beaucoup. Toutefois la spécialisation fait de plus en plus la véritable différence, entre les Sciences Po notamment. ‘
Vous êtes plutôt « Sciences Po » ou « École de commerce » ? Pourquoi ? Quelles qualités recherchez-vous chez un Sciences Po?
‘La valeur ajoutée des étudiants de Sciences Po par rapport aux Grandes Écoles de Commerce, c’est leur culture générale due notamment aux premières années d’étude mais encore aux troncs communs en années de master qui permettent constamment de mettre en perspective les compétences techniques par ailleurs à acquérir. Même si les étudiants issus des Écoles de Commerce ont généralement une formation plus technique, ceux de Sciences Po ont des qualités spécifiques qui proviennent du fait qu’ils reçoivent des enseignements en sciences humaines en plus de ceux plus tournés vers le monde professionnel. ‘
Est-ce que vous recevez beaucoup de candidature de notre école? Si oui, pour quel type de poste?
‘Nous recevons malheureusement peu de candidatures de Sciences Po en Banque de détail en France. Le plus souvent, les étudiants qui postulent à BNP Paribas le font en Ressources Humaines, Fonctions Centrales, Fusion Acquisition ou Financement Structuré. Les étudiants de Sciences Po sont peu attirés par les postes proposés en banque de détail. C’est dommage. Cette situation s’explique par de nombreux a priori quant aux métiers que nous proposons et aux perspectives de carrières… Mais l’enjeu essentiel pour un étudiant est de s’orienter au mieux. ‘
Quand vous recrutez un Sciences Po, qu’est-ce qui compte le plus?
‘Quelle que soit la personne dont nous étudions la candidature, l’essentiel demeure que le futur salarié puisse répondre aux attentes de l’entreprise, à celle de ses clients et qu’il puisse trouver une perspective de carrière également source d’épanouissement pour lui. Les personnes retenues doivent donc être réactives, créatives, ambitieuses, engagées, savoir être à l’écoute des clients (internes ou externes) et s’adapter aux situations professionnelles qu’ils rencontrent d’une part. D’autre part, ces personnes recrutées, doivent pouvoir s’identifier aux projets professionnels que nous proposons afin de s’épanouir dans leur carrière. Or c’est au candidat qu’il appartient de bien choisir l’entreprise dans laquelle il postule. ‘
Dans la plupart des banques, il existe un barème de salaire en fonction de la formation dont est issue la personne concernée. Quel salaire pour un SciencesPo ? Comment nous situons-nous par rapport aux autres formations ?
‘Les salaires auxquels peuvent prétendre les Sciences Po se situent dans le haut de la fourchette des rémunérations que nous proposons. Leur niveau de rémunération est globalement équivalent à celui des diplômés des meilleures Écoles de commerce. Par ailleurs et au-delà des diplômes, la grille de rémunération chez BNP Paribas tient compte d’autres éléments (stages, alternance…).’
Si vous deviez donner un conseil à un étudiant de SciencesPo pour maximiser ses chances d’être retenu dans votre banque et/ou pour optimiser sa carrière professionnelle en banque, quel serait-il?
‘Je pense que les étudiants de Sciences Po devraient miser sur trois choses. D’une part développer leur culture générale et leur ouverture aux autres et au monde; d’autre part acquérir des compétences métier spécifiques grâce à une expérience en entreprise (type année de césure) et des cours de spécialisation. Les tâches accomplies au cours de cette expérience doivent bien sûr être en lien avec le poste pour lequel ils entendent postuler.
D’une manière plus large, je pense que Sciences Po doit continuer à cultiver l’ouverture d’esprit de ses étudiants, leur curiosité intellectuelle également. L’école doit conserver sa spécificité tout en devenant plus professionnalisant sur certains aspects.
Finalement, les étudiants de Sciences Po, doivent accorder une place importante à une réflexion autour de leur orientation professionnelle, se poser les bonnes questions afin de pouvoir choisir la carrière leur offrant les meilleures chances de se réaliser et de ne pas être contraint de faire des non-choix, faute d’avoir anticipé leur sortie sur le marché du travail.’
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Schams El-Ghoneimi, stagiaire au siège du Groupe AXA (Paris) en 2008 dans la Business Support and Development Unit, a accepté de répondre à nos questions sur son expérience chez Axa.
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Schams El-Ghoneimi, stagiaire au siège du Groupe AXA (Paris) en 2008 dans la Business Support and Development Unit, a accepté de répondre à nos questions sur son expérience chez Axa.
Quel cursus as-tu suivi à Sciences Po, et pourquoi ?
Je suis entré à Sciences Po à bac 0. Je suis en Affaires Publiques en alternance, donc j’ai douze mois de stage au milieu. J’avais envie d’un cadre professionnel, je n’envisage pas de préparer l’ENA tout de suite et les matières d’AP alternance sont très riches, le travail est intense, on n’a pas l’impression de perdre son temps, et c’est mieux rémunéré sur le marché. En plus, en Finance & Stratégie, les étudiants sont en compétition avec les HEC, et j’ai clairement un attrait pour les questions publiques. Je n’ai pas choisi non plus le master Affaires européennes, malgré ma passion pour les questions européennes, parce que j’avais déjà une bonne connaissance des sujets enseignés dans ce master.
J’aimerais travailler dans la société civile à court terme, au Parlement européen, pour l’UE ! J’ai déjà étudié et travaillé en Égypte.
Pourquoi as-tu fait ce stage ?
J’ai travaillé au siège du Groupe AXA. Ce n’était pas du tout mon premier stage, ni un domaine – la finance- dans lequel je me voyais travailler. J’avais envie de découvrir ce que c’était que de travailler dans une grande entreprise multinationale. Avant, j’avais fait des stages en ONG et à la Commission européenne.
En 2007, AXA c’est plus de 100 000 employés à temps plein et 95 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel. C’est l’un des premiers assureurs mondiaux, uniquement dépassé par son concurrent allemand Allianz, en revenus nets. J’ai adapté mon profil à ce stage nouveau de deux manières :
À la fin du premier entretien avec eux, ils m’ont dit : « On fait affaire ». Mais ils ont mis trois mois à m’envoyer la confirmation. C’était très stressant. Le directeur Affaires publiques et son adjoint ont tous les deux étudié à SciencesPo, ça aide beaucoup.
Comment s’est passé ton stage?
Avec du recul, c’était une expérience très positive car elle a été très formatrice, c’était un vrai stage, avec une masse de travail considérable, un vrai salaire, une vraie hiérarchie et de vraies obligations de rendement. Le fait d’être payé en stage est très formateur et responsabilisant : plus on est payé et plus il y a de pression et d’obligations. Le recruteur t’embauche parce qu’il pense que tu vas vraiment lui apporter quelque chose. Le défi, c’est non seulement de travailler beaucoup, mais aussi de comprendre le plus rapidement possible les bases qui pour eux sont normales. De même, quand on est stagiaire, il faut demander du travail quand on n’en a pas, et ne pas rechercher le travail que l’on veut faire, mais celui que l’on nous donne. C’est important si l’on veut apprendre.
On fait des choses auxquelles on ne s’attendait pas. Les compétences que je pensais être utiles n’ont finalement pas pu être mises à profit comme je l’attendais (l’arabe par exemple, le monde de la finance étant anglophone). De même, mes connaissances en matière communautaire n’étaient pas déterminantes s’il avait fallu se plonger dans une directive: le travail est avant tout technique. La comptabilité a été dure au début. C’est extrêmement utile, même fondamental, pour comprendre une entreprise : il faut regarder son bilan, les chiffres, leurs évolutions. Avec le minimum de notions que j’avais, je pouvais faire de petites sélections : j’ai passé au moins un quart de mon temps à lire des bilans.
On m’a recruté entre autres parce que je parle arabe, mais je l’ai très peu utilisé. On a travaillé pendant trois mois à temps plein sur l’Algérie, dont j’avais une connaissance très relative. J’ai travaillé dessus, parce que c’est là qu’il fallait agir.
Dans le travail, plus le document rendu et la recherche d’information sont bons, plus ils sont profitables à tous et circulent dans l’entreprise. Chez AXA, une compétition est introduite au sein même de l’entreprise, entre les différents départements et des cabinets de conseil à l’extérieur. C’est à celui qui répond le plus vite et le plus précisément.
Qui était ta concurrence dans ta recherche de stage ? Et pendant ton stage ? Comment te positionnais-tu par rapport à eux ?
Nous étions une quinzaine de stagiaires à nous voir régulièrement, tous issus d’Écoles de commerce et une minorité visible venant d’Écoles d’ingénieurs.
Le marché bouge très vite, les étudiants d’Écoles de commerce sont, comparés aux autres, les mieux formés pour ce secteur ; les ingénieurs ont des compétences impressionnantes en calcul et en modélisation ; mais ni les commerciaux ni les ingénieurs n’ont une connaissance meilleure que les SciencesPo en matières juridique, politique, relations internationales… nous sommes au courant de la situation actuelle des relations internationales des voisins et des pays européens. Nous sommes les meilleurs pour avoir une vision générale. C’est un fait : notre spécialisation est la généralité. Nous travaillons autant que les autres, mais là où nous faisons la différence, c’est en étant capable d’apporter notre vision plus globale. On comprend ce qui a trait à l’économie et on est capable de rajouter des informations juridiques : on n’est pas très technique, mais on a une compréhension globale à la fois économique, juridique et sociopolitique qui nous distingue.
Toutes choses égales par ailleurs, les ingénieurs et commerciaux sont a priori mieux préparés pour travailler dans la finance ; mais si on est futé, on leur fait très bien face. Nous SciencesPo par exemple, au-delà de notre capacité de travail, on sait prendre la parole en public, s’exprimer clairement ; or, la communication est capitale pour travailler en équipe ou présenter un projet à un certain public.
Il ne faut pas chercher à rivaliser avec les autres, mais au contraire, à s’entraider pour in fine parvenir à atteindre l’objectif de l’équipe.
Comment t’es-tu valorisé, par rapport à ta concurrence lors de l’entretien? As-tu des clefs pour se valoriser en entretien en tant que Sciences Po ?
Il faut être très professionnel, irréprochable, sans pour autant se montrer arrogant ou naïf. En entretien, il faut dire au recruteur quelle contribution on pense lui apporter, comment on va les aider, mettre en avant ce que l’on sait, mais également tout ce qu’il nous reste à apprendre. Bien sûr, s’habiller de façon professionnelle, être à l’heure, en avance.
Il faut toujours être honnête avec soi-même, il est important de se préparer aux questions que l’on appréhende le plus. Mais aussi faire preuve d’enthousiasme, de curiosité, d’ouverture et de volonté d’apprendre. Je leur ai dit que personnellement, je ne me prédestinais pas aux assurances mais que la perspective de travailler dans une entreprise était tout à fait envisageable.
Il faut aussi aller s’informer avant l’entretien sur ses interlocuteurs et, pendant l’entretien, montrer toute sa jeunesse, être dynamique pour les impressionner et leur montrer qu’on va pouvoir les aider. Bien sûr, il est essentiel de savoir citer l’ensemble de ses expériences professionnelles pertinentes, ou de ses cours pertinents le cas échéant.
Quelles sont les forces et faiblesses de ton cursus/formation à SciencesPo que tu as pu constater ?
À SciencesPo, les langues étrangères sont mal enseignées. C’est un paradoxe énorme puisqu’il y a plus de 40% d’étrangers à SciencesPo. Heureusement, j’ai pu compter sur d’autres facteurs pour obtenir le niveau que j’ai en anglais et en arabe.
Parmi nos atouts : on a eu la chance de voyager en troisième année, cela n’est pas souvent le cas de nos « concurrents » qui sont restés en prépa ou en stage d’entreprise en France. Encore une fois, le niveau général en langues en est d’autant plus paradoxal, notamment car il n’y a ni vrais cours de langue ni suffisamment d’enseignements dispensés en langue étrangère.
La plupart de nos cours n’ont pas servi « directement » à grand-chose, sauf à nous donner des clefs de compréhension et à ne pas être déconnectés. Tout ce qui est théorique donne une trame. On apprend à organiser nos idées de manière claire et synthétique, ce qui est primordial pour travailler efficacement. On a des bases utiles en traitement de texte. La comptabilité était très utile, étant donné les travaux que j’ai eus. Il ne faut pas oublier qu’une entreprise d’assurance travaille d’abord et avant tout dans… l’assurance. Un SciencesPo peut apprendre rapidement et travailler efficacement certes, mais il n’est pas formé spécifiquement à travailler dans l’assurance ou la banque : on apprend en grande partie sur le tas.
Es-tu plutôt fier ou « complexé » d’être un Sciences Po ? Est-ce une force ou une faiblesse ?
Il faut être modeste, ça n’aide jamais d’être arrogant ou méprisant. Il ne faut jamais blesser les gens. Si on se met en avant en tant que Sciences Po, les gens pensent qu’on est imbu de nous-mêmes. Je ne sais pas si l’on peut se dire « fier » d’être à SciencesPo, du moins faut-il rester humble, nous avons beaucoup de chance d’être à Sciences Po. J’ai réussi le concours d’entrée à Bac +0, ça j’en suis fier. En revanche, en entretien de recrutement, il faut dire qu’on est à Sciences Po Paris (pas « IEP de Paris »), et c’est toujours positif de dire qu’on est entré sur concours.
J’étais très bien considéré dans mon stage en tant que Sciences Po. J’avais en partie la même formation que mes supérieurs ; par ailleurs, auprès des autres stagiaires et collègues, « Sciences Po » ça impressionne.
Quel est ton bilan sur l’entreprise dans laquelle tu as effectué ton stage ? Est-ce une entreprise qui recrute beaucoup de Sciences Po ? La recommanderais-tu, et si oui, à quels profils de Sciences Po ?
Je recommande un stage chez AXA sans hésitation, pour tous les profils de Sciences Po. Il faut être ouvert et curieux. AXA ne recrute pas plus le « profil Sciences Po » qu’un autre. À Sciences Po, on n’est pas spécialisé, mais on est crédible : donc on peut se vendre comme on veut et vendre ce que l’on veut, on n’attend pas de nous de super-performance dans un domaine précis. Un grand groupe ne recherche pas avant tout tel ou tel profil, mais surtout des personnes dynamiques, ouvertes et qui savent travailler. L’anglais est un atout énorme évidemment ; le fait d’être bilingue m’a indéniablement aidé, les Français sont souvent impressionnés si on le parle bien (mon entretien s’est en partie passé en anglais). Il faut montrer son originalité, ne jamais être dans le moule : dans un cadre trop bien déterminé, tu n’es plus libre, tu es banal.
AXA est un Groupe très ouvert, avec une très bonne ambiance et qui, malgré sa taille, reste assez convivial. En français, tout le monde se tutoie dès la première rencontre, ce qui est assez étrange lorsque l’on vient de l’extérieur.
Physiquement, ce stage était très fatigant. Les deux premiers mois, je travaillais en moyenne jusqu’à 23h car j’avançais mal, je n’allais pas droit au but. J’ai eu de nombreuses discussions avec mon superviseur. Je n’étais pas productif, je me perdais dans quantité d’informations secondaires comme s’il s’agissait de préparer un concours, alors que chaque information retenue et non partagée directement avec l’équipe est inutile. J’ai appris à mieux travailler et j’ai acquis une bien meilleure productivité par rapport à avant, je travaillais bien et je sortais vers 19h. Quand on n’a pas d’urgence à gérer, ce n’est pas en sortant le dernier que l’on montre que l’on est motivé.
Un point négatif : je n’ai pas eu un seul jour de vacances en six mois ; c’est nécessaire d’avoir quelques jours pour souffler, j’ai trouvé ça très dur. J’ai aussi compris l’importance des jours fériés.
Des perspectives pour toi dans cette entreprise, après ce stage ?
Il y a toujours des perspectives chez AXA. Maintenant, la conjoncture rend évidemment la chose plus difficile, mais c’est du court terme. On m’a dit que mon stage pouvait être un stage de pré-embauche, mais qu’il ne déboucherait pas forcément sur un job.
Quelles étaient tes indemnités de stage, par rapport aux autres stagiaires ?
Mon indemnité mensuelle brute était bien supérieure au SMIC.
Les salaires de stagiaires sont répartis par tranches, selon le niveau de formation et l’expérience professionnelle. Les grandes Écoles sont les mieux rémunérées. Il est bien sûr valorisé d’avoir une expérience professionnelle dans le domaine où l’on postule, même si, encore une fois, AXA recherche avant tout des esprits ouverts et prêts à apprendre beaucoup au cours de leur stage – ce qui est le propre d’une bonne formation professionnelle.
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Il y a trois ans, dans le cadre d’un projet collectif, un groupe d’étudiants, dont faisait partie Romain Peninque, est allé à la rencontre de jeunes professionnels issus de Sciences Po afin de faire partager leurs premières expériences du monde du travail aux futurs diplômés et de les aider à construire leur avenir. Les témoignages étaient diffusés à l’époque sur le site web du BDE. LaPéniche.net a retrouvé ces anciens pour vous… Commençons dès maintenant avec l’interview par Romain Peninque de Damien Catani (du 16 décembre 2005), alors jeune conseiller en fusions et acquisitions chez JPMorgan. Vous trouverez à la fin de l’interview la réponse à la question que vous vous posez tous : Mais que sont-ils devenus ?]]>
Il y a trois ans, dans le cadre d’un projet collectif, un groupe d’étudiants, dont faisait partie Romain Peninque, est allé à la rencontre de jeunes professionnels issus de Sciences Po afin de faire partager leurs premières expériences du monde du travail aux futurs diplômés et de les aider à construire leur avenir. Les témoignages étaient diffusés à l’époque sur le site web du BDE. LaPéniche.net a retrouvé ces anciens pour vous… Commençons dès maintenant avec l’interview par Romain Peninque de Damien Catani (du 16 décembre 2005), alors jeune conseiller en fusions et acquisitions chez JPMorgan. Vous trouverez à la fin de l’interview la réponse à la question que vous vous posez tous : Mais que sont-ils devenus ?
Je fais actuellement du conseil en fusions et acquisitions au sein de la banque JPMorgan à Londres. Je suis analyste (ce titre correspondant en fait dans ce métier aux trois premières années d’évolution). Mon champ d’activité concerne plus spécifiquement des entreprises appartenant au secteur de l’industrie au sens général (aéronautique, défense, matériaux de construction, automobile, logistique).
J’ai reçu une offre suite à un stage que j’avais effectué à ma sortie de Sciences Po au sein de la même banque, au bureau de Bruxelles. J’avais obtenu ce stage à l’issue d’une démarche de recherche de stages assez poussée. Je m’étais prêté au jeu des candidatures en ligne, où il s’agit de répondre dans les détails à une foule de questions sur son parcours, ses motivations, ses qualités… J’avais postulé pour une dizaine de banques. J’ai eu la chance de bénéficier de l’aide d’une amie qui avait suivi le même cheminement un an auparavant.
Les volumes horaires de travail sont particulièrement conséquents, la pression est importante, le niveau d’exigence est plutôt élevé et la visibilité quant à l’emploi du temps est faible. Les qualités telles que l’abnégation, la fiabilité, la diligence et la conséquence sont éminemment requises.
Apres mes années de lycée en sport-études judo a Nice, j’ai commencé par tâtonner. Je me suis inscrit en droit et en philosophie pour finalement passer la fin de l’année scolaire à étudier en autodidacte et réfléchir à une nouvelle orientation. Par défaut, j’ai alors commencé des études de langue parce que je n’avais pas d’idée très claire sur ce que je souhaitais faire et parce que cela me laissait beaucoup de temps à consacrer à des activités extra-universitaires.
Mon projet professionnel s’est ensuite dessiné peu à peu. J’ai commencé à m’intéresser aux actions des entreprises TMT (technologies, media, télécommunications) à l’époque où la vogue des nouvelles technologies battait son plein. J’ai ainsi découvert la finance sous l’angle de la gestion d’actifs. Désireux d’aller plus avant, j’ai conçu à ce moment l’idée d’entrer à Sciences Po. Par la suite, mon parcours fut classique. J’ai opté pour la majeure Finance (actuel Master Finance et stratégie) et j’ai effectué un stage en audit chez KPMG avant d’être diplômé en juillet 2004. Après cela, j’ai entrepris un stage de six mois au sein de l’équipe de fusions et acquisitions de JPMorgan à Bruxelles avant d’être embauché. J’ai suivi pendant deux mois un programme de formation à New York avant de démarrer à Londres.
Je me lève à 7h45 environ, émergeant tant bien que mal d’un sommeil souvent mérité. Je prends un petit déjeuner consistant en regardant le soleil se lever à l’est sur les brumes de Canary Wharf. Je me rends ensuite au bureau, pour moitié par le bus – un de ces fameux bus londoniens rouges et à double étage- pour moitié en marchant. Je profite de la première partie du trajet pour lire mon roman du moment. J’arrive paisiblement dans la City frémissante. Je trouve mon chemin jusqu’au bâtiment où je travaille. J’emprunte l’ascenseur, prends place à mon poste, situé au sein d’un grand espace ouvert (open space disent les anglo-saxons). Je mets des écouteurs dans les oreilles et me branche par Internet sur Virgin Radio Classic Rock. Rien de tel que de commencer une journée en écoutant miauler la Gibson SG de Deep Purple. Les choses sérieuses commencent alors. Je consulte les courriers électroniques relatifs aux projets sur lesquels je suis impliqué. Je lis également la presse (principalement au travers des nouvelles classées par thème que je reçois automatiquement grâce aux demandes que j’ai effectuées au préalable sur des bases de données d’articles de presse). Je prends acte des instructions de mes supérieurs hiérarchiques. Je me mets ensuite à l’ouvrage. Le spectre des tâches possibles est potentiellement large : recherche d’informations financières sur des terminaux tels que Bloomberg, lectures annotées des notes rédigées par les analystes en recherche actions, préparation de présentations pour le client (sous la forme de documents PowerPoint), réalisation de modèles Excel permettant de valoriser une entreprise ou de mesurer l’impact de telle ou telle opération de rapprochement sur une compagnie donnée.
Vers 12h30, j’appelle des gens de mon équipe ou d’autres équipes et je descends à la cantine déjeuner en leur compagnie. Si j’ai beaucoup de travail ou si une échéance approche de façon imminente, je déjeune sur le pouce devant mon écran d’ordinateur. L’après-midi qui survient alors se déroule d’une façon sensiblement similaire à la matinée, à la différence près que l’après-midi dure plus longtemps. Je prends parfois le temps de descendre à la salle de sport afin d’y faire un peu d’exercice et de me détendre. Je récupère mes chemises au pressing, en échange de quoi je donne une nouvelle fournée. Je dîne vers 20 heures et me remets à l’ouvrage. Il est 2 heures du matin environ, je rentre chez moi, curieux de savoir si mon colocataire est déjà rentré ou s’il est parti pour œuvrer jusqu’à l’aube.
Les métiers de la banque d’affaires sont des métiers difficiles. Les aspects selon moi les plus saillants de ce métier ardu sont l’importance du volume horaire (jusqu’à plus de 100 heures de travail par semaine), le manque de visibilité quant aux week-ends et aux vacances (susceptibles d’être annulés jusqu’à la dernière minute) et le niveau d’exigence, qui induit une pression importante.
D’un point de vue strictement professionnel, la banque d’affaires représente une expérience fortement enrichissante. Le degré de responsabilisation est fort, même aux premiers échelons. On apprend à être efficace, rapide et il est indéniable que l’impact sur la capacité de travail, en termes à la fois de volume produit et de qualité de la production, est positif. En outre, les personnes avec lesquelles on travaille sont souvent d’une compétence rare et sont en général tout à fait disposées à transmettre leurs connaissances. Une structure de formation continue existe d’ailleurs au sein de JPMorgan, et de nombreux cours y sont dispensés.
De façon plus générale, au-delà du strict aspect professionnel, mon métier m’apporte beaucoup. Il m’offre une expérience humaine intense, un voyage au cœur de l’imposante machine capitaliste, de l’autre côté de la couverture du Financial Times. En quelque sorte, on se conforme à une étiquette, on adopte un code non énoncé mais pourtant prégnant, on investit une niche sociologique dont le degré de caractérisation est poussé à l’extrême (imposants gratte-ciels de la City, costumes à rayures…).
Si ce métier me plaît, c’est aussi parce qu’il est un facteur d’ouverture culturelle. La mobilité géographique est forte, on se frotte à des réalités sociétales variées, déjà parce que les gens avec qui l’on est en contact proviennent d’horizons variés. A titre d’exemple, mon équipe d’une vingtaine de personnes compte en ses rangs des Allemands, des Hollandais, des Italiens, des Espagnols, des Français, une Russe, un Tunisien, un Polonais, un Portugais, un Grec… Nécessairement, on est ainsi amené à observer des comportements différents et donc à relativiser sa propre culture, quitte à l’arborer conséquemment en connaissance de cause.
Personnellement, mon activité professionnelle représente aussi pour moi, notamment de par ce caractère extrême évoqué plus haut, une source de stimulation esthétique. On a parfois l’impression de contempler ahuri une cataracte assourdissante, faisant de la sorte l’expérience verticale du sublime.
Au sens large, Sciences Po m’a apporté beaucoup du point de vue de la construction de ma personnalité. Mais si l’on s’intéresse de façon plus exigüe à mon activité professionnelle actuelle, je dirais que Sciences Po m’a avant tout donné une crédibilité qui m’a permis de pouvoir postuler et d’être reçu en entretien. Le diplôme de Sciences Po constitue à ce titre une carte de visite permettant de franchir la première porte.
J’ai également appris, notamment grâce aux cours d’Analyse Financière et de Corporate Finance (le cours de M&A approfondi n’existait pas encore a mon époque), quelques bases techniques d’analyse financière qui m’ont été fort utiles ultérieurement.
En ce qui concerne les améliorations qu’il serait possible d’apporter, je soulignerais le fait que l’emploi de l’outil informatique est faible à Sciences Po alors qu’il devient omniprésent de par la suite.
A ceux qui aspirent à exercer ce métier, je conseillerais de considérer posément les tenants et les aboutissants d’une telle décision et d’être sûrs de leur choix. A cette fin, il me paraît essentiel d’effectuer au préalable un stage, à la fois pour se préparer et pour se frotter à la réalité du terrain, afin de savoir si l’on est fait pour cette activité. Une fois le pas fait, il s’agit de faire preuve d’une certaine pugnacité.
Pour ceux qui effectivement seront amenés à embrasser ce métier, je suggère globalement de se « tenir sur ses gardes », d’entretenir une certaine forme de vigilance d’esprit. Il est primordial de prendre régulièrement du recul par rapport à soi, par rapport à sa propre démarche et à son environnement, de lever un moment la tête du guidon pour organiser de sincères « rendez-vous auprès du miroir », ce qui peut permettre de ne pas perdre pied et d’assurer une construction équilibrée de sa personnalité.
Il est possible de continuer sur la même voie, de gravir les échelons et de passer progressivement d’un rôle avant tout technique et analytique à une fonction plus relationnelle. Le changement est également envisageable. Au sein même de la banque, on peut effectuer ce que l’on appelle des rotations, qui consistent à intégrer une autre division ou à rejoindre les équipes d’un autre pays (il est possible par exemple de partir à New York, Hong Kong ou Johannesburg). Ensuite, d’autres horizons sont ouverts, la banque d’affaires pouvant constituer une porte d’entrée vers les hedge funds (gestion alternative) ou les fonds d’investissement, particulièrement à la mode à l’heure actuelle.
]]>Qu’est-il devenu ? Octobre 2008
J’ai changé d’entreprise il y a environ 2 ans. Je travaille désormais pour Macquarie, un fond infrastructure australien (capital-investissement dans le domaine des infrastructures), toujours à Londres. Cette nouvelle fonction est effectivement plus relationnelle que la précédente et je suis de très près l’évolution d’une des entreprises que nous avons rachetées, les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, conjointement à notre partenaire Eiffage. La part de l’analyse reste cependant prédominante.
J’envisageais initialement de partir à l’étranger au bout de 2-3 ans. Ce projet est toujours d’actualité. J’ai engagé il y a quelque temps un processus de recherche en interne, avec pour objectif de me relocaliser prochainement dans un pays « émergent » (Russie, Brésil, Emirats Arabes Unis etc.). Il me semble que dans un monde globalisé la connaissance des marchés émergents devient primordiale d’un point de vue professionnel, notamment pour les jeunes. Et l’expérience peut également se révéler très riche d’un point de vue culturel et humain.
BNP Paribas Corporate Finance vous invite à découvrir ses activités de Fusions & Acquisitions et de Marchés Primaires Actions (« ECM ») au cours d’un cocktail dînatoire.]]>
BNP Paribas Corporate Finance vous invite à découvrir ses activités de Fusions & Acquisitions et de Marchés Primaires Actions (« ECM ») au cours d’un cocktail dînatoire.
Où et quand?
Le mardi 14 octobre 2008
Les intervenants:
A cette occasion, vous aurez l’opportunité d’échanger avec des professionnels de ces métiers dans un cadre informel et convivial.
S’inscrire
Avant le 7 octobre 2008, envoyer un CV à: paris_cib_cocktail_2008@bnpparibas.com. Une invitation personnelle et nominative confirmant votre participation vous sera adressée par e-mail.